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Le french paradox

En guise d'introduction
Le concept de French paradox est né il y a près de 20 ans lorsque statisticiens et cardiologues se sont intéressés tout particulièrement aux données concernant des maladies des artères coronaires comme l'infarctus du myocarde.
Ils ont constaté que les Français, et plus particulièrement les habitants des régions du sud-ouest de la France* , alors qu'ils ont une ration calorique plus riche, avaient des taux de cholestérol sanguin équivalents à ceux des autres pays industrialisés, sans avoir une alimentation particulièrement pauvre en graisses animales. Mais force est de constater qu'ils consomment davantage de gras végétal, de fruits et légumes ... et de vin.

Les victimes françaises d'infarctus étaient bien moins nombreuses que celles d'autres pays. D'où l'idée d'un paradoxe français et de multiples hypothèses pour expliquer ce phénomène. Aujourd'hui, le "French paradox" continue de faire l'objet de nombreuses communications dans les congrès internationaux.

Il intrigue tout particulièrement les cardiologues anglo-saxons, qui ne cessent de se demander pourquoi le taux de mortalité par infarctus du myocarde est inférieur de moitié en France à celui que l'on observe aux États-Unis. Sans parler de la Grande-Bretagne, où la différence est tout aussi frappante.

Mythe ou réalité

Toutefois, ce paradoxe bien de chez nous voit désormais son existence menacée. Depuis quelque temps, sa réalité est en effet remise en question par de nombreux scientifiques et en particulier par les experts du Haut comité de santé publique.

Dans leur rapport consacré à la politique nutritionnelle, ces spécialistes soulignent qu'il ne faut plus uniquement raisonner en termes de mortalité, mais aussi en termes de fréquence. Or, l'étude internationale " Monica " réalisée par l'Organisation mondiale de la santé sur les affections cardio-vasculaires a bien montré que "la fréquence de la maladie coronaire en France n'est pas exceptionnelle, mais du même ordre que dans les pays du Sud, de même latitude.

Par voie de conséquence, la notion d'un paradoxe spécifique français ne leur semble plus devoir "être retenue". Il demeure que les Français sont bien moins affectés par les maladies cardiaques et notamment l'infarctus du myocarde que ceux du Nord de l'Europe ou de pays anglo-saxons.
Comment alors l'expliquer? Vraisemblablement par le fait que l'alimentation contient moins de graisses animales mais davantage d'huiles végétales, moins nocives pour le cour. Sur le fait aussi qu'elle comporte des fruits et des légumes en abondance, suffisamment de céréales...

Le soutien de Bacchus

Mais, qui dit culture française, dit aussi culture du vin. Cette boisson des dieux est-elle responsable du relativement faible nombre d'infarctus déplorés dans notre pays? Certes, on sait que la mortalité globale est plus faible chez les personnes buvant quelques verres de vin par jour que chez celles qui demeurent totalement abstinentes et un effet protecteur vis-à-vis de l'infarctus du myocarde a été observé chez les premières.

Néanmoins, l'interprétation de ces résultats est parfois délicate, car certaines études trouvent également une action protectrice de la bière ou d'autres boissons alcoolisées et d'autres non. L'effet protecteur du vin oscillerait entre 1 à 2 verres par jour pour la plupart des études et atteindrait même 3 à 5 verres par jour selon une étude danoise publiée en 1995.

Enfin, le principe actif n'est pas formellement identifié non plus. Certaines substances contenues dans le vin rouge comme les composés phénoliques pourraient diminuer l'agrégation des plaquettes sanguines, contribuant par là éventuellement à diminuer le risque de caillot dans les artères et donc la survenue de maladies cardiaques comme l'infarctus.

En conclusion

Le véritable French paradox, s'il en est, réside dans l'ensemble des habitudes de vie, dont l'alimentation (équilibrée), qui peut ou non protéger contre les maladies cardiovasculaires. Aussi, le vin que l'on boit à table doit demeurer dans la liste des petits plaisirs que l'on aime s'offrir de temps en temps et ça, c'est loin d'être un paradoxe !

© Médecin-Conseil pour FranceSudOuest

* Les Toulousains ont une mortalité coronarienne inférieure de 30% à celle des régions du Nord et de l'Est.

 


 
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