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La noix du Périgord

Histoire
La noix et le Périgord sont intimement liés. Les études montrent clairement que l'homme de Cro-Magnon consommait ce fruit, il y a plus de 17 000 ans. Originaire de Perse, la noix est arrivée en Europe à l'époque glaciaire. Les noyers se sont d'abord développés en Mésopotamie, puis en Grèce avant de conquérir les terres gauloises grâce à Jules César.On trouve sa trace dans plusieurs régions françaises, dont la Bretagne, la Normandie, le Dauphiné et, bien sûr, le Périgord.

Très rapidement, les hommes considèrent la noix comme un produit précieux. Ainsi, au Moyen-Age, elle était régulièrement utilisée comme moyen de paiement par les paysans du Périgord. Au XVIIIe siècle, l'huile de noix devient un produit marchand fort prisé et donne naissance à une intense activité commerciale. Les gabarres descendent et montent la Dordogne en permanence, afin de déposer à Libourne l'huile précieuse, demandée par de nombreux pays européens.

En 1830, les noyers du Périgord ne sont guère épargnés par la rigueur de l'hiver, qui décime bon nombre de noyeraies. Réintroduite dans la région, la noix est à nouveau malmenée pendant la Première guerre mondiale, à cause de l'abattage systématique des noyers, qui fournissent un bois fort recherché…
Enfin, décision est prise dans les années 50 d'introduire dans le Sud-Ouest la franquette du Dauphiné, une noix jugée plus résistante. Elle concerne aujourd'hui plus de 70 % de la récolte locale.

Quatre variétés de noix...

Même si la franquette s'impose de plus en plus auprès des producteurs, la noix du Périgord comprend quatre variétés distinctes, qui contribuent à sa renommée.

On trouve d'abord la marbot, très précoce, à la coque mince et fragile, que l'on vend fraîche et que l'on consomme assez rapidement. Son goût est très fin.

La rustique corne (ou corne du Périgord) est une noix réputée fort goûteuse. On la reconnaît grâce à la taille moyenne de sa coque et à la blancheur de son cerneau. On peut la conserver plus longtemps que la marbot.

La grandjean (ou grosjean) offre une coque bien plus imposante que la rustique corne. On peut facilement extraire le cerneau, que l'on dit très parfumé. Au goût, la grandjean présente un soupçon d'amertume.

Enfin, la franquette, originaire de Notre-Dame-de-Losier, département de l'Isère. Introduite il y a une cinquantaine d'années dans le Sud-Ouest, elle se présente sous la forme d'une grosse coque. Ses qualités gustatives ne sont plus à démontrer et les amateurs apprécient son arrière-goût de noisette.


... Et quatre régions de production

Si la noix du Périgord est historiquement liée à sa région naturelle, la zone de production comprend aujourd'hui le Quercy (dans le Lot) et les département de la Corrèze et de la Charente. Le regroupement de ces terroirs a permis de développer 7500 hectares de vergers, qui se développent sur des sols argilo-calcaires du secondaire.

Une attention toute particulière a été portée aux lieux d'implantation. Ainsi, les vallées non gélives et les coteaux ne dépassant pas 500 mètres d'altitude ont été privilégiés, offrant aux noyers les conditions idéales de croissance. Ces dernières années, des investissements importants ont été réalisés, afin d'encourager l'exportation des noix vers différents pays européens mais aussi contrer la suprématie de la Chine et des Etats-Unis, qui produisent chaque année 540 000 tonnes de noix en coque (sur une production mondiale de 1 million de tonnes). La France produit quant à elle 30 000 tonnes par an, dont 15 000 tonnes issues du Dauphiné et du Périgord…

Un produit unique récompensé par l'AOC !

La noix du Périgord, c'est bon et on peut la déguster de mille et une façons. La noix fraîche, par exemple, est un vrai régal. Récoltée à maturité dès la mi-septembre, séparée de son brou (chair du fruit), on peut l'acheter aussitôt et la consommer rapidement.

Pour tous ceux qui auraient manqué l'événement, pas de panique. La noix sèche, que l'on trouve plus facilement dans le commerce, présente autant d'arguments gustatifs ! On la récolte dès le début du mois d'octobre, lorsqu'elle tombe naturellement des arbres. Lavée puis passée dans des séchoirs d'air chaud, la noix sèche se conserve sur une plus longue durée, pour peu qu'on l'entrepose dans un endroit frais et sec.

Le cerneau de noix du Périgord (ou amande) ne demande aucun effort puisqu'il a déjà été extrait de la coquille. On peut le manger comme ça, brut de décoffrage, ou l'utiliser comme accompagnement de salades, fromages et desserts.

Enfin, la noix du Périgord peut également se déguster sous la forme d'huile (excellent pour les salades), de vins et de liqueurs.
Cette constante quête de la qualité, menée depuis des années par les producteurs, a (enfin) été récompensée en 2002, lorsque l'Appellation d'Origine Contrôlée a publié son décret permettant ainsi à la noix du Périgord de rejoindre le cercle très fermé des produits de qualité. Qui en aurait douté ?

 


 
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