Un
alcool pas comme les autres
L'étude du Pr Gronbaek indique que les consommateurs
modérés de vin ont une mortalité totale abaissée
de 40 % alors que la bière n'a aucun effet et
que les spiritueux induisent une augmentation
de la mortalité. Trois études de 1997 réalisées
en Chine, aux USA et en Allemagne indiquent qu'une
consommation modérée d'alcool prévient aussi bien
la mortalité cardio-vasculaire que la mortalité
totale.
Il faut cependant souligner que si les
consommateurs modérés ont un risque de mortalité
plus faible que les abstinents, les consommateurs
abusifs ont un risque qui augmente avec la consommation.
Une consommation modérée de vin peut diminuer
le risque de cancer oropharyngé chez l'homme et
la femme alors que la bière et les spiritueux,
à n'importe quelle dose, l'augmentent très fortement.
Le cancer du sein chez la femme, comme les autres
cancers, est associé à la consommation d'alcool.
Le vin, contrairement aux autres boissons contenant
de l'alcool, semble ne pas être associé à son
développement. Un extrait sec de vin limite significativement
le développement d'un certain type de cancer chez
des souris transgéniques qui ont la propriété
de développer spontanément des tumeurs cancéreuses.
Le resvératrol peut bloquer les principales étapes
de la cancérogénèse tant au niveau de l'initiation,
du développement et de la progression des tumeurs.
Une consommation régulière de vin entraîne une
diminution du cancer des voies aérodigestives
et du poumon. En effet, il est connu que certains
polyphénols ont un rôle anti-initiateur et sont
aussi capables d'inhiber la croissance tumorale.
Le vin prolonge la vie
En outre, une consommation modérée de vin est
associée chez les sujets âgés de plus de 65 ans
à une réduction du risque de démence sénile et
de la maladie d'Alzheimer d'environ 75%. Associé
à un mode de vie sain, à une surveillance médicale
régulière et une alimentation donnant une part
importante aux fruits et légumes, une consommation
raisonnable quotidienne de vin rouge au cours
des repas augmente la durée de la vie par rapport
aux abstinents (sondage auprès de 900 personnes
de moyenne d'âge 88 ans fait par le Docteur Lacroix).
Bon pour le moral !
Enfin, il est clair qu'il existe peu de substances
protectrices dont l'ingestion est aussi liée à
la fête et au plaisir. Et c'est là une autre de
ses qualités: le vin a un rôle psychosocial qui
permet de prévenir des dépressions et autres troubles
nerveux liés à l'anxiété et qui renforce les solidarités
familiales et collectives.
La reconnaissance des bienfaits d'une consommation
mesurée
Le
Japon a donné récemment un coup de projecteur
sur les travaux du professeur français Serge Renaud
lors d'une conférence à Tokyo devant 3 000 spécialistes.
Ces travaux se déroulaient sous l'égide de l'Organisation
Mondiale de la Santé. Le Bureau fédéral qui contrôle
la réglementation des alcools aux U.S.A. a donné
quant à lui la possibilité d'inscrire sur les
étiquettes les bienfaits du vin pour la santé.
En Chine, pays non producteur -ou très peu - de
vin, le président a souligné les bienfaits d'une
consommation du vin. En France, le rapport Roques
remis en juin 1999 à Bernard Kouchner, Secrétaire
d'Etat à la Santé, propose une nouvelle classification
des drogues. Il classe dans le premier groupe
pour la dangerosité : l'héroïne, la cocaïne, et...
l'alcool. Le deuxième groupe comprend les hallucinogènes
et le tabac. Le cannabis n'arrive que dans le
troisième groupe ! Depuis quelques années, de
plus en plus de pays reconnaissent les bienfaits
d'une consommation mesurée et régulière de vin.
En France, pays le plus gros producteur, où l'exportation
de vin représente la vente d'environ 80 airbus
chaque année, un lobby anti-alcool a réussi à
faire voter la Loi Evin et a commandé le rapport
Roques. Encore un paradoxe français !!! Mais les
travaux sur les conséquences médicales d'une consommation
raisonnable de vin ont commencé il y a peu de
temps. Gageons que demain la recherche montrera
encore les bienfaits du vin sur la santé.