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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°1 - Du 6 au 11 novembre 2001
SOCIETE
Toulouse affronte ses premiers froids

Sept semaines après la terrible explosion de l'usine AZF de Toulouse, l'étendue des dégâts reste très important. L'automne est là, les températures chutent et l'hiver ne saurait trop tarder.

Les couches de plastique et de contreplaqué remplacent toujours les fenêtres pour au moins 12 000 foyers. L'inquiétude grandit chez les riverains : " L'architecte de l'OPAC nous a dit qu'il fallait attendre fin décembre pour que les fenêtres soient réparées. Mais la température est déjà drôlement descendue dans la nuit " raconte un couple à Béatrice Dillies, du Midi-Libre ( 6 novembre 2001).
La journaliste rappelle " qu'aucun nouveau bilan relatif au relogement des personnes sinistrées n'a été dressé par la préfecture de la Haute-Garonne " depuis le 30 octobre, soit 1245 familles.

Le drame est toujours vivace à Toulouse. Anne Lalo, psychosociologue et spécialiste de l'étude de la perception des risques industriels, se pose la question : " Les citoyens étaient-ils véritablement informés des risques ? ".
Interrogée par Jean-Marie Decorse dans l'édition du 7 novembre du Midi-Libre, Mme Lalo s'apprête à mener une vaste enquête auprès de 1000 Toulousains. Elle interrogera ensuite les habitants des quartiers situés à proximité du site, ainsi que les ouvriers des usines, directement touchés par l'explosion. Le but ? Définir plus précisément une méthode d'information du public face à un risque potentiel. " L'Etat veut donc relancer les procédures d'information à la population.
Au plan plus local, il s'agira d'estimer les manques et de dégager les responsa bilités au regard de la façon dont les gens les perçoivent. C'est de cette manière qu'on peut faire évoluer le droit et la justice " confie-t-elle. Et de conclure : " Ce que l'on n'a jamais vu jusqu'alors, c'est la dimension de l'urbanisation(…)Je pense, par exemple, qu'un citoyen ne pourra plus acheter ou louer une maison dans une zone donnée sans être obligatoirement informé des risques industriels qu'il encourt ".

C'est le moins qu'on puisse espérer. Heureusement, la catastrophe toulousaine a soulevé une vague d'entraide et de solidarité nationale. Les dons affluent, les vedettes de la chanson organisent des concerts humanitaires et même les stars de la tauromachie se sentent concernés, comme on l'apprend dans l'édition du 9 novembre du Midi-Libre. Certes, les bons sentiments sont toujours les bienvenus mais pas de n'importe qui. La polémique s'installe : faut-il accepter de l'argent des corridas ? " Trois associations anti-corridas ont décidé d'interpeller Philippe Douste-Blazy, qu'elles soupçonnent de double langage " note J.-F. Lardy- Gaillot dans son article. Le maire de Toulouse rappelle qu'il " reste dans la lignée de Dominique Baudis " et promet, la main sur le cœur, qu'aucune corrida ne sera organisée à Toulouse.

Pendant ce temps, le groupe TotalFinaElf, propriétaire de l'usine AZF, s'accorde quelques mois de réflexion quant à l'avenir du site. Libération nous apprend, dans son édition du 10 novembre, " qu'une première période de trois mois permettra de réaliser un bilan des installations, une " remise à zéro des compteurs ". Le groupe se donne ensuite six mois pour " étudier toutes les options " pour le site ", de la fermeture à une réouverture partielle ". Le quotidien nous rappelle que Total doit bien faire attention à sa communication et aux attentes de la population, alors que le groupe vient d'être mis en examen dans l'affaire Erika.

En attendant, eh bien l'hiver arrive, les Toulousains, d'habitude si joyeux, n'ont plus le cœur à la fête. Les habitants du quartier du Mirail manifestaient encore dimanche 11 novembre, réclamant le remplacement des fenêtres, qui devient urgent. "Nous n'avons pas besoin de guirlandes de Noël, mais de vitres à nos fenêtres", s'est exclamé un manifestant, comme le rapporte une dépêche AP.

Sources: Midi-Libre, Libération

 


 
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