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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°2 - Du 11 au 18 novembre 2001
SOCIETE
Toulouse deux mois après l'explosion
Deux mois après la terrible explosion de l'usine AZF, où en est-on vraiment ? Philippe Motta fait le point dans l'édition du 18 novembre de Sud-Ouest. Les chiffres d'abord. " Le secrétariat d'Etat au logement a recensé 15 141 logements sociaux HLM sinistrés et " environ " 10 000 appartements ou maisons dans le parc privé ". Certains Toulousains ont été relogés " dans de vrais maisons ", d'autres ont dû se contenter " d'un provisoire durable ", c'est-à-dire des mobil-homes installés à la hâte. Mais beaucoup de Toulousains sinistrés se sont débrouillés et ont réparé eux-même le gros des dégâts. " Annie Martinico a exigé du Plexiglass et a emprunté 15000 francs pour refaire la décoration de son salon. Ici aussi, le froid rentre mais la Toulousaine prévient : Ca m'est égal, j'ai mis le chauffage dix fois plus fort que l'an dernier et je ne paierai rien. J'ai averti EDF et mon assureur, je ne vais pas me laisser faire ".

Cet état d'esprit semble habiter la majorité des Toulousains et des associations qui les représentent. Ainsi, les responsables locaux d'AGF, l'assureur d'AZF, ont compris assez rapidement le message des sinistrés. Béatrice Dillies rapporte, dans l'édition du 14 novembre du La Dépêche du Midi, la teneur des conversations entre l'association " Plus jamais ça " et les assureurs : " Nous demandons un déblocage de fonds immédiat pour que les gens ne restent pas sans rien faire face aux intempéries, a martelé Pierre Labeyrie. En tant qu'assureur d'AZF, vous êtes au cœur du système. Alors avancez 1 milliard de francs dès aujourd'hui. ". Tous les cadres locaux d'AGF sont venus s'expliquer, jusqu'à ce que François Thomazeau, le directeur général des AGF, tente de calmer les esprits. " Il vient de téléphoner à la Fédération française des sociétés d'assurances et à Laurent Fabius. Un médiateur sera à Toulouse en début de semaine prochaine ". " Mais c'est il y a sept semaines que vous auriez dû faire ça ! " rétorque un manifestant, cité par Gilbert Laval dans l'édition du 14 novembre de Libération. " Que ce médiateur vienne donc, mais avec un chèque pour les urgences, en signe de bonne volonté de votre part… ".

L'Humanité du 14 novembre nous apprend que Lionel Jospin a annoncé devant l'Assemblée nationale le déblocage d'un fond d'urgence qui " accordera des avances aux familles, sous un plafond de ressources ". Le ministre de l'Economie et des Finances, de son côté, " a dévoilé devant l'Assemblée nationale l'accord intervenu entre le gouvernement et TotalFinaElf. Le groupe chimico-pétrolier et ses assureurs vont prendre en charge les travaux pour mettre hors eau et hors air les logements endommagés du parc privé, ainsi que les surcoûts de chauffage et d'éclairage" précise Tonino Serafini dans Libération (14 novembre). Afin d'accélérer les procédures, " 400 experts seront mobilisés à Toulouse ". " Ca prouve qu'on a tapé au bon endroit ce matin aux AGF " relève Jean Olivier, un membre du collectif cité par La Dépêche du Midi. " Que Total prenne en charge le surcoût d'électricité, c'est un premier pas qui va dans le bon sens(…) Mais ils doivent payer tous les surcoûts liés à l'explosion, pas seulement l'électricité ".

Heureusement, la solidarité quotidienne repose sur des bases solides, édifiées par les sinistrés et les associations d'entraide. Les manifestations se multiplient, afin de remplir les caisses de diverses fondations. La Dépêche du Midi nous apprend, dans son édition du 15 novembre, que la batterie-fanfare de Blagnac, a reversé le montant de son concert aux sinistrés d'AZF. On retrouve ce beau sentiment chez les chanteurs du Comminges, qui ont poussé la voix lors d'un concert exceptionnel organisé au profit du Secours Populaire. Les stars étaient également de retour à Toulouse, sous l'impulsion de Francis Cabrel. Le double-concert donné samedi dernier sur le parking du Stadium a réuni 12000 spectateurs, qui ont pu applaudir Serge lama, David Halliday, Patrick Bruel ou encore Jean-Jacques Goldman. Quelques heures de répit et d'émotion pour les Toulousains et, au bout du compte, un chèque de 2 millions de francs remis à la Fondation de France. " Des stars ? Mais non, bien sûr ! des garçons et des filles, des hommes et des femmes comme nous tous, sensibles, qui ont du chœur et du cœur " s'émeut Bernard Lescure, dans La Dépêche du Midi (18 novembre).

POLITIQUE
Le Premier ministre répond à la convocation du juge d'instruction de Pau
Le Conseil des ministres qui s'est tenu le mercredi 14 novembre " a autorisé Lionel Jospin à répondre à la convocation du juge d'instruction dans l'affaire Destrade " précise le site Web du Nouvel Observateur (14 novembre). Le premier ministre, qui doit être entendu comme témoin, " a dit ce qu'il ferait et il a fait ce qu'il a dit " a déclaré Marylise Lebranchu à l'issue du Conseil, comme le relate Le Monde dans son édition du 14 novembre. Et le quotidien du soir de préciser : " C'est, semble-t-il, la première fois qu'un premier ministre français en exercice sera entendu comme témoin dans une affaire de justice ". Le Conseil des ministres a également autorisé le ministre des Affaires européennes, Pierre Mosovici, à être entendu par la justice dans cette affaire.
L'affaire Destrade est intimement liée au financement du Parti Socialiste, comme nous le rappelle brièvement Le Figaro (14/11) : " L'information judiciaire concerne un réseau de trafic d'influence et d'escroquerie que Jean-Pierre Destrade, ancien député des Pyrénées-Atlantiques, est soupçonné d'avoir mis en place pour financer le PS au début des années 1990 ". Le Monde (14/111) nous apprend que " Le financement présumé illégal venait des groupes de la grande distribution " et que l'affaire " porte donc sur des faits postérieurs à la période où Lionel Jospin était premier secrétaire du PS (1981-1988). Ces groupes auraient versé plusieurs dizaines de millions de francs au parti en échange d'autorisations d'implantation de grandes surfaces " Pour l'instant, " une trentaine de personnes ont été mises en examen " précise Le Monde " dont des chefs d'entreprise, Henri Emmanuelli et Richard Moati, un homme d'affaires proche de Lionel Jospin ".

Sources: La Dépêche du Midi, Libération, l'Humanité, Sud-Ouest, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Figaro

 


 
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