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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°3 - Du 19 au 25 novembre 2001
SOCIETE
Toulouse: triste bilan
Deux mois après l'explosion de l'usine AZF, les Toulousains se souviennent de la catastrophe et des conséquences terribles qu'elle a pu engendrer. La Dépêche du Midi revient, dans son édition du 21 novembre, sur les 31 victimes de l'explosion : " A jamais imprimée dans la mémoire des Toulousains, la date du 21 septembre 2001 est gravée pour toujours dans la froideur du marbre " écrit Martine Cabanne. " Toutes [les victimes] brutalement arrachées à l'affection des leurs. Toutes tragiquement tuées. Soit par le souffle, soit transpercées par des lames de verre, soit écrasées sous un enchevêtrement de tôles… " poursuit la journaliste, qui rappelle ainsi l'extrême violence de l'explosion. Le quotidien n'a d' ailleurs pas hésité à consacrer deux pages entières aux 31 victimes, après avoir mené une série de reportages. " Le souvenir est désormais un devoir. Cet hommage s'inscrit dans cette démarche " précise Martine Cabanne, en introduction aux portaits, tous poignants.
L'Humanité du 22 novembre relate les actions menées la veille par les sinistrés et les associations : " … un concert de Klaxon a été organisé. Un " arrêt total de l'activité " a été observé de 10 h 15 à 10 h 30 en hommage aux victimes et pour faire pression sur les pouvoirs publics ". Car la situation reste précaire pour bon nombre de Toulousains, qui n'ont toujours rien touché des assurances ou des institutions. " Est-il trop tard pour autant? Rappelons que les 113 millions de francs du fonds d'urgence ont tous été distribués. Au 12 octobre, date de la clôture de ce compte, plus de 36.000 foyers en avaient bénéficié, ce qui représente une aide de 3.131 F en moyenne par famille. " écrit Béatrice Dillies dans l'édition du 19 novembre de La Dépêche du Midi. " Combien d'oubliés attendent encore?
Les estimations varient. Alain Orvain, le directeur général adjoint du conseil général, admet que " plus de 1.000 dossiers ont été récupérés il y a quinze jours dans des fichiers qui n'avaient pas été exploités et qui ont été transmis depuis à la préfecture ". Pourquoi une telle désorganisation après un traumatisme si important, s'interroge Frédéric Arrou, l'un des membres de l'Association des sinistrés. " C'est le fruit de l'inorganisation initiale entre la mairie et le Conseil général qui se renvoient la balle. Résultat, il y a eu une dilapidation démagogique de l'argent au début. Mais maintenant, il n'y en a plus. Et ils ne répondent même plus au téléphone " fait-il remarquer à La Dépêche du Midi du 19 novembre.

Le Nouvel Observateur rappelle le bilan de la tragédie: " Quelque 27.000 logements ont été atteints lors de l'explosion. Deux mois après, il reste des travaux (blocs de fenêtres, portes à changer, notamment) à accomplir dans au moins 11.000 habitations, et 50.000 à 60.000 personnes sont concernées, selon ses estimations. ". La Dépêche du Midi (22 novembre) précise de son côté que "six entreprises de la plate-forme chimique, employant, au total 1.100 personnes, ont arrêté leurs activités (...)Dans le secteur, 144 entreprises ont subi des dégâts, évalués à 600 millions de francs." Enfin, " L'université de Toulouse-Mirail a rouvert cette semaine. Au total, 79 écoles, 20 collèges, 11 lycées, 4 établissements d'enseignement supérieur, 3 cités universitaires et un bâtiment du rectorat ont été sérieusement endommagés. L'Etat a accordé une aide de 650 millions de francs. " Le quotidien régional nous apprend également que le Collectif "Plus jamais ça" se prépare à une semaine d'actions et de débats."Objectif prioritaire : la fermeture du pôle chimique". Le combat continue.

POLITIQUE
Lionel Jospin entendu par le juge Pons
L'Est Républicain annonce, dans son édition du 20 novembre, que le juge palois Thierry Pons s'est rendu, la veille, au domicile privé du Premier ministre, afin de l'interroger comme témoin dans l'affaire Destrade.
Cette audition " constitue une première pour un Premier ministre en exercice " remarque Le Figaro. Le magistrat, en charge du dossier depuis quelques années, est un homme " particulièrement méthodique " rappelle Dominique Richard dans Sud-Ouest (21 novembre). " Le juge Pons s'est notamment attaché à reconstituer l'historique du financement du parti socialiste. Il a ainsi versé au dossier un certain nombre de pièces ayant trait à l'affaire Urba, du nom de cet ancien bureau d'études qui reversait au PS, dans les années 70 et 80, des commissions versées par les entreprises en contrepartie de leur accès à la commande publique ". Le Monde, daté du 21 novembre, précise " qu'une trentaine de personnes ont été mises en examen depuis le début de l'enquête, dont Jean-Pierre Destrade, une quinzaine de chefs d'entreprise et l'ancien premier secrétaire et trésorier du PS Henri Emmanuelli. " Pierre Moscovici, le ministre délégué aux Affaires européennes, " a également été entendu comme témoin par le juge. L'audition, annoncée par L'Est Républicain a eu lieu ce mardi à 10h00 au ministère des Affaires européennes, à Paris " rapporte Le Nouvel Observateur, soulignant que Pierre Moscovici " a occupé les fonctions de trésorier du PS de 1992 à 1994".
Le juge Thierry Pons a sans doute posé quelques questions sur les relations que Lionel Jospin entretenaient avec l'homme d'affaires Richard Moatti. " Ancien docker, cet homme discret avait créé une société de construction avant de se lancer dans la politique et d'intégrer les sphères dirigeantes du PS. Très lié à Lionel Jospin, il l'avait soutenu lors de sa traversée du désert mettant notamment à sa disposition un local à Paris"écrit Dominique Richard dans Sud-Ouest. Et Le Monde de préciser (20 novembre) :"M. Moatti, longtemps proche de M. Jospin et ancien membre de la commission de contrôle des finances du PS (1979-1994), a été mis en examen le 16 février 2000 par le juge Pons pour recel et complicité de trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux."

Sources: La Dépêche du Midi, l'Humanité, Le Nouvel Observateur, L'Est Républicain, Le Figaro, Sud-Ouest, Le Monde

 


 
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