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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°5 - Du 2 au 9 décembre 2001
SOCIETE
L'avenir du pôle chimique toulousain
Le débat régional sur les risques industriels, qui s'est tenu le vendredi 30 novembre à Toulouse, a réuni plus de 600 personnes. Si Yves Cochet, ministre de l'Environnement, était bien présent, les représentant de TotalFinaElf avaient quant à eux décidé de pratiquer la politique de la chaise vide, au grand regret de l'ensemble des participants. L'avenir du pôle chimique représentait le thème majeur des discussions, trois mois après la terrible explosion de l'usine AZF. " La colère et la passion ont souvent pris le pas sur le débat d'idées " précise Alain Raynal, dans l'édition du 3 décembre de L'HUMANITE. Chacun est intervenu pour défendre ses idées et sa vision de l'avenir.
Ainsi, " Pierre Izard, le président (PS) du Conseil général de Haute-Garonne, a fustigé l'insuffisance des mesures de prévention en raison " d'une interprétation minimaliste " de la directive Seveso, qui fait que la zone sinistrée a été six fois plus importante que celle prévue " note Alain Raynal. Mais Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique et social régional, ne l'entendait pas du tout de cette oreille : " On rêve ici d'une ville propre avec seulement des activités tertiaires. Mais sans activités de production, il n'y aura pas de tertiaire ! ". C'était sans compter sur la présence des associations écologistes et d'entraide aux sinistrés, qui ont aussi donner de la voix : " Vous ne parlez que d'économie, vous avez déjà oublié les souffrances que nous avons endurées ", s'est écriée une dame au tee-shirt marqué du " Plus jamais ça " rapporte encore Alain Raynal dans L'HUMANITE. Les prises de position ont continué le lendemain dans les rues de Toulouse, signale encore L'HUMANITE. " La composition même de cette manifestation explique la diversité des exigences exprimées : des militants écologistes, qui veulent bannir toute industrie chimique, côtoient des syndicalistes de SUD, plus attachés aux emplois ; des militants trotskistes chantant l'Internationale défilent à quelques mètres de patrons de PME-PMI sinistrées, qui veulent le départ de leur voisin chimique ". Bien sûr, quelques petits incident ont ponctué le défilé, surtout lorsque " Philippe Dufetelle précise qu'il est " adjoint au maire chargé de l'Environnement depuis dix-neuf ans ", ce qui n'était peut-être pas judicieux de rappeler. L'élu se fait huer par la foule. Certains veulent l'empêcher de parler. Philippe Dufetelle perd alors son sang-froid et en vient presque aux mains avec un lycéen " écrit Bruno Vincens. Mais l'ensemble des manifestants semble se retrouver sur un point : TotalFinaElf doit payer tous les dégâts.
Sensibilité à fleur de peau, débats contradictoires, défense d'intérêts, priorités économiques et sociales…Le débat régional, organisé par le gouvernement, a tenté de donner la parole à tous les acteurs de la vie toulousaine. Mais il fut aussi l'occasion de découvrir le rapport de l'Ineris (l'Institut national de l'environnement industriel et des risques), comme nous l'apprend LA DEPECHE DU MIDI dans son édition du 4 décembre. " Les révélations de l'Ineris vont-elles conduire à tout remettre à plat? " s'interroge Jean-marie Decorse. " Ce rapport, dont nous publiions les conclusions dans notre journal de samedi, étend à 10 km les effets irréversibles qui résulteraient de fuites de gaz toxiques émis par les entreprises AZF, SNPE et Tolochimie ". Bref, largement de quoi raviver les passions et les peurs. " Avec ces périmètres de danger, il ne serait même pas question d'installer une nouvelle usine chimique sur la zone sud. Alors comment peut-on envisager un instant de redémarrer la production. J'attends maintenant ce que le Premier ministre va dire " précisait le député-maire de Toulouse, Philippe Douste-Blasy. Même consternation dans le milieu économique, comme le déclare Alain Leygonie, président de la société Partners et cité par LA DEPECHE DU MIDI : " C'est la stupeur partout. Comment se fait-il que cette étude sorte maintenant. Etait-elle enterrée jusqu'alors? Si on maintient la zone à risque, la réglementation sera encore plus dure et nous n'aurons plus les moyens de nos ambitions. C'est la paralysie en perspective ".
Yves Cochet a précisé que le Premier ministre prendra une décision avant la fin de l'année sur l'avenir du pôle chimique toulousain. Et la partie semble délicate pour le gouvernement, tant les passions sont encore palpables à Toulouse. " Aucune de ces décisions ne fera l'unanimité dans une ville traumatisée au sein de laquelle un fort courant majoritaire se dessine en faveur du démantèlement total de la zone chimique, fût-ce au prix des milliers d'emplois directs et indirects qu'elle génère " prévient René Grando dans LA DEPECHE DU MIDI du 6 décembre. Le quotidien régional dresse les 3 scénarios possibles : 1- " Fermeture d'AZF, reprise progressive de la SNPE ", 2-" Reprise partielle d'AZF et de la SNPE ", 3- " Fermeture totale ". Deux semaines d'attente pour une réponse officielle qui aura forcément de lourdes conséquences. Le débat reste ouvert.

Sources: L'Humanité, La Dépêche du Midi

 


 
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