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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°162 - Du 7 au 13 novembre 2005

SOCIETE
Les violences urbaines gagnent les agglomérations de Bordeaux et Toulouse
Après avoir secoué la banlieue parisienne et de nombreuses cités de province, les émeutes n'ont pas épargné le Sud-Ouest la semaine dernière. Ainsi, les agglomérations de Bordeaux et Toulouse ont affronté leur lot de véhicules brûlés et connu de violentes rixes entre jeunes et forces de l'ordre. "Les cinq nuits de violences qu'a connues l'agglomération toulousaine depuis vendredi commencent à peser lourd. (…) Tous les soirs, des débordements ont eu lieu dans ces quartiers. Feux de poubelles, dégradations de bâtiments, 187 véhicules incendiés, plus d'une trentaine de jeunes interpellés" résume LA DEPECHE DU MIDI (10/11).

Les débordements qui secouent les banlieues du Sud-Ouest et du pays reflètent le profond malaise des jeunes habitants des cités. Le taux de chômage avoisine les 30 % , les CV envoyés ne suscitent pas de réponses, les espoirs d'intégration se heurtent à la surdité de la population et de la classe politique. "Mais il fallait bien s'attendre à ce que les quartiers se révoltent un jour ou l'autre. Le problème, c'est le manque de respect, le manque de reconnaissance. On nous étiquette alors que, dans notre cité, nous sommes plus de 5 000 habitants pour seulement une vingtaine de fauteurs de troubles. Pas plus ! " explique Momo, habitant une cité de Pessac, à Christine Morice, de SUD-OUEST (08/11).

Pour beaucoup, la baisse des subventions allouées aux associations de quartiers et la disparition progressive de la police de proximité ont contribué à l'éclatement de la colère. C'est d'ailleurs à Toulouse, en février 2003, que Nicolas Sarkozy avait symboliquement sonné le glas de cette politique de prévention en déclarant aux policiers :"Votre rôle n'est pas de jouer au football avec les jeunes des quartiers, mais de vous mettre au travail." Ce revirement politique au profit de la répression est peut-être lié au manque de respect dont se plaignent nombre de jeunes. "Les missions fixées aux commissariats ont donc rapidement changé. Moins de proximité et de prévention pour plus d'opérations de contrôle, de police-secours, de chasse aux délits routiers" écrit Alain Raynal dans L'HUMANITE (12/11).

Reconstitution de la mort de Cannelle
Le 1er novembre 2004, René Marquèze, chasseur, abattait à bout pourtant la dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle. La mort de l'animal, qui venait de mettre bas, avait soulevé une vague d'émotions en France et provoqué le dépôt de plaintes de la part d'associations de défense des plantigrades. René Marquèze avait été mis en examen pour "destruction d'espèces protégées" et laissé libre sous contrôle judiciaire. Le chasseur avait expliqué avoir agi en état de légitime défense, alors que l'ourse était en train de charger.

C'est sur ces bases que le juge d'instruction palois, Jean-Luc Puyo, a décidé de procéder à la reconstitution des conditions qui ont précédé la mort de l'ourse et confronter la version décrite par le chasseur. Accompagné de René Marquèze, de son avocat et des représentants des parties civiles, le magistrat s'est rendu sur les lieux, à 1200 mètres d'altitude, afin de se rendre compte de la vraisemblance des arguments du chasseur. "Selon leur témoignage [des chasseurs], c'est dans cette zone que Cannelle déboule une première fois. Elle charge le chien du traqueur. Un premier coup de feu est tiré en l'air. L'homme croit être sorti d'affaire. Mais Cannelle le suit. Une nouvelle détonation la fait détaler. Un peu plus haut, vers le Rouglan, René Marquèze a entendu les coups de feu. Il s'attend à voir surgir un sanglier. Il tombe sur l'ourse" rapporte Patrice Sachez dans SUD-OUEST (08/11).

Surpris et effrayé, le chasseur aurait vu l'animal le charger et aurait tiré dans sa direction en état de légitime défense. Mais pour les protecteurs de la nature, cette version des faits ne tient pas. René Marquèze aurait très bien pu emprunter une issue en contrebas pour échapper à Cannelle. Les représentants des associations se demandent aussi pourquoi les chasseurs se trouvaient sur le passage habituel de l'ourse et de son petit, alors qu'ils savaient très bien que les plantigrades avaient été signalés, à plusieurs reprises, dans cette zone.

Pour les avocats de la partie civile, les chasseurs avaient bien prévu de tuer l'ourse, afin de nettoyer leur territoire de chasse. A leurs yeux, le procès est inévitable. Pour Me Blanco, conseil du Fonds d'intervention écopastorale (FIEP) et de France Nature Environnement, "la responsabilité pénale des autres chasseurs doit être recherchée pour complicité, ainsi que la responsabilité civile de l'ACCA d'Urdos et de la Fédération des chasseurs" (SUD-OUEST - 09/11).

De son côté, LA DEPECHE DU MIDI (08/11) signale la publication du livre "Plaidoyer pour Cannelle", de Gérard Caussimont, publié aux éditions Loubatières. Le livre "se veut un cri du coeur d'un naturaliste qui voit comment notre Amazonie pyrénéeenne est menacée par les affaires des hommes."

SPORTS
Rugby: le derby basque tourne à l'avantage de Bayonne

Après de longues semaines d'absence, le Top 14 a repris ses droits ce week-end, même si bon nombre de joueurs étaient mobilisés à Nantes au sein du XV de France, large vainqueur du Canada.

L'exploit est sûrement venu du stade Jean Dauger où les Bayonnais ont triomphé du Biarritz Olympique, comme ce fut le cas l'année dernière. La rencontre s'est déroulée dans des conditions météorologiques difficiles, qui ont sûrement contribué au manque d'emphase des échanges. Largement dominateurs en première mi-temps, les Biarrots ont cependant du faire face à la hargne et à la motivation des joueurs de l'Aviron. Menés 9 à 0 au retour des vestiaires, les Bayonnais profitent d'un essai de pénalité à la 53e minute, provoqué par la succession de fautes des joueurs du B.O. Requinqués, et un peu chanceux, les hommes de Gilbert Doucet parviennent à conserver le score jusqu'à la 75e minute où Richard Dourthe passe avec brio la pénalité, synonyme de victoire pour Bayonne.

"Les hommes de Gilbert Doucet, qui ont fait preuve d'un courage et d'une abnégation remarquables, s'offrent une belle victoire, mais aussi une bonne bouffée d'oxygène au classement" constate Arnaud Beurdeley sur le site SPOREVER (12/11). Même constatation pour L'EQUIPE (12/11): "une rencontre de qualité moyenne (certainement due aux conditions météorologiques exécrables), sur un terrain détrempé, le BO a cédé sous la pression des courageux Bayonnais." La victoire de l'Aviron permet à l'équipe de respirer un peu et d'engranger des points qui ne seront pas de trop.

Olivier Sorondo
Revue de presse publiée le 14 novembre 2005

Sources: LA DEPECHE DU MIDI, SUD-OUEST, L'HUMANITE, SPOREVER, L'EQUIPE


 
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