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ECONOMIE
Les soubresauts d'Airbus font trembler la région
Midi-Pyrénées
EADS n'en finit plus d'accumuler les déconvenues
et de susciter l'inquiétude de milliers
de salariés. Après avoir été
empêtré dans l'affaire Clearstream,
subit les soupçons de délits d'initié
pesant sur Noël Forgeard, son ancien co-président,
et annoncé à plusieurs reprises
des retards de livraison de l'A380, la compagnie
européenne souhaite aujourd'hui réduire
de 30 % ses frais de fonctionnement.
"C'est la troisième fois depuis
le printemps 2005 qu'Airbus repousse les livraisons
de son programme vedette, d'un coût estimé
à 12 milliards d'euros, victime de problèmes
persistants d'industrialisation. Ce nouveau retard
amputera le résultat brut d'exploitation
(EBIT) d'EADS de 2,8 milliards d'euros jusqu'en
2010, en raison des dépassements de coûts
et des pénalités de retard dues
aux compagnies clientes, a indiqué le groupe
européen" précise LE MONDE
(04/10).
Airbus va donc lancer le programme "Power
8", destiné à réduire
fortement les coûts et relancer la productivité
avec, comme objectif final, l'économie
de 2 milliards d 'euros par an jusqu'en 2010.
Mais si les différentes annonces entendues
ces dernières semaines visent à
éclaircir l'horizon et fixer un projet
industriel plus affiné, nombreux sont les
observateurs qui s'interrogent sur les causes
de ces multiples retards de livraison de l'A380.
Grégoire Biseau, dans LIBERATION (04/10)
amorce quelques pistes d'explication. En 18 mois,
Airbus a en effet connu trois patrons différents,
Noël Forgeard, Gustav Humbert et Christian
Streiff, ce qui n'a pas permis d'assurer la stabilité
souhaitée alors que le programme de l'A380
entrait dans sa phase d'industrialisation la plus
délicate. Airbus souffre aussi de l'infidélité
de ses actionnaires. En l'espace de quelques mois,
Lagardère, DaimlerChrysler et BAE Systems
ont cédé leurs parts dans le capital
d'EADS, qui n'a même pas pu compter sur
l'Etat français, détenteur de 15%,
du capital et considéré comme un
actionnaire inexistant.
Enfin, la tension industrielle ne cesse de croître
entre Toulouse et Hambourg. "Au lancement
de l'A380, les susceptibilités politiques
entre Français et Allemands ont abouti
à une curieuse répartition des tâches
: Toulouse réalise l'assemblage final et
Hambourg s'occupe de la peinture et de l'aménagement
intérieur. Alors, quand surviennent les
fameux problèmes de câblage électrique,
liés aux spécifications des compagnies
aériennes, c'est toute la chaîne
entre Hambourg et Toulouse qui déraille"
précise Grégoire Bisseau.
Au final, la crise d'Airbus risque d'avoir de
fâcheuses conséquences économiques
à Toulouse et dans sa région. Les
nombreux sous-traitants impliqués dans
la construction de l'avion envisagent l'avenir
avec moins de sérénité et
anticipent d'ores et déjà une baisse
importante de leur chiffre d'affaires. Le plan
de réduction des coûts annoncé
par Christian Streiff a suscité la mobilisation
des pouvoirs publics et des acteurs économiques
de la région Midi-Pyrénées.
"L'Etat, les collectivités locales
et la communauté financière se mobilisent
pour identifier et aider les entreprises qui auraient
des difficultés financières"
a déclaré François Junca,
président départemental du Medef,
et président du conseil de surveillance
de Latécoère, cité par LIBERATION
(06/10). 560 entreprises et près de 60
000 salariés sont directement concernés
par Airbus en Midi-Pyrénées et une
éventuelle vague de licenciements chez
les sous-traitants aurait de lourdes conséquences
dans la région.
L'inquiétude est d'autant plus vive que
Christian Streiff a bien parlé de suppressions
d'emploi, qui risquent de concerner tôt
ou tard les sous-traitants. Ces derniers ne cachent
pas leur pessimisme, comme ils le confient à
Jean-Marie Decorse de LA DEPECHE DU MIDI (04/10).
"Nous sommes inquiets des glissements
de programmes sur l'A 380 tels qu'ils sont annoncés.
Ils auront, sans nul doute, un impact direct sur
le chiffre d'affaires et la rentabilité"
confesse Patrick Laumont, de la société
Ratier-Figeac. Même inquiétude chez
Bernard Lelong, cofondateur de la Mécanic
Vallé : "Nos sociétés,
qui consacrent 30 % de leur chiffre d'affaires
à l'aéronautique, s'attendent à
devoir tirer les prix au maximum, en prenant également
à leur charge des coûts supplémentaires
comme le financement de leur propre développement.
En clair, nos sociétés se retrouvent
avec les mêmes contraintes qui pèsent
aujourd'hui sur un autre secteur, celui de l'industrie
automobile."
POLITIQUE
Retour gagnant d'Alain Juppé à la
mairie de Bordeaux
Un second tour ne sera même pas nécessaire
pour confirmer le retour d'Alain Juppé
à la mairie de Bordeaux. L'ancien premier
ministre, en retrait de la vie politique depuis
sa condamnation, le 1er décembre 2004,
à quatorze mois de prison avec sursis et
un an d'inéligibilité dans l'affaire
des emplois fictifs du RPR à Paris, marque
son retour dans la vie politique locale et nationale.
Réélu avec 56,26 % des voix, le
maire de Bordeaux s'est félicité
de son éclatante victoire. "Le
peuple de Bordeaux m'a donné sa confiance,
après une période difficile, c'est
un nouveau départ. C'est une belle victoire,
le taux de participation pour une élection
partielle est inespéré. Il s'agit
d'un score net, un formidable encouragement, nous
avons mouillé la chemise mais le résultat
est au rendez-vous" a-t-il déclaré
devant ses partisans, cité par LE MONDE
(09/10). En fait, le taux de participation n'est
pas si extraordinaire puisque qu'il ne dépasse
pas les 45%, accusant un recul de plus de 10 points
par rapport à 2001.
Pire, la liste d'Alain Juppé perd un siège
au Conseil municipal au profit des socialistes.
"Cette perte d'un siège se répercute
à la Communauté urbaine, où
le président PS Alain Rousset pourra compter
sur une majorité (PS-PC-Verts) de 62 sièges
sur 120 élus communautaires" précise
Dominique de Laage dans SUD-OUEST (09/10). Les
élections ont aussi été marquées
par la douce progression du Parti socialiste,
allié aux communistes, qui recueille 25,20%
des suffrages, soit une progression de 5 points
par rapport à 2001. Malgré sa progression,
la liste de gauche a souffert de la forte abstention
des électeurs. "Sans surprise,
ce sont majoritairement les quartiers huppés
qui se sont déplacés pour voter.
49,18 % du côté des hôtels
particuliers de David Johnston. Mais seulement
29,78 % dans la cité des Aubiers"
constate Laure Espieu dans LIBERATION (09/10).
Alain Juppé est donc de retour aux affaires.
La mairie de Bordeaux acquise, l'ancien premier
ministre vise aujourd'hui la présidence
la de la Communauté urbaine de Bordeaux,
dirigée depuis son départ par le
président socialiste du Conseil régional,
Alain Rousset, et sera candidat aux élections
législatives de 2007.
SPORTS
Rugby: Le Biarritz Olympique relève
la tête
Malmenés depuis quelques semaines, les
joueurs basques ont signé une victoire
convaincante ce week-end contre Perpignan (25-10).
Un score propre à réchauffer le
moral des troupes et à envisager la suite
du championnat avec moins d'anxiété.
"Ce soir, on a franchi un palier supplémentaire.
On a vu qu'en essayant, même si parfois
les ballons tombaient, on arrivait à mettre
nos adversaires à la faute. En touche et
en mêlée, disons que les choses se
sont équilibrés entre le bon et
le moins bon. Et puis, offensivement, c'est mieux.
Mais il nous reste bien du travail" a
déclaré le troisième ligne
biarrot Imanol Harinordoquy, cité par Sophie
Danger de SPORT365 (08/10).
On le sait, Perpignan reste une équipe
difficile à battre et les hommes de Lagisquet
ont du redouter l'affrontement avec les Catalans.
C'est peut-être cette crainte de perdre
une nouvelle fois quoi qui a expliqué la
fébrilité des Biarrots, coupables
d'avoir déployé un jeu approximatif,
avec une finition aléatoire et des ballons
lunatiques. Mais tout n'est pas à jeter
au regard du match. "Le BO a parfaitement
concrétisé ses temps forts en première
période (un essai de Bobo et trois pénalités
de Yachvili) tandis que l'USAP, sans complexe,
n'en transformait qu'un grâce à son
intenable ailier fidjien, Naulu (16-7 à
la mi-temps). La deuxième période
était contrôlée par les Basques
après dix bonnes premières minutes
des Catalans" résume Philippe
Verneaux sur le site de L'EQUIPE (08/10).
Parmi les autres faits marquants de la 10ème
journée, Montauban marque encore les esprits
en faisant plier le genou à l'invincible
Stade Français (15-9), le Stade Toulousain
renoue avec la victoire en s'imposant confortablement
contre Narbonne (40-34) et l'Aviron Bayonnais
regagne enfin les vestiaires avec un score à
son avantage après son match contre Agen
( 19-15).
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 9 octobre 2006
Sources: LE MONDE, LIBERATION, LA DEPECHE
DU MIDI, SUD-OUEST, SPORT365, L'EQUIPE
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