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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°190 - Du 2 au 9 octobre 2006

ECONOMIE
Les soubresauts d'Airbus font trembler la région Midi-Pyrénées
EADS n'en finit plus d'accumuler les déconvenues et de susciter l'inquiétude de milliers de salariés. Après avoir été empêtré dans l'affaire Clearstream, subit les soupçons de délits d'initié pesant sur Noël Forgeard, son ancien co-président, et annoncé à plusieurs reprises des retards de livraison de l'A380, la compagnie européenne souhaite aujourd'hui réduire de 30 % ses frais de fonctionnement.

"C'est la troisième fois depuis le printemps 2005 qu'Airbus repousse les livraisons de son programme vedette, d'un coût estimé à 12 milliards d'euros, victime de problèmes persistants d'industrialisation. Ce nouveau retard amputera le résultat brut d'exploitation (EBIT) d'EADS de 2,8 milliards d'euros jusqu'en 2010, en raison des dépassements de coûts et des pénalités de retard dues aux compagnies clientes, a indiqué le groupe européen" précise LE MONDE (04/10).

Airbus va donc lancer le programme "Power 8", destiné à réduire fortement les coûts et relancer la productivité avec, comme objectif final, l'économie de 2 milliards d 'euros par an jusqu'en 2010. Mais si les différentes annonces entendues ces dernières semaines visent à éclaircir l'horizon et fixer un projet industriel plus affiné, nombreux sont les observateurs qui s'interrogent sur les causes de ces multiples retards de livraison de l'A380. Grégoire Biseau, dans LIBERATION (04/10) amorce quelques pistes d'explication. En 18 mois, Airbus a en effet connu trois patrons différents, Noël Forgeard, Gustav Humbert et Christian Streiff, ce qui n'a pas permis d'assurer la stabilité souhaitée alors que le programme de l'A380 entrait dans sa phase d'industrialisation la plus délicate. Airbus souffre aussi de l'infidélité de ses actionnaires. En l'espace de quelques mois, Lagardère, DaimlerChrysler et BAE Systems ont cédé leurs parts dans le capital d'EADS, qui n'a même pas pu compter sur l'Etat français, détenteur de 15%, du capital et considéré comme un actionnaire inexistant.

Enfin, la tension industrielle ne cesse de croître entre Toulouse et Hambourg. "Au lancement de l'A380, les susceptibilités politiques entre Français et Allemands ont abouti à une curieuse répartition des tâches : Toulouse réalise l'assemblage final et Hambourg s'occupe de la peinture et de l'aménagement intérieur. Alors, quand surviennent les fameux problèmes de câblage électrique, liés aux spécifications des compagnies aériennes, c'est toute la chaîne entre Hambourg et Toulouse qui déraille" précise Grégoire Bisseau.

Au final, la crise d'Airbus risque d'avoir de fâcheuses conséquences économiques à Toulouse et dans sa région. Les nombreux sous-traitants impliqués dans la construction de l'avion envisagent l'avenir avec moins de sérénité et anticipent d'ores et déjà une baisse importante de leur chiffre d'affaires. Le plan de réduction des coûts annoncé par Christian Streiff a suscité la mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs économiques de la région Midi-Pyrénées. "L'Etat, les collectivités locales et la communauté financière se mobilisent pour identifier et aider les entreprises qui auraient des difficultés financières" a déclaré François Junca, président départemental du Medef, et président du conseil de surveillance de Latécoère, cité par LIBERATION (06/10). 560 entreprises et près de 60 000 salariés sont directement concernés par Airbus en Midi-Pyrénées et une éventuelle vague de licenciements chez les sous-traitants aurait de lourdes conséquences dans la région.

L'inquiétude est d'autant plus vive que Christian Streiff a bien parlé de suppressions d'emploi, qui risquent de concerner tôt ou tard les sous-traitants. Ces derniers ne cachent pas leur pessimisme, comme ils le confient à Jean-Marie Decorse de LA DEPECHE DU MIDI (04/10). "Nous sommes inquiets des glissements de programmes sur l'A 380 tels qu'ils sont annoncés. Ils auront, sans nul doute, un impact direct sur le chiffre d'affaires et la rentabilité" confesse Patrick Laumont, de la société Ratier-Figeac. Même inquiétude chez Bernard Lelong, cofondateur de la Mécanic Vallé : "Nos sociétés, qui consacrent 30 % de leur chiffre d'affaires à l'aéronautique, s'attendent à devoir tirer les prix au maximum, en prenant également à leur charge des coûts supplémentaires comme le financement de leur propre développement. En clair, nos sociétés se retrouvent avec les mêmes contraintes qui pèsent aujourd'hui sur un autre secteur, celui de l'industrie automobile."

POLITIQUE
Retour gagnant d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux
Un second tour ne sera même pas nécessaire pour confirmer le retour d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. L'ancien premier ministre, en retrait de la vie politique depuis sa condamnation, le 1er décembre 2004, à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à Paris, marque son retour dans la vie politique locale et nationale.

Réélu avec 56,26 % des voix, le maire de Bordeaux s'est félicité de son éclatante victoire. "Le peuple de Bordeaux m'a donné sa confiance, après une période difficile, c'est un nouveau départ. C'est une belle victoire, le taux de participation pour une élection partielle est inespéré. Il s'agit d'un score net, un formidable encouragement, nous avons mouillé la chemise mais le résultat est au rendez-vous" a-t-il déclaré devant ses partisans, cité par LE MONDE (09/10). En fait, le taux de participation n'est pas si extraordinaire puisque qu'il ne dépasse pas les 45%, accusant un recul de plus de 10 points par rapport à 2001.

Pire, la liste d'Alain Juppé perd un siège au Conseil municipal au profit des socialistes. "Cette perte d'un siège se répercute à la Communauté urbaine, où le président PS Alain Rousset pourra compter sur une majorité (PS-PC-Verts) de 62 sièges sur 120 élus communautaires" précise Dominique de Laage dans SUD-OUEST (09/10). Les élections ont aussi été marquées par la douce progression du Parti socialiste, allié aux communistes, qui recueille 25,20% des suffrages, soit une progression de 5 points par rapport à 2001. Malgré sa progression, la liste de gauche a souffert de la forte abstention des électeurs. "Sans surprise, ce sont majoritairement les quartiers huppés qui se sont déplacés pour voter. 49,18 % du côté des hôtels particuliers de David Johnston. Mais seulement 29,78 % dans la cité des Aubiers" constate Laure Espieu dans LIBERATION (09/10).

Alain Juppé est donc de retour aux affaires. La mairie de Bordeaux acquise, l'ancien premier ministre vise aujourd'hui la présidence la de la Communauté urbaine de Bordeaux, dirigée depuis son départ par le président socialiste du Conseil régional, Alain Rousset, et sera candidat aux élections législatives de 2007.

SPORTS
Rugby: Le Biarritz Olympique relève la tête
Malmenés depuis quelques semaines, les joueurs basques ont signé une victoire convaincante ce week-end contre Perpignan (25-10). Un score propre à réchauffer le moral des troupes et à envisager la suite du championnat avec moins d'anxiété. "Ce soir, on a franchi un palier supplémentaire. On a vu qu'en essayant, même si parfois les ballons tombaient, on arrivait à mettre nos adversaires à la faute. En touche et en mêlée, disons que les choses se sont équilibrés entre le bon et le moins bon. Et puis, offensivement, c'est mieux. Mais il nous reste bien du travail" a déclaré le troisième ligne biarrot Imanol Harinordoquy, cité par Sophie Danger de SPORT365 (08/10).

On le sait, Perpignan reste une équipe difficile à battre et les hommes de Lagisquet ont du redouter l'affrontement avec les Catalans. C'est peut-être cette crainte de perdre une nouvelle fois quoi qui a expliqué la fébrilité des Biarrots, coupables d'avoir déployé un jeu approximatif, avec une finition aléatoire et des ballons lunatiques. Mais tout n'est pas à jeter au regard du match. "Le BO a parfaitement concrétisé ses temps forts en première période (un essai de Bobo et trois pénalités de Yachvili) tandis que l'USAP, sans complexe, n'en transformait qu'un grâce à son intenable ailier fidjien, Naulu (16-7 à la mi-temps). La deuxième période était contrôlée par les Basques après dix bonnes premières minutes des Catalans" résume Philippe Verneaux sur le site de L'EQUIPE (08/10).

Parmi les autres faits marquants de la 10ème journée, Montauban marque encore les esprits en faisant plier le genou à l'invincible Stade Français (15-9), le Stade Toulousain renoue avec la victoire en s'imposant confortablement contre Narbonne (40-34) et l'Aviron Bayonnais regagne enfin les vestiaires avec un score à son avantage après son match contre Agen ( 19-15).

Olivier Sorondo
Revue de presse publiée le 9 octobre 2006

Sources: LE MONDE, LIBERATION, LA DEPECHE DU MIDI, SUD-OUEST, SPORT365, L'EQUIPE


 
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