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ECONOMIE
L'entreprise japonaise Toyal va-t-elle rester
à Accous ?
Le torchon brûle entre Toyal et les pouvoirs
publics. La filiale européenne de la société
japonaise Toyo Aluminium menace de confirmer sa
délocalisation à Lacq ou en Roumanie
si l'Etat ne respecte pas ses engagements financiers.
On se souvient que l'affaire avait fait grand
bruit en mars dernier lorsque le député
béarnais Jean Lassalle avait entamé
une longue grève de la faim (voir
notre revue de presse du 6 au 12 mars 2006)
pour protester contre le départ de Toyal
d'Accous. Largement médiatisé, le
coup d'éclat de Jean Lassalle avait contribué
à une ébauche de solution entre
le patron nippon et le ministère de l'aménagement
du territoire.
Mais, dix mois plus tard, la légendaire
patience des Japonais s'est transformée
en spasmes d'énervement. Toyal attend toujours
la compensation financière du gouvernement,
promise pour l'inciter à confirmer sa localisation
à Accous et financer une partie de son
développement. Pour Hervé Lelièvre,
président de Toyal Europe, la coupe est
pleine: "Nous avons le sentiment d'avoir
été menés en bateau (
)
Ou le gouvernement est prêt légalement
à investir aux conditions prévues,
ou nous remettons sur les rails notre projet à
Lacq" déclare-t-il à Laure
Espieu de LIBERATION (20/01).
Hervé Lelièvre a d'ores et déjà
sollicité un entretien avec Nicolas Sarkozy,
qui avait signé le 14 avril dernier un
accord avec Masahiro Aoki, vice-président
de Toyal. Le ministre de l'Intérieur et
de l'Aménagement du territoire est également
dans la ligne de mire d'Alain Rousset, le président
du Conseil régional d'Aquitaine: "Cette
affaire, et je l'avais dit dès le début,
est un immense gâchis parce que cette entreprise
veut se développer et avait prévu
30 millions d'euros d'investissement. Cela donne
de la France, puisque l'action de Jean Lassalle
a été très médiatisée,
le spectacle d'une classe politique incompétente
vis-à-vis du monde industriel"
confie-t-il à SUD-OUEST (20/01).
Mais certains élus locaux, dont François
Bayrou et même Jean Lassalle, n'envisagent
pas l'avenir avec inquiétude, considérant
que les tensions actuelles font partie des négociations
et qu'une solution durable sera trouvée
entre Toyal, les collectivités locales
et l'Etat. Le député béarnais
n'aura certainement pas besoin de reprendre son
jeûne de protestation, ce qui est toujours
regrettable au pays de la poule au pot et de la
garbure.
SOCIETE / JUSTICE
AZF: la date du procès se précise
mais des pièces manquent au dossier judicaire
Selon le procureur de la république, Paul
Michel, le procès de l'affaire AZF pourrait
s'ouvrir, au plus tôt, à la fin de
l'année. La chambre de l'instruction a
examiné la semaine dernière les
dernières requêtes, demandées
par les différentes parties. Les associations
des victimes ont été autorisées
à assister aux plaidoiries. Mise en examen
pour "homicides et blessures involontaires",
la société Grande Paroisse, propriétaire
de l'usine et filiale de Total, a demandé
en appel le non lieu, qui devait également
concerner son ancien directeur, Serge Biechlin.
La première demande avait été
rejetée en juillet dernier après
l'énoncé des conclusions d'une expertise
chimique menée en décembre 2005
sur demande des juges d'instruction et qui remettait
en cause l'enquête des experts judiciaires.
"Malgré les conclusions claires
des experts et de la Police judiciaire, qui ont
montré l'origine accidentelle de la catastrophe
due aux négligences au sein de l'usine,
Total s'accroche toujours aux autres pistes. La
piste criminelle notamment fait l'objet de nombreuses
demandes d'investigations" précise
LA DEPECHE DU MIDI (18/01). Si la trentaine d'actes
déposés la semaine dernière
sont rejetés, comme cela sera probablement
le cas selon LA DEPECHE, aucun supplément
d'enquête ne sera diligenté et le
procès pourra s'ouvrir dès le dernier
trimestre.
L'Association des sinistrés, partie civile
depuis le début de l'enquête, tente
aujourd'hui d'obtenir la mise en examen du groupe
Total. Mais certains documents saisis à
l'usine AZF au lendemain de l'explosion ont mystérieusement
disparu du dossier judiciaire. "Ces documents
sont importants car ils pourraient mettre au jour
le rôle prédominant de Total sur
sa filiale concernant la marche de l'usine et
les dépenses y afférant"
précise Me Agnès Casero, avocate
des sinistrés, à Yves Bordenave
du journal LE MONDE (18/01).
Les avocats de l'association souhaitent consulter
ces pièces, qui comprennent notamment des
études sur la dangerosité du nitrate,
avant que la justice ne boucle son dossier.
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 21 janvier 2007
Sources: LIBERATION, SUD-OUEST, LA DEPECHE
DU MIDI, LE MONDE
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