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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°203 - Du 15 au 21 janvier 2007

ECONOMIE
L'entreprise japonaise Toyal va-t-elle rester à Accous ?
Le torchon brûle entre Toyal et les pouvoirs publics. La filiale européenne de la société japonaise Toyo Aluminium menace de confirmer sa délocalisation à Lacq ou en Roumanie si l'Etat ne respecte pas ses engagements financiers. On se souvient que l'affaire avait fait grand bruit en mars dernier lorsque le député béarnais Jean Lassalle avait entamé une longue grève de la faim (voir notre revue de presse du 6 au 12 mars 2006) pour protester contre le départ de Toyal d'Accous. Largement médiatisé, le coup d'éclat de Jean Lassalle avait contribué à une ébauche de solution entre le patron nippon et le ministère de l'aménagement du territoire.

Mais, dix mois plus tard, la légendaire patience des Japonais s'est transformée en spasmes d'énervement. Toyal attend toujours la compensation financière du gouvernement, promise pour l'inciter à confirmer sa localisation à Accous et financer une partie de son développement. Pour Hervé Lelièvre, président de Toyal Europe, la coupe est pleine: "Nous avons le sentiment d'avoir été menés en bateau (…) Ou le gouvernement est prêt légalement à investir aux conditions prévues, ou nous remettons sur les rails notre projet à Lacq" déclare-t-il à Laure Espieu de LIBERATION (20/01).

Hervé Lelièvre a d'ores et déjà sollicité un entretien avec Nicolas Sarkozy, qui avait signé le 14 avril dernier un accord avec Masahiro Aoki, vice-président de Toyal. Le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire est également dans la ligne de mire d'Alain Rousset, le président du Conseil régional d'Aquitaine: "Cette affaire, et je l'avais dit dès le début, est un immense gâchis parce que cette entreprise veut se développer et avait prévu 30 millions d'euros d'investissement. Cela donne de la France, puisque l'action de Jean Lassalle a été très médiatisée, le spectacle d'une classe politique incompétente vis-à-vis du monde industriel" confie-t-il à SUD-OUEST (20/01).

Mais certains élus locaux, dont François Bayrou et même Jean Lassalle, n'envisagent pas l'avenir avec inquiétude, considérant que les tensions actuelles font partie des négociations et qu'une solution durable sera trouvée entre Toyal, les collectivités locales et l'Etat. Le député béarnais n'aura certainement pas besoin de reprendre son jeûne de protestation, ce qui est toujours regrettable au pays de la poule au pot et de la garbure.

SOCIETE / JUSTICE
AZF: la date du procès se précise mais des pièces manquent au dossier judicaire
Selon le procureur de la république, Paul Michel, le procès de l'affaire AZF pourrait s'ouvrir, au plus tôt, à la fin de l'année. La chambre de l'instruction a examiné la semaine dernière les dernières requêtes, demandées par les différentes parties. Les associations des victimes ont été autorisées à assister aux plaidoiries. Mise en examen pour "homicides et blessures involontaires", la société Grande Paroisse, propriétaire de l'usine et filiale de Total, a demandé en appel le non lieu, qui devait également concerner son ancien directeur, Serge Biechlin.

La première demande avait été rejetée en juillet dernier après l'énoncé des conclusions d'une expertise chimique menée en décembre 2005 sur demande des juges d'instruction et qui remettait en cause l'enquête des experts judiciaires. "Malgré les conclusions claires des experts et de la Police judiciaire, qui ont montré l'origine accidentelle de la catastrophe due aux négligences au sein de l'usine, Total s'accroche toujours aux autres pistes. La piste criminelle notamment fait l'objet de nombreuses demandes d'investigations" précise LA DEPECHE DU MIDI (18/01). Si la trentaine d'actes déposés la semaine dernière sont rejetés, comme cela sera probablement le cas selon LA DEPECHE, aucun supplément d'enquête ne sera diligenté et le procès pourra s'ouvrir dès le dernier trimestre.

L'Association des sinistrés, partie civile depuis le début de l'enquête, tente aujourd'hui d'obtenir la mise en examen du groupe Total. Mais certains documents saisis à l'usine AZF au lendemain de l'explosion ont mystérieusement disparu du dossier judiciaire. "Ces documents sont importants car ils pourraient mettre au jour le rôle prédominant de Total sur sa filiale concernant la marche de l'usine et les dépenses y afférant" précise Me Agnès Casero, avocate des sinistrés, à Yves Bordenave du journal LE MONDE (18/01).

Les avocats de l'association souhaitent consulter ces pièces, qui comprennent notamment des études sur la dangerosité du nitrate, avant que la justice ne boucle son dossier.

Olivier Sorondo
Revue de presse publiée le 21 janvier 2007

Sources: LIBERATION, SUD-OUEST, LA DEPECHE DU MIDI, LE MONDE


 
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