|
ECONOMIE / POLITIQUE
Le feuilleton de l'usine Toyal d'Accous se
poursuit
Résumé des épisodes précédents:
en mars 2006, la filiale française de la
société japonaise Toyo, spécialisée
dans la production de poudres d'aluminium, envisage
de délocaliser son usine d'Accous sur le
site de Lacq, mieux adapté à son
développement et situé à
quelques dizaine de kilomètres. La nouvelle
provoque la stupeur des 150 salariés et
tord l'estomac du député local,
Jean Lassalle, qui entame derechef une grève
de la faim. Quarante jours plus tard, le député
béarnais, plus léger de 30 kilos,
obtient gain de cause. Le ministère de
l'Aménagement du territoire et Masahiro
Aoki, vice-président de Toyal signent un
protocole d'accord stipulant que l'entreprise
nippone s'engage à développer le
site d'Accous moyennant le financement par l'Etat
français du surcoût lié à
l'extension de l'usine.
Dix mois plus tard, la situation se crispe à
nouveau. Hervé Lelièvre, président
de Toyal Europe, ne voyant pas l'ombre d'un euro
se dessiner, demande à rencontrer Nicolas
Sarkozy afin de lui rappeler l'engagement de son
ministère. Alain Rousset, le président
du Conseil régional d'Aquitaine, rappelle
que les collectivités locales interviennent
à hauteur des 2/3 du financement, estimé
à 4,5 millions d'euros. Enfin, Jean Lassalle
se remet en selle et décide de se rendre
au Japon afin de rencontrer le PDG de Toyo Aluminium
pour lui apporter toutes les preuves de confiance.
A Tokyo, le député Lassalle partage
le même hôtel que
M. Rousset,
venu assurer la promotion de sa région
auprès d'éventuels investisseurs.
A Osaka, Alain Rousset rencontre Masao Imasu,
le PDG de Toyo, qui se montre rassurant sur l'avenir
du site d'Accous. "En revanche, il refuse
catégoriquement de débourser plus
de 58 000 euros pour l'aménagement du site.
C'est ce qu'aurait coûté à
Toyal l'achat d'un terrain mieux adapté
à Lacq. Toyal ne veut donc pas payer les
450 000 euros que les pouvoirs publics français
lui demandent. Et rappelle au gouvernement qu'il
a déjà perdu beaucoup de temps (un
an)... et d'argent" précise Sophie
Fay dans LE FIGARO (01/02). Alain Rousset s'engage
à faire un geste supplémentaire
et précise que la région investira
entre 1 et 2 millions d'euros pour financer à
Accous les projets de recherche sur les produits
verts.
Jean Lassalle, qui marque Alain Rousset à
la culotte, obtient lui aussi un rendez-vous avec
M. Masao Imasu, "après que le PDG
de Toyal eut ironisé sur le qualificatif
de "samouraï des Pyrénées"
que certains lui ont attribué"
écrivent Philippe Mesmer et Claudia Courtois
dans LE MONDE (03/02). "M. Lassalle a jeûné
pour faire progresser sa carrière politique
alors que le "bushido" - le code des
samouraïs - consiste à respecter l'autre"
a fait remarquer Masao Imasu, qui a cependant
accepté de bon cur le béret
offert par le député des Pyrénées-Atlantiques.
L'avenir du site d'Arcous semble donc se dégager.
Les 143 emplois seront maintenus et l'usine sera
mise aux normes Seveso II. L'extension n'a pas
été directement évoquée
dans la déclaration commune, les dirigeants
japonais attendant sûrement l'ultime intervention
du gouvernement français. Mais le projet
d'implantation d'une nouvelle unité à
Lacq n'est pas définitivement écarté:
"Les arguments ne manquent pas : des terrains
disponibles, un accès rail, la fourniture
des utilités, le traitement des effluents
et l'assurance de payer un terrain préparé
et viabilisé de 25 000 mètres carrés,
52 000 euros. Pas un sou de plus ! "
rapporte Colette Goinère dans L'USINE NOUVELLE
(22/01). Cette possibilité ne choque plus
les élus locaux, à condition que
le site d'Arcous soit maintenu.
Enfin, Jean Lassalle a précisé
que Nicolas Sarkozy allait recevoir les acteurs
du dossier dans le courant du mois de février
afin de trouver une solution pérenne et
garantir les investissements de l'Etat. Il était
temps.
JUSTICE
Le chef historique d'Iparretarrak va recouvrer
la liberté
C'est une information surprenante qui a été
diffusée la semaine dernière par
la Chambre de l'application des peines de la Cour
d'appel de Paris: la demande de mise en liberté
conditionnelle de Philippe Bidart a en effet été
acceptée, après le rejet des deux
dernières demandes en 2004 et en octobre
dernier.
Incarcéré depuis 19 ans, Philippe
Bidart, aujourd'hui âgé de 53 ans,
est le chef historique du mouvement basque Ipparetarrak,
fondé en 1973 et officiellement interdit
en 1987. Il est accusé du meurtre de deux
CRS en 1983 et d'un gendarme en 1987. Il a également
participé à une fusillade en 1983,
au cours de laquelle un gendarme avait perdu la
vie. Pour l'ensemble de ces crimes, Philippe Bidart
a été condamné par deux fois
à la réclusion criminelle à
perpétuité et à vingt ans
d'emprisonnement.
L'annonce de sa libération conditionnelle,
qui sera effective le 14 février, a surpris
et réjouit ses proches et ses avocats.
"Nous sommes surpris et heureux de cette
décision, les magistrats ont enfin pris
en considération le dossier dans son seul
aspect juridique, et non sur un plan politique"
a déclaré Me Philippe Aramendi,
cité par LE MONDE (01/02). L'enthousiasme
est réel chez Teresa Michelena, membre
active du comité Filipe Aska: "D'abord
je n'y ai pas cru. On a tellement été
échaudés dans ce dossier. Je pense
à son père. Je pense à ses
filles. Je pense à ses frères. C'est
super ! Mais pourquoi aujourd'hui alors qu'il
y a un an son dossier était exactement
le même" confie-t-elle au journaliste
de SUD-OUEST (02/02).
Philippe Bidart, qui a trouvé un emploi
à Béziers, va devoir se soumettre
pendant 7 ans au contrôle d'un juge d'application
des peines. Il ne sera pas autorisé à
se déplacer où à résider
dans quelques départements, dont celui
des Pyrénées-Atlantiques.
SPORTS
Football: encore un week-end de désillusions
Si le dernier week-end n'avait pas été
brillant pour Bordeaux et Toulouse, la 23ème
journée du championnat a encore été
pire. Les deux clubs du Sud-Ouest se sont inclinés,
mettant un frein à leur reconquête
du classement entamée il y a déjà
quelques semaines.
Les Girondins pouvaient légitimement espérer
la victoire contre l'équipe de Nice, abattue
par une série de 11 matches sans victoire.
Mais les Niçois avaient décidé
de chasser le chat noir de leur parcours et sont
parvenus à déborder des Bordelais
certes courageux mais peut-être moins motivés
que les Azuréens, qui s'imposent par deux
buts à un. "Les Girondins n'ont
pas rassuré grand monde, samedi soir, à
Nice. A commencer par eux-mêmes. Ils ont
confirmé leur inconstance, leur manque
de ressources mentales, l'absence d'un vrai leader
offensif et, du même coup, d'un patron"
peste Alain Goujon dans SUD-OUEST (05/02). Franck
Guidicelli, du site SPORT 365, est plus indulgent:
"Un autre match débute alors [après
le second but niçois] complètement
à l'avantage des joueurs de Ricardo qui
parviennent à réduire le score sur
une frappe lointaine également. Nice vaille
mais ne rompt pas avant la pause grâce à
beaucoup de solidarité. Au retour des vestiaires,
le match est à sens unique avec des Bordelais
qui confisquent la balle". Mais les hommes
de Ricardo ne reviennent pas au score et doivent,
une nouvelle fois, s'incliner.
Même désenchantement pour les supporters
du TFC, qui voient leur équipe se faire
battre par Nancy (1-2) en Lorraine. Les hommes
d'Elie Baup n'ont guère brillé pendant
le match, subissant la constante domination des
Nancéens. Menés deux buts à
zéro à la 80ème minute, ils
parviennent à redresser la tête 10
minutes plus tard, lors des arrêts de jeu.
Bergougnoux récupère le ballon lors
d'une passe manquée de Biancalani et fonce
vers le but adverse. Il trompe les deux défenseurs
mais sa frappe est d'abord contrée. Bien
placé à la récupération
du ballon, Bergougnoux marque enfin le but tant
espéré par les Toulousains. Les
commentaires des journalistes sportifs sont sans
pitié pour le Téfécé:
"Sans pour autant se créer beaucoup
d'occasions, les Lorrains ont dominé l'ensemble
de la partie. Fantomatiques, les Toulousains n'ont
pas même fait illusion un instant. Cela
a ainsi donné lieu à une rencontre
de piètre qualité, ressemblant plus
à un entraînement qu'à un
match de Ligue 1" écrit Martin
Baumer sur le site SPORT 365 (03/02). Même
dépit pour Patrick Boudreault de LA DEPECHE
DU MIDI (05/02): "L'art et la manière
de redescendre sur terre. Ce n'est pas la première
fois cette saison que le TFC boit le bouillon
de minuit au moment même où il a
la possibilité de bonifier ses efforts,
et cette tendance à vouloir rester dans
l'anonymat, dans le moyen (qui exclut donc tant
le bon que le mauvais...), voire dans le médiocre
ou l'indifférence, est certainement le
plus gros chantier qui attend Elie Baup dans les
mois qui viennent". Point barre.
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 5 février 2007
Sources: LE FIGARO, LE MONDE, SUD-OUEST,
L'USINE NOUVELLE, SPORT 365, LA DEPECHE DU MIDI
|