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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°205 - Du 29 janvier au 4 février 2007

ECONOMIE / POLITIQUE
Le feuilleton de l'usine Toyal d'Accous se poursuit
Résumé des épisodes précédents: en mars 2006, la filiale française de la société japonaise Toyo, spécialisée dans la production de poudres d'aluminium, envisage de délocaliser son usine d'Accous sur le site de Lacq, mieux adapté à son développement et situé à quelques dizaine de kilomètres. La nouvelle provoque la stupeur des 150 salariés et tord l'estomac du député local, Jean Lassalle, qui entame derechef une grève de la faim. Quarante jours plus tard, le député béarnais, plus léger de 30 kilos, obtient gain de cause. Le ministère de l'Aménagement du territoire et Masahiro Aoki, vice-président de Toyal signent un protocole d'accord stipulant que l'entreprise nippone s'engage à développer le site d'Accous moyennant le financement par l'Etat français du surcoût lié à l'extension de l'usine.

Dix mois plus tard, la situation se crispe à nouveau. Hervé Lelièvre, président de Toyal Europe, ne voyant pas l'ombre d'un euro se dessiner, demande à rencontrer Nicolas Sarkozy afin de lui rappeler l'engagement de son ministère. Alain Rousset, le président du Conseil régional d'Aquitaine, rappelle que les collectivités locales interviennent à hauteur des 2/3 du financement, estimé à 4,5 millions d'euros. Enfin, Jean Lassalle se remet en selle et décide de se rendre au Japon afin de rencontrer le PDG de Toyo Aluminium pour lui apporter toutes les preuves de confiance. A Tokyo, le député Lassalle partage le même hôtel que…M. Rousset, venu assurer la promotion de sa région auprès d'éventuels investisseurs.

A Osaka, Alain Rousset rencontre Masao Imasu, le PDG de Toyo, qui se montre rassurant sur l'avenir du site d'Accous. "En revanche, il refuse catégoriquement de débourser plus de 58 000 euros pour l'aménagement du site. C'est ce qu'aurait coûté à Toyal l'achat d'un terrain mieux adapté à Lacq. Toyal ne veut donc pas payer les 450 000 euros que les pouvoirs publics français lui demandent. Et rappelle au gouvernement qu'il a déjà perdu beaucoup de temps (un an)... et d'argent" précise Sophie Fay dans LE FIGARO (01/02). Alain Rousset s'engage à faire un geste supplémentaire et précise que la région investira entre 1 et 2 millions d'euros pour financer à Accous les projets de recherche sur les produits verts.

Jean Lassalle, qui marque Alain Rousset à la culotte, obtient lui aussi un rendez-vous avec M. Masao Imasu, "après que le PDG de Toyal eut ironisé sur le qualificatif de "samouraï des Pyrénées" que certains lui ont attribué" écrivent Philippe Mesmer et Claudia Courtois dans LE MONDE (03/02). "M. Lassalle a jeûné pour faire progresser sa carrière politique alors que le "bushido" - le code des samouraïs - consiste à respecter l'autre" a fait remarquer Masao Imasu, qui a cependant accepté de bon cœur le béret offert par le député des Pyrénées-Atlantiques.

L'avenir du site d'Arcous semble donc se dégager. Les 143 emplois seront maintenus et l'usine sera mise aux normes Seveso II. L'extension n'a pas été directement évoquée dans la déclaration commune, les dirigeants japonais attendant sûrement l'ultime intervention du gouvernement français. Mais le projet d'implantation d'une nouvelle unité à Lacq n'est pas définitivement écarté: "Les arguments ne manquent pas : des terrains disponibles, un accès rail, la fourniture des utilités, le traitement des effluents et l'assurance de payer un terrain préparé et viabilisé de 25 000 mètres carrés, 52 000 euros. Pas un sou de plus ! " rapporte Colette Goinère dans L'USINE NOUVELLE (22/01). Cette possibilité ne choque plus les élus locaux, à condition que le site d'Arcous soit maintenu.

Enfin, Jean Lassalle a précisé que Nicolas Sarkozy allait recevoir les acteurs du dossier dans le courant du mois de février afin de trouver une solution pérenne et garantir les investissements de l'Etat. Il était temps.

JUSTICE
Le chef historique d'Iparretarrak va recouvrer la liberté
C'est une information surprenante qui a été diffusée la semaine dernière par la Chambre de l'application des peines de la Cour d'appel de Paris: la demande de mise en liberté conditionnelle de Philippe Bidart a en effet été acceptée, après le rejet des deux dernières demandes en 2004 et en octobre dernier.

Incarcéré depuis 19 ans, Philippe Bidart, aujourd'hui âgé de 53 ans, est le chef historique du mouvement basque Ipparetarrak, fondé en 1973 et officiellement interdit en 1987. Il est accusé du meurtre de deux CRS en 1983 et d'un gendarme en 1987. Il a également participé à une fusillade en 1983, au cours de laquelle un gendarme avait perdu la vie. Pour l'ensemble de ces crimes, Philippe Bidart a été condamné par deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité et à vingt ans d'emprisonnement.

L'annonce de sa libération conditionnelle, qui sera effective le 14 février, a surpris et réjouit ses proches et ses avocats. "Nous sommes surpris et heureux de cette décision, les magistrats ont enfin pris en considération le dossier dans son seul aspect juridique, et non sur un plan politique" a déclaré Me Philippe Aramendi, cité par LE MONDE (01/02). L'enthousiasme est réel chez Teresa Michelena, membre active du comité Filipe Aska: "D'abord je n'y ai pas cru. On a tellement été échaudés dans ce dossier. Je pense à son père. Je pense à ses filles. Je pense à ses frères. C'est super ! Mais pourquoi aujourd'hui alors qu'il y a un an son dossier était exactement le même" confie-t-elle au journaliste de SUD-OUEST (02/02).

Philippe Bidart, qui a trouvé un emploi à Béziers, va devoir se soumettre pendant 7 ans au contrôle d'un juge d'application des peines. Il ne sera pas autorisé à se déplacer où à résider dans quelques départements, dont celui des Pyrénées-Atlantiques.

SPORTS
Football: encore un week-end de désillusions
Si le dernier week-end n'avait pas été brillant pour Bordeaux et Toulouse, la 23ème journée du championnat a encore été pire. Les deux clubs du Sud-Ouest se sont inclinés, mettant un frein à leur reconquête du classement entamée il y a déjà quelques semaines.

Les Girondins pouvaient légitimement espérer la victoire contre l'équipe de Nice, abattue par une série de 11 matches sans victoire. Mais les Niçois avaient décidé de chasser le chat noir de leur parcours et sont parvenus à déborder des Bordelais certes courageux mais peut-être moins motivés que les Azuréens, qui s'imposent par deux buts à un. "Les Girondins n'ont pas rassuré grand monde, samedi soir, à Nice. A commencer par eux-mêmes. Ils ont confirmé leur inconstance, leur manque de ressources mentales, l'absence d'un vrai leader offensif et, du même coup, d'un patron" peste Alain Goujon dans SUD-OUEST (05/02). Franck Guidicelli, du site SPORT 365, est plus indulgent: "Un autre match débute alors [après le second but niçois] complètement à l'avantage des joueurs de Ricardo qui parviennent à réduire le score sur une frappe lointaine également. Nice vaille mais ne rompt pas avant la pause grâce à beaucoup de solidarité. Au retour des vestiaires, le match est à sens unique avec des Bordelais qui confisquent la balle". Mais les hommes de Ricardo ne reviennent pas au score et doivent, une nouvelle fois, s'incliner.

Même désenchantement pour les supporters du TFC, qui voient leur équipe se faire battre par Nancy (1-2) en Lorraine. Les hommes d'Elie Baup n'ont guère brillé pendant le match, subissant la constante domination des Nancéens. Menés deux buts à zéro à la 80ème minute, ils parviennent à redresser la tête 10 minutes plus tard, lors des arrêts de jeu. Bergougnoux récupère le ballon lors d'une passe manquée de Biancalani et fonce vers le but adverse. Il trompe les deux défenseurs mais sa frappe est d'abord contrée. Bien placé à la récupération du ballon, Bergougnoux marque enfin le but tant espéré par les Toulousains. Les commentaires des journalistes sportifs sont sans pitié pour le Téfécé: "Sans pour autant se créer beaucoup d'occasions, les Lorrains ont dominé l'ensemble de la partie. Fantomatiques, les Toulousains n'ont pas même fait illusion un instant. Cela a ainsi donné lieu à une rencontre de piètre qualité, ressemblant plus à un entraînement qu'à un match de Ligue 1" écrit Martin Baumer sur le site SPORT 365 (03/02). Même dépit pour Patrick Boudreault de LA DEPECHE DU MIDI (05/02): "L'art et la manière de redescendre sur terre. Ce n'est pas la première fois cette saison que le TFC boit le bouillon de minuit au moment même où il a la possibilité de bonifier ses efforts, et cette tendance à vouloir rester dans l'anonymat, dans le moyen (qui exclut donc tant le bon que le mauvais...), voire dans le médiocre ou l'indifférence, est certainement le plus gros chantier qui attend Elie Baup dans les mois qui viennent". Point barre.

Olivier Sorondo
Revue de presse publiée le 5 février 2007

Sources: LE FIGARO, LE MONDE, SUD-OUEST, L'USINE NOUVELLE, SPORT 365, LA DEPECHE DU MIDI


 
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