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Une semaine d'actualité dans le Sud-Ouest
Revue de presse n°221 - Du 29 octobre au 4 novembre 2007

POLITIQUE
Rachida Dati veut muter de force le procureur général d’Agen
Bernard Blais avait sans doute espéré terminer sa carrière de procureur général, après quatorze ans de bons et loyaux services, sous le doux soleil du Lot-et-Garonne. Mais les quelques mois qui le séparent de la retraite se passeront très certainement à Paris, à cause de la ministre de la Justice qui souhaite l’affecter derechef à la Cour de cassation.

Le procureur général d’Agen avait été, dans un premier temps, invité à demander sa mutation à la Cour de cassation. « C'est en effet la procédure usuelle, puisque la place Vendôme ne peut, sur le papier, muter de force un procureur général. Toutefois, la fin de non-recevoir objectée par Bernard Blais, à quelques mois de la retraite, et la mobilisation de l'ensemble du personnel de la Cour d'Appel depuis quelques semaines avaient fait désordre. Plusieurs représentants de magistrats, et notamment le Syndicat de la magistrature et l'USM, dénonçant la "caporalisation" exercée par la Garde des Sceaux » explique Chloé Leprince sur le site RUE89.COM (30/10).

L’affaire connaît de multiples rebondissements depuis des semaines et Rachida Dati n’avait pas sans doute pas anticipé la ténacité de Bernard Blais. « La garde des sceaux a déclaré qu'elle n'entendait pas faire machine arrière, malgré un avis défavorable du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'opposition des syndicats de magistrats et celle du principal intéressé » écrit LE MONDE (30/10).

Rachida Dati s’est justifiée en expliquant vouloir renouveler et féminiser les postes à haute responsabilité. Mais les représentants de la justice, déjà échaudés par la réforme de la carte judiciaire et les méthodes brutales de Mme Dati, ne veulent pas en rester là, rappelant que les procureurs généraux ne sont pas des préfets et que le gouvernement ne respecte plus les décisions du CSM en ce qui concerne la nomination des magistrats du parquet.

Bernard Blais est décidé à mener le combat. « Selon Françoise Martres, déléguée régionale du Syndicat de la magistrature, Bernard Blais avait annoncé par avance au ministère que s'il était muté de force, il saisirait le Conseil d'État pour contester cette décision dès qu'elle serait formalisée, ce qui devrait intervenir cette semaine » précise LIBERATION (30/10). L’affaire ne risque d’améliorer la mauvaise image de Rachida Dati, déjà écornée par le départ précipité de ses conseillers et par sa vive réaction à l’encontre des journalistes qui ont révélé qu’elle avait menti sur ses diplômes.

SOCIETE
Bernard Laporte visé par une plainte dans l’affaire du casino de Gujan-Mestras
Bernard Laporte pensait sûrement rejoindre le gouvernement sans casseroles judiciaires mais la décision de la doyenne des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris d’instruire une plainte contre X pour favoritisme, risque d’assombrir l’avenir politique de l’ancien sélectionneur du XV de France.

« Le parquet de Paris avait annoncé, le 19 octobre, qu'il n'y avait pas lieu d'ouvrir d'information judiciaire, estimant que le délit n'était pas constitué. Le 29 octobre, le parquet a fait appel de l'ordonnance de la doyenne prise le 26 octobre. Si la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris juge l'ordonnance recevable, la doyenne des juges d'instruction pourra ensuite ouvrir une information judiciaire » résume LE MONDE sur son site Internet (02/11).

Bernard Laporte est directement impliqué dans l’affaire du casino de Gujan-Mestras, en Gironde. Françoise Ruggeri, la gérante de l’établissement, a porté plainte pour « tentative d'extorsion de capital » après avoir subi, en 2005, des pressions de l’actuel secrétaire d’État aux sports, qui réclamait des parts du casino en échange de sa mobilisation auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, afin d’autoriser l’ouverture de machines à sous supplémentaires.

Bernard Laporte a multiplié les versions de ses explications, comme le rappelle LIBERATION (30/10) : « En mars 2007, il dément dans Libération : «Elle raconte n’importe quoi, j’en ai rien à foutre de son casino. Si je suis ami avec Sarkozy, ce n’est pas pour l’emmerder, et encore moins en profiter.» En juillet, il admet à moitié dans les colonnes du Monde : «Elle me racontait ses difficultés. Pour rire, je lui ai dit : “Moi, je te prends 10.”» En octobre, il affine dans un entretien à L’Equipe : «C’est elle qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous.» 

L’ancien sélectionneur du XV de France est aussi la cible de différentes enquêtes fiscales menées par Bercy, qui épluchent les comptes de ses sociétés, avec des soupçons d’abus de biens sociaux, de mouvements de fonds suspects et de travail au noir.

SPORTS
Football : Médiocres prestations pour les deux clubs du Sud-Ouest

On oubliera vite et bien la 13e journée de Ligue 1, qui s’est soldée par une défaite pour Bordeaux, battu 0-1 à Nancy, et un match nul (0-0) pour Toulouse face à Metz, la dernière équipe du classement.

Les Girondins ont peut être été victimes de la motivation des Nancéens, qui fêtaient, en présence de Michel Platini dans les tribunes, les quarante années d’existence du club. « Dans un match serré et assez tactique, Nancy a su se montrer plus compact et imaginatif avec notamment la révélation Malonga en soutien de Kim, Hadji et Fortuné. En ouvrant le score, l’équipe de Correa a fait le plus dur à la fin du premier tiers du match » constate Olivier De Los Bueis sur le site SPORT365 (03/11).  Même observation pour Emery Taisne de L’EQUIPE (03/11) : « Dominateurs dès les premières minutes de la rencontre, les Nancéiens ont rapidement concrétisé leur avantage par Chris Malonga (28e) avant de légitimer leur statut de meilleure défense du Championnat (sept buts encaissés), grâce notamment à un Sébastien Puygrenier, impérial devant Chalmé (40e), puis décisif sur une offensive menée par Alonso (43e) ». Bordeaux perd son premier match à l’extérieur et laisse filer Nancy au firmament du classement, juste derrière l’indétrônable Lyon.

Le TFC stagne toujours. Elie Baup aurait pu espérer renverser la tendance en affrontant Metz, dernière équipe du classement, mais ses espoirs se sont une nouvelle fois heurtés à la dure réalité du terrain. « Le retour de Johan Elmander, éloigné des terrains depuis le 17 octobre en raison d'une déchirure de l'adducteur droit, les joueurs d'Elie Baup se sont montrés incapables de prendre à défaut la plus mauvaise défense de la L1 avec 19 buts encaissés. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé » écrit Emery Taisne sur le site de L’EQUIPE (04/11).  Les attaquants toulousains ont en effet lancé de nombreux assauts mais sans jamais parvenir à faire trembler le filet. Une belle occasion manquée.

Rugby : Victoire éclatante du Stade Toulousain sur Paris
La reprise du Top 14 se passe plutôt bien pour Toulouse. Après avoir dominé l’US Dax, fraîchement promu au sein de l’élite, la semaine dernière, les hommes de Guy Novès viennent de donner une leçon de rugby au Stade Français, s’imposant 28 à 9 au terme d’un match maîtrisé et enthousiaste. Les Parisiens ont pourtant créé la surprise dès les premières secondes du jeu en loupant de peu un essai assassin mais la défense garonnaise a su s’organiser pour éviter le scénario catastrophe. Les Toulousains ont alors pu déployer leur jeu de mouvement en toute sérénité, offrant au public venu nombreux un spectacle de rugby de très bonne facture. « Plus conquérants que les hommes en rose, pris de vitesse dans les moments chauds comme sur les deux essais de Clerc et Kunavore inscrits dans le premier quart d'heure et après validation de la vidéo, les Haut-Garonnais ont même empoché le bonus offensif, le premier de ce Top 14, grâce à un deuxième essai de Clerc en fin de match » écrit Philippe Verneaux sur le site de L’EQUIPE (03/11).

« Car même si ce sont bien les Parisiens qui ouvraient le score après seulement quelques secondes de jeu, les Toulousains ont pris les choses en main grâce à vingt-cinq minutes excellentes. Bien en place en défense et réaliste en attaque, Toulouse a marqué deux essais en seulement dix minutes de jeu. Dominés, les joueurs de la capitale ont pourtant limité les dégâts en profitant, grâce à trois pénalités de David Skrela, des erreurs de leurs adversaires » rapporte, pour sa part, Jean-François Paturaud sur le site SPORT365 (03/11).

Olivier Sorondo
Revue de presse publiée le 5 novembre 2007

Sources: LE MONDE, LIBERATION, RUE89, L'EQUIPE, SPORT 365

 

 
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