JUSTICE
La cour d’appel de Pau confirme le non-lieu psychiatrique de Romain Dupuy
Les juges de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau ont finalement suivi les réquisitions de l’avocat général qui avait requis la confirmation du non lieu en novembre dernier, estimant que le discernement de Romain Dupuy était aboli lors de ses actes.
Pour rappel, Romain Dupuy, aujourd’hui âgé de 24 ans, avait tué et mutilé deux infirmières, Chantal Klimaszewski et Lucette Gariod, dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004 au centre hospitalier psychiatrique des Pyrénées. Le double meurtre avait profondément ému le pays. Le meurtrier n’avait été arrêté qu’en janvier 2005 (voir notre revue de presse) alors qu’il fumait un joint sur la place de la ville et qu’il s’apprêtait à faire feu sur les forces de l’ordre. Avant de commettre son crime, le jeune homme était traité pour des problèmes de schizophrénie et profitait d’un placement libre, qui avait suscité l’inquiétude de ses parents soucieux de le faire interner. Romain Dupuy dormait avec un sabre et nourrissait le fantasme de la décapitation.
Malgré la barbarie qui a entouré le double meurtre, la justice a reconnu que le jeune homme n’était pas pénalement responsable. « Après une longue instruction et de multiples expertises psychiatriques, le juge d'instruction de Pau avait prononcé un non-lieu le 28 août 2007, provoquant l'indignation des familles des victimes. Sur la quinzaine d'experts, un seul, le premier à l'avoir examiné après son arrestation, avait estimé que le discernement de Romain Dupuy au moment des faits avait été seulement altéré, ce qui ouvrait la voie à un renvoi devant une cour d'assises. Au contraire, ses confrères avaient conclu à l'abolition du discernement du meurtrier pour schizophrénie paranoïde » écrit LE MONDE (14/12).
La décision finale de la cour d’appel a été mal accueillie par les familles des deux femmes tuées il y a deux ans : « Je suis complètement assommée, abasourdie. J'avais gardé un espoir, lié à la façon dont le président Treilles avait mené les débats, en posant beaucoup de questions et tout ça. Mais avec le recul, je me rends bien compte qu'en fait c'était une mascarade. Les experts ont été incapables d'expliquer ce qu'était le discernement, la psychose, etc. L'avocat général n'a pris que ce qui l'intéressait, en déformant les propres paroles de Romain Dupuy. C'était insultant pour les victimes. Tout cela confirme l'idée que j'ai depuis le début : on ne veut pas que la vérité vienne à la lumière et on est en droit de se poser des questions » déclare Maria Moulédous, la sœur de Chantal Klimaszewski, à Hélène Dubarry de LA DEPECHE DU MIDI (15/04).
Romain Dupuy ne dépend plus de la justice ni de la police mais reste placé sous une mesure administrative d'hospitalisation d'office. L’avocat des parties civiles, Me Yves Darmendrail est persuadé pour sa part que le jeune homme avait bien conscience de ses actes. L’affaire n’est pas encore close. « Les parties civiles disposent de cinq jours pour déposer un pourvoi en cassation. Mais cette cour ne se prononcera pas sur le fond du dossier ; seulement sur la forme, sa légalité juridique. Ce qui fait dire à l'avocat qu'il s'agit « d'une procédure délicate ». Pour l'heure, aucune des familles n'a encore décidé de donner suite » précise Xavier Sota dans SUD-OUEST (15/12).
SPORTS
Football : Toulouse roi de Paris, Bordeaux évite le pire contre Marseille
Le Parc des Princes serait-il maudit pour le PSG ? Les Parisiens ont de bonnes raisons de le croire, après leur nouvelle défaite face à Toulouse (1-2), au terme d’un match qui apparaît être l’un des meilleurs de la saison pour les hommes de Paul le Guen. Mais Toulouse s’est montré trop fort et prouve que le sursaut, annoncé la semaine dernière par Elie Baup, est bien en train de se concrétiser. Les Toulousains doivent (une nouvelle fois) leur salut au génial Elmander, opportuniste en diable et auteur des deux buts à la 42e et 49e minutes. « Sans une sortie hasardeuse de Landreau en fin de première période, qui a permis à Elmander, auteur d'un doublé, d'ouvrir la marque, le scénario de cette rencontre, jusque-là dominée par les Parisiens, aurait peut-être été moins indigeste. Au lieu de ça, le Paris-SG se retrouve en position de relégable pour la troisième fois de la saison » écrit Emery Taisne sur le site de L’EQUIPE (17/12). La constatation est la même chez Nicolas Puiravau, de SPORT 365 (15/12) : « Les joueurs de Paul le Guen avaient pourtant fait le nécessaire en première période, acculant les Toulousains dans leur surface et multipliant les situations dangereuses. Mais comme face à Caen il y a deux semaines, c’est une nouvelle erreur individuelle qui a fait basculer la partie avec une incompréhension entre Z.Camara et Landreau. Menés au score contre le cours du jeu, les Parisiens vont sombrer dès le retour des vestiaires avec le deuxième but d’Elmander ».
Les Girondins, de leur côté, ont évité le scénario catastrophe en recevant Marseille. Auteurs d’une première demi-heure affligeante, les hommes de Laurent Blanc ont su relever la tête alors qu’ils étaient menés deux buts à zéro. La première réplique a eu lieu à la 33e minute, grâce à la tête de Chamakh, qui parvient à tromper le gardien marseillais. Il faut attendre la 70e minute pour que les Bordelais reviennent finalement au score, grâce au tir canon de Jussié, qui récupère un joli corner tiré par Wendel. Le match se terminera sur cette égalité inespérée (2-2). « Un point de gagné ou deux de perdus ? La question était sur toutes les lèvres à l’issue de cette rencontre, aussi bien dans le vestiaire bordelais que dans celui de Marseille. Pour les Girondins, on serait tenté de dire que ce nul est une bonne opération puisque les joueurs de Laurent Blanc étaient menés 2-0 après 27 minutes de jeu. En difficulté et privés de ballon au milieu de terrain, les locaux ont finalement trouvé le bon rythme à partir de la demi-heure mais ils ont dû se contenter du nul après une heure de qualité » constate Nicolas Puiravau sur le site SPORT 365 (16/12).
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 18 décembre 2007
Sources: LE MONDE , LA DEPECHE DU MIDI , SUD-OUEST, L'EQUIPE, SPORT 365 |