SOCIETE
Municipales : Alain Juppé joue son avenir politique à Bordeaux
Pour le moment, la simple évocation de sa défaite aux prochaines élections municipales laisse Alain Juppé dubitatif, voire incrédule : « J'irai cultiver mon jardin. J'adore faire des cours, j'ai enseigné à Paris, à Montréal, j'ai enseigné à Bordeaux, j'ai beaucoup de propositions dans ce domaine. Je ne m'ennuierais pas. Mais je suis confiant, parce qu'aucune personne de bonne foi ne peut contester la transformation opérée à Bordeaux depuis douze ans. Et je crois y avoir ma part. Les Bordelais le savent. Et tout en restant humble, car rien n'est jamais gagné d'avance, j'envisage cette élection avec beaucoup de confiance » confie-t-il lors du chat organisé par LE MONDE le 10 janvier dernier.

Le salut politique d'Alain Juppé passe par Bordeaux
Photo: François Lafite
Pourtant, Alain Juppé a conscience que sa carrière politique dépend directement de sa réélection à la mairie de Bordeaux. Encore sonné par sa défaite lors des dernières élections législatives face à la socialiste Michèle Delaunay, qui lui a coûté sa place au gouvernement et figé son retour gagnant au sein de l’arène politique française, M. Juppé se prépare à mener une campagne électorale active afin de conserver le dernier mandat électif encore en sa possession. Le maire de Bordeaux semble avoir retenu la leçon des législatives et le message des Bordelais, qui ne souhaitent plus que la mairie soit la base arrière, ou le prétexte, à des desseins nationaux.
M. Juppé joue donc la carte de la proximité et de la préoccupation locale pour espérer reconquérir le cœur des Bordelais. Le maire reste éloigné de l’intention de Nicolas Sarkozy de « nationaliser » l’enjeu des municipales. « L'ancien président de l'UMP, qui évite soigneusement de participer à des débats sur des thèmes nationaux, ne mettra pas le logo de son propre parti sur son matériel électoral, ni sur sa permanence de campagne. Exit donc l'arbre sur fond bleu et rouge, avec ses feuilles et ses fruits. M. Juppé a créé son propre logo : son nom, décoré de deux feuilles, ou de deux pétales, qui rappellent l'emblème d'une célèbre marque de yaourt » écrit Xavier Ternisien dans LE MONDE (13/01).
L’ancien président de l’UMP s’attend à un combat difficile face à son adversaire socialiste, Alain Rousset, président de la région Aquitaine et personnalité politique incontournable de la Gironde : « Profondément ancré à Pessac, l'une des grosses communes de l'agglomération bordelaise dont il a été maire durant douze ans, Alain Rousset a fait sa pelote politique avec application. S'imposant, via Pessac, la Région, la présidence de la Communauté urbaine de Bordeaux et une forte inclination pour le développement économique, comme un des poids lourds du PS aquitain. Mais sans jamais heurter frontalement l'appareil girondin, tenu d'une main de fer par le fabiusien Philippe Madrelle » précise Dominique de Laage dans SUD-OUEST (12/01). Alain Rousset compte emprunter la voie ouverte par Michèle Delaunay pour porter l’estocade et tirer Bordeaux à gauche. Il bénéficie du soutien des militants et vient de recevoir l’appui des Verts, du PC et du PRG. M. Rousset a sans doute réalisé que la sociologie de Bordeaux avait changé ces dernières années, grâce notamment à l’arrivée de nouveaux habitants, dont les attentes politiques et sociales ne correspondent plus aux schémas classiques.
De con côté, Alain Juppé s’assure du soutien des représentants du Modem, refuse d’établir une liste partisane et place ses troupes en ordre de marche. Fort de son bilan, il propose de s’impliquer davantage dans la vie locale, s’inquiète de l’avenir des quartiers et espère hisser Bordeaux au rang des grandes métropoles européennes. Apparaissant comme un maire disponible, entièrement dédiée à la capitale girondine, il tentera en mars prochain de repousser les vagues socialistes qui ne cessent de déferler, au risque, peut-être, de l’engloutir pour de bon.
SPORTS
Football : grand ciel bleu pour les Girondins, petits nuages pour le TFC
Feu d’artifice de nouvelle année pour Bordeaux ! Les hommes de Laurent Blanc ont entamé la reprise du championnat en s’imposant nettement contre Auxerre (4-1) et s’imposent logiquement dans le trio de tête du championnat français. On aurait pu imaginer le pire dès l’entame du match car les Auxerrois signent le premier but de la rencontre à la deuxième minute, grâce au tir de Niculae, seul devant les buts de Ramé. Mais la douche froide ne sera pourtant pas bordelaise car les Garonnais reprennent la main dès la 14e minute grâce au but de Cavenaghi, qui récupère un ballon de penalty repoussé par le gardien auxerrois. Tout au long de la partie, très plaisante pour les supporters venus nombreux, les Girondins multiplient les actions offensives, souvent conclues par des très beaux buts, tel celui marqué à la 52e par Cavenaghi au terme d’une contre-offensive rondement menée. Au final, les joueurs de Laurent Blanc signent un grand match et conservent leurs ambitions de détrôner Lyon de la première place. « Bordeaux, enfin, est toujours une équipe avec laquelle le spectacle est garanti. Contre Auxerre (4-1), les Girondins ont pris rendez-vous pour le reste de la saison en remportant leur victoire la plus large de la saison, avec au passage un doublé de l'Argentin Cavenaghi, non sans avoir encaissé le premier but, une fois de plus » écrit Cédric Rouquette sur le site de L’EQUIPE (12/01). Même constatation chez Franck Guidicelli, qui écrit sur le site SPORT 365 12/01) : « En obtenant une large victoire face à Auxerre, Bordeaux s’installe durablement dans le trio de tête de la L1. Une performance due à la puissance de feu girondine symbolisée par l’Argentin Cavenaghi, auteur d’un doublé. ».
De leur côté, les Toulousains n’ont pas renouvelé l’exploit de battre l’Olympique Lyonnais, qui s’est finalement imposé à domicile (3-2). Certes, le TFC a ouvert le score dès la 8ème minute sur une initiative d’Elmander mais les Lyonnais ont rapidement repris le match à leur compte, inscrivant trois buts d’affilée. Les Toulousains réduisent la marque à la toute fin de la rencontre, obtenant finalement un score honnête au regard de l’adversaire. « Pendant un quart d’heure entièrement à l’avantage des Toulousains et concrétisés logiquement par une ouverture du score certes un peu chanceuse, on pensait pourtant que le TFC, bête noire avant ce match des Lyonnais, allait de nouveau faire trembler l’OL. Ce fut donc le cas durant très exactement quinze minutes. Le temps pour les sextuples champions de France d’entrer réellement dans la partie et de prendre progressivement la mesure du Téfécé grâce notamment à un Ben Arfa des grands soirs et auteur du premier but seulement huit minutes après celui de Réveillère contre son camp » résume Aurélien canot sur le site SPORT 365 (12/01).
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 14 janvier 2008
Sources: LE MONDE , SUD-OUEST, L'EQUIPE, SPORT 365 |