SOCIETE
Le virus de la grippe A à l’assaut du Sud-Ouest
Les médias, relayant les avertissements des Autorités sanitaires, nous l’avaient annoncé dès le printemps : la pandémie grippale, encore appelée grippe porcine il y a quelques mois, allait exploser en France dès les premiers froids venus. L’automne présent, il s’avère que les prédictions des scientifiques se révèlent exactes : chaque semaine, plus de 350 000 personnes sont touchées par le virus de la grippe A.
Cantonnée depuis quelques temps aux grosses agglomérations françaises, la grippe A semble aujourd’hui jeter son dévolu sur le Sud-Ouest et ses villes de plus petite taille. Depuis quelques jours, les annonces de fermeture d’établissements scolaires se multiplient. Le premier à avoir décidé de fermer ses portes fut celui de Nay (Pyrénées-Atlantiques), comme le relate SUD-OUEST (16/11) : « Le collège et le lycée publics de Nay seront fermés demain [lundi] pour cause de grippe A H1N1, a indiqué ce matin la protection civile. Cette décision a été prise hier soir par le préfet, à la réception des résultats des prélèvements (tous positifs) effectués sur des élèves ». L’école Sainte-Marie de Biarritz a également annoncé la fermeture de ses portes, après constatation des premiers de grippe A N1H1 parmi ses élèves.
Mais le virus ne s’est pas bien sûr pas limité à contaminer les habitants du Béarn et du Pays Basque. Depuis lundi, les écoles qui ferment leur portail se succèdent, telle celles d’une commune du Gers où les établissements de Praysssas, dans le Lot-et-Garonne.
« En tout, 60 établissements scolaires et 130 classes ont été temporairement fermés depuis la rentrée scolaire en raison de l'épidémie de grippe H1N1, d'après des chiffres du ministère de l'Education nationale de lundi. Le plan de lutte contre la grippe H1N1 prévoit que les préfets peuvent décider de fermer une classe, voire un établissement, à partir de trois cas apparus dans la même semaine dans une même classe, ou dans des classes différentes ayant des activités partagées, comme la cantine. La fermeture est théoriquement d'au moins six jours consécutifs » précise LA DEPECHE DU MIDI (16/11).
Afin de protéger les enfants, une campagne de vaccination (facultative) débutera le 25 novembre et concernera les élèves des écoles maternelles et élémentaires, qui pourront se rendre dans les centres de vaccination précisés par les autorités préfectorales. Les lycéens seront, quant à eux, vaccinés dans leur établissement scolaire. Mais cette importante initiative de vaccination nationale rencontre depuis cet été des murets sur son passage : le doute du vaccin obligatoire, suggéré par les médecins dans les médias, la rapidité de conception du sérum et l’ajout des adjuvants ont incité une majorité de Français à n’avoir pas recours à la petite piqûre, au grand dam du gouvernement, acquéreur de 80 millions de doses du médicament.
Ainsi, un sondage réalisé pour l’édition dominicale de OUEST FRANCE (15/11) montre que « 23 % des Français se disent inquiets face au virus de la grippe A. C'est une augmentation de sept points par rapport au mois dernier. Mais c'est loin des niveaux d'inquiétude enregistrés en juillet et en septembre. Les femmes sont plus inquiètes que les hommes (25 % contre 19 %). Les 35-49 ans montrent plus d'inquiétude (26 %), parce que cette catégorie a des enfants scolarisés ».
Mais cette apparente sérénité ne doit pas cacher l’importance de la pandémie, ni ses risques sur la santé de chacun : « Sur le front, les nouvelles ne sont pas forcément rassurantes: mardi, une 33ème personne est décédée des suites de la maladie. Cette jeune femme, âgée de 27 ans et habitant Viry-Châtillon en Essonne, a été foudroyée par la grippe. Selon les spécialistes, il s'agit d'un cas de grippe "fulminante" » indique LE JOURNAL DU DIMANCHE (15/11) sur son site Internet. L’hebdomadaire précise également que l’enquête menée par l’Afssaps auprès des personnes vaccinées montre que 91 personnes se sont plaintes d’effets indésirables sur les 100 000 déjà vaccinées.
ECONOMIE
Aéronautique : inquiétude à Toulouse, sourire à Bordeaux Mérignac
Terre historique de l’aéronautique français, puis européen, le Sud-Ouest est directement concerné par la crise économique qui frappe la planète depuis déjà 2 ans.
Ainsi, à Toulouse, les pertes trimestrielles annoncées par EADS, à hauteur de 87 millions d’euros, n’ont certainement pas aidé à remonter le moral du personnel déployé localement. « EADS a dû passer une nouvelle charge au troisième trimestre en lien avec l'A400M, un programme qui a accumulé au moins trois ans de retard. Le premier vol de l'appareil, qui a connu d'importants retards de développement, est toutefois prévu "vers la fin de cette année", confirme EADS dans un communiqué. Le groupe négocie actuellement un accord avec les nations européennes clientes de ce programme de 20 milliards d'euros. EADS réaffirme qu'il ne peut pas encore estimer toutes les conséquences financières des retards tant que ces discussions n'ont pas abouti. De même, les conséquences de l'annulation récente par l'Afrique du Sud de sa commande de huit A400M ne sont pas encore connues » précise LA DEPECHE DU MIDI (16/11). Les retards pris par la production de l’A380 pèsent également dans la conjoncture de l’avionneur.
Mais l’annonce des pertes ne semble pas avoir perturbé les marchés, puisque le titre EADS a bondi de 4 % . « Malgré ces annonces peu enthousiasmantes, les investisseurs restent néanmoins confiants. Les incertitudes autour de la rentabilité du groupe semblent être prises en compte dans la valorisation actuelle d'EADS. Du coup, ce lundi, le titre bondit de 4,26% à 13,71 euros dans la journée et signe la plus forte hausse du CAC 40 » écrit LA TRIBUNE.FR (16/11).
A Mérignac, les nouvelles sont plus réjouissantes, où populations et institutionnels se félicitent de la dernière information délivrée par le ministère de la Défense, qui a fait savoir que 400 salariés de la Simmad, le pôle interarmées de maintenance aéronautique, allaient prochainement quitter la base de Brétigny en région parisienne pour être transférés en Gironde d’ici à 2012.

Rafale - Mérignac. Photo: f. Clerc - Flickr
« Les élus d'Aquitaine avaient défendu les atouts de Mérignac déjà équipée de la base aérienne 106 et du Commandement du soutien aux forces aériennes (CSFA). Les sous-traitants principaux de la Simmad sont, quant à eux, déjà installés en Gironde ou dans la région : Dassault assemble tous les Rafales, l'AIA répare les moteurs des Mirages, Rafales et C130 et Turbomeca fabrique les moteurs de la plupart des hélicoptères des forces armées françaises. Enfin Thales fournit les équipements électroniques des appareils de combat » explique Nadine Cotreaun sur le site de FRANCE 3 AQUITAINE (15/11).
Cette décision du gouvernement répond à une logique stratégique et économique, dont la seconde ville girondine tire profit. « Le regroupement de ces services au sein d'une seule et même structure avait pour but de réaliser des économies et de rationaliser des opérations. Beaucoup d'aéronefs (hélicoptères Puma, Rafale, etc.) sont communs à plusieurs armes. La mutualisation permet entre autres de mieux gérer les achats et les stocks de pièces de rechange, et de mieux négocier avec les fournisseurs industriels » écrit SUD-OUEST (15/11).
Cette initiative, notamment défendue par Alain Juppé et Alain Rousset, permettra l’installation de centaines de personnes à Mérignac et sa région, qui pourront pleinement profiter d’une bouffée d’air frais économique tout en offrant les charmes du Sud-Ouest aux employés de la Simmad, jusque là habitués à la région parisienne.
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 16 novembre 2009
Sources: SUD-OUEST, LA DEPECHE DU MIDI, LE JOURNAL DU DIMANCHE, FRANCE 3 AQUITAINE, LA TRIBUNE.FR |