JUSTICE Procès AZF : la justice décide d’une relaxe générale puis d’un appel
C’est une deuxième explosion qui s’est produite la semaine dernière à Toulouse pour les associations de défense des victimes d’AZF. Au terme d’un procès fleuve, attendu depuis des années par les Toulousains, et enfin organisé ces quatre derniers mois, le président du tribunal correctionnel, Thomas Le Monnyer, a proclamé la relaxe au bénéfice du doute de Serge Biechlin, directeur de l’usine AZF, et de la société Grande Paroisse, filiale de Total.
Avant son long monologue, pourtant peu tendre envers Total et ses dirigeants, le président Thomas le Monnyer avait prévenu que Thierry Desmarest et la société Total étaient mis hors de cause par le tribunal correctionnel pour l’explosion de l’usine, survenue le 21 septembre 2001. Mais les 700 personnes présentes au procès auraient pu penser à une autre conclusion après avoir écouté la charge assez mordante du président à l’encontre des industriels, comme le rapporte Stéphane Thépot dans LE MONDE (20/11) : « Thomas Le Monnyer juge (…) sévèrement la défense de la société Grande Paroisse, propriétaire de l'usine et filiale du groupe Total. Il n'a visiblement pas apprécié l'attitude de la commission d'enquête interne constituée par des ingénieurs de l'entreprise, soupçonnée d'avoir dissimulé des faits, des pièces et des témoignages capitaux aux enquêteurs, dès les premiers jours de l'instruction. Ni la tentative de démolition de la défense, qui a tenté lors du procès de décrédibiliser la reconstitution de l'explosion, pièce maîtresse de l'accusation réalisée par l'expert Didier Bergues au centre militaire de Gramat (Lot). »
Le président n’a pas manqué non plus de relever les incohérences de fonctionnement de l’usine, pourtant classée Seveso 2, sa mauvaise organisation, ses « dérives » en ce qui concerne les déchets, le recours systématique à des entreprises sous-traitantes et surtout l’absence de barrière étanche entre les produits chlorés et les nitrates. Autant d’arguments laissant penser à une condamnation de la filiale de Total et de son directeur. Mais il n’en a pourtant rien été. L’annonce de la relaxe a provoqué un moment de flottement et de silence dans la salle d’audience, avant que la colère ne s’exprime. Les cris, puis les pleurs. L’incompréhension, surtout.
« Ainsi, pour cette catastrophe, qui a causé la mort de trente et une personnes et en a blessé des milliers d’autres et ravagé des quartiers entiers de Toulouse, la justice n’a désigné aucun coupable. Comment la population toulousaine dans son ensemble recevra-t-elle ce jugement ? » s’interroge Bruno Vincens dans L’HUMANITE (21/11). La réponse peut se lire dans les pages de LA DEPECHE (21/11), qui a envoyé l’un de ses journalistes interroger les Toulousains : « Croisés dans la rue, sur leurs lieux de vie ou de travail, certains n'ont pas de mots assez durs pour exprimer leur indignation. « Je suis scandalisé, vraiment » rapporte Jean Pilleboue, habitant de l'avenue de Muret, « on connaît les causes et de façon tout à fait évidente, mais on ne touche pas à Grande-Paroisse » ; « Tout ce pognon dépensé pour rien ! C'est une mascarade, on ne saura jamais la vérité. Les gros ne se mangent pas entre eux ! » fulminent deux VRP, accoudés au café du Pic, route d'Espagne. « Moi j'ai explosé à la Faourette, alors je vous le dis, c'est une honte. Aucun respect pour ceux qui sont morts », reprend dans la rue Léa, 72 ans, à Saint-Cyprien. »
L’incompréhension et la colère sont d’autant plus justifiées que de nombreuses zones d’ombre demeurent autour du site d’AZF, comme l’explique Bruno Vincens dans L’HUMANITE : « Celle-ci [la Commission d’Enquête Interne (CEI)] est gravement montrée du doigt pour avoir produit des « artifices », des « contre-feux ». En substance, la CEI, dit le jugement, par ses manœuvres dilatoires, par ses dissimulations, n’a pas permis à l’enquête officielle de retrouver les traces du dérivé chloré (DCCNA) qui a fait exploser le tas de nitrates d’ammonium. Dans le lien de cause à effet (le mélange de nitrates d’ammonium et de DCCNA provoque une explosion), il manquerait donc un élément, un maillon de la chaîne, le DCCNA. « Le tribunal considère qu’il y a rupture dans le lien causal », selon les termes du jugement. Dit autrement : « Le lien de causalité est incertain. » D’où la relaxe. Ce raisonnement du tribunal est très étrange : il est établi que le prévenu a fait disparaître la preuve de sa culpabilité, donc la preuve n’existe plus et on ne peut le condamner. Le prévenu a produit le propre doute dont il bénéficie. »
Mais au lendemain de l’annonce du jugement, le procureur de la République de Toulouse, Michel Valet, a annoncé qu’il allait faire appel des deux relaxes prononcées. Le parquet motive sa décision de faire appel, dont il mesure «toute la portée et les enjeux», par «la conviction très forte de l'existence, à l'origine de la catastrophe du 21 septembre, de fautes et de négligences multiples et caractérisées engageant la responsabilité pénale, selon lui démontrée, de la société Grand Paroisse et de son directeur». Le feuilleton AZF se poursuit donc. L’espoir fait vivre. Ou plutôt survivre.
SPORT
Football : Bordeaux et Toulouse battus chacun un but à zéro
Les supporters bordelais qui avaient mis le champagne au frais pour fêter le 35e match sans défaite de leur équipe préférée au stade Chaban-Delmas pourront attendront Noël avant de faite péter le bouchon. Contre toute attente, c’est l’équipe de Valenciennes qui est venu faire tomber le record samedi soir, en s’imposant dès la 7e minute 1-0 face aux Girondins dans leur arène.
« Totalement décomplexée et libérée après ce but marqué d'entrée, cette surprenante équipe de Valenciennes a tenu les Bordelais durant une trentaine de minutes avant que ces derniers ne finissent par réagir. Mais aux nombreuses tentatives de Wendel ou aux quelques exploits individuels de Gouffran ont répondu en chœur un Ndy Assembé une nouvelle fois étincelant et une défense valenciennoise solidaire de tous les instants » écrit Aurélien Canot sur le site FOOTBALL365 (31/11).
Cueillis à froid, les hommes de Laurent Blanc ont ensuite mené la charge pendant une bonne partie du match, multipliant les attaques, s’appropriant les secteurs du jeu, élargissant leur emprise sur l’adversaire, mais…en vain. Les 23 tirs enregistrés n’auront finalement jamais fait trembler les filets. Il manquait peut- être autre chose ce soir-là pour conjurer le sort, comme l’écrit Thomas Rudeau sur le site de L’EQUIPE (21/11) : « Mais seul Wendel est parvenu à surnager dans les méandres d'une animation offensive très brouillonne et incapable de se ressaisir tout au long de la rencontre. Sans sa colonne vertébrale, le FCGB a clairement semblé incapable de produire un jeu aussi alléchant et huilé qu'à son habitude, à l'image d'un Cavenaghi fantomatique et incapable de se procurer la moindre occasion franche ».
Il reste à espérer que ce mauvais scénario ne se répète pas mercredi, lors de la visite de la Juventus dans le cadre de la Ligue des champions.
De son côté, le TFC, en déplacement à Nice, n’a pas fait mieux que sa rivale de Garonne puisque les Toulousains se sont, eux aussi, inclinés 1-0 face aux joueurs de la Méditerranée. Certes, les mauvaises langues diront que le but a été concédé sur penalty. Les plus mauvaises langues ajouteront que ledit penalty était discutable. Mais, au bout du compte, Toulouse s’incline et n’engrange aucun point, ce qui ne fait pas ses affaires.
« Alors que les Toulousains semblaient avoir le match en main lors du début de la seconde période, Cheikh M'Bengue a offert un penalty à Nice sur un plateau. Après l'ouverture du score, les joueurs d'Alain Casanova ont perdu pied et ont été passifs sur les occasions niçoises. En fin de match, Bagayoko a fait beaucoup de bien à ses partenaires en conservant le ballon aux avants postes. Avec ce succès, Nice enchaîne sa quatrième victoire consécutive » rapporte Clément Lemaître sur le site FOOTBALL365 (21/11).
Ce penalty n’a visiblement pas plu à Alain Casanova, qui a déclaré à la conférence d’après match (L’EQUIPE, 21/11) : «Le score est un peu injuste au vu de la maîtrise de notre équipe. En première mi-temps, les Niçois ne nous ont pas posés beaucoup de problèmes. Après la pause, le fait de jeu, c'est le penalty. Malgré notre réunion avec les arbitres en début de saison, je n'ai toujours pas compris quand une main se siffle ou pas. En l'occurrence, celle de ce soir, profite-t-elle sur le coup à Rémy, qui est bien loin ? Cela m'a paru sévère. Après le scandale autour de la main de Thierry Henry, j'avais demandé à mes joueurs d'être exemplaires. Tabanou a suivi la consigne, bien que fauché, il est resté debout.»
Rugby : Biarritz arrache la victoire à Clermont
Les nuages se sont dissipés et le ciel est redevenu bien bleu sur la jolie ville de Biarritz. Il faut dire que le BO, souffrant puis comateux ces dernières saisons, semble enfin bien tenir sur ses jambes et repartir de l’avant. Les Basques nous ont offert une nouvelle démonstration ce week-end, en allant s’imposer gaillardement sur le terrain de Clermont lors de la 13e journée du Top 14 par 16 points contre 13 pour les malheureux Auvergnats.
Pourtant, les joueurs rouge et blanc étaient menés 13 à 9 jusque dans les dernières minutes de la rencontre. Mais la Providence a envoyé un jeune joueur (18 ans), Paul Couet-Lannes, combattre la fatalité et porter un coup de poignard douloureux aux Clermontois en aplatissant le ballon derrière les lignes ennemies.
« Biarritz a construit sa victoire sur cet essai donc, mais surtout sur une défense très solide. Malmenés en conquête – en mêlée notamment -, les visiteurs ont subi durant toute la partie, laissant l’initiative du jeu aux Clermontois, et ne sont restés dans le match qu’à la faveur de leur ligne de défense agressive et bien organisée. Elle a plié une seule fois, à la 27e minute de jeu après un coup de pied de Yachvili contré par Cudmore et un essai entre les poteaux de Baby. Et si les Biarrots avaient le vent (fort) dans le dos, ce sont les Auvergnats qui excellaient dans l’occupation du terrain grâce à la botte toujours aussi précise de James » écrit Emilie Dudon sur le site RUGBYRAMA (21/11).
« Peu à l’aise dans le jeu en première mi-temps, Biarritz a affiché d’autres intentions avant de s’empaler sur la défense de fer des Auvergnats. C’est dans le combat plus que dans le jeu que les deux équipes se sont affrontées. Le pack clermontois a d'abord pris le pas sur son homologue avant de craquer. En touche, l’ASM a rendu beaucoup de ballons. Au fil de la rencontre, les Jaunards ont subi face à la pression biarrote. En toute fin de rencontre, le BO a asséné un coup de poignard avec l’essai de Couet-Lannes qui permet aux Basques de signer un deuxième succès à l’extérieur cette saison. Le coup parfait » relate, de son côté, Nicolas COUET sur le site RUGBY365 (21/11).
Olivier Sorondo Revue de presse publiée
le 24 novembre 2009
Sources: LE MONDE, L'HUMANITE, LA DEPECHE DU MIDI, FOOTBALL365, RUGBY365, L'EQUIPE