SOCIETE
Six lycéens landais en garde à vue après avoir tenté de murer leur établissement
Le sens de l’humour a quand même ses limites, surtout à Saint-Vincent-de-Tyrosse, petite ville réputée pour son club de rugby formateur et ses arènes dédiées à la course landaise. Les six adolescents du lycée Polyvalent Sud des Landes l’ont appris à leurs dépens dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu’ils tentaient de murer l’entrée de leur établissement, dans le cadre des manifestations de lycéens contre la réforme lancée par le gouvernement. Certes, à leurs yeux, le geste était beau, fort, couillu, peut-être un peu provocateur mais bon…
Les six ados, dont deux mineurs, n’auront en tout cas pas eu le temps de confirmer leur talent précoce de maçon. « Malheureusement pour eux, les surveillants du lycée étaient sur leur garde. Et c'est la gendarmerie qui a mis fin à ces exercices de serrurerie nocturne. Sur les six artisans de cette opération, qui a donc pris l'eau de toute part, quatre ont été interpellés dans l'établissement en possession notamment d'un peu de plâtre et de ciment. Les deux autres ont été arrêtés dans la journée » rapporte Jefferson Desport dans SUD-OUEST (11/12).
Et la justice ne semble pas du tout apprécier cet acte de rébellion en béton. « Destruction, détérioration et dégradation commises en réunion et intrusion sans autorisation dans un établissement scolaire. Telles seront les charges qui pourraient être retenues contre six lycéens de Saint-Vincent-de-Tyrosse placés en garde à vue dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 décembre » précise le site Internet LANDES INFO (12/11).
Les deux majeurs de la petite bande devraient comparaître au tribunal correctionnel de Dax, alors que quatre plus jeunes devraient, de leur côté, faire la connaissance du juge des enfants.
Cette réaction zélée de l’institution judiciaire a provoqué le mécontentement des élus socialistes du département, parmi lesquels Henri Emmanuelli. « "Nous sommes extrêmement surpris de la mise en garde à vue de six lycéens […] pour des faits qui certes pouvaient justifier une réponse pénale mais certainement pas le traumatisme d'une garde à vue des adolescents. Nous rappelons que le code de procédure pénale précise que la garde à vue doit être strictement limitée aux nécessités de la procédure et proportionnée à la gravité de l'infraction. Manifestement dans cette affaire, on a utilisé une procédure parfaitement disproportionnée » écrivent Henri Emmanuelli, Alain Vidalies et Jean-Pierre Dufau, comme le relate LE MONDE (4/12).
De leur côté, les lycéens tyrossais sont dépités et confient leur amertume au journaliste de SUD-OUEST : « Se retrouver en garde à vue juste pour ça, ce n'est pas possible. Ça manque de diplomatie. Déjà que le bal de l'internat est annulé ». Putain de fin d’année.
SPORT
Football : Qui c’est le patron du championnat ? C’est Bordeaux ! Bordeaux ! Bordeaux !
Ce n’est plus du bonheur, mais carrément le Nirvana pour Laurent Blanc et ses joueurs. Ces derniers temps, tout sourit aux Girondins : championnat de France, Ligue des Champions… l’équipe bordelaise se hisse avec une facilité déconcertante au sommet du football national et européen, suscitant le respect des équipes françaises et la convoitise des rivaux anglais ou espagnols, portant plus habitués au firmament du meilleur football mondial. Laurent Blanc écrit peut-être aujourd’hui les plus belles pages de l’histoire du club des Girondins, profitant de sa vision intelligente du jeu, du talent de ses joueurs parmi lesquels se hissent Chamakh et Gourcuff.
Nouvelle illustration dimanche soir, lors de la 17e journée de Ligue 1, face à l’ancien seigneur du football hexagonal, l’Olympique Lyonnais. Les Girondins ont su laisser venir à eux les joueurs de Puel, décidément trop peu inspirés pour représenter une véritable menace, avant de lancer une série de contres fulgurants, qui ont bien sûr par finir par porter leurs fruits. A la 86e minute précisément, grâce à l’intervention sèche de Chamakh aux abords du filet adverse après récupération d’un beau ballon tiré du côté gauche par son copain Gourcuff (0-1, score final).
« Ça devient une habitude, les troupes de Laurent Blanc ont une nouvelle fois répondu présent dans un grand rendez-vous. Les Bordelais comptent désormais huit points d'avance sur les septuples champions qui enchaînent un cinquième match de rang sans le moindre succès en championnat. Le club du président Jean-Michel Aulas se retrouve dorénavant relégué à la neuvième place de Ligue 1. Claude Puel, l'entraîneur de l'OL, n'est pas encore menacé. Mais la crise couve. Si les Girondins de Bordeaux ne sont pas assurés de conserver leur titre de champion, les Lyonnais, eux, sont prêts à faire une croix sur leurs espoirs de récupérer leur couronne hexagonale » analyse Robert LANGER sur le site FOOTBALL365 (13/12).
« Lyon repoussé à huit points du leader après seize matches, une première depuis la saison 1998-1999 ! Pour retrouver pareil classement pour l'OL, il faut en effet remonter plus de dix ans en arrière. A l'époque, les Lyonnais étaient quatrièmes, à quatorze points de... Bordeaux » constate L’EQUIPE sur son site Internet (14/12).
Si les joueurs bordelais peuvent prétendre gravir les marches de la gloire éternelle, ceux de Toulouse auraient plutôt envie de descendre à la cave. Les joueurs de Casanova se sont (encore) inclinés ce week-end face à Montpellier (0-1). Le but qui fait mal est intervenu assez rapidement dans le jeu, à la 10e minute, grâce à une petite demi-volée du pied gauche de Camara, qui trompe le jeune gardien toulousain. Le score n’évoluera plus, au grand dam des Garonnais.
Un score qui reflète bien le niveau des deux équipes, selon Robert Langer, qui écrit sur le site FOOTBALL365 : « Dominateurs au milieu de terrain, les Montpelliérains remportent une victoire logique et retrouvent la deuxième place du classement. Pour ceux qui en doutaient encore, le MHSC ne restera pas comme un simple tube de l'été, voire de l'automne. Les troupes du président Loulou Nicollin semblent bien partis pour durer. Contrairement aux Toulousains. »
Patrick Boudreault, dans LA DEPECHE DU MIDI (14/12) semble, quant à lui, désabusé : « Le TFC joue trop petit, trop étroit, pour l'heure, et son adversaire montpelliérain a dû lui évoquer quelques-unes des séquences heureuses que les Toulousains ont infligé à leurs adversaires la saison passée, sur la base d'un bloc hermétique, d'une circulation fluide du ballon et d'un esprit conquérant apte à renverser les montagnes… »
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 14 décembre 2009
Sources: SUD-OUEST, LANDES INFO, LE MONDE, LA DEPECHE DU MIDI, FOOTBALL365, L'EQUIPE |