SOCIETE
Une famille aristocratique du Lot-et-Garonne manipulée par un gourou
C’est une drôle d’histoire que relate la presse régionale et nationale cette semaine. Elle s’attache aux onze membres d’une même famille aristocratique, les Védrines, placés depuis 2001 sous l’emprise d’un gourou, Thierry Tilly, et revenus à la raison il y a seulement quelques jours, grâce à l’intervention d’un avocat spécialiste des sectes et d’un criminologue.
Les Védrines sont les descendants d’une grande lignée aristocratique protestante établie depuis fort longtemps en Lot-et-Garonne, où ils possèdent le majestueux château de Monflanquin. Rien ne semble troubler l’univers familial de la famille jusqu’en 1997, date à laquelle Thierry Tilly, arnaqueur professionnel, fait son apparition. « Il se dit agent secret mandaté par une organisation séculaire pour protéger les grandes familles méritantes. Les Védrines croient le mystificateur. Si bien qu'en 2001 ils décident de se couper du monde et de vivre claquemurés dans leur château de Monflanquin » précise Angélique Négroni dans LE FIGARO (18/12).
Toute la stratégie de Thierry Tilly a consisté à établir une importante séparation entre la famille Védrines et le monde extérieur, jugé dangereux, jaloux, mesquin. Tilly estime que la méfiance doit être de mise et inculque à la famille aristocratique l’art de se protéger des homosexuels, des francs-maçons, des journalistes et même des membres, éloignés ou pas, de la famille qui ne partageraient pas leur nouvel état d’esprit. Jean Marchand, l’époux de Ghislaine Védrines, a subi de plein fouet cette mise à l’écart, résistant à la prison mentale déployée par Thierry Tilly. C’est d’ailleurs Ghislaine que Tilly a su le mieux utiliser pour hypnotiser le reste de la famille.
« Selon Marchand, il réussit à lui faire raconter comment fonctionne la famille, quelles sont ses dissensions. Selon une autre source, il a aussi réussi à les convaincre de «placer» leur argent sur des comptes particuliers et à vendre leurs biens. Tilly leur a fait croire que leur famille avait été «élue» depuis des siècles, qu’ils étaient des gens hors normes, qu’il fallait retrouver la «mémoire» de leur patronyme, de leurs origines. Qu’ils risquaient la mort s’ils ne suivaient pas ses préceptes…» écrit Didier Arnaud dans LIBERATION (19/12).
La force de persuasion de Tilly a dû être réelle, à l’instar de celle des gourous de sectes, car en quelques années, les Védrines sont devenus des zombies, ne reconnaissant plus leurs proches, vidant leurs comptes bancaires, vendant leurs biens dont le magnifique château de Monflanquin, les bijoux, les meubles… Au total, l’addition s’élève à plus de 4 M€, somme placée par Tilly aux îles Cayman, paradis fiscal de premier niveau.
Complètement placés sous l’emprise mentale de leur gourou, les membres de la famille vont ensuite quitter le Tarn-et-Garonne en 2008 pour se rendre en Angleterre, et plus précisément à Oxford, où ils vont devoir occuper des petits boulots pour assurer le minimum vital. Ainsi, Charles-Henri de Védrines, gynécologue réputé à Bordeaux, colistier d’Alain Juppé lors des élections locales, se retrouve jardinier. Christine occupe quant à elle un poste de commis de cuisine. Le plus étonnant est que Thierry Tilly se permet de ne plus être présent auprès de ses victimes. Jean Marchand considère que l’escroc est tellement sûr de lui qu’il fait « du télétravail mental ».
Fort heureusement, différentes opérations d’exfiltration menées à Oxford, réunissant un avocat, Me Picotin, un criminologue et une psychanalyste, ont permis d’approcher les Védrines et de les faire renouer avec la réalité. La dernière opération commando, menée la semaine dernière, a définitivement mis un terme à l’isolement des Védrines en Angleterre. Aujourd’hui, les membres de la famille prévoient enfin leur en France, auprès de Christine, qui s’était enfuie en mars dernier, permettant à la justice française de lancer un mandat d’arrêt international.
Jean Marchand, l’époux de Ghislaine, se réjouit de cet épilogue heureux : « Cela fait huit ans et demi que j'attendais cela. C'est une issue formidable. Il va falloir maintenant se reconstruire et je pense notamment à mes deux enfants. J'ai été privé de ma fille et de mon fils à Noël pendant neuf ans (…) Ce n'est pas le plus important mais il a entièrement ruiné une famille et la justice n'a rien fait jusqu'en février dernier malgré ma dizaine de plaintes », poursuit M. Marchand. « Cette affaire doit servir d'exemple, elle a démontré que la société française n'a pas les instruments pour se protéger de ces (gourous) personne» explique Jean Marchand au journaliste de SUD-OUEST (18/12).
Thierry Tilly, de son côté a été arrêté et écroué, après avoir été mis en examen le 28 octobre à Bordeaux pour « escroqueries, abus de faiblesse, extorsion de fonds, séquestration avec actes de torture et barbarie»,
SPORT
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Chez les Girondins, les victoires suivent les victoires, sans fausse note ni déséquilibre. Après leur succès contre Montpellier le 16 décembre (0-1), les hommes de Laurent Blanc ont confirmé leur suprématie le week-end dernier en corrigeant l’équipe de Lorient (4-1), pourtant pas venue à Bordeaux pour faire de la figuration. L’entame de match a d’ailleurs vu des Lorientais batailleurs, motivés, accrocheurs.
« Cependant, la supériorité bordelaise ne se fait pas attendre et l'ouverture du score est obtenue rapidement par les Girondins. Dès lors, les joueurs de Laurent Blanc vont dérouler et obtenir de belles occasions. Ils tombent néanmoins sur un Fabien Audard attentif qui évite le pire sur deux occasions de Cavenaghi. Juste avant la pause, Bordeaux double la mise de la même manière que sur le premier but et rentre au vestiaire avec une confortable avance sur son adversaire du soir » constate Patrick Daniel sur le site FOOTBALL365 (19/12). Les Girondins vont confirmer leur main mise sur le match en menant jusqu’à 4 buts à 0. Les Merlus sauvent l’honneur quelques minutes avant le coup de sifflet final, grâce à une action de Gameiro qui profite d’un petit flottement de la défense bordelaise. Mais, au final, l’addition est salée pour les joueurs de Christian Gourcuff, qui n’a pu que constater la supériorité de l’équipe du fiston, d’ailleurs auteur d’un but et à l’origine de deux autres.
De son côté, Laurent Blanc a pu se féliciter du talent global de ses joueurs, car de nombreux remplaçants ont été titularisé contre Lorient : « On avait aligné une composition assez offensive, avec des attaquants (4-4-2, avec Traoré, Bellion et Cavenaghi, NDLR), et on a eu besoin de parer des défections de dernière minute (Planus et Wendel, malades dans la journée). De plus, on a mis une charnière centrale inédite (Fernando-Sané). Le constat, c'est que l'analyse est vraiment positive, ce qui montre que Bordeaux peut compter sur un groupe élargi, que personne n'est indispensable, et que chacun a envie de prouver qu'il peut jouer dans cette équipe » explique le Président à Laurent Brun, de L’EQUIPE (19/12).
Si les fêtes de Noël et de fin d’année seront joyeuses du côté de Bordeaux, elles seront certainement plus sages à Toulouse. Certes, le TFC n’a pas perdu le week-end dernier mais pas gagné non plus. Les hommes de Casanova ont dû se contenter d’un score nul (1-1) après leur rencontre contre Auxerre. La frustration est d’autant plus grande que les Toulousains ont mené au score jusqu’à la 90e minute, espérant enfin renouer avec la victoire. Mais les Bourguignons ont réussi à égaliser, brisant net les illusions garonnaises.
Ce match nul ne ravit pas Alain Casanova, le coach du TFC, comme il le déclare à L’EQUIPE.FR (20/12) : « «Quand on est rejoint à la fin, malgré la physionomie du match, il y a forcément de la frustration. Surtout quand on a mené ce match au score pendant longtemps, a résumé le coach toulousain. Mais on a rarement pu bien ressortir le ballon et le tenir pour leur faire mal. Et quand on a réussi à le faire, on a mal négocié nos opportunités devant le but d'Auxerre.»
Ce score frustrant intervient quelques jours après la défaite des Toulousains contre Bruges (1-0), défaite qui les pousse vers la sortie de la Ligue Europa. Et ce n’est certainement pas la perspective du prochain match contre Bordeaux mercredi prochain (23 décembre) qui va éclairer le moral de Gignac et de ses amis. Quand ça veut, ça veut pas.
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 21 décembre 2009
Sources: SUD-OUEST, LIBERATION, LE FIGARO, FOOTBALL365, L'EQUIPE |