POLITIQUE
Les socialistes dominent les élections régionales en Aquitaine et Midi-Pyrénées (et presque partout ailleurs)
Le succès remporté par le Parti Socialiste, allié à Europe Ecologie et au Front de Gauche, au second tour des élections régionales dans le Sud-Ouest ressemble à une leçon donnée à l’UMP. Alain Rousset est facilement réélu en Aquitaine avec 56,34% des voix et Martin Malvy écrase la concurrence en Midi-Pyrénées après avoir recueilli 67,77 % des suffrages ! Les citoyens, un peu plus mobilisés que la semaine précédente, ont ainsi confirmé leur volonté de maintenir les deux élus socialistes au poste de président de région, jugeant positivement les actions menées ces quatre dernières années.

En Aquitaine, Alain Rousset ne cache pas sa satisfaction, après avoir été malmené lors des dernières élections municipales à Bordeaux face à l’indétrônable Alain Juppé. « Alain Rousset connaît, avec ce très large succès du 21 mars, le moment sans doute le plus heureux de son parcours politique. Moins parce qu'il a gagné le droit de présider le Conseil régional une troisième fois après ses succès de 1998 et 2004 que parce qu'en ce printemps 2010 il touche à ce qui est le plus précieux dans le rapport qu'un élu local entretient avec un village, une ville, un département, une région: une certaine forme d'affection qui n'exclut pas les désaccords » écrit Joël Aubert sur le site AQUI ! (22/03).
L’ancien maire de Pessac aurait même pu améliorer ce score sans la présence un peu collante de Jean Lassalle, unique survivant du MODEM, qui aspire 15,7 % des suffrages. L’ami de François Bayrou ne cachait d’ailleurs sa joie dimanche soir. « Jean Lassalle se disait "chaud bouillant" à l'approche du second tour des élections régionales en Aquitaine. Las, malgré une amélioration de cinq points de son score par rapport au premier tour (15,65%), le centriste n'a pas pu rivaliser, dimanche, avec ses rivaux PS et UMP. Il n'en reste pas moins que l'élu pyrénéen, seul candidat du Modem à avoir pu se maintenir au second tour, aura été l'arbre qui cache la forêt au sein d'un Mouvement démocrate en pleine déliquescence » écrit Nicolas Moscovici sur le site JDD.fr (22/03). Le score de Jean Lassalle permet d’offrir 10 sièges au MODEM, ce qui limite peut-être la casse mais ne représente aucune menace pour Rousset et les élus de gauche, détenteurs de la majorité absolue.
Enfin, le représentant officiel de l’UMP, Xavier Darcos, subit un revers électoral important en n’attirant que 28 % des votes en sa faveur. L’actuel ministre du Travail, qui n’aura pas mené la campagne souhaitée par l’Elysée ni par les militants du Sud-Ouest, accumule les défaites électorales dans la région, après avoir été chassé de la mairie de Périgueux en 2008. M. Darcos fait aujourd’hui les frais de son parcours un peu faiblard en renonçant purement et simplement à son ministère. « L'actuel ministre du Budget, Eric Woerth, hériterait du ministère du Travail pour mener à bien la cruciale réforme des retraites. Il remplacerait ainsi Xavier Darcos, sèchement battu dimanche en Aquitaine et donc fragilisé par ce mauvais score (28%). Ce dernier s'est d'ailleurs rendu en catimini à l'Elysée lundi. Selon RTL, il aurait «refusé tout net» le ministère de l'Immigration » précise LE FIGARO sur son site Internet le lundi 22 mars en après midi.
Grâce à sa large victoire, Alain Rousset va pouvoir mettre en œuvre sa politique régionale en toute liberté et fixer un thème majeur, comme il l’a déjà fait lors de ses deux précédents mandats : « Pour son premier mandat, le jeune président de Région avait fait de la recherche et du développement économique son axe fort. Le logement étudiant s'est imposé comme le plus parfait exemple de coopération entre la Région et l'État au cours de la seconde mandature. Pour la troisième, il voudrait faire de l'orientation, de la formation et de l'emploi des jeunes la priorité. Il a quatre ans de CDD devant lui pour honorer ce contrat. Et une majorité absolue de sièges pour le seul PS durant quatre ans » indique le quotidien SUD-OUEST (22/03).
Si la soirée a été douce et heureuse en Aquitaine pour les socialistes, elle a frôlé l’extase en Midi-Pyrénées. Martin Malvy attire en effet près de 70 % des suffrages, grillant la politesse à sa rivale UMP Brigitte Barèges, maire de Montauban, fort dépourvue lorsque le printemps fut venu.
La nette victoire de M. Malvy ne laisse pas indifférent Philippe Bernard, de LA DEPECHE DU MIDI (22/03) : « En matière de performances électorales, c'est un fait, Martin Malvy n'a cessé de se bonifier avec l'âge. Certes, le candidat socialiste a profité, comme ses collègues dans les autres régions, d'un vote sanctionnant la politique gouvernementale et l'UMP. Mais ce petit plus qui lui permet de faire la différence, il le doit avant tout à lui-même. À une gestion de la région et à un bilan, d'abord, reconnus jusque sur les rangs de l'opposition de droite dans l'hémicycle régional, à son implication dans la campagne, ensuite, qui une fois de plus a forcé l'admiration de tous ceux qui l'ont suivi dans un exercice qu'il maîtrise plus que jamais. »
Enfin, d’un point de vue plus national, la vague rose marque le rejet de la politique menée par le gouvernement et celui, plus personnel, du président de la République, comme l’explique François Miquet-Marty, président de l'institut Viavoice, à LIBERATION (22/03) : « C’est un véritable désaveu. L’écart entre les voix de gauche et les voix de droite est supérieur à celui des régionales de 2004. Il s’agit d’un vote de rupture fort contre Nicolas Sarkozy: il a été élu sur une rupture et se trouve confronté à un souhait de rupture. C’est au fond une sorte de «2007 à l’envers», lié aux effets de la crise économique et du désarroi des Français devant l’incapacité des politiques à améliorer leur vie quotidienne ».
SPORTS
Football : les Girondins remettent la gomme, les Toulousains mordent la poussière
Même si tout se passe merveilleusement bien en Ligue des Champions, la réalité de la Ligue 1 est un peu plus délicate pour Bordeaux, qui devra batailler dur pour arracher le titre cette saison.
Cela semble bien parti puisque les hommes de Laurent Blanc ont largement dominé Lille (3-1) samedi, alors que l’équipe nordiste leur résiste depuis décembre 2005. Le sort semble d’ailleurs s’acharner sur les Bordelais lorsque les Lillois interceptent le ballon à la 24e minute pour lancer Hazard du côté gauche et lui permettre d’inscrire le premier but.
Sonnés, mais pas découragés, les Marine et Blanc profitent du coup franc tiré par Gourcuff à la 40e minute avec une reprise de la tête du ballon par Ciani pour égaliser. Le mauvais sort est définitivement repoussé à la 66e minute, après que l’arbitre siffle un penalty en faveur des Girondins, sanctionnant une faute de Costa sur Chamakh. Enfin, Bordeaux enfonce le clou à un quart d’heure de la fin du match grâce à la feinte de Gourcuff, placé dans la surface, qui trompe Emerson et le gardien, offrant le troisième but à son équipe et une victoire qui fait du bien.
« Bordeaux a mis fin à la malédiction lilloise. Les Girondins se sont imposés à domicile contre le LOSC en championnat pour la première fois depuis 2005. Mais ils ont bien crû que l'histoire allait encore se répéter car les Nordistes ont parfaitement entamé le match. Dominateur grâce à leur jeu rapide à une touche de balle, Lille profite d'une erreur de Ciani pour ouvrir le score. Bordeaux a du mal en cette première période mais reste dangereux sur coups de pied arrêtés» écrit Xavier Sueur sur le site FOOTBALL365 (21/03).
Une prestation qui aurait de quoi ravir le coach bordelais. Même pas. « Je suis heureux d'avoir gagné, mais l'entame de match a été plus que médiocre, chose que j'ai du mal à accepter et à comprendre, a analysé a chaud le technicien aquitain. On a vu un Bordeaux complètement dépassé lors des trente premières minutes, avec une erreur technique qui a permis à Lille d'ouvrir le score. Il faut se rendre à l'évidence, il y a eu des absences individuelles et, en football, on ne peut pas jouer à sept ou à huit » déclare Laurent Blanc en conférence de presse, dont les propos sont repris par le site de L’EQUIPE (21/03).
Si l’entraîneur de Bordeaux cherche la perfection, celui de Toulouse cherche plutôt la victoire. La brillante entame de seconde partie de saison du TFC semble être un lointain souvenir. Les joueurs de Casanova ont en effet été écrasés par leurs adversaires du jour, en l’occurrence Rennes, qui s’impose par quatre buts à un. A partir de la demi-heure de jeu, les buts qui font mal au moral se sont enchaînés à une fréquence étourdissante (30e, 35e, 46e) avant que les Toulousains ne redressent la tête (3-1) à la 51e. Mais les Bretons portent l’estocade à la toute fin de la rencontre (4-1), grâce à l’initiative talentueuse de Kembo-Ekoko.
« Du duel entre deux des quatre meilleures défenses du championnat, on attendait peu de buts. Surtout en l'absence de Gignac à Toulouse et de Sylvain Marveaux à Rennes. Mais avec une équipe très offensive et trois attaquants soutenus par Jérôme Leroy, Frédéric Antonetti avait donné de la dynamite à ses joueurs pour faire exploser la porte du coffre-fort toulousain. Gyan Asamoah (deux buts) et Jimmy Briand (trois passes décisives), gentlemen cambrioleurs de génie du soir, ont alors pu se servir et rafler un butin de quatre buts » constate Olivier de Los Bueis sur le site FOOTBALL365 (21/03).
Les Toulousains pourront toujours reprocher à l’arbitre de ne pas avoir sifflé un penalty en leur faveur, mais le mal était fait.
Olivier Sorondo
Revue de presse publiée
le 22 mars 2010
Sources: AQUI ! , LE JDD, SUD-OUEST, LA DEPECHE DU MIDI, LE FIGARO, L'EQUIPE, FOOTBALL365 |