La longue et belle histoire de l’observatoire du Pic du Midi de Bigorre

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, le Pic du Midi de Bigorre est étroitement associé à l'observatoire, qui a connu une histoire tourmentée et passionnante.

Richesses du Sud-Ouest

C’est haut, mais c’est beau – Crédit photo: Guillaume Chanchus, Flickr

Un site stratégique d’observation dès le XVIIIe

Son altitude de 2 877 mètres suscite, il est vrai, la curiosité des scientifiques depuis déjà quelques siècles. Ainsi, l’astronome et cartographe François de Plantade gravit le Pic dès 1706 pour y observer la couronne solaire lors d’un épisode d’éclipse. À l’âge de 70 ans, mandaté par l’archevêque de Narbonne et le comte de Maurepas qui attendent des études barométriques en vue de dresser une carte locale des diocèses, il repart à l’assaut de la bête. Cette fois, l’aventure tourne mal puisqu’il est victime d’un accident mortel.

La nécessité d’un observatoire

En 1873, c’est une station météorologique qui voit le jour, en attendant le financement nécessaire à l’élaboration de l’observatoire. La station n’est d’ailleurs pas construite au sommet du Pic, mais 300 mètres plus bas, au niveau du col de Sencours. Il faut attendre 1878 pour que les premiers travaux soient lancés. Ils dureront quatre ans et nécessiteront d’importants efforts. Les ouvriers ne peuvent en effet travailler que quelques mois par an, à cause des intempéries et des chutes de neige, qui rendent le chantier délicat.

En 1882, l’observatoire est enfin inauguré, pour la plus grande joie de ses fondateurs. Joie de courte durée puisque les finances sont à sec et la gestion impossible. L’État récupère donc l’établissement, accorde un budget de fonctionnement et nomme Célestin-Xavier Vaussenat (l’un des fondateurs) directeur.

Vaussenat ne chôme pas. Il entreprend toute une série de travaux et encourage les scientifiques à venir travailler à l’observatoire, malgré les difficultés d’accès.

L’arrivée des premiers télescopes

Pendant des décennies, de très nombreuses études et mesures permettent d’affiner les connaissances scientifiques. En 1904, le directeur de l’observatoire de Toulouse, Benjamin Baillaud, décide de construire un télescope au Pic. Deux ans plus tard, la coupole est terminée. Le télescope, fabriqué dans la région parisienne, est acheminé par train puis par chars à bœufs jusqu’au col du Tourmalet. Ce sont ensuite les soldats de Tarbes qui se chargent de transporter les 22 caisses jusqu’à l’observatoire !

"Chef, chef, ça y est, j'vois une cheminée !" - "C'est bien Gontran, continuez."

« Chef, chef, ça y est, j’vois une cheminée ! » – « C’est bien Gontran, continuez. »

Paradoxalement, les astronomes français ne se bousculent pas au Pic. En 1922, un rapport remis par le directeur de l’observatoire de Meudon recommande même la fermeture de l’établissement. Afin d’éviter une telle déconvenue, les responsables prennent la décision d’oublier un peu l’astronomie et d’orienter l’observatoire vers la géophysique. Fort heureusement, ni les décisions politiques ni la Seconde Guerre mondiale ne mettront un terme aux activités de l’observatoire. Deux nouveaux télescopes sont même installés et permettent d’approfondir encore les recherches astronomiques.

Confort moderne

En 1951, on inaugure enfin le téléphérique ! Cette petite révolution permet aux équipes de scientifiques de mener de nouveaux travaux, dont ceux consacrés à la physique solaire. On voit même arriver des astronomes de l’université de Manchester, chargés de prendre des milliers de photos de la surface lunaire afin de préparer les futures missions des fusées Apollo.
En 1980, on procède à la mise en place d’un nouveau télescope, qui s’accompagne de lourds travaux.

Tout semble aller pour le mieux jusqu’en 1993, lorsqu’un rapport d’audit international préconise de privilégier l’observatoire de Haute-Provence, au détriment de celui du Pic du Midi. Le financement des activités scientifiques est assuré jusqu’en 1998, mais pas au-delà. C’est sans compter sur l’ambition et la volonté des responsables de l’observatoire et de l’université Paul Sabatier, qui lancent le projet  » Pic 2000 « .

Pic 2000

La menace de fermeture du site a conduit les responsables locaux à s’unir et lancer un vaste programme de rénovation. Aidé par les communes environnantes, le Département, la région Midi-Pyrénées, l’État français et l’Europe, le Syndicat Mixte nouvellement créé transforme l’observatoire en véritable site « scientifico-touristique ».

Des travaux d’aménagement très importants sont réalisés, afin d’accueillir les visiteurs au sommet du Pic. Un tout nouveau téléphérique est installé, toujours dans un souci d’améliorer le confort du public. Après trois années de chantier et un investissement de 200 millions de francs, l’observatoire new-look ouvre enfin ses portes.

À près de 3000 mètres d’altitude, les visiteurs peuvent découvrir de nombreux espaces culturels aménagés sur plus de 4000 mètres carrés. Des expositions liées à l’astronomie, des spectacles filmés, des images de l’univers, des maquettes et diverses reconstitutions sont proposés en permanence aux touristes.

Différentes coupoles accueillent également le public, lui permettant de mieux appréhender le travail des scientifiques depuis des décennies. Par temps clair, on peut même apercevoir la ville de Biarritz et les monts du Cantal.


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Pratique :

Adresse et contact : Le Baron, 33520 BRUGES – Tél. 05 56 57 09 89 – Web : https://www.sepanso.org
Accès : Sortie 6 de la rocade bordelaise, suivre la D210 jusqu’au panneau annonçant l’entrée de la réserve. Petit parking. La visite commence sitôt après avoir franchi la voie ferrée, en face.
Ouverture : Toute l’année, du lundi au mercredi et du samedi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture hebdomadaire le jeudi et vendredi. Des animations sont organisées tout au long de l’année.