« Ne nous abandonnez pas ! » : le monde du tourisme girondin et landais refuse de baisser les bras
Un mois après le déclenchement des incendies qui ont ravagé le massif des Landes de Gascogne, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Gironde et des Landes a lancé la campagne « Ne nous abandonnez pas ! », un cri d’alarme et un appel à la mobilisation pour sauver ce qu’il reste de la saison estivale.
Olivier Sorondo – 7 août 2026 – Dernière MAJ : le 7 août 2026 à 18h01

Un été noirci par les flammes
Tout a commencé le 22 juillet, avec le départ d’un feu à Saumos qui allait devenir l’un des plus dévastateurs qu’ait connus la région depuis des décennies. En quelques jours, l’incendie a parcouru environ 42 000 hectares de forêt sur le pourtour du bassin d’Arcachon, entraînant l’évacuation d’environ 220 000 personnes — une opération d’une ampleur inédite en France. Près de 240 habitations ont été détruites, et plus d’une quarantaine d’entreprises ont disparu dans les flammes, principalement au Porge en Gironde et à Biscarrosse dans les Landes. Si aucune victime n’est à déplorer côté civils, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés dans la lutte contre le feu, qui a mobilisé jusqu’à 2 500 pompiers et 1 500 militaires.
Un mois plus tard, les grands foyers sont fixés et la situation est jugée stable par les autorités, qui évoquent même un possible retour progressif à la normale. Mais le choc, lui, continue de se faire sentir bien au-delà du strict périmètre parcouru par les flammes.
Une saison touristique fragilisée
Le tourisme pèse près de 7 % du PIB combiné de la Gironde et des Landes. Or les images des colonnes de fumée, relayées en boucle sur les chaînes d’information, ont eu un effet dissuasif largement disproportionné par rapport à l’étendue réelle des dégâts : selon Atout France, seuls 13 % de la capacité d’accueil touristique des deux départements ont été concernés par les évacuations, et l’incendie n’a touché qu’une fraction limitée du territoire girondin. Les professionnels du secteur parlent d’un « choc sans précédent » sur les réservations, qui a débordé très largement au-delà des zones directement sinistrées, touchant des stations balnéaires et des villages pourtant épargnés par les flammes.
Résultat : un été 2026 marqué par des taux d’occupation en repli, des arbitrages de consommation défavorables à la restauration et aux commerces, et une inquiétude persistante liée à la qualité de l’air comme à la crainte de nouveaux départs de feu.
Aujourd’hui, les professionnels misent sur le « tourisme solidaire » pour essayer de sauver les dernières semaines de la saison. À ce titre, les bureaux et offices de tourisme du département sont invités à amplifier leur communication pour convaincre les vacanciers que la Gironde reste une formidable destination de vacances.
« Ils sont debout, ils travaillent, ils accueillent »
C’est dans ce contexte qu’est née la campagne portée par Franck Chaumès, président de l’Umih Gironde, et Arthur Laborde, président de l’Umih Landes. Le message se veut simple et positif : les incendies n’ont brûlé qu’une partie du territoire, et l’immense majorité des professionnels du tourisme restent en activité, prêts à accueillir les vacanciers. Cafés, restaurants, hôtels, campings, bars et établissements de nuit continuent de faire vivre les villes, les stations balnéaires et les villages du Sud-Ouest, des plages océanes aux vignobles en passant par les lacs et les forêts préservées.
L’Umih invite les médias, les acteurs du tourisme et l’ensemble des Français à relayer ce message : la meilleure façon de soutenir ces territoires sinistrés n’est pas la compassion à distance, mais le choix concret de continuer à les visiter, à y consommer et à y séjourner.
Un appel à la solidarité économique
Au-delà de la communication, cette campagne pose la question plus large du soutien aux petites entreprises frappées par une catastrophe naturelle sans être directement détruites par elle. Chômage partiel, pertes de chiffre d’affaires, incertitude sur l’indemnisation : les acteurs économiques locaux, comme le Medef Nouvelle-Aquitaine, alertent sur la difficulté à évaluer et à compenser rapidement l’ampleur réelle des pertes indirectes liées à cet épisode.
Pour l’Umih, l’enjeu des prochaines semaines est donc double : rassurer une clientèle échaudée par les images de l’été, et obtenir des pouvoirs publics un accompagnement à la hauteur d’une crise qui, si elle n’a épargné personne dans son retentissement médiatique, n’a pas non plus rayé la Gironde et les Landes de la carte touristique française.
Encore fallait-il le rappeler.