kiwis de l'Adour

Kiwis de l’Adour : une année sous le signe du dérèglement climatique

Kiwis de l’Adour : une année sous le signe du dérèglement climatique


Entre les Landes, le Béarn et le Pays basque, le long des deux rives de l’Adour, s’étend le premier bassin de production de kiwi de France. Chaque année, l’IGP « Kiwi de l’Adour » rassemble environ 140 producteurs qui fournissent l’essentiel de la production nationale. Mais 2026 restera comme une année charnière : pluies hivernales interminables, canicules à répétition, puis un orage de grêle dévastateur dans la nuit du 23 août sont venus s’ajouter les uns aux autres, fragilisant un peu plus une filière déjà en difficulté.

Crédit photo : Association de promotion des Kiwis des Pays de l’Adour

Un hiver et un printemps trop humides

La saison a mal commencé. Entre le 23 janvier et le 4 février, les températures moyennes sont restées supérieures aux normales de saison, de 1 à 5,2°C, tandis que les conditions restaient humides, avec 54 à 111 mm de précipitations enregistrés selon les postes, pour un cumul mensuel de janvier atteignant 90 à 190 mm, les valeurs les plus fortes étant relevées dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Pour le kiwi, cette humidité persistante n’est pas anodine. L’eau qui tombe sur des sols secs finit par stagner autour des pieds et asphyxie la plante, qui supporte très mal le manque d’oxygène dans le sol. Une partie des producteurs, découragés par ces épisodes répétés, ont d’ailleurs cessé leur activité ces dernières années. Face à ce constat, des essais sont en cours autour de nouveaux porte-greffes plus tolérants à l’excès d’eau, mais leur généralisation supposerait d’arracher les vergers existants pour replanter, un investissement lourd que le marché porteur du kiwi ne permet pas pour l’instant d’envisager.

Une canicule hors norme tout au long de l’été

Après un hiver détrempé, l’été a basculé dans l’excès inverse. Un puissant anticyclone s’est installé au-dessus de la mer du Nord dès le printemps, maintenant l’air chaud sur les mêmes zones pendant plusieurs jours, avec une première canicule précoce et inédite pour la saison touchant la France dès le 21 mai. Juin est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,8°C aux normales, une vague de chaleur précoce plaçant plus de 70 départements en vigilance rouge canicule et faisant grimper les températures au-delà de 40°C sur plus de 40% du territoire, laissant des sols déjà particulièrement secs en fin de mois.

Le Sud-Ouest n’a pas été épargné par la suite. Le 29 juillet, la vague de chaleur a gagné les Landes et la Gironde, où les 40°C ont été dépassés pour la sixième fois de l’année, avec un pic à 42,8°C relevé à Captieux. Début août, un nouvel épisode a touché le Pays basque : dès le 10 août, la préfecture a déclenché l’alerte orange canicule pour la deuxième fois de l’été, avec jusqu’à 38,5°C relevés à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Cette accumulation de chaleur et de sécheresse a fini par peser lourdement sur les exploitations landaises. La Chambre d’agriculture des Landes a alerté les pouvoirs publics sur l’ampleur des pertes, réclamant notamment une réforme du système assurantiel agricole et du dispositif d’Indemnisation de Solidarité Nationale, en particulier pour les producteurs de kiwi et de vigne, ainsi que l’abaissement du seuil de déclenchement de cette indemnisation à 30% de pertes et le relèvement du taux d’intervention à 45%. Depuis le 20 juillet, elle a renforcé son dispositif d’accompagnement avec des permanences quotidiennes dans chaque antenne pour soutenir les agriculteurs dans leurs démarches et leurs décisions techniques.

La nuit du 23 août : la grêle achève de fragiliser les vergers

C’est dans ce contexte déjà tendu qu’est survenu, dans la nuit du 23 au 24 août, un orage d’une violence rare. Des prévisions annonçaient dès le week-end de forts orages sur une large partie du pays, avec une période particulièrement sensible attendue entre le lundi midi et le mardi vers 6 heures du matin, des orages pouvant circuler rapidement et devenir ponctuellement violents sur des départements incluant les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Le village de Sames, dans les Pyrénées-Atlantiques, a particulièrement souffert. Les récits des habitants et des producteurs témoignent de l’ampleur des dégâts. Sur les vergers touchés, de nombreux kiwis encore accrochés aux arbres portent les traces de la grêle : certains pourront peut-être être récupérés, mais d’autres ont été trop abîmés et finiront par tomber. Un agriculteur du secteur, Laurent Daugareilh, redoute même un effet en cascade : privés de leur feuillage protecteur, les fruits pourraient désormais subir des coups de soleil sous l’effet des fortes chaleurs et tomber à leur tour.

Au-delà de la récolte de l’année, c’est l’avenir même des vergers qui inquiète. Il faudra attendre le printemps prochain pour savoir si les arbres repartiront, un épisode de grêle survenu en 2018 ayant montré que certains vergers si sévèrement touchés ne parviennent jamais à redémarrer. Une réalité d’autant plus lourde pour les exploitants qu’un verger de kiwi ne se reconstitue pas en quelques mois : même si les arbres survivent, la production mettra des années à retrouver son niveau habituel, poussant certains producteurs à envisager, en attendant, de chercher un revenu complémentaire ailleurs.

Une filière déjà fragilisée depuis plus d’une décennie

Ces épisodes climatiques à répétition s’inscrivent dans une tendance de fond que les responsables de la filière observent depuis plusieurs années. Le bassin de l’Adour, qui représente environ 75% de la production française de kiwi entre les Landes, le Béarn et le Pays basque, fournissait 22 800 tonnes au marché européen en 2012 ; sa production est tombée à 6 000 tonnes en 2025, selon Jean-Marc Poigt, président de l’organisme de gestion du kiwi de l’Adour. Un paradoxe souligné par le responsable lui-même : alors que le marché du kiwi reste porteur, la filière peine à produire suffisamment pour y répondre.

Ce n’est pas la première fois que la grêle frappe durement le bassin : un épisode survenu le 20 juin avait déjà touché une quinzaine de producteurs, au point que des filières voisines, comme celle du piment d’Espelette, avaient organisé des collectes de soutien lors de manifestations locales.

L’été 2026 marquera-t-il un tournant ?

Entre un hiver trop pluvieux, un été marqué par des canicules successives et un orage de grêle dévastateur fin août, la campagne 2026 cumule à peu près tous les aléas climatiques que la filière redoute. Pour les producteurs de kiwi de l’Adour, l’enjeu dépasse désormais la seule récolte de l’année : il porte sur la survie même des vergers et sur la capacité de la filière à s’adapter — par de nouveaux porte-greffes, une meilleure protection contre la grêle ou une réforme des dispositifs d’indemnisation — à un climat de plus en plus instable et préoccupant.

tourisme gironde incendies

« Ne nous abandonnez pas ! » : le monde du tourisme girondin et landais refuse de baisser les bras

« Ne nous abandonnez pas ! » : le monde du tourisme girondin et landais refuse de baisser les bras


Un mois après le déclenchement des incendies qui ont ravagé le massif des Landes de Gascogne, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Gironde et des Landes a lancé la campagne « Ne nous abandonnez pas ! », un cri d’alarme et un appel à la mobilisation pour sauver ce qu’il reste de la saison estivale.

campagne tourisme gironde UMIH
L’un des deux visuels diffusés par l’Umih auprès des médias et du public pour inciter les vacanciers à ne pas annuler leurs vacances en Gironde ou dans les Landes.

Un été noirci par les flammes

Tout a commencé le 22 juillet, avec le départ d’un feu à Saumos qui allait devenir l’un des plus dévastateurs qu’ait connus la région depuis des décennies. En quelques jours, l’incendie a parcouru environ 42 000 hectares de forêt sur le pourtour du bassin d’Arcachon, entraînant l’évacuation d’environ 220 000 personnes — une opération d’une ampleur inédite en France. Près de 240 habitations ont été détruites, et plus d’une quarantaine d’entreprises ont disparu dans les flammes, principalement au Porge en Gironde et à Biscarrosse dans les Landes. Si aucune victime n’est à déplorer côté civils, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés dans la lutte contre le feu, qui a mobilisé jusqu’à 2 500 pompiers et 1 500 militaires.

Un mois plus tard, les grands foyers sont fixés et la situation est jugée stable par les autorités, qui évoquent même un possible retour progressif à la normale. Mais le choc, lui, continue de se faire sentir bien au-delà du strict périmètre parcouru par les flammes.

Une saison touristique fragilisée

Le tourisme pèse près de 7 % du PIB combiné de la Gironde et des Landes. Or les images des colonnes de fumée, relayées en boucle sur les chaînes d’information, ont eu un effet dissuasif largement disproportionné par rapport à l’étendue réelle des dégâts : selon Atout France, seuls 13 % de la capacité d’accueil touristique des deux départements ont été concernés par les évacuations, et l’incendie n’a touché qu’une fraction limitée du territoire girondin. Les professionnels du secteur parlent d’un « choc sans précédent » sur les réservations, qui a débordé très largement au-delà des zones directement sinistrées, touchant des stations balnéaires et des villages pourtant épargnés par les flammes.

Résultat : un été 2026 marqué par des taux d’occupation en repli, des arbitrages de consommation défavorables à la restauration et aux commerces, et une inquiétude persistante liée à la qualité de l’air comme à la crainte de nouveaux départs de feu.

Aujourd’hui, les professionnels misent sur le « tourisme solidaire » pour essayer de sauver les dernières semaines de la saison.  À ce titre, les bureaux et offices de tourisme du département sont invités à amplifier leur communication pour convaincre les vacanciers que la Gironde reste une formidable destination de vacances.

« Ils sont debout, ils travaillent, ils accueillent »

C’est dans ce contexte qu’est née la campagne portée par Franck Chaumès, président de l’Umih Gironde, et Arthur Laborde, président de l’Umih Landes. Le message se veut simple et positif : les incendies n’ont brûlé qu’une partie du territoire, et l’immense majorité des professionnels du tourisme restent en activité, prêts à accueillir les vacanciers. Cafés, restaurants, hôtels, campings, bars et établissements de nuit continuent de faire vivre les villes, les stations balnéaires et les villages du Sud-Ouest, des plages océanes aux vignobles en passant par les lacs et les forêts préservées.

L’Umih invite les médias, les acteurs du tourisme et l’ensemble des Français à relayer ce message : la meilleure façon de soutenir ces territoires sinistrés n’est pas la compassion à distance, mais le choix concret de continuer à les visiter, à y consommer et à y séjourner.

Un appel à la solidarité économique

Au-delà de la communication, cette campagne pose la question plus large du soutien aux petites entreprises frappées par une catastrophe naturelle sans être directement détruites par elle. Chômage partiel, pertes de chiffre d’affaires, incertitude sur l’indemnisation : les acteurs économiques locaux, comme le Medef Nouvelle-Aquitaine, alertent sur la difficulté à évaluer et à compenser rapidement l’ampleur réelle des pertes indirectes liées à cet épisode.

Pour l’Umih, l’enjeu des prochaines semaines est donc double : rassurer une clientèle échaudée par les images de l’été, et obtenir des pouvoirs publics un accompagnement à la hauteur d’une crise qui, si elle n’a épargné personne dans son retentissement médiatique, n’a pas non plus rayé la Gironde et les Landes de la carte touristique française.

Encore fallait-il le rappeler.

Arcachon

Incendies en Gironde : vers une saison touristique compromise ?

Incendies en Gironde : vers une saison touristique compromise ?


Le feu qui a dévoré plus de 40 000 hectares et forcé l’évacuation de 220 000 personnes provoque une chute brutale des réservations en Gironde.

La ville d’Arcachon, pourtant éloignée des incendies, subit la chute de sa fréquentation – Crédit photo : Pierre Métivier – Flickr

De nombreuses zones touristiques épargnées

La surmédiatisation des incendies survenus en Gironde et dans les Landes la semaine dernière a dépassé le souci d’information, elle a surtout percuté une saison qui s’annonçait prometteuse. Les professionnels constatent aujourd’hui une chute de la fréquentation parfois proche des 70 %. Selon une étude du cabinet KPMG, citée Le Figaro, « la crise pourrait coûter entre 2 et 5 millions d’euros par semaine au secteur, sans compter les résidences de tourisme et les campings ».

Fait plus inquiétant : la crise ne se limite pas aux communes évacuées ou aux sites directement menacés. D’après les professionnels du tourisme girondin, l’effet psychologique de l’incendie se répercute sur l’ensemble du département, jusqu’aux stations balnéaires du bassin d’Arcachon et du Médoc, sans même évoquer les vignobles, Bordeaux, le Libournais ou l’Entre-Deux-Mers. Ces territoires, pourtant intacts, attendent de pied ferme les touristes.

Annie Rabot, gérante du bar du Soleil à Arcachon, dit craindre, au micro de France 3, que la suite de la saison ne soit « très chaotique, difficile à gérer en termes de plannings et de stocks. On vit au jour le jour. Arcachon s’est vidé parce qu’on a répété sur beaucoup de chaînes qu’il ne fallait pas aller en Gironde. »

Les propos tenus par la préfète, Sophie Brocas, invitant les vacanciers à « envisager une autre destination », ont également contribué à décourager tout projet de vacances dans le département.

Limiter la casse économique

Selon les données du Conseil départemental de la Gironde, le tourisme représente 7 % du PIB, 40 000 emplois et plus de 3 milliards d’euros de retombées directes.

La Gironde dépend d’un équilibre fragile entre tourisme de séjour, fréquentation littorale et image de destination naturelle. Or, l’incendie a porté un coup direct à cette réputation. Les inquiétudes liées à la qualité de l’air, aux fermetures ponctuelles de sites et à l’incertitude sur la durée des perturbations alimentent une forme d’attentisme chez les visiteurs.

Malgré ce contexte, les professionnels tentent de limiter les dégâts et d’éviter une désaffection durable. Le message relayé par les acteurs publics et privés est clair : les réservations maintenues doivent l’être, car toute annulation supplémentaire fragilise encore davantage la reprise. La priorité est désormais de restaurer la confiance, en communiquant sur les zones accessibles, sur l’état réel des sites touristiques et sur le retour progressif à la normale.

À plus court terme, les démarches visent à remédier à une situation économique tendue. Les assurances ont repoussé les déclarations de sinistres au 31 août, les salariés des entreprises situées dans les zones évacuées ont droit au chômage partiel, les saisonniers impactés peuvent faire valoir leurs droits, etc.

Aujourd’hui, les professionnels misent sur le « tourisme solidaire » pour essayer de sauver les dernières semaines de la saison.  À ce titre, les bureaux et offices de tourisme du département sont invités à amplifier leur communication pour convaincre les vacanciers que la Gironde reste une formidable destination de vacances.

Cité du vin

La Cité du Vin fête ses dix ans

La Cité du Vin fête ses dix ans


En 2026, la Cité du Vin confirme sa place parmi les grands lieux culturels de Bordeaux. Inaugurée en 2016, elle s’est imposée en une décennie comme un site phare consacré à l’univers du vin, à ses civilisations et à ses imaginaires, avec plus de 3,5 millions de visiteurs accueillis depuis son ouverture.

Cité du Vin
D’abord, attirer l’œil – Crédit photo : © Cité du Vin /Facebook

Un projet ambitieux, mais risqué

Comme le rappelle le journal Sud-Ouest (05/06/2026), « l’idée d’une Cité du vin apparaît au début des années 1990, avec d’abord une approche économique. Dans le prolongement de Vinexpo, salon professionnel qui amenait la planète vin à Bordeaux, l’idée de faire de la ville une place permanente pour le commerce du vin a pris corps. »

Créer un musée dédié au vin dans une ville comme Bordeaux, où le vin est déjà omniprésent, pouvait néanmoins sembler redondant. Le pari consistait donc à transformer le vin en expérience immersive et sensorielle, rendre le sujet accessible à des non-amateurs et, surtout, créer un lieu universel qui parle des vignobles du monde entier, pas seulement de Bordeaux.

Si le projet semblait plausible sur le papier, sa concrétisation a donné quelques sueurs froides aux investisseurs impliqués. Le coût de construction initial, évalué à 63 millions d’euros (avant-projet en 2012) a finalement dépassé les 81 millions, en raison notamment d’une sous-estimation des travaux.

Dix ans plus tard, les chiffres de fréquentation (400 000 visites par an) confirment la pertinence du projet. La Cité du Vin est devenue un moteur d’attractivité pour Bordeaux. Elle contribue à l’image internationale de la ville en reliant patrimoine viticole, tourisme urbain et création contemporaine.

Son rayonnement repose aussi sur sa capacité à parler à des publics variés : touristes étrangers, amateurs de vin, familles, professionnels du secteur et curieux de culture générale. En cela, elle incarne une forme de médiation originale entre l’identité bordelaise et l’ouverture au monde.

Le choix d’une architecture spectaculaire

Souvent comparée à une carafe, à un cep noueux ou au mouvement du vin dans un verre, la Cité s’impose comme un repère visuel immédiatement identifiable sur les bords de la Garonne.

Son architecture, conçue par Anouk Legendre et Nicolas Desmazières de l’agence XTU, repose sur des courbes continues, sans angles droits, qui donnent au volume une impression de fluidité permanente. Cette silhouette très singulière dialogue avec le fleuve et les quais bordelais, tout en affirmant une présence contemporaine forte dans le paysage de Bacalan.

Le chantier a représenté une série de défis :

  • 300 pieux en béton à 30 mètres de profondeur, car le terrain est « maléable » et artificiel, gagné sur la Garonne
  • 574 arcs en lamellé-collé (1 200 m³ d’épicéa nordique et de douglas français) pour la charpente
  • 128 épines de bois qui enlacent le bâtiment pour atteindre sa hauteur finale de 55 mètres (plus haut que l’Arc de Triomphe)
  • Une façade « glitter » avec des panneaux de verre sérigraphiés et des panneaux d’aluminium laqués irisés et perforés inédits

Le choix des matériaux participe aussi à cette identité. Le bois, le verre et l’aluminium traduisent le lien avec l’univers viticole, tandis que la façade irisée et les reflets changeants évoquent la lumière sur l’eau et les variations d’un liquide en mouvement. Derrière l’effet sculptural, le bâtiment a aussi été conçu avec des objectifs de performance environnementale, grâce à une approche bioclimatique et à l’usage d’énergies locales et renouvelables.

L’architecte Nicolas Desmazières a lui-même assumé : « On a pris le risque de faire une forme, non pas de rupture, mais de contrepoint volontaire par rapport au classicisme des quais de Bordeaux. »

Vers un avenir radieux ?

Ces dix ans montrent que la Cité du Vin a dépassé le statut de simple équipement culturel pour devenir un symbole durable de Bordeaux. Elle a renouvelé le discours sur le vin en l’inscrivant dans une perspective globale, sensible et patrimoniale.

À l’heure de ce dixième anniversaire, son enjeu est désormais de conserver cette dynamique, en continuant d’attirer de nouveaux visiteurs tout en renforçant sa dimension de lieu vivant, évolutif et accessible.

Pour marquer cet anniversaire, le lieu emblématique des Bassins à flot propose une programmation spéciale tout au long de l’année, avec des expositions, des rencontres, des ateliers et des événements culturels inédits.

L’établissement ne veut pas être un simple « musée du vin », mais un véritable moteur d’attractivité pour Bordeaux et la métropole. Ses projets d’avenir incluent notamment un renforcement de sa connexion avec les vignobles locaux (Médoc, Gironde, Sud-Ouest), des collaborations plus étroites avec les acteurs du tourisme en Gironde et en Nouvelle-Aquitaine, un rôle de plateforme internationale, reliant les terroirs du monde entier à Bordeaux.

La Cité devra enfin renforcer sa démarche écologique par la réduction de l’empreinte carbone des événements et des visiteurs, le développement de pratiques plus sobres en énergie et en ressources et la mise en avant des vignobles engagés dans l’agroécologie et la durabilité.

canelé Baillardran

Baillardran, la chute d’une institution bordelaise

Baillardran, la chute d’une institution bordelaise


Quarante ans après sa fondation, l’empire du canelé bordelais vacille. Le 22 avril 2026, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé la société holding du groupe en redressement judiciaire, menaçant une centaine d’emplois et une vingtaine de boutiques.

Une boutique Baillardran à Bordeaux – Crédit photo : © Baillardran/Facebook

Décision attendue

Le mercredi 22 avril, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé en redressement judiciaire la holding Will Distribution, propriétaire des magasins de canelés Baillardran. La demande avait été émise par Philippe Baillardran lui-même, après l’échec d’une opération de rachat par un homme d’affaires parisien, lui-même poursuivi par un collectif de victimes d’impayés.

Une autre structure du groupe, PR8 Développement, dirigée par son fils Cyril Baillardran, a été placée en liquidation judiciaire. Cette société était notamment propriétaire des enseignes de Saint-Jean-de-Luz et de celle installée aux Hangars, dans le quartier Bacalan. Au total, près de 95 salariés sont directement impactés par cette situation incertaine.

Une chute financière progressive

L’institution, qui produit ces pâtisseries emblématiques depuis 1988, s’est déclarée en cessation de paiement avant de demander la protection du tribunal de commerce. « Quand vous avez une entreprise depuis presque 40 ans, que les enfants ont travaillé dedans, forcément, en arriver là, c’est quand même un peu douloureux », indique Philippe Baillardran à Ici Gironde (30/04/26).

La trajectoire financière est éloquente. Il y a trois ans, l’entreprise était à son apogée avec un chiffre d’affaires avoisinant les 12,37 millions d’euros — l’institution bordelaise avait même été sélectionnée pour être présentée au roi Charles III lors de sa visite à Bordeaux. Mais en 2024, le chiffre d’affaires a chuté à 11,1 millions d’euros, soit une baisse de 10 %. En 2025, les recettes n’atteindraient que 8,5 millions d’euros, engendrant un déficit de 240 000 euros et des impayés de loyers.

Pour expliquer ces difficultés, Philippe Baillardran évoque l’explosion des charges : « On est passés de 120 000 à 500 000 euros d’électricité par an. » (Ici Gironde, 30/04/26).

Le scandale des canelés congelés

Si la conjoncture économique a pesé lourd, c’est un scandale sanitaire et commercial qui a profondément terni l’image de la marque. En janvier 2025, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné l’enseigne à une amende de 100 000 euros pour pratiques commerciales trompeuses. L’enquête menée par la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) avait révélé que certains canelés vendus comme « frais » étaient en réalité congelés puis décongelés.

D’autres irrégularités concernaient les ingrédients : la vanille annoncée n’était pas toujours utilisée, remplacée par des arômes.

Une ancienne salariée avait alors témoigné au micro de Franceinfo (30/04/26) : « Il y a 3-4 congélateurs, et dès qu’on est en manque de canelés, on va les chercher là-bas. Et quand on est en gros rush, si le cœur du canelé est un peu congelé, ce n’est pas grave, on le vend, et ça décongèlera au fur et à mesure de la journée. » Des salariés avaient également dénoncé des problèmes d’hygiène graves, évoquant la présence de nuisibles parmi les ingrédients.

Ces révélations ont pesé sur la fréquentation des boutiques. Des clients témoignent de leur désaffection : « Il y avait des articles parus sur le fait que les produits étaient congelés, alors que la communication indiquait que ce n’était pas le cas » ; « Les prix sont très élevés. Un canelé à 3 euros, c’est cher. » (Franceinfo, 30/04/26).

Un marché pourtant porteur

Si Baillardran vacille, le canelé reste un produit très populaire auprès des habitants et des touristes. Il symbolise en quelque sorte la gourmandise bordelaise et contribue un peu à l’image de la ville en France et même à l’étranger.

Les artisans ne manquent pas : la Toque Cuivrée, la pâtisserie Cassonade, la pâtisserie Pierre Mathieu, l’atelier de Micheline et Paulette… sans même évoquer les nombreux boulangers et pâtissiers qui proposent chaque jour des canelés faits maison.

Face à la concurrence, l’institution bordelaise risque de disparaître à moins qu’un repreneur sérieux ne se manifeste dans les délais impartis. Il ne semble pas que ce soit le cas, après une première démarche infructueuse menée par le boulanger/homme d’affaires parisien Mehdi Herz. Ce dernier est en effet poursuivi par un collectif de professionnels, comme le révèle Axelle Maquin-Roy dans les colonnes de Sud-Ouest (19/05/26), « avec lequel ils se sont trouvés en affaires, ces quatre dernières années, et à l’issue desquelles ils enregistrent des impayés de loyers, de factures, de salaires et d’honoraires. »

Le redressement judiciaire ouvre une période d’observation de six mois pour tenter de trouver une solution économique pérenne. Les boutiques rouges et or sont en sursis.

Font-de-gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume


Pour la première fois, des peintures pariétales paléolithiques ont pu être datées de manière directe et précise grâce au carbone 14, dans la grotte de Font-de-Gaume, aux Eyzies. Cette avancée, obtenue par une équipe de recherche dirigée par une chercheuse du CNRS et publiée en mars 2026 dans la revue PNAS, marque un tournant pour la compréhension chronologique de l’art préhistorique de la vallée de la Vézère.

font-de-gaume
Crédit photo : © O. Huard – Centre des monuments nationaux

Un joyau de l’art pariétal enfin daté directement

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la grotte de Font-de-Gaume est l’un des derniers grands sanctuaires ornés polychromes encore ouverts au public. Ses parois présentent un bestiaire d’une richesse exceptionnelle : bisons, chevaux, mammouths, cervidés, mais aussi quelques figures humaines stylisées, dont le fameux « masque » qui intrigue les préhistoriens depuis plus d’un siècle.

Jusqu’à récemment, l’âge de ces œuvres reposait uniquement sur des comparaisons stylistiques et sur les datations de dépôts archéologiques associés. On plaçait globalement les peintures dans le Magdalénien moyen, soit entre 18 000 et 16 000 ans avant le présent, sans preuve directe portant sur les pigments eux‑mêmes. Contrairement à la grotte Chauvet, où l’usage avéré du charbon avait permis des datations radiocarbone, on pensait que les peintures de Dordogne étaient exclusivement réalisées avec des pigments minéraux (oxydes de fer et de manganèse), impropres à ce type de mesure.

Stratégie scientifique pour traquer le carbone caché

Le basculement provient d’une idée simple, mais jamais testée systématiquement : vérifier si, parmi les tracés noirs de Font-de-Gaume, certains ne contiendraient pas, en réalité, du carbone organique. Une équipe pluridisciplinaire (physico‑chimistes, spécialistes de l’imagerie, préhistoriens) a ainsi combiné plusieurs techniques non invasives pour analyser finement deux figures emblématiques : un bison noir et le célèbre masque.

Grâce à l’imagerie hyperspectrale, qui mesure la réponse spectrale de la surface point par point et permet d’en déduire la composition chimique, les chercheurs ont d’abord exclu la présence de manganèse sur ces tracés, ce qui orientait vers un autre type de pigment. Ils ont ensuite mis en évidence une signature caractéristique du carbone sur l’ensemble des lignes noires des deux figures. Cette homogénéité a permis d’écarter l’hypothèse d’une contamination récente (fumées de torches historiques, graffitis modernes, dépôts de suie liés au tourisme), et de défendre l’idée d’un charbon de bois d’origine paléolithique.

Ce n’est qu’après cette démonstration que des micro‑prélèvements ont été exceptionnellement autorisés sur de minuscules portions de trait, afin de limiter au maximum l’impact sur les œuvres tout en obtenant suffisamment de matière pour une datation au radiocarbone. Les quantités prélevées sont de l’ordre du milligramme, rendant la mesure techniquement délicate mais scientifiquement décisive.

Les résultats : un Paléolithique supérieur plus « tardif » qu’attendu

Les analyses radiocarbone ont livré des dates calibrées qui confirment sans ambiguïté l’appartenance de ces peintures au Paléolithique supérieur, tout en en décalant légèrement l’ancrage chronologique par rapport aux estimations stylistiques. Le bison étudié aurait été réalisé entre 13 461 et 13 162 ans calBP (années calibrées avant le présent), ce qui le rapproche des contextes aziliens, à la charnière de la fin du Paléolithique et des premières cultures post‑glaciaires.

Le masque, quant à lui, montre une histoire plus complexe : différentes parties du motif semblent avoir été tracées ou reprises à des moments distincts. Les datations obtenues s’échelonnent entre 15 981 et 15 121 calBP et entre 15 297 et 14 246 calBP pour certaines sections, soit un Magdalénien tardif, tandis que l’œil gauche présente une date plus récente, comprise entre 8 993 et 8 590 calBP, suggérant une intervention ultérieure ou un mélange entre pigment ancien et apport de carbone plus moderne.

Cet exemple illustre à quel point de petites quantités de carbone contemporain peuvent modifier une mesure : il suffit d’environ 5 % de carbone moderne pour rajeunir une date d’un millier d’années. Les chercheurs ont donc dû interpréter les résultats avec prudence, en croisant systématiquement données techniques, observations de terrain et cohérence archéologique.

Une datation de Font-de-Gaume à nuancer

Ces nouvelles dates ne bouleversent pas l’attribution générale de Font‑de‑Gaume au Paléolithique supérieur, mais elles en nuancent la place précise dans la séquence régionale. Les auteurs soulignent que les datations du bison et du masque se révèlent « légèrement plus récentes » que la fourchette stylistiquement admise pour les ornements de la grotte, traditionnellement rattachés au Magdalénien moyen.

On voit émerger l’image d’un sanctuaire fréquenté à plusieurs reprises, avec des phases de réalisation et de retouche échelonnées dans le temps. L’art pariétal n’apparaît plus comme un décor figé, produit en une seule “campagne” de peinture, mais comme un palimpseste où des générations de groupes paléolithiques ont pu intervenir, ajouter, reprendre ou souligner certains motifs. La superposition des tracés, déjà perceptible à l’œil nu sur certains panneaux, trouve ainsi un écho dans la pluralité des datations obtenues.

Une première pour la Dordogne… et un changement d’échelle

Au‑delà du cas emblématique de Font‑de‑Gaume, cette recherche représente un jalon pour l’ensemble des grottes ornées de Dordogne. Jusqu’à présent, aucune peinture réalisée avec du noir de carbone n’y avait été caractérisée, alors même que le charbon de bois était omniprésent dans les sociétés préhistoriques. Désormais, la présence effective de charbon dans certains tracés ouvre la voie à des datations directes dans d’autres cavités, dès lors que l’on pourra y identifier des pigments comparables.

Cette capacité nouvelle à dater des peintures supposées minérales renouvelle profondément les perspectives de recherche. Elle permet d’envisager :

  • Une chronologie plus fine des phases de fréquentation et d’ornementation des grottes de la vallée de la Vézère.
  • Des comparaisons plus précises entre sites, en articulant données stylistiques, stratigraphiques et radiocarbone.
  • Une meilleure compréhension de l’évolution de l’art pariétal, de sa symbolique et de ses usages, sur plusieurs millénaires.

Les auteurs et les institutions impliquées soulignent d’ailleurs que cette approche pourrait être appliquée à d’autres grands sanctuaires européens dont les peintures sont, pour l’instant, seulement datées de manière indirecte. Font‑de‑Gaume devient ainsi un laboratoire méthodologique pour une nouvelle génération d’études sur l’art préhistorique.

Méthodologie au service du patrimoine

Cette avancée scientifique s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la préservation des grottes ornées. Les techniques d’imagerie de pointe mobilisées à Font‑de‑Gaume montrent qu’il est possible d’obtenir des informations chimiques et chronologiques de très haut niveau en limitant au maximum l’intervention physique sur les parois. Les micro‑prélèvements, strictement encadrés, restent l’ultime recours, lorsque toutes les autres méthodes convergent et justifient un geste exceptionnel.

Le dialogue constant entre exigences de conservation et besoins de la recherche est au cœur du travail mené par les équipes du CNRS et de leurs partenaires. À Font‑de‑Gaume, il a permis d’arracher au temps quelques dates cruciales, sans compromettre l’intégrité de ce chef‑d’œuvre, et d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire déjà riche de l’art paléolithique en Dordogne.

Plage du Petit Nice

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois


Les mauvaises conditions météorologique de ces dernières semaines ont impacté le littoral girondin, justifiant des mesures de sécurité.

plage du petit nice
La plage durement touchée par les aléas climatiques – Crédit photo : © Ville de La Teste-de-Buch

Une érosion spectaculaire

Le littoral a subi des assauts particulièrement violents ces dernières semaines. En l’espace de seulement dix jours, le trait de côte a reculé de 5 à 6 mètres. Ce phénomène, accentué par les tempêtes hivernales et les fortes houles, a littéralement grignoté la plage.

L’érosion dunaire laisse voir de véritables falaises de sable, avec, par endroits, des escarpements verticaux de 3 à 7 mètres de hauteur. Ces structures, extrêmement instables, entraînent des risques de chute et d’ensevelissement. Les parois peuvent s’effondrer à tout moment sur les personnes qui se trouveraient en contrebas.

Pire : une fois sur la plage, il est devenu presque impossible de remonter en sécurité vers le parking.

« Un dispositif de signalisation et de matérialisation de l’interdiction a été installé par les services de la voirie afin d’empêcher l’accès à la zone concernée. Les autorités appellent à la plus grande prudence et invitent habitants comme visiteurs à respecter strictement les consignes, rappelant que ces mesures visent avant tout à prévenir les accidents » prévient Le Figaro (05/02/2026).

Travaux de protection

Parallèlement à cette mise en sécurité, des opérations de réensablement massif sont prévues dans la zone. Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) doit injecter des milliers de mètres cubes de sable pour tenter de stabiliser le pied des perrés (les protections en pierre) et limiter le recul du trait de côte avant la saison estivale.

La plage du Petit Nice n’est pas isolée : d’autres parties du littoral autour du Bassin d’Arcachon et du Pyla-sur-Mer font régulièrement l’objet de travaux d’entretien ou de réensablement pour compenser la perte de sable et stabiliser la côte.

La fermeture de la plage court jusqu’au 30 avril.  À proximité du Petit Nice, les plages de la Salie Nord et de la Lagune restent quant à elles ouvertes au public.

Biarritz

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre


Chaque année, l’association Villes & Villages où il fait bon vivre publie un palmarès très attendu des communes françaises qui se distinguent par la qualité de vie qu’elles offrent à leurs habitants.

Biarritz
C’est moi la première ! Crédit photo : Eduardo Grebe – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Biarritz indétrônable

Pour l’édition 2026, la grande enquête a analysé 34 727 communes métropolitaines selon 197 critères regroupés en onze grandes catégories : qualité de vie, sécurité, santé, transports, environnement, éducation, commerces et services, solidarité, loisirs, finances locales et attractivité immobilière.

Cette année encore, le classement révèle à quel point des villes côtières, des bastions de petite ou moyenne taille et des communes rurales bien gérées peuvent se hisser en haut de ce palmarès national.

Au niveau des villes de plus de 2 000 habitants, Biarritz conserve sa place de ville la mieux classée de France où il fait bon vivre. Sa situation exceptionnelle entre mer et montagne, ses services, son offre culturelle et sportive ainsi que sa qualité de vie globale lui permettent de rester en tête du classement.

Juste derrière, Annecy continue sa progression, confirmant son attractivité, notamment grâce à son cadre naturel, à son dynamisme économique et à sa qualité de vie.

Troisième du classement, Angers accuse une petite baisse par rapport aux années précédentes. La commune du Maine-et-Loire est talonnée par Bayonne, qui conserve sa quatrième position.

Enfin, le top 5 englobe Rodez, dont le classement ne varie pas non plus par rapport à l’année dernière.

La côte basque s’impose décidément en force puisque Anglet se hisse à la 7e place et, dans le périmètre des Pyrénées-Atlantiques, Pau se retrouve 19e.

En élargissant l’observation au Sud-Ouest, Bordeaux chute lourdement de 11 places pour se loger à la 48e position nationale. La ville reste toutefois la première pour le département de la Gironde.

Enfin, parmi les villages (moins de 2 000 habitants), c’est encore la côte basque qui brille puisque Guéthary occupe crânement la deuxième position.

Et dans le Sud-Ouest ?

Parmi les communes les mieux classées au niveau national, plusieurs proviennent de Nouvelle-Aquitaine, mais leur nombre reste modéré par rapport à d’autres régions qui dominent le classement, comme l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou même certaines régions de l’Ouest.

Des villes moyennes (comme Bordeaux) ont vu leur position baisser dans les classements récents, suggérant que les communes plus grandes doivent relever des défis comme la sécurité, la propreté ou les services pour rester compétitives dans ce type de palmarès.

Les cités touristiques ne trustent pas forcément les meilleures places, malgré leurs attraits. Ainsi, Sarlat se positionne à la 640e position, Arcachon se positionne à la 1150e, Hossegor à la 1584e, Biscarrosse à la 2722e et Saint-Emilion à la 4515e.

Néanmoins, la présence de Bayonne, Anglet, Pau et Bordeaux le Top 50 national montre une représentation significative des grandes et moyennes villes du Sud de la Nouvelle-Aquitaine dans les communes où il fait bon vivre. Ce classement illustre également l’attractivité du Sud-Ouest et de l’Atlantique pour ceux qui recherchent un bon équilibre entre cadre naturel et vie urbaine ou villageoise.

pin maritime

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes


Depuis la détection d’un foyer en novembre dernier dans la forêt de Seignosse, les autorités renforcent leur observation et procèdent à des abattages sanitaires.

forêt landaise
Crédit photo : Kaitch_photo – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Un ver microscopique qui provoque le dépérissement rapide du pin

Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique, long de moins d’un millimètre, d’origine nord‑américaine, classé organisme de quarantaine prioritaire par l’UE. Le ravageur colonise les vaisseaux conducteurs de sève, bloque la circulation de l’eau et contribue au jaunissement de l’arbre, qui se dessèche et meurt rapidement, en quelques semaines ou quelques mois.

Son impact pourrait être important s’il venait à proliférer au sein de la forêt des Landes de Gascogne, considérée à haut risque en raison de son caractère très homogène (monoculture de pin maritime).

Le parasite se déplace très peu seul et dépend d’un insecte vecteur, le longicorne du pin, qui le transporte d’un arbre à l’autre lors de ses vols et de ses pontes.

Pour éviter sa propagation à d’autres massifs forestiers de résineux, le préfet de région de Nouvelle-Aquitaine a d’abord pris un arrêté qui interdit la circulation des végétaux sensibles, des bois et écorces des espèces de résineux sensibles ainsi que l’ensemble des travaux d’exploitation (coupes, éclaircies, débardages, dessouchages, taille, élagage) dans une zone de 20 kilomètres autour des foyers détectés.

Il a ensuite été décidé d’établir une zone réglementée autour du foyer : zone infestée (rayon 500 m) où tous les résineux sensibles doivent être abattus et broyés, et vaste zone tampon d’environ 20–20,5 km de rayon, couvrant plusieurs dizaines de milliers d’hectares et plus de 50 communes landaises.

Préserver la forêt landaise

Les scientifiques et les services de l’État estiment que l’éradication complète est peu probable et que les conséquences pourraient être majeures : mortalité rapide des pins, modification profonde des paysages sur environ 818 000 ha de massif forestier aquitain, et impact économique pour la filière bois et le tourisme.

La stratégie repose donc sur différents axes : la prévention (contrôle des bois, normes phytosanitaires), la détection précoce, l’abattage et la destruction des arbres contaminés, la diversification des essences pour limiter les risques à long terme.

Pour Éric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest cité par Le Parisien, le nématode du pin est « une vraie saloperie ». Son inquiétude se nourrit des situations observées en Chine ou au Japon, où le ver a tué plusieurs millions d’arbres. Un tel scénario en France serait dévastateur pour la filière sylvicole et même pour l’identité du département des Landes.

Les abattages sanitaires s’imposent donc comme la première mesure concrète. Les propriétaires forestiers devraient bénéficier d’un accompagnement financier de l’État, à hauteur de 4000 euros par arbre coupé. L’aide englobe l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés.

Près de 30 000 pins seraient concernés. Si certains professionnels approuvent ces coupes rases, d’autres espèrent des actions moins radicales : « Ce n’est pas simple, car mes pins sont au milieu des chênes, et il est hors de question d’accepter que ceux-ci soient cassés dans l’opération » confie l’un d’eux au micro France 3. À ses yeux, des éliminations ciblées garantiraient le même résultat.

Une nouvelle AOP dédiée au Médoc blanc

Une nouvelle AOP dédiée au Médoc blanc


Il deviendra plus difficile d’associer désormais le Médoc à la seule production de vins rouges. Depuis l’été dernier, le terroir compte officiellement une nouvelle AOP dédiée aux vins blancs, baptisée « Médoc Blanc », validée par l’INAO et publiée au Journal Officiel le 5 août 2025.

vignobles dans le Médoc
Crédit photo : Eileen O’Shea – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Finalement, une renaissance

La viticulture en blanc existait déjà dans le Médoc au 19e siècle, avec une production significative jusqu’au début du 20e siècle (jusqu’à 16 000 hectolitres en 1929) avant de disparaître des cahiers des charges des AOC locales au profit des seuls vins rouges. Au fil des décennies, les vignobles ont été divisés par dix pour ne représenter qu’une part confidentielle de l’activité médocaine.

Hélène Larrieu, directrice de l’organisme de défense et de gestion (ODG) Médoc, Haut-Médoc et Listrac-Médoc, estime que le blanc a aujourd’hui toute sa place. « La première raison pour laquelle les vignerons ont demandé d’inclure les vins blancs dans le cahier des charges qui protège les vins du Médoc était de protéger des pratiques et un savoir-faire local qui ont une antériorité importante. Ils voulaient aussi faire reconnaître des qualités organoleptiques communes et spécifiques à une région, et donc une typicité hiérarchiquement supérieure à Bordeaux » déclare-t-elle au site Échos Bordeaux.

Le renaissance se veut toutefois prudente et raisonnable. Si la délimitation géographique de l’appellation Médoc n’a pas été modifiée, tous les châteaux ne peuvent pas ou ne souhaitent pas lancer une production de vin blanc. De fait, celle-ci reste aujourd’hui limitée, ne dépassant pas les 180 hectares, exploités par 75 producteurs.

Le cahier des charges autorise une dominance de sauvignon blanc, complétée par les cépages sémillon, muscadelle et sauvignon gris. Il admet également quelques cépages expérimentaux adaptés au changement climatique comme floréal, sauvignac, alvarinho, liliorila ou souvignier gris, dans la limite de 5 % des surfaces et 10 % des assemblages.

L’élevage sur lie est obligatoire, souvent en barriques (au moins 30 %), afin de renforcer le corps et la typicité du vin.

Se diversifier pour continuer d’exister

Comme le rappelle Pierre Cheminade dans La Tribune (14/10/2025), « le vignoble bordelais pousse sa communication autour de vins de toutes les couleurs pour effacer l’étiquette du vin rouge qui lui colle trop souvent à la peau. Il est donc question dans le Bordelais de plus en plus de vins blancs et rosés, de crémant (vin pétillant) et du clairet, un vin rouge léger. »

La consommation de vin rouge ne cesse de régresser en France, les exportations subissent une conjoncture délicate et un nombre croissant de vignerons se résolvent à arracher leurs pieds de vigne… Diversifier l’offre en misant sur la qualité semble être la ligne de conduite adoptée par les producteurs du Médoc, soucieux de séduire une nouvelle clientèle, notamment féminine.

Les quelques châteaux déjà impliqués dans la production de blanc se réjouissent de la nouvelle appellation. Pour Laura Sorin du château Castéra, cru bourgeois supérieur, citée par le Figaro Vin (21/10/2025), « l’AOC est synonyme d’exigence et de fiabilité et rassure le consommateur. » Même satisfaction chez Clémence de Pourtalès, de château Doyac, qui considère l’appellation comme « une reconnaissance du terroir et l’intérêt du collectif ».

Dès cette année, les viticulteurs pourront apposer le célèbre logo jaune sur leur étiquette.  Le consommateur pourra découvrir un vin blanc qui se distingue par sa fraîcheur, sa minéralité et sa salinité subtile, expression du terroir proche de l’estuaire et de l’océan.

La palette aromatique évoque les agrumes, la pêche, l’abricot et les fleurs blanches, avec un potentiel de garde estimé jusqu’à dix ans.

« Cette reconnaissance valorise un savoir-faire déjà bien ancré sur le territoire et ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs médocains. C’est une étape importante pour renforcer la diversité et la qualité des vins de cette grande région » conclut l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).