Incendies en Gironde : vers une saison touristique compromise ?
Le feu qui a dévoré plus de 40 000 hectares et forcé l’évacuation de 220 000 personnes provoque une chute brutale des réservations en Gironde.
Olivier Sorondo – 2 août 2026 – Dernière MAJ : le 2 août 2026 à 20:16

De nombreuses zones touristiques épargnées
La surmédiatisation des incendies survenus en Gironde et dans les Landes la semaine dernière a dépassé le souci d’information, elle a surtout percuté une saison qui s’annonçait prometteuse. Les professionnels constatent aujourd’hui une chute de la fréquentation parfois proche des 70 %. Selon une étude du cabinet KPMG, citée Le Figaro, « la crise pourrait coûter entre 2 et 5 millions d’euros par semaine au secteur, sans compter les résidences de tourisme et les campings ».
Fait plus inquiétant : la crise ne se limite pas aux communes évacuées ou aux sites directement menacés. D’après les professionnels du tourisme girondin, l’effet psychologique de l’incendie se répercute sur l’ensemble du département, jusqu’aux stations balnéaires du bassin d’Arcachon et du Médoc, sans même évoquer les vignobles, Bordeaux, le Libournais ou l’Entre-Deux-Mers. Ces territoires, intacts, attendent de pied ferme les touristes.
Annie Rabot, gérante du bar du Soleil à Arcachon, dit craindre, au micro de France 3, que la suite de la saison ne soit « très chaotique, difficile à gérer en termes de plannings et de stocks. On vit au jour le jour. Arcachon s’est vidé parce qu’on a répété sur beaucoup de chaînes qu’il ne fallait pas aller en Gironde. »
Les propos tenus par la préfète, Sophie Brocas, invitant les vacanciers à « envisager une autre destination », ont également contribué à décourager tout projet de vacances dans le département.
Limiter la casse économique
Selon les données du Conseil départemental de la Gironde, le tourisme représente 7 % du PIB, 40 000 emplois et plus de 3 milliards d’euros de retombées directes.
La Gironde dépend d’un équilibre fragile entre tourisme de séjour, fréquentation littorale et image de destination naturelle. Or, l’incendie a porté un coup direct à cette réputation. Les inquiétudes liées à la qualité de l’air, aux fermetures ponctuelles de sites et à l’incertitude sur la durée des perturbations alimentent une forme d’attentisme chez les visiteurs.
Malgré ce contexte, les professionnels tentent de limiter les dégâts et d’éviter une désaffection durable. Le message relayé par les acteurs publics et privés est clair : les réservations maintenues doivent l’être, car toute annulation supplémentaire fragilise encore davantage la reprise. La priorité est désormais de restaurer la confiance, en communiquant sur les zones accessibles, sur l’état réel des sites touristiques et sur le retour progressif à la normale.
À plus court terme, les démarches visent à remédier à une situation économique tendue. Les assurances ont repoussé les déclarations de sinistres au 31 août, les salariés des entreprises situées dans les zones évacuées ont droit au chômage partiel, les saisonniers impactés peuvent faire valoir leurs droits, etc.
Aujourd’hui, les professionnels misent sur le « tourisme solidaire » pour essayer de sauver les dernières semaines de la saison. À ce titre, les bureaux et offices de tourisme du département sont invités à amplifier leur communication pour convaincre les vacanciers que la Gironde reste une formidable destination de vacances.