Font-de-gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume


Pour la première fois, des peintures pariétales paléolithiques ont pu être datées de manière directe et précise grâce au carbone 14, dans la grotte de Font-de-Gaume, aux Eyzies. Cette avancée, obtenue par une équipe de recherche dirigée par une chercheuse du CNRS et publiée en mars 2026 dans la revue PNAS, marque un tournant pour la compréhension chronologique de l’art préhistorique de la vallée de la Vézère.

font-de-gaume
Crédit photo : © O. Huard – Centre des monuments nationaux

Un joyau de l’art pariétal enfin daté directement

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la grotte de Font-de-Gaume est l’un des derniers grands sanctuaires ornés polychromes encore ouverts au public. Ses parois présentent un bestiaire d’une richesse exceptionnelle : bisons, chevaux, mammouths, cervidés, mais aussi quelques figures humaines stylisées, dont le fameux « masque » qui intrigue les préhistoriens depuis plus d’un siècle.

Jusqu’à récemment, l’âge de ces œuvres reposait uniquement sur des comparaisons stylistiques et sur les datations de dépôts archéologiques associés. On plaçait globalement les peintures dans le Magdalénien moyen, soit entre 18 000 et 16 000 ans avant le présent, sans preuve directe portant sur les pigments eux‑mêmes. Contrairement à la grotte Chauvet, où l’usage avéré du charbon avait permis des datations radiocarbone, on pensait que les peintures de Dordogne étaient exclusivement réalisées avec des pigments minéraux (oxydes de fer et de manganèse), impropres à ce type de mesure.

Stratégie scientifique pour traquer le carbone caché

Le basculement provient d’une idée simple, mais jamais testée systématiquement : vérifier si, parmi les tracés noirs de Font-de-Gaume, certains ne contiendraient pas, en réalité, du carbone organique. Une équipe pluridisciplinaire (physico‑chimistes, spécialistes de l’imagerie, préhistoriens) a ainsi combiné plusieurs techniques non invasives pour analyser finement deux figures emblématiques : un bison noir et le célèbre masque.

Grâce à l’imagerie hyperspectrale, qui mesure la réponse spectrale de la surface point par point et permet d’en déduire la composition chimique, les chercheurs ont d’abord exclu la présence de manganèse sur ces tracés, ce qui orientait vers un autre type de pigment. Ils ont ensuite mis en évidence une signature caractéristique du carbone sur l’ensemble des lignes noires des deux figures. Cette homogénéité a permis d’écarter l’hypothèse d’une contamination récente (fumées de torches historiques, graffitis modernes, dépôts de suie liés au tourisme), et de défendre l’idée d’un charbon de bois d’origine paléolithique.

Ce n’est qu’après cette démonstration que des micro‑prélèvements ont été exceptionnellement autorisés sur de minuscules portions de trait, afin de limiter au maximum l’impact sur les œuvres tout en obtenant suffisamment de matière pour une datation au radiocarbone. Les quantités prélevées sont de l’ordre du milligramme, rendant la mesure techniquement délicate mais scientifiquement décisive.

Les résultats : un Paléolithique supérieur plus « tardif » qu’attendu

Les analyses radiocarbone ont livré des dates calibrées qui confirment sans ambiguïté l’appartenance de ces peintures au Paléolithique supérieur, tout en en décalant légèrement l’ancrage chronologique par rapport aux estimations stylistiques. Le bison étudié aurait été réalisé entre 13 461 et 13 162 ans calBP (années calibrées avant le présent), ce qui le rapproche des contextes aziliens, à la charnière de la fin du Paléolithique et des premières cultures post‑glaciaires.

Le masque, quant à lui, montre une histoire plus complexe : différentes parties du motif semblent avoir été tracées ou reprises à des moments distincts. Les datations obtenues s’échelonnent entre 15 981 et 15 121 calBP et entre 15 297 et 14 246 calBP pour certaines sections, soit un Magdalénien tardif, tandis que l’œil gauche présente une date plus récente, comprise entre 8 993 et 8 590 calBP, suggérant une intervention ultérieure ou un mélange entre pigment ancien et apport de carbone plus moderne.

Cet exemple illustre à quel point de petites quantités de carbone contemporain peuvent modifier une mesure : il suffit d’environ 5 % de carbone moderne pour rajeunir une date d’un millier d’années. Les chercheurs ont donc dû interpréter les résultats avec prudence, en croisant systématiquement données techniques, observations de terrain et cohérence archéologique.

Une datation de Font-de-Gaume à nuancer

Ces nouvelles dates ne bouleversent pas l’attribution générale de Font‑de‑Gaume au Paléolithique supérieur, mais elles en nuancent la place précise dans la séquence régionale. Les auteurs soulignent que les datations du bison et du masque se révèlent « légèrement plus récentes » que la fourchette stylistiquement admise pour les ornements de la grotte, traditionnellement rattachés au Magdalénien moyen.

On voit émerger l’image d’un sanctuaire fréquenté à plusieurs reprises, avec des phases de réalisation et de retouche échelonnées dans le temps. L’art pariétal n’apparaît plus comme un décor figé, produit en une seule “campagne” de peinture, mais comme un palimpseste où des générations de groupes paléolithiques ont pu intervenir, ajouter, reprendre ou souligner certains motifs. La superposition des tracés, déjà perceptible à l’œil nu sur certains panneaux, trouve ainsi un écho dans la pluralité des datations obtenues.

Une première pour la Dordogne… et un changement d’échelle

Au‑delà du cas emblématique de Font‑de‑Gaume, cette recherche représente un jalon pour l’ensemble des grottes ornées de Dordogne. Jusqu’à présent, aucune peinture réalisée avec du noir de carbone n’y avait été caractérisée, alors même que le charbon de bois était omniprésent dans les sociétés préhistoriques. Désormais, la présence effective de charbon dans certains tracés ouvre la voie à des datations directes dans d’autres cavités, dès lors que l’on pourra y identifier des pigments comparables.

Cette capacité nouvelle à dater des peintures supposées minérales renouvelle profondément les perspectives de recherche. Elle permet d’envisager :

  • Une chronologie plus fine des phases de fréquentation et d’ornementation des grottes de la vallée de la Vézère.
  • Des comparaisons plus précises entre sites, en articulant données stylistiques, stratigraphiques et radiocarbone.
  • Une meilleure compréhension de l’évolution de l’art pariétal, de sa symbolique et de ses usages, sur plusieurs millénaires.

Les auteurs et les institutions impliquées soulignent d’ailleurs que cette approche pourrait être appliquée à d’autres grands sanctuaires européens dont les peintures sont, pour l’instant, seulement datées de manière indirecte. Font‑de‑Gaume devient ainsi un laboratoire méthodologique pour une nouvelle génération d’études sur l’art préhistorique.

Méthodologie au service du patrimoine

Cette avancée scientifique s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la préservation des grottes ornées. Les techniques d’imagerie de pointe mobilisées à Font‑de‑Gaume montrent qu’il est possible d’obtenir des informations chimiques et chronologiques de très haut niveau en limitant au maximum l’intervention physique sur les parois. Les micro‑prélèvements, strictement encadrés, restent l’ultime recours, lorsque toutes les autres méthodes convergent et justifient un geste exceptionnel.

Le dialogue constant entre exigences de conservation et besoins de la recherche est au cœur du travail mené par les équipes du CNRS et de leurs partenaires. À Font‑de‑Gaume, il a permis d’arracher au temps quelques dates cruciales, sans compromettre l’intégrité de ce chef‑d’œuvre, et d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire déjà riche de l’art paléolithique en Dordogne.

Plage du Petit Nice

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois


Les mauvaises conditions météorologique de ces dernières semaines ont impacté le littoral girondin, justifiant des mesures de sécurité.

plage du petit nice
La plage durement touchée par les aléas climatiques – Crédit photo : © Ville de La Teste-de-Buch

Une érosion spectaculaire

Le littoral a subi des assauts particulièrement violents ces dernières semaines. En l’espace de seulement dix jours, le trait de côte a reculé de 5 à 6 mètres. Ce phénomène, accentué par les tempêtes hivernales et les fortes houles, a littéralement grignoté la plage.

L’érosion dunaire laisse voir de véritables falaises de sable, avec, par endroits, des escarpements verticaux de 3 à 7 mètres de hauteur. Ces structures, extrêmement instables, entraînent des risques de chute et d’ensevelissement. Les parois peuvent s’effondrer à tout moment sur les personnes qui se trouveraient en contrebas.

Pire : une fois sur la plage, il est devenu presque impossible de remonter en sécurité vers le parking.

« Un dispositif de signalisation et de matérialisation de l’interdiction a été installé par les services de la voirie afin d’empêcher l’accès à la zone concernée. Les autorités appellent à la plus grande prudence et invitent habitants comme visiteurs à respecter strictement les consignes, rappelant que ces mesures visent avant tout à prévenir les accidents » prévient Le Figaro (05/02/2026).

Travaux de protection

Parallèlement à cette mise en sécurité, des opérations de réensablement massif sont prévues dans la zone. Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) doit injecter des milliers de mètres cubes de sable pour tenter de stabiliser le pied des perrés (les protections en pierre) et limiter le recul du trait de côte avant la saison estivale.

La plage du Petit Nice n’est pas isolée : d’autres parties du littoral autour du Bassin d’Arcachon et du Pyla-sur-Mer font régulièrement l’objet de travaux d’entretien ou de réensablement pour compenser la perte de sable et stabiliser la côte.

La fermeture de la plage court jusqu’au 30 avril.  À proximité du Petit Nice, les plages de la Salie Nord et de la Lagune restent quant à elles ouvertes au public.

Biarritz

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre


Chaque année, l’association Villes & Villages où il fait bon vivre publie un palmarès très attendu des communes françaises qui se distinguent par la qualité de vie qu’elles offrent à leurs habitants.

Biarritz
C’est moi la première ! Crédit photo : Eduardo Grebe – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Biarritz indétrônable

Pour l’édition 2026, la grande enquête a analysé 34 727 communes métropolitaines selon 197 critères regroupés en onze grandes catégories : qualité de vie, sécurité, santé, transports, environnement, éducation, commerces et services, solidarité, loisirs, finances locales et attractivité immobilière.

Cette année encore, le classement révèle à quel point des villes côtières, des bastions de petite ou moyenne taille et des communes rurales bien gérées peuvent se hisser en haut de ce palmarès national.

Au niveau des villes de plus de 2 000 habitants, Biarritz conserve sa place de ville la mieux classée de France où il fait bon vivre. Sa situation exceptionnelle entre mer et montagne, ses services, son offre culturelle et sportive ainsi que sa qualité de vie globale lui permettent de rester en tête du classement.

Juste derrière, Annecy continue sa progression, confirmant son attractivité, notamment grâce à son cadre naturel, à son dynamisme économique et à sa qualité de vie.

Troisième du classement, Angers accuse une petite baisse par rapport aux années précédentes. La commune du Maine-et-Loire est talonnée par Bayonne, qui conserve sa quatrième position.

Enfin, le top 5 englobe Rodez, dont le classement ne varie pas non plus par rapport à l’année dernière.

La côte basque s’impose décidément en force puisque Anglet se hisse à la 7e place et, dans le périmètre des Pyrénées-Atlantiques, Pau se retrouve 19e.

En élargissant l’observation au Sud-Ouest, Bordeaux chute lourdement de 11 places pour se loger à la 48e position nationale. La ville reste toutefois la première pour le département de la Gironde.

Enfin, parmi les villages (moins de 2 000 habitants), c’est encore la côte basque qui brille puisque Guéthary occupe crânement la deuxième position.

Et dans le Sud-Ouest ?

Parmi les communes les mieux classées au niveau national, plusieurs proviennent de Nouvelle-Aquitaine, mais leur nombre reste modéré par rapport à d’autres régions qui dominent le classement, comme l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou même certaines régions de l’Ouest.

Des villes moyennes (comme Bordeaux) ont vu leur position baisser dans les classements récents, suggérant que les communes plus grandes doivent relever des défis comme la sécurité, la propreté ou les services pour rester compétitives dans ce type de palmarès.

Les cités touristiques ne trustent pas forcément les meilleures places, malgré leurs attraits. Ainsi, Sarlat se positionne à la 640e position, Arcachon se positionne à la 1150e, Hossegor à la 1584e, Biscarrosse à la 2722e et Saint-Emilion à la 4515e.

Néanmoins, la présence de Bayonne, Anglet, Pau et Bordeaux le Top 50 national montre une représentation significative des grandes et moyennes villes du Sud de la Nouvelle-Aquitaine dans les communes où il fait bon vivre. Ce classement illustre également l’attractivité du Sud-Ouest et de l’Atlantique pour ceux qui recherchent un bon équilibre entre cadre naturel et vie urbaine ou villageoise.

pin maritime

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes


Depuis la détection d’un foyer en novembre dernier dans la forêt de Seignosse, les autorités renforcent leur observation et procèdent à des abattages sanitaires.

forêt landaise
Crédit photo : Kaitch_photo – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Un ver microscopique qui provoque le dépérissement rapide du pin

Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique, long de moins d’un millimètre, d’origine nord‑américaine, classé organisme de quarantaine prioritaire par l’UE. Le ravageur colonise les vaisseaux conducteurs de sève, bloque la circulation de l’eau et contribue au jaunissement de l’arbre, qui se dessèche et meurt rapidement, en quelques semaines ou quelques mois.

Son impact pourrait être important s’il venait à proliférer au sein de la forêt des Landes de Gascogne, considérée à haut risque en raison de son caractère très homogène (monoculture de pin maritime).

Le parasite se déplace très peu seul et dépend d’un insecte vecteur, le longicorne du pin, qui le transporte d’un arbre à l’autre lors de ses vols et de ses pontes.

Pour éviter sa propagation à d’autres massifs forestiers de résineux, le préfet de région de Nouvelle-Aquitaine a d’abord pris un arrêté qui interdit la circulation des végétaux sensibles, des bois et écorces des espèces de résineux sensibles ainsi que l’ensemble des travaux d’exploitation (coupes, éclaircies, débardages, dessouchages, taille, élagage) dans une zone de 20 kilomètres autour des foyers détectés.

Il a ensuite été décidé d’établir une zone réglementée autour du foyer : zone infestée (rayon 500 m) où tous les résineux sensibles doivent être abattus et broyés, et vaste zone tampon d’environ 20–20,5 km de rayon, couvrant plusieurs dizaines de milliers d’hectares et plus de 50 communes landaises.

Préserver la forêt landaise

Les scientifiques et les services de l’État estiment que l’éradication complète est peu probable et que les conséquences pourraient être majeures : mortalité rapide des pins, modification profonde des paysages sur environ 818 000 ha de massif forestier aquitain, et impact économique pour la filière bois et le tourisme.

La stratégie repose donc sur différents axes : la prévention (contrôle des bois, normes phytosanitaires), la détection précoce, l’abattage et la destruction des arbres contaminés, la diversification des essences pour limiter les risques à long terme.

Pour Éric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest cité par Le Parisien, le nématode du pin est « une vraie saloperie ». Son inquiétude se nourrit des situations observées en Chine ou au Japon, où le ver a tué plusieurs millions d’arbres. Un tel scénario en France serait dévastateur pour la filière sylvicole et même pour l’identité du département des Landes.

Les abattages sanitaires s’imposent donc comme la première mesure concrète. Les propriétaires forestiers devraient bénéficier d’un accompagnement financier de l’État, à hauteur de 4000 euros par arbre coupé. L’aide englobe l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés.

Près de 30 000 pins seraient concernés. Si certains professionnels approuvent ces coupes rases, d’autres espèrent des actions moins radicales : « Ce n’est pas simple, car mes pins sont au milieu des chênes, et il est hors de question d’accepter que ceux-ci soient cassés dans l’opération » confie l’un d’eux au micro France 3. À ses yeux, des éliminations ciblées garantiraient le même résultat.

Une nouvelle AOP dédiée au Médoc blanc

Une nouvelle AOP dédiée au Médoc blanc


Il deviendra plus difficile d’associer désormais le Médoc à la seule production de vins rouges. Depuis l’été dernier, le terroir compte officiellement une nouvelle AOP dédiée aux vins blancs, baptisée « Médoc Blanc », validée par l’INAO et publiée au Journal Officiel le 5 août 2025.

vignobles dans le Médoc
Crédit photo : Eileen O’Shea – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Finalement, une renaissance

La viticulture en blanc existait déjà dans le Médoc au 19e siècle, avec une production significative jusqu’au début du 20e siècle (jusqu’à 16 000 hectolitres en 1929) avant de disparaître des cahiers des charges des AOC locales au profit des seuls vins rouges. Au fil des décennies, les vignobles ont été divisés par dix pour ne représenter qu’une part confidentielle de l’activité médocaine.

Hélène Larrieu, directrice de l’organisme de défense et de gestion (ODG) Médoc, Haut-Médoc et Listrac-Médoc, estime que le blanc a aujourd’hui toute sa place. « La première raison pour laquelle les vignerons ont demandé d’inclure les vins blancs dans le cahier des charges qui protège les vins du Médoc était de protéger des pratiques et un savoir-faire local qui ont une antériorité importante. Ils voulaient aussi faire reconnaître des qualités organoleptiques communes et spécifiques à une région, et donc une typicité hiérarchiquement supérieure à Bordeaux » déclare-t-elle au site Échos Bordeaux.

Le renaissance se veut toutefois prudente et raisonnable. Si la délimitation géographique de l’appellation Médoc n’a pas été modifiée, tous les châteaux ne peuvent pas ou ne souhaitent pas lancer une production de vin blanc. De fait, celle-ci reste aujourd’hui limitée, ne dépassant pas les 180 hectares, exploités par 75 producteurs.

Le cahier des charges autorise une dominance de sauvignon blanc, complétée par les cépages sémillon, muscadelle et sauvignon gris. Il admet également quelques cépages expérimentaux adaptés au changement climatique comme floréal, sauvignac, alvarinho, liliorila ou souvignier gris, dans la limite de 5 % des surfaces et 10 % des assemblages.

L’élevage sur lie est obligatoire, souvent en barriques (au moins 30 %), afin de renforcer le corps et la typicité du vin.

Se diversifier pour continuer d’exister

Comme le rappelle Pierre Cheminade dans La Tribune (14/10/2025), « le vignoble bordelais pousse sa communication autour de vins de toutes les couleurs pour effacer l’étiquette du vin rouge qui lui colle trop souvent à la peau. Il est donc question dans le Bordelais de plus en plus de vins blancs et rosés, de crémant (vin pétillant) et du clairet, un vin rouge léger. »

La consommation de vin rouge ne cesse de régresser en France, les exportations subissent une conjoncture délicate et un nombre croissant de vignerons se résolvent à arracher leurs pieds de vigne… Diversifier l’offre en misant sur la qualité semble être la ligne de conduite adoptée par les producteurs du Médoc, soucieux de séduire une nouvelle clientèle, notamment féminine.

Les quelques châteaux déjà impliqués dans la production de blanc se réjouissent de la nouvelle appellation. Pour Laura Sorin du château Castéra, cru bourgeois supérieur, citée par le Figaro Vin (21/10/2025), « l’AOC est synonyme d’exigence et de fiabilité et rassure le consommateur. » Même satisfaction chez Clémence de Pourtalès, de château Doyac, qui considère l’appellation comme « une reconnaissance du terroir et l’intérêt du collectif ».

Dès cette année, les viticulteurs pourront apposer le célèbre logo jaune sur leur étiquette.  Le consommateur pourra découvrir un vin blanc qui se distingue par sa fraîcheur, sa minéralité et sa salinité subtile, expression du terroir proche de l’estuaire et de l’océan.

La palette aromatique évoque les agrumes, la pêche, l’abricot et les fleurs blanches, avec un potentiel de garde estimé jusqu’à dix ans.

« Cette reconnaissance valorise un savoir-faire déjà bien ancré sur le territoire et ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs médocains. C’est une étape importante pour renforcer la diversité et la qualité des vins de cette grande région » conclut l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

Tourisme en Nouvelle-Aquitaine : un été jugé satisfaisant par les professionnels

Tourisme en Nouvelle-Aquitaine : un été jugé satisfaisant par les professionnels


Les derniers embouteillages sur la route du retour ont marqué la fin de la saison dans le Sud-Ouest. Même si les données économiques doivent encore être affinées, la fréquentation s’est révélée plutôt encourageante.

plage d'Hendaye
Pas de problème de fréquentation touristique à Hendaye comme sur le littoral aquitain – Crédit photo : Thierry Llansades – Flickr

Un mois de juillet solide

En 2024, les acteurs du tourisme espéraient renouveler la saison exceptionnelle observée un an plus tôt. Si les chiffres n’avaient finalement pas atteint le niveau attendu, ils avaient considéré la période estivale comme satisfaisante.

Cette année, c’est donc avec plus de prudence qu’a été appréhendée la nouvelle saison. Les premières données se veulent rassurantes. Selon le site Ecomnews, spécialisé dans l’actualité économique du sud de la France, 59 % des professionnels se disent satisfaits de la fréquentation en juillet.

« La situation n’est pas catastrophique, mais nous connaissons une légère baisse de la fréquentation globale sur la région par rapport à juillet 2024 » constate Christelle Chassagne, présidente du Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine, citée par Sud-Ouest (08/08/2025).

En matière d’hébergement, les gérants d’hôtels sont ceux qui affichent le plus large sourire (77 %), suivis des propriétaires de campings et de résidences de tourisme. Cette satisfaction est bien sûr plus marquée sur le littoral que dans les départements éloignés de l’océan.

Le moral se veut également bon parmi les gestionnaires des sites de visite, qui profitent toujours d’un patrimoine riche et varié dans le Sud-Ouest. La joie apparaît en revanche plus modérée parmi les acteurs des sports et loisirs, victimes d’une météo un peu capricieuse.

Si les touristes français ont répondu présent cette année encore, les professionnels ont également pu compter sur les Allemands, Néerlandais et Britanniques pour assurer leur chiffre d’affaires, d’autant que les vacanciers européens dépensent plus.

Et un mois d’août rassurant

Toujours selon Ecomnews, la première quinzaine du mois d’août a réservé de très bonnes surprises. Pas moins de 87 % des professionnels disent être satisfaits de la pleine saison, 36 % d’entre eux ayant même dépassé leur fréquentation d’août 2023, pourtant exceptionnelle. C’est particulièrement vrai pour les campings.

Sans surprise, les hébergements situés hors de la zone littorale revendiquent un succès commercial plus modeste, les hôtels et villages de vacances souffrant même d’une baisse de la fréquentation, aussi bien française qu’étrangère. La vague de chaleur qui a frappé le Sud-Ouest (et le reste du pays) a peut-être incité les touristes à se rapprocher des plages et de l’air marin.

Selon le média Aquitaine On Line, la « capitale » de la Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux, continue d’attirer les visiteurs malgré une conjoncture délicate. La cité girondine figure toujours parmi les destinations urbaines les plus prisées, consolidant sa place parmi le top 5.

À date, la ville enregistre plus de 7 millions de nuitées, un niveau quasiment égal à celui de l’année dernière. « Avec une fréquentation stable et des indicateurs de satisfaction record, Bordeaux démontre en 2025 sa capacité à s’adapter aux défis du tourisme contemporain. Entre baisse du pouvoir d’achat, arbitrages des dépenses des visiteurs et enjeux environnementaux, la métropole mise sur l’équilibre entre tourisme de loisirs et tourisme d’affaires, tout en renforçant son engagement pour un tourisme responsable » écrit Isabelle Chanu sur le site aquitain (29/08/25).

boeufs de bazas

Plusieurs communes du Sud-Ouest rejettent le label « Les plus belles fêtes de France »

Plusieurs communes du Sud-Ouest rejettent le label « Les plus belles fêtes de France »


La polémique ne cesse d’enfler depuis quelques semaines. La raison ? Le lien entre le label et le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin.

La Fête des Bœufs Gras de Bazas se détourne du label – Crédit photo : jacme31 – CC BY-SA 2.0

Prise de contrôle de Studio 496

Au début, tout allait pourtant bien. Attirées par le programme de l’association « Les plus belles fêtes de France », de nombreuses communes de Nouvelle-Aquitaine et de France ont demandé le label. L’association avance des arguments intéressants : 

« En donnant de la visibilité aux fêtes et à leurs organisateurs, notamment à travers son label de qualité, les plus belles fêtes de France proposent aux Français de redécouvrir la richesse de leurs régions. »

« En proposant une aide concrète aux organisateurs de fêtes sous forme de formations et d’accompagnement à la recherche de financement ou sous forme d’appel à projets, l’association veut initier un élan pour que chaque territoire puisse se donner les moyens de faire vivre sa fête traditionnelle. »

L’association est pilotée par l’agence Studio 496, dirigée par Thibault Farrenq, un ami de Pierre-Edouard Stérin. Ce dernier est d’ailleurs entré au capital de la société en mai dernier.

Catholique fervent, proche de l’extrême droite, l’homme d’affaires a suscité la polémique en déclarant que son action prioritaire était d’encourager une politique nataliste chrétienne et de souche européenne, à travers le projet PERICLES : Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.

Sa prise de participation dans Studio 496, révélée par la presse, a rapidement suscité la polémique, notamment chez les élus du Sud-Ouest, qui refusent toute récupération politique du label. « Comment valoriser le patrimoine local tout en évitant que les fêtes populaires ne deviennent aussi des terrains d’influence idéologique ? » s’interroge Zian Palau dans Sud-Ouest (10/08/25).

Les premiers désengagements

Des comités d’organisation de plusieurs fêtes, notamment au Pays basque et en Gironde, dénoncent un manque de clarté sur le fonctionnement de l’association et sur l’utilisation du label. Certaines fêtes rappellent leur volonté de poursuivre leurs activités sans influencer ni leur caractère, ni leur organisation par des mécènes ou structures dont les valeurs peuvent être sujettes à débat. Le souhait est d’éviter avant tout risque d’instrumentalisation.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la mairie d’Hendaye, organisatrice de la Fête basque, a demandé la semaine dernière la résiliation de son adhésion et le retrait du label. Même démarche à Hasparren, qui refuse toute récupération politique.

La célèbre Fête du Piment d’Espelette sort elle aussi du catalogue de l’association « Les plus belles fêtes de France ». La décision a été prise après consultation du conseil d’administration et des membres de la Confrérie du Piment d’Espelette. « Peu importe l’idéologie, qu’elle soit de droite, de gauche ou du centre, nous sommes une association apolitique, donc on préfère se retirer » déclare Romain Casemajor, le président de la confrérie, cité par le site Boulevard Voltaire (11/08/25).

En Gironde, les organisateurs de l’emblématique Fête des Bœufs Gras de Bazas et des Médiévales de Lesparre-Médoc tournent casaque à leur tour. « La Ville de Bazas annonce officiellement sa décision de se retirer du label des plus belles fêtes de France. Ce choix s’inscrit dans la volonté affirmée de préserver l’indépendance et l’authenticité qui caractérisent nos traditions et notre fête des Bœufs Gras » déclare la maire de Bazas, Isabelle Dexpert, au site Républicain Sud-Gironde (06/05/25).

Biarritz

Quelles sont les plages labellisées Pavillon Bleu dans le Sud-Ouest ?

Quelles sont les plages labellisées Pavillon Bleu dans le Sud-Ouest ?


Comme chaque année, l’association Teragir décerne son célèbre label Pavillon Bleu, qui récompense les plages et les ports de plaisance engagés dans la préservation de l’environnement. Petit état des lieux dans le Sud-Ouest.

plages de Biarritz
A Biarritz, on peut se baigner en toute quiétude – Crédit photo : NRay91

Un écolabel international

Le label Pavillon Bleu est décerné chaque année aux plages et aux ports de plaisance qui mettent en œuvre une politique de développement touristique durable et respectueuse de l’environnement. Créé en France en 1985 sous l’égide de l’association Teragir, il est aujourd’hui présent dans 52 pays, avec plus de 4 000 plages et 700 ports labellisés dans le monde.

Le Pavillon Bleu repose sur des critères exigeants et évolutifs, articulés autour de neuf grands domaines : la qualité de l’eau et l’assainissement, la biodiversité, la gestion du milieu naturel, la sécurité, la gestion des déchets, l’éducation au développement durable, l’accessibilité, l’équipement et les services, la sobriété, ainsi que l’information aux usagers.

Pour les plages, cela implique notamment une qualité de l’eau de baignade « excellente » selon la directive européenne, au moins cinq contrôles par saison, la présence de points d’eau potable, la collecte sélective d’au moins trois types de déchets, et des actions d’éducation à l’environnement.

Le label garantit aux touristes et aux plaisanciers de profiter des plages et des ports tout en limitant l’impact de leurs activités sur l’environnement.

Cette année, 492 sites littoraux et continentaux ont été labellisés en France, contre 505 l’an passé.

Les sites labellisés dans le Sud-Ouest

Cinquante plages et trois ports de plaisance ont décroché le célèbre pavillon en 2025 sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine. Et dans le Sud-Ouest plus précisément ?

Dordogne (4 plages) :
Carsac de Gurson : Plage du Lac de Gurson
La Jemaye-Ponteyraud : Plage du Grand Étang
Saint-Estèphe : Plage du Grand Étang
Tamniès : Étang de Loisirs de Tamniès

Gironde (8 plages) :
Bordeaux : Plage du lac
Grayan et l’Hôpital : Le Gurp, Plage de dépée (Euronat)
Le Verdon-sur-Mer : Plage de la Chambrette (Estuaire), Plage océanne de Saint-Nicolas
Soulac-sur-Mer L’Amélie : Plage Centrale, Plage des Naïades

Landes (2 plages) :
Bussière-Galant : Espace Hermeline
Saint Hilaire les Places : Lac de plaisance

Pyrénées-Atlantiques (21 plages) :
Anglet : Petite Chambre d’Amour, Les sables d’or, Marinella, Les Corsaires, La Madrague, L’Océan, Les cavaliers, La Barre
Biarritz : Milady, Marbella, Côte des basques, Port Vieux, Grande Plage, Miramar
Bidart Ilbarritz :  Pavillon Royal, Erretegia, Bidart centre, Parlementia
Hendaye Grande plage: Plage des deux jumeaux

En tout, 35 plages toutes belles et parfaitement respectueuses de leur environnement attendent les vacanciers.

Paquebot à Bordeaux

Paquebots à Bordeaux : entre essor touristique, débat écologique et saturation urbaine

Paquebots à Bordeaux : entre essor touristique, débat écologique et saturation urbaine


Bordeaux s’apprête à vivre une saison record en 2025 avec 49 escales de paquebots prévues en centre-ville, un chiffre en hausse constante ces dernières années. Cette effervescence témoigne de l’attractivité croissante de la ville, mais soulève aussi des interrogations sur la capacité d’accueil et l’impact de ces géants des mers sur la vie locale et l’environnement.

Un paquebot passe sous le pont Chaban-Delmas – Crédit photo : Bernard Gaillard

Un afflux de navires et de visiteurs

Chaque escale de paquebot transforme le port de la Lune en vitrine internationale : des milliers de passagers débarquent, générant d’importantes retombées économiques, notamment pour le commerce, l’hôtellerie et la restauration. En 2023, près de 60 000 passagers ont fait escale à Bordeaux, avec des dépenses estimées à 3,2 millions d’euros pour les commerces de la ville (hors excursions).

Pour le seul mois de mai de cette année, 13 escales sont prévues, d’une durée ne dépassant pas les deux jours. Parmi les bateaux attendus, l’Oceania Vista ne devrait pas passer inaperçu avec ses 198 mètres de long et ses 32 mètres de large, capable d’embarquer 1 200 passagers.  En tout, 49 escales devraient être organisées en 2025, contre 40 en 2023 et 46 en 2024.

Mais cette manne touristique a un revers : la levée du pont Chaban-Delmas, indispensable au passage des navires, entraîne plus de 80 coupures de circulation entre avril et octobre, perturbant la mobilité urbaine. Les Bordelais voient aussi leur panorama urbain ponctuellement masqué par ces mastodontes, relançant chaque année le débat sur l’équilibre entre accueil touristique et qualité de vie.

Les Bordelais partagés sur la question

Selon une consultation récente, 53 % des participants sont favorables au déplacement des paquebots hors du centre-ville, tandis que 42 % s’y opposent. Cette division reflète deux préoccupations majeures : l’impact environnemental et urbain d’un côté, et les retombées économiques de l’autre.

Une part croissante des habitants considère les paquebots comme une nuisance : 14 % en 2021, puis 25 % en 2023 selon l’Office de tourisme. Certains dénoncent la pollution, les coupures de circulation lors des manœuvres, et l’aspect visuel de ces « monstres des mers », jugés insupportables par certains riverains. D’autres, au contraire, apprécient le spectacle des navires à quai et rappellent le rôle historique du port dans l’identité bordelaise.

Beaucoup se souviennent de l’incident survenu en 2023, lorsqu’un paquebot avait généré une forte vague dans l’estuaire, endommageant une habitation de Saint-Louis-de-Montferrand. Une telle situation de devrait pas se reproduire, selon les services du Port de Bordeaux, qui veillent désormais à la vitesse d’arrivée des énormes embarcations.

Un impact environnemental limité mais surveillé

La question de la pollution générée par les paquebots revient régulièrement dans l’actualité. Pourtant, les dernières études menées par Atmo Nouvelle-Aquitaine montrent que l’impact des paquebots sur la qualité de l’air à Bordeaux reste faible, bien moindre que celui du trafic routier ou du chauffage au bois. Les pics de pollution observés lors des escales sont ponctuels et inférieurs aux seuils réglementaires, et la tendance est même à la baisse grâce à l’électrification progressive des quais.

Toutefois, les niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines dépassent encore les recommandations de l’OMS sur certains points de mesure, signe que la vigilance reste de mise. La Ville de Bordeaux envisage d’ailleurs de déplacer d’ici 2030 les zones d’amarrage des croisières vers la rive droite, en aval du pont Chaban-Delmas, pour limiter la pollution en centre-ville et permettre le branchement électrique à quai.

Vers une régulation du nombre d’escales ?

Face à la saturation annoncée, la municipalité souhaite réduire le nombre de paquebots accueillis à Bordeaux à 40 par an. Ce projet, soutenu par des arguments écologiques et urbains, suscite néanmoins la réserve des acteurs économiques, qui rappellent le rôle stratégique de Bordeaux comme escale prisée des armateurs et l’importance des retombées pour la région.

La capitale régionale, victime de son succès, doit aujourd’hui trouver un équilibre entre dynamisme touristique, exigences environnementales et préservation de la qualité de vie de ses habitants. Le débat est loin d’être clos, mais la ville semble engagée sur la voie d’une régulation et d’une modernisation de ses infrastructures pour concilier tous les enjeux.

nuit dans les Landes

Qu’il fait bon admirer les étoiles dans les Landes de Gascogne !

Qu’il fait bon admirer les étoiles dans les Landes de Gascogne !


Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne vient d’obtenir le prestigieux label Réserve Internationale de Ciel Étoilé (RICE).

parc des landes de gascogne
Un terrain d’observation privilégié – Crédit photo: Yohan Terraza / PNR

Sixième réserve labellisée en France

Ce n’est quand même pas rien. L’association internationale Dark Sky vient d’attribuer son label RICE au Parc naturel régional (PNR) des Landes de Gascogne. Ce label, attribué le 12 février 2025, fait de ce parc la 6e réserve de ce type en France et la 22e dans le monde, mais également la première située en plaine. Comme le rappelle le site officiel des parc nationaux, « un territoire labellisé RICE bénéficie d’un ciel étoilé d’une qualité exceptionnelle qui fait l’objet d’une mise en valeur à des fins scientifiques, éducatives, culturelles, touristiques ou dans un but de préservation de la nature. Chaque réserve comprend une zone centrale où la noirceur naturelle est préservée au maximum et une région périphérique où les élus, les individus et les entreprises reconnaissent l’importance du ciel étoilé et s’engagent à le protéger à long terme. » 

Le PNR des Landes de Gascogne rejoint donc les cinq réserves labellisées en France :

Pic du Midi de Bigorre (2013)

  • Première RICE en France et en Europe.
  • Située dans les Hautes-Pyrénées, elle s’étend sur 3 000 km² et est cogérée par le Parc national des Pyrénées, l’établissement du Pic du Midi, et le syndicat départemental d’énergie des Hautes-Pyrénées.

Parc national des Cévennes (2018)

  • Plus vaste RICE d’Europe avec une superficie de 3 560 km².
  • Reconnu pour la qualité exceptionnelle de son ciel, comparable à celui du désert d’Atacama.

Alpes Azur Mercantour (2019)

  • S’étend sur 2 300 km² et regroupe 74 communes au croisement de l’arc méditerranéen et alpin.
  • Créée à l’initiative du Parc national du Mercantour et du Parc naturel régional des Préalpes d’Azur.

Parc naturel régional de Millevaches en Limousin (2021)

  • Zone rurale préservée avec une faible pollution lumineuse, idéale pour l’observation astronomique.

Parc naturel régional du Vercors (2023)

  • Comprend les trois quarts sud du parc, avec des zones particulièrement sombres permettant d’observer jusqu’à 3 000 étoiles à l’œil nu.

Une nouvelle opportunité pour les astronomes amateurs

La zone cœur de la RICE s’étend sur 945 km² et se situe au cœur des Landes de Gascogne, au plus haut de ce vaste plateau sableux (soit à 145 m), à la tête de 3 bassins versants : la Leyre, la Midouze et le Ciron. La qualité du ciel nocturne du coeur de la RICE mesurée s’élève en moyenne à 21,2 mag/arcsec², avec des valeurs optimales à 21,9 mag/arsec². La zone périphérique qui protège cette zone cœur, concerne quant à elle 3 818km². Les lieux permettent une observation exceptionnelle. Jusqu’à 4 000 étoiles sont visibles à l’œil nu dans cette zone, un phénomène rare dans un monde où plus d’un tiers de la population ne peut plus admirer la Voie Lactée à cause de la pollution lumineuse.

Depuis plusieurs années, le parc a mis en place différentes initiatives pour diminuer l’impact de l’éclairage artificiel :

  • Adoption d’un éclairage public plus respectueux (par exemple, passage aux LED et extinction nocturne entre 1 heure et 5 heures dans certaines communes).
  • Sensibilisation des habitants et des élus locaux sur les bienfaits d’un ciel sombre pour la biodiversité (oiseaux migrateurs, insectes) et la santé humaine.

Le label RICE met en avant non seulement l’importance de préserver un patrimoine naturel unique, mais aussi les bénéfices éducatifs, culturels et touristiques qu’un ciel étoilé peut offrir. Cette reconnaissance pourrait également servir de modèle pour d’autres territoires qui souhaitent s’engager dans une démarche similaire.

Cette labellisation est une fierté collective pour les Landes de Gascogne et un atout majeur pour reconnecter les habitants et visiteurs avec un ciel nocturne préservé.