Vignes de St-Emilion

Conjoncture difficile pour les viticulteurs bordelais

Conjoncture difficile pour les viticulteurs bordelais


Un tiers d’entre eux subit des difficultés financières et un quart envisage d’abandonner son activité.

Pertes de revenus, arrachage des vignes… Le vignoble de Bordeaux traverse une crise profonde – Crédit photo Sergey Nemo from Pixabay

Une situation qui se dégrade puis 2018

La manifestation organisée le 6 décembre dernier a sûrement symbolisé l’exaspération des viticulteurs de Gironde. Plus d’un millier d’entre eux se sont retrouvés à Bordeaux pour crier leurs revendications et attirer l’attention sur la crise à laquelle ils sont confrontés depuis quelques années.

Le constat n’est guère réjouissant pour la viticulture bordelaise, pourtant fer-de-lance de l’économie locale. Sur les 4 000 vignerons, plus de 1 300 se déclarent en difficulté financière. « Sur l’exercice 2021, 70 % des exploitations agricoles girondines (à 80 % viticoles) ne gagnent pas le Smic, et 1/3 du total ont un revenu négatif » explique Philippe Abadie, directeur du Pôle Entreprises de la Chambre d’agriculture, au micro de BFM TV (22/01/2023).

Depuis 2018, la situation n’a cessé de se dégrader, en raison notamment de la baisse de la consommation, de la hausse des coûts ou du réchauffement climatique. La crise Covid est venue jeter de l’huile sur le feu, en fermant tout ou partie le marché chinois. Aujourd’hui, les vins se vendent en dessous des coûts de production.

Consciente du problème, la Chambre d’agriculture a lancé une vaste étude auprès des acteurs de la filière. Pour sa part, la préfecture a mis en place une cellule de crise, qui réunira les représentants de l’État, de la Région, du Département, des banques et des organisations professionnelles.

Arrachage de la vigne et diversification

Pour les viticulteurs, la première amorce de solution passe par l’arrachage subventionné. Au regard de la baisse de la consommation, il ne s’avère plus opportun d’assurer la gestion de vignobles trop importants. « Il faut réduire la voilure, produire moins tout en gardant de la compétitivité » estime Dominique Guignard, Président l’AOC Graves, cité par le site Vitisphère (06/12/22).

Cet arrachage attendu de la part des vignerons devrait couvrir 15 000 hectares, pour un coût estimé à 150 M€. Selon les services de l’État, cette aide financière n’est pas envisageable. Les différentes pistes de solution doivent être trouvées à l’échelle régionale.

Les professionnels attendent également le déclenchement d’un véritable plan social, permettant de reconnaître leur situation et de venir en aide aux plus précaires.

La pérennité de l’activité agricole en Gironde se trouve peut-être dans la diversification. Les espaces laissés libres après l’arrachage pourraient accueillir de nouvelles cultures, comme celles des oliviers et des noisetiers. Les réunions organisées par la Chambre d’agriculture sur la diversification commencent d’ailleurs à attirer les viticulteurs.

Ces derniers misent aussi sur le développement de l’œnotourisme et de l’agritourisme, à même de générer des ressources supplémentaires dans un département très fréquenté pendant les vacances.

C’est probablement un combat à long terme qui s’engage, synonyme d’adaptation au marché et au réchauffement climatique. C’est aussi un enjeu pour la nouvelle génération, alors qu’un viticulteur sur deux est aujourd’hui en droit de prendre sa retraite.  

Bordeaux

Destinations touristiques durables : Bordeaux classée au top 5 mondial

Destinations touristiques durables : Bordeaux classée au top 5 mondial


La capitale girondine figure parmi les meilleures cités soucieuses de proposer un tourisme responsable.

Bordeaux marque des points dans le tourisme responsable – Crédit photo : Loïc Graniczny from Pixabay

Une belle progression depuis l’année dernière

Le palmarès du Global Destination Sustainability Movement (GDSM), s’il n’est pas forcément connu du grand public, reste très attendu chaque année par de nombreuses villes à travers la planète.

Considéré comme une référence, le GDSM vise à promouvoir les efforts consentis en matière de développement durable par les municipalités dans leur offre touristique. Son palmarès constitue, à n’en pas douter, un argument supplémentaire auprès des touristes, de plus en plus sensibles aux valeurs environnementales.

En 2021, Bordeaux s’était hissée au neuvième rang mondial. Cette année, la ville affiche une belle progression en atteignant la cinquième place, derrière les villes de Göteborg (Suède), Bergen (Norvège), Copenhague et Aalborg (Danemark).

Les deux autres villes françaises, Lyon et Paris, se classent respectivement à la 11e et 25e places.

Bordeaux déjà élue capitale européenne du smart tourisme

Le classement flatteur dont vient de bénéficier la ville portuaire s’ajoute au prix décerné l’année dernière par l’Union européenne, celui de European Capital of Smart Tourism. Quatre catégories avaient été retenues dans l’évaluation : l’accessibilité, le développement durable, la numérisation, ainsi que le patrimoine culturel et la créativité.

Ce prix vise à créer un réseau de villes européennes attractives et ingénieuses qui partagent entre elles les bonnes pratiques à mettre en place pour un tourisme plus vertueux.

À travers ces récompenses, Bordeaux anticipe le tourisme de demain, « notamment grâce à l’accompagnement des entreprises touristiques dans leur transition, la performance sociale et les actions de Bordeaux Tourisme & Congrès et la performance environnementale » écrit Sud-Ouest (10/11/2022).

Incendie à la Teste de Buch

La Teste-de-Buch : sauver ce qui peut l’être après l’incendie

La Teste-de-Buch : sauver ce qui peut l’être après l’incendie


Il y a deux mois, un gigantesque incendie ravageait la forêt de pins située aux alentours de la commune girondine. L’ONF dresse un premier bilan et trace ses perspectives.

Intervention des pompiers dans la forêt de la Teste-de-Buch en juillet dernier – Crédit photo : Ville de la Teste-de-Buch

Un environnement dévasté

À la faveur des quelques précipitations qui ont arrosé la Gironde ces derniers jours, l’incendie de la Teste-de-Buch a été déclaré officiellement éteint par les autorités. En juillet, le feu a ravagé plus de 7 000 hectares de forêt ainsi que des campings, des restaurants et des habitations.

Toujours interdite au public par mesure de sécurité, la zone comprise entre la dune du Pilat et Biscarrosse s’est transformée en paysage lunaire, royaume des troncs noircis et des fougères calcinées.

Pour l’ONF (Office National des Forêts), il convient de s’organiser entre action urgente et réflexion à plus long terme.

Dans l’immédiat, les agents se chargent d’un premier nettoyage du millier d’hectares brûlés de la forêt domaniale. Selon les estimations de l’institution, près de 400 hectares de pins incendiés devront être abattus, nécessitant d’engager une trentaine d’engins forestiers. L’objectif prioritaire consiste à éviter un développement trop important des champignons, qui bleuissent les troncs, et surtout des scolytes, insectes réputés pour creuser des galeries sous l’écorce afin d’y déposer leurs œufs. Les pins n’y survivent généralement pas.

« Dans un écosystème de pins, le scolyte peut augmenter de 10 % à 30 % le volume de bois mort. On va essayer de le limiter à 10 % » déclare Francis Maugard, expert en pin maritime, au journal Le Monde (03/10).

Il s’agit aussi de récupérer un maximum de matières afin que le bois soit utilisé par la filière et les professionnels de la transformation. Même si les pins ont été brûlés en surface, « le bois à l’intérieur n’est que peu altéré et donc il est encore utilisable. Mais plus on va attendre, moins il sera exploitable » explique Yann Rolland, responsable du service bois pour l’agence ONF, dans les colonnes de Ouest France (26/09).

D’ici la fin du mois de décembre, plus de 80 000 mètres cubes de bois devraient être récupérés et valorisés (contreplaqué, lambris, emballages, palettes). Ce niveau correspond à huit fois le volume d’une année normale.

Une étude attentive du terrain

La mission de l’ONF consiste également à anticiper le futur aménagement de la forêt. Il s’agit en premier lieu de préserver les pins les moins touchés par le feu, dès lors que des aiguilles vertes continuent d’orner leur branches.

« Si un pin meurt dans un ou deux ans, mais qu’il donne d’ici là une dernière pluie de graines, qui pourra favoriser la régénération naturelle, c’est déjà ça » estime Fabrice Carré, technicien, cité par Le Monde.

Les associations environnementales considèrent pour leur part que la renaissance naturelle de la forêt se retrouve perturbée par les travaux de l’ONF : « Les arbres, les fougères, les herbes, tout est en train de repousser en beauté, même les arbustes. La moindre intervention lourdement mécanisée va porter un préjudice absolument gravissime à cette reviviscence naturelle » déplore Françoise Brangré, membre de l’association Bassin d’Arcachon Écologie, interrogée par France Info (01/10).

De fait, la nature semble déjà reprendre ses droits. Des fougères ont fait leur réapparition et des repousses sont observées au pied des arbres. La faune n’a pas disparu non plus, comme l’atteste la présence de renards, de lièvres et de chevreuils. Le retour d’espèces plus rares, à l’instar du lézard ocellé ou du petit pessereau, continue de susciter des interrogations.

Enfin, si la prochaine saison touristique n’est pas considérée aujourd’hui comme un objectif prioritaire, l’ONF anticipe quand même la réouverture des plages du Petit Nice, de la Lagune et de la Salie, au sud de la dune du Pilat.

« Il va falloir mettre l’ensemble des financeurs autour de la table. On a commencé à faire des estimations. Pour rouvrir ces sites, c’est à minima 1 million d’euros » souligne Cédric Boucher, le responsable du site, au micro de France Bleu (27/09). La plage de la Lagune pourrait être desservie par des navettes et les estivants seraient encouragés à utiliser leur vélo pour rejoindre leur spot favori. Il faudra au préalable rouvrir la D218 entre le Pyla et Biscarrosse, toujours fermée en raison des travaux de sécurisation.

L’incendie laissera des traces pendant encore de nombreuses années.

Quelques destinations originales dans le Sud-Ouest

Richesses du Sud-Ouest Patrimoine

Quelques destinations originales dans le Sud-Ouest


Mine de rien, la région regorge de petits endroits sympathiques pas toujours inscrits en tête de liste des lieux touristiques. C’est aussi ce qui fait leur charme.

Le domaine des Terres Blanches, à Espiet – Crédit photo: les Terres Blanches

Les Jardins d’eau de Carsac (24)

Non loin de Sarlat, au cœur du Périgord noir, se niche un petit paradis que n’aurait pas renié Claude Monet. Les Jardins d’eau de Carsac invitent, sur plus de 3 hectares, à une balade hors du temps. Ici, les lotus du Nil, les nymphéas exotiques et de nombreuses autres plantes aquatiques forment un univers enchanté. On le traverse en s’imprégnant des odeurs, en admirant la composition du paysage et en observant la faune, omniprésente. Ce sont les carpes Koï qui frétillent dans les bassins, les hérons cendrés et les aigrettes qui se régalent des têtards, les libellules qui frôlent les plantes ou encore les grenouilles, véritables maîtresses des lieux.

La visite se nourrit aussi d’un labyrinthe aquatique, dont la superficie dépasse les 3 000 m² et l’itinéraire se prolonge sur 550 mètres de passerelles. Il abrite une trentaine de variétés de lotus, plus de soixante espèces de nymphéas et 150 plantes diverses, parmi lesquelles les papyrus du Nil.

Labellisés « Jardin remarquable » en 2012 par le ministère de la Culture, les Jardins d’eau de Carsac promettent une parenthèse rafraîchissante au cœur de l’été et un retour raffiné à la nature.


Adresse : Saint Rome – 24200 CARSAC
Tél : 05 53 28 91 96
Horaires : Mai, juin et juillet : 10h à 19h – Août : 18h30 – Septembre : 11h à 18h.
Tarifs : Adulte : 8,50 € – Étudiants, jeunes (12 à 17 ans inclus), demandeurs d’emploi, personnes handicapées (indiv. et groupes) : 7 € – Enfants de 6 à 11 ans inclus : 5 €

les jardins d'eau de carsac
Crédit photo: Les Jardins d’eau de Carsac

Les Terres Blanches d’Espiet (33)

Si le Bassin d’Arcachon attire de très nombreux touristes chaque année, la Gironde recèle des destinations un peu plus intimes, mais non moins charmantes. Ainsi, à Espiet, village situé à une trentaine de kilomètres de Bordeaux, les Terres Blanches épousent les contours du paradis. Le domaine, d’une superficie de 90 hectares, est né après des années de travaux, visant à transformer l’ancienne carrière d’un cimentier en lagon de carte postale.

Planté au milieu des vignobles et des forêts, le domaine se consacre aux plaisirs du farniente et de la baignade. Il est vrai que la plage de sable blanc et la vaste étendue d’eau turquoise promettent quelques heures d’abandon et de frissons de plaisir.

Mais le lieu se prête aussi et surtout aux plaisirs de la glisse aquatique. Le Windsor Wakeboard Camp, l’académie de wakeboard et de wakesurf, y a élu domicile, proposant des stages ou la location d’une large gamme d’équipements.

Ceux qui le souhaitent pourront déjeuner ou dîner au restaurant et même prolonger leur envie de détente au spa Les Petits Bains.


Adresse : 13 La Gueynotte – 33420 ESPIET
Tél : 06 11 51 68 24
Horaires : Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 heures à 19 heures.
Tarifs : Adulte : 5 € – Enfant de moins de 12 ans : 4 € – Réservation obligatoire en ligne.

les terres blanches d'espiet
Crédit photo: les Terres Blanches d’Espiet

La grotte de Lastournelle (47)

En cette période de forte chaleur, la recherche désespérée de fraîcheur peut aussi correspondre à une petite visite culturelle. A Sainte-Colombe, dans le Lot-et-Garonne, la grotte de Lastournelle laisse voir de magnifiques stalactites et stalagmites, mais aussi des coulées de calcite, des draperies et même des colonnes. C’est un spectacle naturel flamboyant qui s’offre au public à travers les sept salles de la grotte, sur plus de 300 mètres.

Pour ajouter un peu d’authenticité à la visite, il est possible de partir à la découverte des salles dans l’obscurité, avec sa seule lampe de poche comme accessoire de progression.

Découverte en 1878 par un paysan qui creuse un puits, la grotte de Lastournelle fait l’objet de quelques explorations. En 1955, les propriétaires du terrain, Joseph et Maria Brys, mettent à jour l’entrée naturelle de la cavité. Un passage est finalement dégagé, permettant un accès plus aisé aux salles et à ses trésors minéraux.

Des animations sont régulièrement proposées au public, comme des chasses au trésor, à même de ravir les enfants.

Un petit restaurant, une boutique et des jeux pour les petits sont proposés aux visiteurs.


Adresse : 1851 Route des Grottes de Lastournelle – 47300 SAINTE-COLOMBE-DE-VILLENEUVE
Tél : 05 53 40 08 09
Horaires : Avril à décembre – Horaires des visites variables suivant l’affluence.
Tarifs : Adulte : 7,50 € – Enfant (de 4 à 14 ans) : 5 €

la grotte de lastournelle
Crédit photo : JYB Devot — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

L’Esturgeonnière du Teich (33)

Depuis déjà quelques années, le caviar français s’impose parmi les meilleurs du monde. Le département de la Gironde contribue grandement à la production, notamment grâce au Moulin de la Cassadote à Biganos et au Caviar Perlita, situé non loin, au Teich.

L’établissement ouvre régulièrement ses portes afin de dévoiler toutes les étapes de fabrication du précieux aliment. Fondée en 1990, la ferme aquacole de L’Esturgeonnière s’est d’abord destinée à la production de chair d’esturgeon, avant de se tourner vers le caviar, au terme d’importants travaux.

Aujourd’hui, l’entreprise assure l’ensemble du processus de production, de la naissance des alevins au conditionnement du caviar. Le site profite de la proximité d’une source géothermale, qui préserve la température de l’eau tout au long de l’année. Grâce à une station de traitement dotée d’une double filtration, les eaux ressortent propres dans les milieux naturels avoisinants.

La visite permet donc de s’immiscer dans l’univers si particulier de la production de caviar, servi dans les restaurants gastronomiques de la planète. C’est aussi l’occasion de prendre (un peu) part à la fête puisqu’une dégustation est même proposée au public.


Adresse : Route de Mios Balanos – 33470 LE TEICH
Tél : 05 56 22 69 50
Horaires : Avril à septembre, uniquement sur rendez-vous.
Tarifs : Adulte : 30 € – Enfant (de 8 à 12 ans) : 24 €

l'esturgeonnière du teich
Crédit photo: Gironde Tourisme

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Port de la Teste

Bassin d’Arcachon : un plan de relance immédiat pour sauver la saison après les incendies

Bassin d’Arcachon : un plan de relance immédiat pour sauver la saison après les incendies


Même si les incendies de Gironde continuent de mobiliser des centaines de pompiers, le secteur du tourisme a choisi de réagir vite et fort.

port de la teste de buch
Le port de La Teste espère renouer rapidement avec ses vacanciers – Crédit photo : Reynald G — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

La saison semblait si prometteuse…

Après deux années difficiles en raison de la crise sanitaire, les dernières vacances de Pâques ont su redonner le sourire aux professionnels du tourisme. Sur le Bassin d’Arcachon, la fréquentation a égalé celle de 2019, avec un taux de remplissage de 85 % des hôtels et campings. Parisiens, Britanniques ou Espagnols… Nombreux étaient les vacanciers à retrouver les petites plages du Bassin et les rues de la cité balnéaire.

Cette hausse de la fréquentation laissait envisager une saison estivale radieuse. Nicolas Jabaudon, le directeur de l’Office de Tourisme Médoc Atlantique, anticipait même un vrai succès, au regard des programmes de réservation des établissements d’accueil, déjà bien chargés au printemps.

Bref, tous les ingrédients étaient enfin réunis pour renouer avec des vacances réussies, d’autant plus attendues après les épreuves imposées par le Covid et l’inquiétude née du conflit en Ukraine.

Maudit 12 juillet

À peine entamée, la saison estivale est confrontée à la triste réalité du réchauffement climatique. Le 12 juillet, deux incendies de forêt sont déclarés à La Teste-de-Buch et à Landiras. Du fait de la sécheresse persistante, de parcelles mal entretenues et de vents capricieux, les incendies se transforment en mégafeux.

Sur le Bassin d’Arcachon, les flammes ravagent plus de 7 000 hectares de forêt. Elles détruisent un paysage emblématique et plusieurs campings situés au pied de la Dune du Pilat, dont le célèbre Camping des Flots bleus.

Les habitants jugés à risque sont évacués, ainsi que des milliers de touristes. Même une partie des animaux du zoo de La Teste sont mis en sécurité dans d’autres établissements.

Il faudra 12 jours aux 2000 pompiers mobilisés pour venir à bout des flammes, aidés par neuf bombardiers d’eau, soit la moitié de la flotte nationale.

Le 24 juillet, la sécurité civile annonce enfin que les feux ont été fixés, laissant le triste spectacle de 21 000 hectares calcinés…

Des effets immédiats sur l’économie locale

Le secteur du tourisme subit de plein fouet l’impact des incendies. En dix jours, les professionnels constatent une baisse de leur activité de près de 40 %. Hôtels, campings, restaurants, chambres d’hôtes, écoles de surf ou encore loueurs de vélos doivent s’adapter à un arrêt brutal de la saison, qui commence seulement.

« Tous les jours, on a des gens qui nous téléphonent pour demander si on a des fumées, si on est loin des incendies, s’ils ne risquent rien ici« , explique Lionel Pujade, patron du camping Ker Helen au Teich et président de l’hôtellerie de plein air de la Gironde (France Bleu, 22/07/2022).

Pour rappel, le tourisme représente une manne financière annuelle de plus de 750 M€ en faveur de l’économie arcachonnaise. La fuite des touristes fragilise le secteur, mais aussi la vie locale tout au long de l’année.

Relever ses manches

Si la baisse d’activité a été immédiate, la contre-attaque décidée par le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon) l’a été également. En quelques jours, les professionnels ont réussi à mettre en place un plan de relance, financé à hauteur de 100 000 €.

Ainsi, une campagne publicitaire est lancée sur les chaînes de France Télévisions et dans de nombreux journaux nationaux dès le lundi 25 juillet. Le souhait est de sensibiliser le public et de le rassurer, à travers des images apaisantes du Bassin. Le slogan joue la carte de la sincérité : « Le Bassin d’Arcachon vient de vivre une terrible épreuve. Nous avons besoin de vous ».

Il est également prévu d’organiser un immense rassemblement de bateaux le mercredi 27 juillet, à même de rassembler plaisanciers, pêcheurs et ostréiculteurs. Là encore, le but est d’attirer l’attention et de marquer les esprits.

Enfin, la mise en place d’une cellule de crise permettra d’accompagner les acteurs du tourisme particulièrement touchés par les incendies. Composée de différents organismes, dont la CCI et la Chambre des métiers, elle suivra la mission d’identifier les aides et d’assurer le suivi des demandes d’indemnisation.

Lacanau

Littoral aquitain : profiter pleinement de la baignade cet été

Littoral aquitain : profiter pleinement de la baignade cet été


Les grandes vacances approchent à toute vitesse. Le Sud-Ouest représentera une destination privilégiée des touristes, impatients de se jeter à l’eau.

plage de lacanau
Sunshine à Lacanau – Crédit photo : FranceSudOuest

La qualité des eaux de baignade

L’épisode caniculaire que vient de subir le pays aura certainement rendu encore plus bouillants les vacanciers. Un seul impératif : fouler enfin le sable blond des plages aquitaines et laisser l’océan Atlantique rafraîchir les corps et soulager les esprits.

Encore faut-il que les eaux salées du littoral offrent les conditions sanitaires suffisantes. Selon la dernière étude de l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine, la qualité de l’eau ne posera pas de problème.

En Gironde, quasiment toutes les plages contrôlées offrent les conditions idéales, avec une eau de qualité excellente. Seules les plages de l’estuaire au Verdon-sur-Mer, du Cap-Ferret Phare, de la Conche Saint-Brice à Arès et de la Hume à Gujan-Mestras proposent une eau de bonne qualité.

Dans les Landes, le constat est similaire. Les vacanciers pourront profiter de l’océan quasiment partout. Il convient de noter toutefois que la qualité de l’eau de la plage du Courant à Mimizan est jugée suffisante. La baignade n’y est bien sûr pas interdite.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est également une eau de qualité excellente qui attend les baigneurs. Sur les 41 sites contrôlés, seules les plages de Socoa et du Fort à Ciboure, la plage Uhabia Sud de Bidart, la grande plage Nord-Cale aux Chevaux et la grande plage Sud de Saint-Jean-de-Luz recueillent deux étoiles (eau de bonne qualité).

Bref, sur l’ensemble du littoral, pas de niveau de contamination en cyanobactéries suffisamment élevé pour empêcher la trempette.

La nouvelle signalisation des plages

Exécuter un magnifique plongeon dans une belle et grosse vague, c’est bien. Encore faut-il que les conditions soient réunies.

Cette année, les fameux drapeaux vert, orange ou rouge auxquels nous sommes habitués ne constituent plus la seule information autorisant ou pas la baignade. Afin d’harmoniser la norme internationale, il faudra s’habituer à de nouveaux drapeaux de plage. La mesure vise en partie à renseigner les touristes étrangers, déjà habitués aux drapeaux qui viendront se hisser sur le sable français.

Il convient quand même de préciser que le drapeau (ou la flamme) orange disparaît pour de bon. C’est désormais la couleur jaune qui préviendra d’un danger limité ou marqué.

drapeaux de plage

Le danger omniprésent des baïnes

Les plages du littoral aquitain savent se faire belles et désirables. Elles peuvent pourtant se révéler redoutables et mortelles à quiconque n’y prête pas attention. Chaque année, des touristes et des locaux mal informés se noient, emportés par un courant de baïne.

La baïne est une piscine naturelle qui se forme dans le sable sous l’action du courant côtier Nord-Sud, du vent et de la houle. À marée basse, il est assez facile de les apercevoir sur la plage, mais lorsque les vagues les remplissent à marée montante, le niveau d’eau dépasse celui de la mer. Il se produit un phénomène de vases communicants quand les baïnes se vident. Le reflux par entonnoir s’opère et un fort courant entraîne tout corps vers le large.

L’astuce est de ne pas aller se baigner dans une zone privée de vagues. Plus rassurante de prime abord, elle se compose pourtant d’un trou d’eau, sans aucun banc de sable.

Il s’avère inutile de lutter contre un courant de baïne. Ramer pour espérer regagner la rive ne contribue qu’à se vider de ses forces. La meilleure attitude consiste à ne pas paniquer et à faire de grands signes aux MNS ou aux surfeurs. Le blog Surf-Prévention apporte quelques précisions utiles.

ce cliché montre clairement une baïne.

En conclusion, profiter pleinement de l’océan Atlantique répond à quelques règles simples : prendre connaissance des informations disponibles à l’entrée de chaque plage, se baigner dans les zones surveillées, éviter les horaires lorsque la surveillance n’est plus assurée.

Marathon du Médoc : boire ou courir, pourquoi choisir ?

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Marathon du Médoc : boire ou courir, pourquoi choisir ?


Lancé en 1985 par une bande de copains médecins, le Marathon des châteaux du Médoc, organisé chaque année en septembre, donne la part belle à l’ambiance festive et à la dégustation des crus de la région.

Crédit photo : Marathon des Châteaux du Médoc

Une course à contre-courant

On le sait, le marathon et ses 42,195 km règlementaires imposent un physique affûté, un entraînement régulier et une hygiène de vie irréprochable. Le visage des athlètes marqué par l’effort contribue à la légende de cette course particulière.

New York, Paris, Berlin, Tokyo… Autant de villes réputées qui accueillent chaque année des milliers de coureurs venus du monde entier, sous le regard des médias internationaux.

Pourtant, dans le Sud-Ouest de la France, et à Pessac plus précisément, un évènement suscite une curiosité croissante et un engouement jamais démenti.

Lancé en 1985 par six amis et la Commanderie du Bontemps (confrérie viticole), le Marathon des Châteaux du Médoc a immédiatement joué la carte de la singularité. L’un des fondateurs raconte :

« À cette époque, les courses en France sont destinées à la performance pour la plupart et l’ambiance s’en ressent ; les « ringards » dont nous faisons partie ont parfois l’impression de déranger. Pourquoi ne pas créer un évènement festif et sportif se basant sur nos richesses naturelles, la région, ses châteaux et ses vins, notre amour du bien-vivre, notre expérience de marathoniens qui nous permet d’aller au-devant de l’attente de nos coureurs et enfin notre passion commune ? »

Le pari peut sembler de prime abord un peu décalé. Entourer une épreuve de marathon d’une ambiance folle et de la dégustation de crus du Médoc ne correspond pas au modèle du genre. Et pourtant, le succès accompagne la première édition, en réunissant plus de 500 coureurs quand le Marathon de Bordeaux n’en attire pas plus de 200.

C’est le début d’une grande aventure sportivo-festive, bâtie sur quatre piliers : spectacle, santé, vin et sport.

Privilégier le « fun effort »

Les vignobles et châteaux du Médoc constituent le cadre et le cœur du marathon. Il faut avouer que les appellations Pauillac, Saint-Julien, Saint-Estèphe, Médoc et Haut-Médoc suscitent presque instinctivement l’envie de dégustation, même chez les athlètes.

De fait, une vingtaine d’étapes jalonne le parcours. Organisées par les propriétaires des domaines, elles permettent de se désaltérer en profitant d’un petit verre de vin goûtu. Certains marathoniens s’accordent le temps de la dégustation, d’autres privilégient un cul sec afin d’atteindre le prochain stand dans les meilleurs temps.

Le maître mot est celui du plaisir. « La vaste majorité des coureurs, dont le nombre est limité volontairement à 8 500 et qui viennent de 75 pays, ne se sont pas inscrits dans l’espoir de vaincre, mais de faire la fête » écrit fort justement Michel Arseneault dans L’Actualité (5 février 2020).

Ici, l’obsession du chrono est tout à fait relative. L’évènement est d’ailleurs qualifié de « marathon le plus long du monde » au regard du temps que s’accordent les sportifs lors des pauses aux points relais.

superman devant un stand de dégustation
Même Superman succombe au plaisir de la dégustation – Crédit photo : © Marathon du Médoc

Les 22 stands de dégustation de grands crus ne sont pas les seuls à enchanter les papilles. Dès le 28e kilomètre, des huîtres sont proposées aux athlètes, prélude à un repas roboratif. Car, oui, c’est bien le fumet d’entrecôtes grillées sur sarments de vigne qui chatouille les narines au 39e kilomètre (proche de l’arrivée). Les insatiables marquent deux nouveaux arrêts, d’abord pour déguster le fromage, ensuite pour s’enfiler une glace.

Il arrive parfois que certains marathoniens franchissent la ligne d’arrivée en titubant, peut-être à cause d’arrêts prolongés aux stands ou de douleurs musculaires. Malgré la bienveillance qui entoure la compétition, les organisateurs imposent un temps de course maximal de 6 heures 30, au risque de finir dans la voiture-balai. On devine qu’elle rentre rarement vide.

C’est la fête !

Proposer des grands crus et de savoureux plats, c’est bien. Mais le Marathon du Médoc revendique avant tout son esprit festif. C’est la raison pour laquelle les coureurs sont encouragés à se déguiser avant de prendre le départ. Honte à tous ceux qui conserveraient short et débardeur !

Les déguisements suivent le thème annuel du marathon. Ainsi, en 2019, les participants ont pu enfiler des costumes de super-héros. L’année précédente, c’est le thème de la fête foraine qui s’est imposé. Cette année, le public aura peut-être le sentiment d’être au Festival de Cannes puisque la thématique retenue est celle du cinéma. Ce sera sûrement l’occasion de voir James Bond courir aux côtés de Dark Vador et d’un T-rex échappé de Jurassic Park.

L’ambiance de fête se veut omniprésente. Dès la veille de la course, la soirée Mille-Pâtes accueille 1500 convives dans l’un des châteaux partenaires. Apéritif dans les jardins, dîner, dégustation des crus du domaine, bal… Les marathoniens invités ont peut-être intérêt à ne pas trop tarder.

En plus des pauses dégustation, la course s’organise autour d’une cinquantaine d’animations tout au long du tracé : orchestres, bandas, danses improvisées, ateliers, spectacles divers.

C’est aussi l’un des secrets de la réussite du marathon. Le public, toujours très nombreux, est partie prenante des festivités. Il contribue directement à la convivialité et à la bonne humeur.

« Pour Conor Clune, un Irlandais qui en est à son sixième marathon, celui du Médoc est le plus chaleureux de tous. Plus encore, admet-il à contrecœur, que celui de Dublin. « Durant tout le parcours, les gens voient nos prénoms sur nos dossards et crient : “Allez, Conor !”, “Courage, Conor !” Ça change tout. Ailleurs, le public nous encourage. Ici, il nous aime. » (L’Actualité, 5 février 2020).

La fête se poursuit en soirée et en musique, bien après la fin de la course. Le lendemain, la balade de récupération permet à 4000 personnes de partir à la découverte des vignobles, avec des arrêts dans quelques châteaux, qui ressortent les bouteilles pour l’occasion.

La santé comme fil conducteur

Toutes ces joyeuses initiatives n’occultent en rien le souci de santé qui se doit d’entourer un marathon. La course est longue, la chaleur parfois étouffante, l’effort permanent malgré les pauses.

Ainsi, le congrès médical et le colloque médico-sportif, organisés la veille du marathon, suivent l’objectif d’apporter au public et athlètes des informations précises sur la pratique d’un sport d’endurance et les pathologies qui peuvent en résulter.

La course elle-même permet d’observer au plus près l’état physique et de santé des coureurs. Sont ainsi menées des milliers d’études cardiologiques, électrocardiographiques, tensionnelles, mais aussi podologiques, digestives ou épidémiologiques.

Tout au long de l’épreuve, 300 personnes assurent l’assistance médicale et une dizaine de postes de soins jalonnent le tracé. La ligne d’arrivée franchie, les participants peuvent trouver réconfort et assistance dans cinq tentes mises à leur disposition.

Les verres de vin servis pendant le marathon ne sont bien sûr jamais remplis à ras bord. Il s’agit plutôt d’un fond, surtout destiné à faire découvrir et apprécier le cru d’un domaine. De même, les entrecôtes grillées sont servies découpées en petits morceaux et ne sont proposées qu’en fin de parcours. La distribution de bouteilles d’eau se veut permanente.

Les marathoniens sont des sportifs accomplis et connaissent leurs possibilités et limites. Si le contexte festif du Marathon du Médoc les incite à moins se soucier du classement et du chrono, ils savent que la distance de 42,195 km reste une redoutable épreuve. Cette vision est bien sûr partagée par les organisateurs.

En conclusion, le Marathon des Châteaux du Médoc aura superbement réussi son pari. Grâce à la mobilisation de 3000 bénévoles, il est aujourd’hui considéré comme un évènement incontournable pour les coureurs et le public. Sa réputation a dépassé depuis longtemps les frontières, puisque des milliers de marathoniens venus du monde entier y participent.

Surtout, il a réussi à raboter la notion de compétition au profit de la convivialité et du plaisir commun de partager un moment précieux. Largement de quoi lever son verre.


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Vignoble Saint-Emilion

De quand date le vignoble bordelais ?

Accueil Merci de l’avoir posée

De quand date le vignoble bordelais ?


Réputé dans le monde entier, le vin de Bordeaux peut s’enorgueillir d’une histoire deux fois millénaire, aux multiples soubresauts.

Parcelles de vignes à Saint-Emilion – Crédit photo : El Primer Paso Blog – Flickr

La contribution des Romains

Au tout début, il n’y avait rien. Pas un seul pied de vigne. Avant l’invasion romaine (58 – 52 av. J.-C.), les Gaulois d’Aquitaine se consacrent surtout à la production de blé. Le vin reste méconnu, à la différence de la cervoise, obtenue à partir d’orge.

Sur les rives de la Garonne s’est installée la tribu gauloise d’origine celtique des Bituriges Vivisques, fondateurs de Burdigala (Bordeaux). A l’instar des autres tribus, elle doit se soumettre au général Crassus, qui conquiert Burdigala et sa région en 56 av. J.-C.

Passée l’humiliation de la défaite, la présence romaine apporte de nombreuses transformations en Aquitaine. Les habitants découvrent notamment le vin, importé de Pompéi, d’Espagne ou du Narbonnais. La boisson est appréciée, mais reste chère, soumise à des droits élevés.

L’existence des Bituriges Vivisques dépend essentiellement du commerce de l’étain venu d’Armorique et de Bretagne. Après la conquête romaine de la Bretagne, les Gaulois aquitains doivent trouver une nouvelle activité et s’intéressent à un nouveau cépage importé par les Romains, le Biturica, résistant au froid.

De fait, les Bituriges se convertissent à la plantation de vignobles de 40 à 60 après J.-C. Lors de son passage dans le Bordelais en 71, Pline l’Ancien, écrivain et naturaliste romain, témoigne de la présence de vignes autour de Burdigala.

Il est vrai que la région offre un sol adapté et un climat propice aux raisins. Au fil des décennies, le vignoble s’étend, l’expérience s’affine, le commerce se développe et l’histoire du vin de Bordeaux s’écrit. apparaît beaucoup trop vaste pour représenter raisonnablement le Sud-Ouest.

La vigne n’est pas un long fleuve tranquille

Si la présence romaine a permis de transformer Bordeaux en place incontournable du négoce, les premières invasions barbares, dès la fin du IIIe siècle, déstabilisent la production viticole. Il en sera ainsi jusqu’à l’an Mil.

Le Moyen-Âge se révèle autrement plus favorable. D’abord, l’expansion du christianisme s’accompagne d’une demande croissante de vin, essentiel au culte. Ensuite, le défrichement de nouvelles terres permet la plantation de nouveaux vignobles. Enfin, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II Plantagenêt en 1154 fait basculer l’Aquitaine sous l’autorité anglaise. Il permet aussi de développer la distribution de vin vers la Grande-Bretagne. Pendant trois siècles, les Bordelais profitent d’avantages fiscaux, les autorisant à construire un commerce solide. Le port de la ville tourne à plein.

Les guerres menées par les rois de France contrarient certes les exportations, mais n’empêchent pas la vigueur viticole. D’autant plus que la qualité du vin ne cesse de s’améliorer et la réputation de Bordeaux de s’amplifier. Au 17e, les Hollandais deviennent d’importants consommateurs. Un siècle plus tard, le commerce explose grâce au trafic colonial et aux îles d’Amérique (Saint-Domingue et les petites Antilles).

Rien ne semble arrêter la prospérité des producteurs et marchands bordelais. Pourtant, en 1853, la maladie de l’oïdium contamine le vignoble français et dévaste les deux tiers de la récolte. Les vignes touchées sont arrachées, la production dégringole. Le remède, à base de vaporisation de soufre, n’est trouvé que quatre ans plus tard.

Quelques années plus tard, la crise du phylloxéra ravage une nouvelle fois les vignes du pays. Le Bordelais est touché en 1866. Malgré les efforts déployés pour endiguer la propagation du puceron, les viticulteurs se résolvent à arracher l’intégralité de leurs pieds de vigne, progressivement remplacés par des plants américains, plus résistants. Ils servent de porte-greffe pour recevoir des greffons français afin de pérenniser les cépages autochtones.

Il faut quasiment attendre le début du 20e siècle pour que le Bordelais se couvre à nouveau de vignobles en pleine santé. Dorénavant plantés en rangs alignés et non plus en ordre dispersé, ils facilitent le passage de chevaux de trait et l’aération du sol.

Un air de Bordeaux : tous dehors !

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capture d'écran du site un air de bordeaux

Site: Un air de Bordeaux

URL: www.unairdebordeaux.fr

Facebook: www.facebook.com/unairdebordeaux

Piloté par l’office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole, le site propose une multitude d’opportunités de sorties dans la capitale girondine et ses environs. Culture, gastronomie, activités sportives, balades nature, bons plans… Rien n’est laissé au hasard avec cette conviction que Bordeaux justifie pleinement de fermer sa porte et d’aller voir ce qui se passe au bout de sa rue ou un peu plus loin.

La rubrique « Week-end », comme son nom l’indique, propose un calendrier de sorties ou de rendez-vous dont on n’aurait pas forcément eu l’idée. C’est ainsi l’invitation à assister à un concert au Rocher du palmer de Cenon, à se rendre à un atelier philo au MADD, à s’initier à la relaxation sonore aux bols tibétains (eh oui !) ou à profiter des activités proposées par quelques fermes pédagogiques au parc Triaire de Talence.

« Un air de Bordeaux » voit également au-delà de la ville et propose une sélection de balades nature, comme le « bain de forêt », en compagnie d’une guide, au domaine d’Hosteins. L’opportunité de se déconnecter et de laisser bercer par la quiétude des lieux…

Les aventuriers ou fans de Koh Lanta pourront lire l’article consacré à Denis Tribaudeau, spécialiste de la survie, avant d’envisager de suivre un stage dans la région bordelaise.

En matière de culture et de patrimoine, le site propose de multiples visites, toutes expliquées et détaillées. Par exemple, la cité Frugès, conçue par Le Corbusier au cœur de Pessac, ravira les amateurs d’architecture.

Le site répond aussi à des questions pratiques (ou existentielles) qui peuvent parfois se poser. Que faire à Bordeaux quand la famille débarque ? Où voir des animaux ? Comment profiter de Bordeaux en restant chez soi ?

On l’aura compris, le site se révèle être une mine d’or d’idées de sorties et d’activités. Il s’impose comme l’ultime argument à quiconque ose encore dire : « Qu’est-ce que peux faire ? J’sais pas quoi faire. »

Le littoral aquitain face aux défis de l’érosion

Le littoral aquitain face aux défis de l’érosion


La fréquence plus soutenue des tempêtes et l’augmentation du niveau de la mer accélèrent le mouvement de l’érosion. Les villes du Sud-Ouest adoptent différentes stratégies.

biscarrosse
La plage de Biscarrosse n’échappe pas au phénomène d’érosion – Crédit photo : Wizard – CC BY 4.0

Un phénomène appelé à s’amplifier

Les quelques centaines de kilomètres de côtes sableuses qui bordent le Sud-Ouest de la France subissent le même sort. Chaque année, l’érosion grignote un peu plus le littoral, grandement aidée par les conséquences du réchauffement climatique.

L’érosion en elle-même est un phénomène naturel. L’océan Atlantique, aux abords des plages aquitaines, donne lieu à un courant parallèle, qui contribue à pousser le sable vers le sud. On parle alors de dérive littorale, alimentée par une houle ouest/nord-ouest. En hiver, les tempêtes tirent le sable des plages vers le large alors qu’en été, le processus s’inverse. L’érosion reste donc modeste.

Depuis quelques années, la quantité de sable déposée par l’océan se révèle moins volumineuse que celle aspirée en période hivernale.

De plus, la stratégie de l’enrochement mise en place par certaines communes, dont Biscarrosse, contrarie le phénomène en créant un obstacle au transport du sable.

« Ces points durs creusent encore plus la plage de part et d’autre des ouvrages. Le courant vient tourbillonner autour et provoque un abaissement de la plage » explique ainsi Vincent Bawedin, géographe, au journal Sud-Ouest.

Face à ce constat, la commune landaise a décidé de ne plus recourir à l’enrochement, au profit d’aménagements mobiles appelés à s’adapter à l’évolution du cordon dunaire.

Les villes cherchent la parade

La tempête Barra, en décembre dernier, est d’ailleurs venue rappeler l’urgence de dispositifs pérennes et efficaces. À Biscarosse, justement, le trait de côte de la plage centrale a reculé de sept mètres. La mairie n’a pas beaucoup attendu avant de lancer une vaste action de réensablement. Les camions-bennes sont chargés de sable, ramassé plus au sud, et profitent de la marée basse pour le déposer aux endroits impactés. Le but est surtout de conserver l’équilibre du niveau sédimentaire de la plage.

Sur la côte basque, le constat n’est pas meilleur. Une partie de la corniche s’est effondrée à Urrugne. Le sentier reliant Hendaye à Ciboure, offrant pourtant un panorama magnifique, a été définitivement fermé par sécurité.

Biarritz a choisi de conforter ses falaises. De lourds travaux ont été initiés en septembre dernier sur la côte des Basques. Pour sa part, la commune de Bidart préfère agir en fonction de la situation. Elle a ainsi consolidé l’accès à la plage Parlementia, fermé le chemin de Camboenea et encouragé le réaménagement du golf de la ville, inondé à marée haute. L’une des solutions passerait par la revégétalisation d’espaces trop souvent impactés par les caprices de la houle.

En Gironde, les séances de brainstorming se multiplient aussi sur les amorces de solutions, entre réensablement des plages, mise en place ou renforcement des dunes et même retrait des villes côtières, comme l’envisage le maire de Lacanau. Pour le moment, la digue semble remplir sa mission

« D’une manière générale, là où la côte est aménagée, on va avoir des problèmes assez rapidement. Alors qu’en moyenne en Gironde, le trait de côte recule de 2,5 mètres par an, on observe sur certains secteurs de la côte du Médoc, particulièrement touchée, des reculs annuels moyens de 5 mètres. On peut citer l’exemple du Signal à Soulac, mais il est loin d’être le seul bien à se trouver sur cette bande de risque imminent » explique Alexandre Nicolae Lerma, ingénieur au Bureau de recherches géologiques et minières, au site d’infos Actu.fr.

Et au final, qui paye ?

Quelles que soient les stratégies retenues, la politique de lutte contre l’érosion représente un coût majeur pour les communes. À Biscarrosse, l’opération de réensablement des plages aspire chaque année 450 000 € du budget municipal. Les projets d’enrochement s’accompagnent pour leur part d’estimations comprises entre 5 et 10 M€.

En accord avec loi, les communes impactées ont l’obligation de s’inscrire sur la liste officielle, de prévoir une gestion locale du problème et de procéder à des projections à 30 et 100 ans du phénomène d’érosion. Surtout, les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d’urbanisme doivent désormais intégrer tous les aspects liés à l’érosion.

Tôt ou tard, la question du financement finira par se poser, la charge ne pouvant être entièrement supportée par les acteurs locaux. Il semblerait que la rapidité des décisions puisse, un peu, permettre de mieux anticiper la montée des eaux et orienter l’action des communes. Le trait de côte ne cesse de reculer, des maisons menacent de s’effondrer…

« Il faut savoir s’adapter, comme les dunes, et non aller contre la volonté de l’océan » confie Mathieu Gomez, directeur des services techniques de la Communauté de communes des Grands Lacs, au journal Sud-Ouest.