canelé Baillardran

Baillardran, la chute d’une institution bordelaise

Baillardran, la chute d’une institution bordelaise


Quarante ans après sa fondation, l’empire du canelé bordelais vacille. Le 22 avril 2026, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé la société holding du groupe en redressement judiciaire, menaçant une centaine d’emplois et une vingtaine de boutiques.

Une boutique Baillardran à Bordeaux – Crédit photo : © Baillardran/Facebook

Décision attendue

Le mercredi 22 avril, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé en redressement judiciaire la holding Will Distribution, propriétaire des magasins de canelés Baillardran. La demande avait été émise par Philippe Baillardran lui-même, après l’échec d’une opération de rachat par un homme d’affaires parisien, lui-même poursuivi par un collectif de victimes d’impayés.

Une autre structure du groupe, PR8 Développement, dirigée par son fils Cyril Baillardran, a été placée en liquidation judiciaire. Cette société était notamment propriétaire des enseignes de Saint-Jean-de-Luz et de celle installée aux Hangars, dans le quartier Bacalan. Au total, près de 95 salariés sont directement impactés par cette situation incertaine.

Une chute financière progressive

L’institution, qui produit ces pâtisseries emblématiques depuis 1988, s’est déclarée en cessation de paiement avant de demander la protection du tribunal de commerce. « Quand vous avez une entreprise depuis presque 40 ans, que les enfants ont travaillé dedans, forcément, en arriver là, c’est quand même un peu douloureux », indique Philippe Baillardran à Ici Gironde (30/04/26).

La trajectoire financière est éloquente. Il y a trois ans, l’entreprise était à son apogée avec un chiffre d’affaires avoisinant les 12,37 millions d’euros — l’institution bordelaise avait même été sélectionnée pour être présentée au roi Charles III lors de sa visite à Bordeaux. Mais en 2024, le chiffre d’affaires a chuté à 11,1 millions d’euros, soit une baisse de 10 %. En 2025, les recettes n’atteindraient que 8,5 millions d’euros, engendrant un déficit de 240 000 euros et des impayés de loyers.

Pour expliquer ces difficultés, Philippe Baillardran évoque l’explosion des charges : « On est passés de 120 000 à 500 000 euros d’électricité par an. » (Ici Gironde, 30/04/26).

Le scandale des canelés congelés

Si la conjoncture économique a pesé lourd, c’est un scandale sanitaire et commercial qui a profondément terni l’image de la marque. En janvier 2025, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné l’enseigne à une amende de 100 000 euros pour pratiques commerciales trompeuses. L’enquête menée par la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) avait révélé que certains canelés vendus comme « frais » étaient en réalité congelés puis décongelés.

D’autres irrégularités concernaient les ingrédients : la vanille annoncée n’était pas toujours utilisée, remplacée par des arômes.

Une ancienne salariée avait alors témoigné au micro de Franceinfo (30/04/26) : « Il y a 3-4 congélateurs, et dès qu’on est en manque de canelés, on va les chercher là-bas. Et quand on est en gros rush, si le cœur du canelé est un peu congelé, ce n’est pas grave, on le vend, et ça décongèlera au fur et à mesure de la journée. » Des salariés avaient également dénoncé des problèmes d’hygiène graves, évoquant la présence de nuisibles parmi les ingrédients.

Ces révélations ont pesé sur la fréquentation des boutiques. Des clients témoignent de leur désaffection : « Il y avait des articles parus sur le fait que les produits étaient congelés, alors que la communication indiquait que ce n’était pas le cas » ; « Les prix sont très élevés. Un canelé à 3 euros, c’est cher. » (Franceinfo, 30/04/26).

Un marché pourtant porteur

Si Baillardran vacille, le canelé reste un produit très populaire auprès des habitants et des touristes. Il symbolise en quelque sorte la gourmandise bordelaise et contribue un peu à l’image de la ville en France et même à l’étranger.

Les artisans ne manquent pas : la Toque Cuivrée, la pâtisserie Cassonade, la pâtisserie Pierre Mathieu, l’atelier de Micheline et Paulette… sans même évoquer les nombreux boulangers et pâtissiers qui proposent chaque jour des canelés faits maison.

Face à la concurrence, l’institution bordelaise risque de disparaître à moins qu’un repreneur sérieux ne se manifeste dans les délais impartis. Il ne semble pas que ce soit le cas, après une première démarche infructueuse menée par le boulanger/homme d’affaires parisien Mehdi Herz. Ce dernier est en effet poursuivi par un collectif de professionnels, comme le révèle Axelle Maquin-Roy dans les colonnes de Sud-Ouest (19/05/26), « avec lequel ils se sont trouvés en affaires, ces quatre dernières années, et à l’issue desquelles ils enregistrent des impayés de loyers, de factures, de salaires et d’honoraires. »

Le redressement judiciaire ouvre une période d’observation de six mois pour tenter de trouver une solution économique pérenne. Les boutiques rouges et or sont en sursis.

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Depuis le XVIIIe siècle, la cerise d’Itxassou annonce l’été au Pays basque

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Depuis le XVIIIe siècle, la cerise d’Itxassou annonce l’été au Pays basque


Entre mémoire paysanne et quête de l’AOP, le petit village labourdin se bat pour protéger ses trois variétés emblématiques.

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cerise Itxassou
L’été s’annonce sucré – Crédit photo : Association Xapata

Aux origines : un verger au cœur des montagnes


La présence de cerisiers à Itxassou est attestée depuis environ 1750. Et peut-être même avant. Selon Xabier Itzaina, chercheur au CNRS, l’église du village, bâtie au XVIIe siècle, doit son nom de Saint-Fructueux aux cerisiers déjà plantés en nombre sur les pentes encaissées autour de la vallée de la Nive. L’environnement et le climat offrent les conditions idéales au petit fruit rouge.

L’écrivain Pierre Loti, de passage en 1863, note dans ses carnets : « Quelle splendeur de jardins, de vergers, de buissons de roses, dans ce petit pays de cerisiers… »

Le XIXe siècle marque le début d’une production plus ambitieuse. La cerise circule alors sur des marchés régionaux (Bayonne, Dax, Pau, Bordeaux…) et nourrit une véritable activité commerciale, notamment grâce à des grossistes venus s’approvisionner directement à Itxassou.

Au sommet de sa puissance, la filière atteint entre 160 et 300 tonnes par an. Pour les petites exploitations quasi autarciques du secteur, la cerise représente souvent la seule rentrée d’argent de l’année. Ce fruit rouge incarne alors à lui seul l’identité économique d’un village entier.

Mais la modernisation agricole des années 1970 porte un coup fatal à la filière. Les exploitations se diversifient et se tournent massivement vers la production de lait de brebis, bien moins contraignante. Les cerisiers, qui réclament une main-d’œuvre intensive lors de la récolte, sont progressivement abandonnés. L’arrivée des grandes surfaces et la concurrence de cerises importées achèvent de décimer une production qui chute à environ 25 tonnes par an dans les années 1990, soit dix fois moins qu’au plus fort de sa gloire.

L’association Xapata pour symboliser la renaissance


En 1994, face au risque de disparition, des agriculteurs fondent l’association Xapata — dont le nom reprend celui d’une des variétés locales. Leur objectif : sauvegarder le patrimoine génétique et culturel développé depuis des siècles. « La notoriété du fruit est bien réelle, qui a poussé Xapata à proposer d’intégrer 66 communes du Labourd et de la Basse-Navarre dans ce qui serait la zone de production de l’AOP, que l’association appelle de ses vœux. Un territoire situé au cœur de la montagne basque, d’Ascain à Villefranque, en passant par Baïgorry, une zone où, historiquement, on a retrouvé des plantations des variétés locales » explique Thierry Jacob dans Sud-Ouest (28/11/2022).

C’est à ce titre que les producteurs entament un long travail de greffage, à même de dépasser les 5 000 arbres et de renouer avec une production plus ambitieuse. Ils donnent également naissance, en 2008, à un verger conservatoire qui joue à la fois le rôle de collection vivante et de vitrine pédagogique auprès du public.

Enfin, la marque commerciale « Cerise d’Itxassou / Itsasu » et son logo font l’objet d’un dépôt à l’INPI, garantissant que seuls les producteurs locaux peuvent s’en prévaloir.

Sur les huit variétés de cerise d’Itxassou, trois sont plus largement cultivées :

  • La Peloa : de couleur rouge bordeaux foncée à noire, elle est récoltée à partir de la mi-mai. On la dit fondante, juteuse et sucrée, pouvant être dégustée fraîche ou en confiture.
  • La Xapata : sucrée et acidulée en même temps, dotée d’une jolie couleur jaune orangée, de petit calibre, on la cueille au début du mois de juin pour la déguster tout de suite.
  • La Beltxa : en basque, « beltxa » signifie « noir », ce qui permet de caractériser cette variété rapidement. A l’instar de la Peloa, elle contribue à l’image de la cerise noire d’Itxassou. Peu sucrée et même acide, la Beltxa se destine seulement à la préparation de confiture, notamment celle qui accompagne le fromage de brebis pour une expérience gastronomique unique.

À quand l’AOP ?


Avec 6 000 arbres en culture, une production d’une douzaine de tonnes et plus de trente fermes productrices ou transformatrices, la filière demeure certes modeste en volume mais d’une richesse remarquable en qualité et en diversité.

La tradition, le savoir-faire et l’ambition représentent de solides arguments pour doter la cerise d’Itxassou de l’Appellation d’Origine Protégée (AOP), prestigieux label qui contribuerait à une meilleure réputation du produit basque et à son essor commercial. Les producteurs du piment d’Espelette, situés non loin, peuvent en témoigner.

La démarche implique de définir précisément une aire géographique, des pratiques culturales et des critères organoleptiques qui distinguent irréductiblement ces fruits de toute autre production. Déposée en 2023 auprès de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) par l’association Xapata, la demande de reconnaissance est toujours en cours d’instruction.

Les freins principaux tiennent autant à la lourdeur du dossier AOP qu’à la petite taille et à la fragilité de la filière locale, ce qui rend l’aboutissement long et exigeant pour quelques producteurs seulement. L’INAO accompagne certes la démarche, mais les acteurs locaux savent qu’il faut compter environ dix ans de travail pour espérer aboutir, ce qui constitue en soi un frein psychologique et organisationnel pour des agriculteurs déjà très sollicités. Cette durée s’ajoute à la complexité technique du montage qui pèse particulièrement sur une structure associative limitée en moyens. En attendant, les cerisiculteurs misent sur d’autres leviers : qualité fermière (label Idoki, bio), marque collective, circuits courts, verger conservatoire, mise en avant touristique et numérique de la cerise d’Itxassou.

La fête de la cerise d’Itxassou ? Une institution


En attendant le Graal de l’AOP, les producteurs basques peuvent se consoler auprès du public nombreux qui assiste chaque année à la célèbre fête d’Itxassou. Lancée par l’association Itsasuarrak en 1952, elle se tient chaque année le premier dimanche de juin et contribue sans nul doute à la notoriété du petit fruit rouge ou noir.

Dans les rues du village, la tradition se mêle à la convivialité à travers des dégustations, des animations culturelles, des chants basques, des danses folkloriques et l’incontournable défilé de chars colorés.  

Au centre des festivités trône la Confrérie de la Cerise d’Itxassou (Itsasuko Gereziatzeen Anaia-Artea), créée en 2007. Véritable pilier de l’événement, elle joue un rôle crucial dans la pérennité de cette culture agricole.

Ses missions sont diverses : veiller à la renommé de la marque, soutenir les producteurs, assurer le lien entre les générations en transformant une simple récolte en un véritable acte de résistance culturelle.

La fête ne serait pas complète sans son marché de producteurs, ses parties de pelote basque et ses repas champêtres. C’est un moment où le temps s’arrête, où l’on vient chercher l’authenticité d’un produit rare : la production reste modeste et se déguste principalement sur place. Gourmand et apprécié, l’or rouge (ou noir) d’Itxassou a su s’imposer sans mal dans la gastronomie basque. « On sent un nouvel attrait pour notre cerise avec d’autres perspectives économiques, notamment les restaurateurs l’utilisent pour accompagner le fromage de brebis, en gelée au piment d’Espelette agrémentant l’agneau ou le canard sans oublier le gâteau basque à la cerise d’Itxassou » constate Maryse Cachenaut, la présidente de l’association Xabata dans La Dépêche (29/05/2014).

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Font-de-gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume

Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne : l’avancée majeure de Font-de-Gaume


Pour la première fois, des peintures pariétales paléolithiques ont pu être datées de manière directe et précise grâce au carbone 14, dans la grotte de Font-de-Gaume, aux Eyzies. Cette avancée, obtenue par une équipe de recherche dirigée par une chercheuse du CNRS et publiée en mars 2026 dans la revue PNAS, marque un tournant pour la compréhension chronologique de l’art préhistorique de la vallée de la Vézère.

font-de-gaume
Crédit photo : © O. Huard – Centre des monuments nationaux

Un joyau de l’art pariétal enfin daté directement

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la grotte de Font-de-Gaume est l’un des derniers grands sanctuaires ornés polychromes encore ouverts au public. Ses parois présentent un bestiaire d’une richesse exceptionnelle : bisons, chevaux, mammouths, cervidés, mais aussi quelques figures humaines stylisées, dont le fameux « masque » qui intrigue les préhistoriens depuis plus d’un siècle.

Jusqu’à récemment, l’âge de ces œuvres reposait uniquement sur des comparaisons stylistiques et sur les datations de dépôts archéologiques associés. On plaçait globalement les peintures dans le Magdalénien moyen, soit entre 18 000 et 16 000 ans avant le présent, sans preuve directe portant sur les pigments eux‑mêmes. Contrairement à la grotte Chauvet, où l’usage avéré du charbon avait permis des datations radiocarbone, on pensait que les peintures de Dordogne étaient exclusivement réalisées avec des pigments minéraux (oxydes de fer et de manganèse), impropres à ce type de mesure.

Stratégie scientifique pour traquer le carbone caché

Le basculement provient d’une idée simple, mais jamais testée systématiquement : vérifier si, parmi les tracés noirs de Font-de-Gaume, certains ne contiendraient pas, en réalité, du carbone organique. Une équipe pluridisciplinaire (physico‑chimistes, spécialistes de l’imagerie, préhistoriens) a ainsi combiné plusieurs techniques non invasives pour analyser finement deux figures emblématiques : un bison noir et le célèbre masque.

Grâce à l’imagerie hyperspectrale, qui mesure la réponse spectrale de la surface point par point et permet d’en déduire la composition chimique, les chercheurs ont d’abord exclu la présence de manganèse sur ces tracés, ce qui orientait vers un autre type de pigment. Ils ont ensuite mis en évidence une signature caractéristique du carbone sur l’ensemble des lignes noires des deux figures. Cette homogénéité a permis d’écarter l’hypothèse d’une contamination récente (fumées de torches historiques, graffitis modernes, dépôts de suie liés au tourisme), et de défendre l’idée d’un charbon de bois d’origine paléolithique.

Ce n’est qu’après cette démonstration que des micro‑prélèvements ont été exceptionnellement autorisés sur de minuscules portions de trait, afin de limiter au maximum l’impact sur les œuvres tout en obtenant suffisamment de matière pour une datation au radiocarbone. Les quantités prélevées sont de l’ordre du milligramme, rendant la mesure techniquement délicate mais scientifiquement décisive.

Les résultats : un Paléolithique supérieur plus « tardif » qu’attendu

Les analyses radiocarbone ont livré des dates calibrées qui confirment sans ambiguïté l’appartenance de ces peintures au Paléolithique supérieur, tout en en décalant légèrement l’ancrage chronologique par rapport aux estimations stylistiques. Le bison étudié aurait été réalisé entre 13 461 et 13 162 ans calBP (années calibrées avant le présent), ce qui le rapproche des contextes aziliens, à la charnière de la fin du Paléolithique et des premières cultures post‑glaciaires.

Le masque, quant à lui, montre une histoire plus complexe : différentes parties du motif semblent avoir été tracées ou reprises à des moments distincts. Les datations obtenues s’échelonnent entre 15 981 et 15 121 calBP et entre 15 297 et 14 246 calBP pour certaines sections, soit un Magdalénien tardif, tandis que l’œil gauche présente une date plus récente, comprise entre 8 993 et 8 590 calBP, suggérant une intervention ultérieure ou un mélange entre pigment ancien et apport de carbone plus moderne.

Cet exemple illustre à quel point de petites quantités de carbone contemporain peuvent modifier une mesure : il suffit d’environ 5 % de carbone moderne pour rajeunir une date d’un millier d’années. Les chercheurs ont donc dû interpréter les résultats avec prudence, en croisant systématiquement données techniques, observations de terrain et cohérence archéologique.

Une datation de Font-de-Gaume à nuancer

Ces nouvelles dates ne bouleversent pas l’attribution générale de Font‑de‑Gaume au Paléolithique supérieur, mais elles en nuancent la place précise dans la séquence régionale. Les auteurs soulignent que les datations du bison et du masque se révèlent « légèrement plus récentes » que la fourchette stylistiquement admise pour les ornements de la grotte, traditionnellement rattachés au Magdalénien moyen.

On voit émerger l’image d’un sanctuaire fréquenté à plusieurs reprises, avec des phases de réalisation et de retouche échelonnées dans le temps. L’art pariétal n’apparaît plus comme un décor figé, produit en une seule “campagne” de peinture, mais comme un palimpseste où des générations de groupes paléolithiques ont pu intervenir, ajouter, reprendre ou souligner certains motifs. La superposition des tracés, déjà perceptible à l’œil nu sur certains panneaux, trouve ainsi un écho dans la pluralité des datations obtenues.

Une première pour la Dordogne… et un changement d’échelle

Au‑delà du cas emblématique de Font‑de‑Gaume, cette recherche représente un jalon pour l’ensemble des grottes ornées de Dordogne. Jusqu’à présent, aucune peinture réalisée avec du noir de carbone n’y avait été caractérisée, alors même que le charbon de bois était omniprésent dans les sociétés préhistoriques. Désormais, la présence effective de charbon dans certains tracés ouvre la voie à des datations directes dans d’autres cavités, dès lors que l’on pourra y identifier des pigments comparables.

Cette capacité nouvelle à dater des peintures supposées minérales renouvelle profondément les perspectives de recherche. Elle permet d’envisager :

  • Une chronologie plus fine des phases de fréquentation et d’ornementation des grottes de la vallée de la Vézère.
  • Des comparaisons plus précises entre sites, en articulant données stylistiques, stratigraphiques et radiocarbone.
  • Une meilleure compréhension de l’évolution de l’art pariétal, de sa symbolique et de ses usages, sur plusieurs millénaires.

Les auteurs et les institutions impliquées soulignent d’ailleurs que cette approche pourrait être appliquée à d’autres grands sanctuaires européens dont les peintures sont, pour l’instant, seulement datées de manière indirecte. Font‑de‑Gaume devient ainsi un laboratoire méthodologique pour une nouvelle génération d’études sur l’art préhistorique.

Méthodologie au service du patrimoine

Cette avancée scientifique s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la préservation des grottes ornées. Les techniques d’imagerie de pointe mobilisées à Font‑de‑Gaume montrent qu’il est possible d’obtenir des informations chimiques et chronologiques de très haut niveau en limitant au maximum l’intervention physique sur les parois. Les micro‑prélèvements, strictement encadrés, restent l’ultime recours, lorsque toutes les autres méthodes convergent et justifient un geste exceptionnel.

Le dialogue constant entre exigences de conservation et besoins de la recherche est au cœur du travail mené par les équipes du CNRS et de leurs partenaires. À Font‑de‑Gaume, il a permis d’arracher au temps quelques dates cruciales, sans compromettre l’intégrité de ce chef‑d’œuvre, et d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire déjà riche de l’art paléolithique en Dordogne.

citadelle de Blaye

Quels sont les dix sites les plus visités du Sud-Ouest ?

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Quels sont les dix sites les plus visités du Sud-Ouest ?


Destination touristique plébiscitée, la Nouvelle-Aquitaine profite de ses sites naturels, de son littoral et de son patrimoine pour attirer chaque année des millions de visiteurs.

Dune du pilat
Crédit photo : World Thing – Unsplash

Une fréquentation en hausse

Certes, la Nouvelle-Aquitaine n’occupe plus la première place du podium des régions touristiques françaises, comme c’était le cas en 2021. Selon l’étude de l’Insee publiée en décembre dernier, c’est l’Ile-de-France qui se hisse désormais à la première position.

La région francilienne compte sur des arguments massifs pour susciter l’intérêt des touristes. Il y a bien sûr Paris, considérée comme la capitale mondiale du tourisme, et ses multiples sites aux millions de visiteurs : le Louvre, la tour Eiffel, le musée d’Orsay, Notre-Dame ou encore le Sacré-Cœur.

Au-delà de la ville lumière, d’autres destinations attirent aussi le public : le château de Versailles, Disneyland, le château de Fontainebleau…

Malgré tout, les chiffres se veulent encourageants s’agissant du Sud-Ouest, car la fréquentation touristique enregistre une hausse certaine (+4,5 % par rapport à 2024), notamment grâce aux vacanciers étrangers (Allemands, Néerlandais, Britanniques, Espagnols, Américains…). Si la clientèle française a plus faiblement augmenté (+3,3 %), elle reste très importante sitôt les beaux jours venus.

Mais quels sont les sites et/ou destinations les plus populaires auprès des visiteurs en Nouvelle-Aquitaine ?  La question mérite d’être posée, même si les différentes sources d’information laissent parfois voir de grandes différences sur les chiffres de fréquentation.

Et les gagnants sont…

1. Le Futuroscope

Situé dans le département de la Vienne (un peu hors des limites du Sud-Ouest, on le reconnait), le parc continue de séduire une large clientèle grâce au renouvellement permanent de ses attractions, dont la dernière est l’Aquascope, entièrement dédiée aux plaisirs aquatiques sur plus de 6 000 m².

Fréquentation estimée en 2025 : 2 millions de visiteurs.

Futuroscope
Crédit photo : Antoine Lang-Cavelier – Flickr – CC BY-NC-SA 2.0

2. La dune du Pilat

Inutile de présenter cette montagne de sable de plus de 110 mètres, qui reste une valeur sûre grâce au plaisir enfantin de la gravir pour profiter de son exceptionnel panorama sur le bassin d’Arcachon et la forêt des Landes.

Fréquentation estimée en 2025 : 2 millions de visiteurs.

Dune du Pilat
Crédit photo : Jörg Braukmann – CC BY-SA 4.0

3. Aquarium de La Rochelle

L’établissement figure parmi les plus grands aquariums privés d’Europe, où il est possible de découvrir 12 000 animaux marins de 600 espèces répartis en 82 aquariums. Immersion et magie garanties.

Fréquentation estimée en 2025 : 800 000 visiteurs.

aquarium de La Rochelle
Crédit photo : Rémy Jouan – CC BY-SA 3.0

4. Bassin des Lumières

Fréquenté tout au long de l’année grâce à ses célèbres projections vidéo qui adoptent à chaque fois une thématique différente (Gustave Klimt, Venise, Mondrian, Tintin…), l’ancienne base sous-marine de Bordeaux a su retrouver une seconde vie en exploitant son immensité pour proposer des murs d’images impressionnants.

Fréquentation estimée en 2025 : 770 000 visiteurs.

Bassin des lumières
Crédit photo : Benreis – CC BY-SA 4.0

5. Zoo de La Palmyre

Certes, le zoo de la Palmyre, en Charente-Maritime, n’a pas profité de l’aubaine d’accueillir des pandas, comme ce fut le cas à Beauval, pour exploser sa fréquentation. Néanmoins, sa réputation lui assure chaque année un public nombreux et fidèle.

Fréquentation estimée en 2025 : 600 000 visiteurs.

Crédit photo : Dimimis – CC BY-SA 3.0

6. Citadelle de Blaye

Ah, qu’il est encore beau et imposant le complexe militaire imaginé par Vauban au 17e siècle pour contrôler la navigation sur l’estuaire de la Gironde. Inscrite au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, la citadelle se compose de plus d’un kilomètre de remparts, de souterrains et de moult bâtiments parfaitement bien conservés.

Fréquentation estimée en 2025 : 450 000 visiteurs.

Crédit photo : Laurent Lebois – Flickr

7. Lascaux IV

Le chantier de Lascaux IV, consistant à réaliser un fac-similé qui représente l’intégralité de la grotte originale, fut un énorme pari, aujourd’hui gagné. Le lieu propose depuis 2016 de se plonger dans la magie de l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique supérieur.

Fréquentation estimée en 2025 : 400 000 visiteurs.

Lascaux 4
Crédit photo : JanManu -CC BY-SA 4.0

8. Cité du Vin

Il manquait quand même quelque chose digne de nom à Bordeaux pour célébrer ses vignobles, qui ont contribué à sa réputation internationale. Heureusement, la Cité du Vin comble cette lacune depuis 2016. L’énorme bâtiment, dont l’architecture s’inspire d’un cep de vigne noueux, se consacre certes aux vins de Bordeaux, mais aussi et surtout à ceux du monde entier.

Fréquentation estimée en 2025 : 390 000 visiteurs.

Crédit photo: Patrick Müller – Flickr

9. Le train de la Rhune

Le Pays basque s’invite dans le palmarès des destinations vedettes de Nouvelle-Aquitaine. Il est vrai que la Rhune sait attirer les regards du haut de ses 900 mètres. Le train à crémaillère qui part à son assaut infatigablement depuis un siècle séduit encore et toujours les touristes.

Fréquentation estimée en 2025 : 290 000 visiteurs.

Crédit photo : Train de la Rhune

10. Aquarium de Biarritz

Abrité dans un magnifique bâtiment de style Art déco, avec une vue spectaculaire sur l’océan et le Rocher de la Vierge, l’Aquarium de Biarritz a été inauguré en 1933. Il a pu profiter d’une extension en 2011, lui permettant de doubler sa surface et de proposer encore plus de bassins et d’aquariums.

Fréquentation estimée en 2025 : 280 000 visiteurs.

Crédit photo : A1AA1A – CC BY-SA 4.0
Basajaun

Basajaun, le géant des forêts basques

Basajaun, le géant des forêts basques


À l’ombre des grands hêtres d’Iraty, là où les brumes accrochent les crêtes, certains disent que l’on peut encore entendre le pas lourd du Basajaun, le seigneur des forêts.

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Basajaun
Le symbole d’une sagesse ancestrale qui invite au respect de la nature.

Figure emblématique de la mythologie basque


Les quelques images qui le représentent amènent au même constat : un être puissant inspirant la crainte et le respect. Qui est le Basajaun (prononcer « bachadiaoun » ou « bachajaoun »), dont le nom signifie « seigneur sauvage » en basque ?

Figure tutélaire des montagnes et des forêts, il est généralement décrit comme un géant massif, au corps entièrement couvert de poils, avec une allure d’homme sauvage vivant loin des villages.

Son origine pourrait être liée à la rencontre des proto-Basques et des Néandertaliens, en voie d’extinction, il y a 40 000 ans. Le personnage a ensuite évolué, sans jamais disparaître de la tradition orale.

Pour les anthropologues et les ethnologues, le mythe du Basajaun constitue un témoignage précieux de l’ancienne cosmologie basque, antérieure à la christianisation. Il représenterait une survivance de cultes animistes ou de croyances liées à des divinités forestières préchrétiennes, à l’instar des Jentilak (géants constructeurs de dolmens), progressivement transformées et adaptées au fil des siècles.

Pour Claude Labat, professeur, mythologue et écrivain, « la mythologie n’est pas destinée à distraire les enfants. Elle est la mise en parole de la sagesse qu’un groupe humain distille pour penser l’univers, le monde et la société » explique-t-il au site d’information Enbata. « Par exemple, quand les bergers basques évoquent Basajaun, l’Homme Sauvage, ils ne cherchent pas à décrire la Nature sauvage mais à rappeler que les pulsions vitales, la sexualité, la faim et la force physique font partie de notre humanité et qu’il faut savoir les canaliser. »

Le Basajaun rejoint d’ailleurs le cercle d’autres créatures légendaires à forme humaine issues de cultures traditionnelles et montagnardes. Ce sont par exemple le Yéti au Tibet et au Népal, le Sasquatch (ou Bigfoot) aux États-Unis et au Canada et l’Almasty dans la région du Caucase.

Parfaitement adapté à son environnement


Selon les légendes basques, le Basajaun se présente comme un être de grande taille, mesurant généralement entre deux et trois mètres de hauteur. Sa pilosité abondante, à l’exception du visage et de la plante des pieds, lui permet de résister aux rigueurs climatiques des montagnes pyrénéennes.

Sa force est telle qu’il peut déplacer des rochers, abattre des arbres de ses mains, traverser les torrents d’un seul bond. Mais son regard est souvent présenté comme plus mélancolique que véritablement malveillant.

Malgré son apparence imposante, le Basajaun possède une intelligence remarquable et une connaissance approfondie des secrets de la nature. Sa démarche imite celle d’un ours, lente mais assurée, témoignant de son aisance en zone escarpée.

Le Basajaun établit sa demeure dans les cavernes profondes et les grottes isolées des Pyrénées basques, loin des chemins fréquentés par les humains. Ces refuges naturels, souvent situés dans les zones les plus reculées des forêts de hêtres et de chênes, lui servent de sanctuaire pour observer le monde sans être dérangé. Il est souvent dit que l’immense forêt d’Iraty constitue à ses yeux un habitat de choix.

Au coeur de la forêt d’Iraty, l’antre du Basajaun – Crédit photo : Niwasan, Flickr.

Est-ce pour autant un être solitaire ? La légende lui prête une compagne, ou plutôt son pendant féminin, appelée Basandere. Elle est souvent décrite assise à l’entrée des grottes ou près des sources limpides, peignant sa longue chevelure avec un peigne d’or, un attribut qu’elle partage avec les Lamiak (autres créatures mythiques basques). La Basandere semble être la gardienne des trésors souterrains et de l’intimité de la nature. Elle représente la part plus insaisissable du monde sauvage. Sa simple présence signale un lieu de pouvoir naturel. Bien qu’elle puisse se montrer terrifiante pour ceux qui profanent son territoire, elle incarne une forme de beauté sauvage et de souveraineté sur le monde minéral et aquatique.

Le gardien protecteur des troupeaux


Contrairement à de nombreuses créatures fantastiques du folklore européen, le Basajaun n’est pas considéré comme une entité malveillante. Au contraire, les légendes basques le dépeignent comme un protecteur bienveillant des bergers et de leurs troupeaux. Lorsqu’un danger menace — qu’il s’agisse d’un orage imminent, d’une tempête de neige ou de la présence d’un loup rôdant à proximité — le Basajaun alerte les bergers par des cris caractéristiques ou des sifflements puissants qui résonnent dans les vallées.

Cette fonction protectrice s’étend également à la forêt elle-même. Le Basajaun veille à ce que les ressources naturelles soient respectées et utilisées avec parcimonie. Il surveille les coupes de bois excessives et protège les sources d’eau, garantissant ainsi la pérennité de l’écosystème forestier dont dépendent les communautés montagnardes.

Certains contes évoquent son ambivalence : il peut jouer des tours aux bergers en imitant leur irrintzina pour les attirer vers des passages dangereux, tout en restant globalement une figure bienveillante qui veille sur l’équilibre de la nature. Ce double visage – protecteur mais redoutable – rappelle que la montagne peut être nourricière tout en demeurant potentiellement mortelle.

Le Basajaun symbolise la part sauvage du Pays basque, cette alliance de forêts profondes, de reliefs imposants et de climats changeants. Il rappelle qu’ici, pendant des siècles, la vie a été rythmée par les transhumances, la garde des troupeaux et la fréquentation des estives. Dans cette perspective, il est presque un visage donné à la montagne, un esprit tutélaire auquel on attribue les caprices, mais aussi les générosités du milieu naturel.

Il reste néanmoins craint des hommes. Les bergers ne manquent pas de lui laisser des offrandes, composées de pain, de fromage et de lait, peut-être pour éviter qu’il ne vienne piller les cabanes lorsque la faim se fait trop forte.

Détenteur de savoirs ancestraux


Considérer le Basajaun comme une créature primitive des forêts, uniquement guidée par l’instinct, serait faire injure à son histoire.

Au‑delà de sa dimension sauvage, le Basajaun est présenté comme détenteur de connaissances techniques et agricoles qu’il aurait transmises aux humains (ou qu’on lui aurait volées). Dans la légende bien connue de Martín Txiki, un petit héros futé, par exemple, c’est en dérobant au Basajaun le secret de la fabrication de la scie (issu de l’observation des feuilles de châtaigniers) que les Basques auraient appris à mieux travailler le bois.

D’autres versions lui attribuent la maîtrise de l’agriculture, de la métallurgie ou de certaines techniques pastorales, faisant de lui une sorte d’enseignant caché des premiers paysans et artisans. On retrouve ainsi dans cette figure la mémoire symbolique d’un temps où les savoir-faire se transmettaient au contact direct de la nature, en observant les cycles des forêts et des montagnes.

Riche d’une culture ancestrale, le Basajaun symbolise la mémoire collective et la transmission des connaissances essentielles à la survie dans un environnement montagnard difficile. Son caractère ambivalent — sauvage mais bienveillant, puissant mais respectueux — reflète la relation complexe que les communautés basques entretenaient avec leur environnement naturel.

Dans certaines régions montagneuses, le Basajaun est associé à des lieux précis : grottes portant son nom, rochers où il aurait laissé l’empreinte de ses pas, ou sources qu’il aurait fait jaillir de la roche. Ces sites deviennent des marqueurs du paysage mythologique basque, où la géographie réelle se mêle aux récits légendaires.

Les témoignages de rencontres avec le Basajaun, bien que rares dans les récits contemporains, étaient relativement fréquents dans les traditions orales du 19e siècle. Les bergers racontaient l’avoir aperçu au crépuscule, se déplaçant silencieusement entre les arbres, ou avoir entendu ses appels résonner dans les gorges profondes.

Et aujourd’hui ?


Son importance dans la mythologie basque le protège de l’oubli. Il est célébré lors de festivals folkloriques, représenté dans l’art et la littérature contemporains, et continue d’inspirer les conteurs et les artistes. Son image apparaît sur des sculptures publiques et des fresques murales.

Basajaun
Représentation stylisée du Basajaun – Crédit photo: Alamy

Il sert aussi d’argument à la communication touristique, qui l’affiche parfois comme le Yéti basque. Des hébergements, campings ou structures touristiques l’utilisent comme figure d’appel pour raconter les mythes locaux et proposer des animations autour des créatures fantastiques régionales.

Quelques films lui ont même été consacrés, dont le thriller El guardián invisible, réalisé par Fernando Gonzàlez Molina en 2017 et adapté de la trilogie La Vallée du Batzan de Dolores Redondo. Le film présente le Basajaun comme le témoin discret d’une série de meurtres commis dans les forêts.

Le personnage sert aussi de symbole aux revendications écologiques, notamment pour la préservation des forêts pyrénéennes.

Dans les randonnées en forêt d’Iraty ou autour de certaines grottes, guides et panneaux d’interprétation évoquent parfois ce seigneur sauvage pour mieux relier paysages, folklore et imaginaire collectif. Le Basajaun devient ainsi un outil de médiation culturelle et environnementale, qui permet de parler à la fois de légendes, de patrimoine naturel et d’identité basque.

Au-delà de son aspect légendaire, le Basajaun rappelle l’importance de préserver l’équilibre entre l’homme et la nature, un message particulièrement pertinent à notre époque. En tant que gardien des forêts et protecteur de l’environnement, cette créature mythique incarne des valeurs écologiques qui résonnent avec les préoccupations contemporaines. Le géant sauvage reste ainsi bien plus qu’une simple légende : il incarne une vision du monde où la nature n’est pas un simple décor, mais une entité vivante, puissante et digne de respect.

Plage du Petit Nice

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois

Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois


Les mauvaises conditions météorologique de ces dernières semaines ont impacté le littoral girondin, justifiant des mesures de sécurité.

plage du petit nice
La plage durement touchée par les aléas climatiques – Crédit photo : © Ville de La Teste-de-Buch

Une érosion spectaculaire

Le littoral a subi des assauts particulièrement violents ces dernières semaines. En l’espace de seulement dix jours, le trait de côte a reculé de 5 à 6 mètres. Ce phénomène, accentué par les tempêtes hivernales et les fortes houles, a littéralement grignoté la plage.

L’érosion dunaire laisse voir de véritables falaises de sable, avec, par endroits, des escarpements verticaux de 3 à 7 mètres de hauteur. Ces structures, extrêmement instables, entraînent des risques de chute et d’ensevelissement. Les parois peuvent s’effondrer à tout moment sur les personnes qui se trouveraient en contrebas.

Pire : une fois sur la plage, il est devenu presque impossible de remonter en sécurité vers le parking.

« Un dispositif de signalisation et de matérialisation de l’interdiction a été installé par les services de la voirie afin d’empêcher l’accès à la zone concernée. Les autorités appellent à la plus grande prudence et invitent habitants comme visiteurs à respecter strictement les consignes, rappelant que ces mesures visent avant tout à prévenir les accidents » prévient Le Figaro (05/02/2026).

Travaux de protection

Parallèlement à cette mise en sécurité, des opérations de réensablement massif sont prévues dans la zone. Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) doit injecter des milliers de mètres cubes de sable pour tenter de stabiliser le pied des perrés (les protections en pierre) et limiter le recul du trait de côte avant la saison estivale.

La plage du Petit Nice n’est pas isolée : d’autres parties du littoral autour du Bassin d’Arcachon et du Pyla-sur-Mer font régulièrement l’objet de travaux d’entretien ou de réensablement pour compenser la perte de sable et stabiliser la côte.

La fermeture de la plage court jusqu’au 30 avril.  À proximité du Petit Nice, les plages de la Salie Nord et de la Lagune restent quant à elles ouvertes au public.

le petit basque

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (4/4) : Le Petit Basque

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (4/4) : Le Petit Basque


Depuis sa création, Le Petit Basque a su valoriser le lait de brebis à travers une multitude de produits. La PME girondine s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable de son marché.

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On se laisse tenter ? – Crédit photo : Le petit Basque / Instagram

Un vélo et du porte-à-porte


L’histoire est belle. Dans les années 1950, la famille Alcachebury quitte le Pays basque pour s’installer à Talence, en proche banlieue bordelaise. Si dans les Pyrénées, le lait de brebis est apprécié depuis longtemps, il reste assez méconnu en terres girondines.

Aidée de son mari, responsable de la matière première, Madame Alcachebury choisit de fabriquer des caillés de brebis et de les proposer à la vente. Plutôt que d’ouvrir une boutique, elle préfère se rendre chez les particuliers avec son vélo et son matériel (faisselles, louches…). À chaque fois, le processus est le même : réchauffage du lait, ajout de présure pour le faire cailler, moulage du caillé dans des faisselles. Les clients, ravis, peuvent ainsi voir naître le produit sous leurs yeux ébahis, ce qui contribue, à n’en pas douter, à créer un lien de confiance et de curiosité.

Selon la légende, certains particuliers proposaient d’héberger la courageuse jeune femme afin qu’elle fabrique encore plus de caillés.

Le bouche-à-oreille ne tarde pas à produire ses effets. Les commandes se multiplient, obligeant la laitière basque à préparer les yahourts chez elle pour les vendre ensuite en porte-à-porte ou sur les marchés. L’affaire prospère, le fiston rejoint l’aventure et la production se mécanise gentiment pour répondre à la demande croissante.

En 1959, il est temps de donner un nom commercial. Au regard de l’origine des Alcachebury, la marque se veut simple et évidente : ce sera Le Petit Basque.

Madame Alcachebury installe un atelier à Bordeaux, conditionne le caillé dans de petits pots coniques en carton paraffiné et étend sa zone de livraison. La machine est lancée.

L’opportunité d’un marché de niche


À cette époque, le lait de brebis reste suffisamment rare pour susciter de nouvelles envies de consommation. Il est certes apprécié pour sa saveur, plus marqué que celle du lait de vache, mais surtout pour ses apports nutritionnels en minéraux, vitamines et protéines.  

Bref, le marché se veut porteur et Le Petit Basque poursuit sa croissance, jusqu’à ce que la famille Alcachebury décide de passer la main en 1982. L’heureux acquéreur est Jean-Michel Caillaud, maître artisan laitier, qui, tout en préservant la recette originale du caillé, développe de nouveaux produits, comme le dessert au chocolat, la mousse au café ou au marron, le yaourt…  

En 1995, Le Petit Basque aménage dans ses nouveaux locaux de Saint-Médard d’Eyrans, au sud-est de Bordeaux, où il est toujours situé.

En quelques années, la fabrication artisanale évolue vers la production industrielle.  Les effectifs augmentent, la gamme s’enrichit, la distribution en grande surface s’améliore (surtout chez Intermarché) et le chiffre d’affaires atteint les 13,4 millions d’euros en 2004.  La société s’impose comme le premier acteur, en France, du secteur des produits ultra-frais à base de lait de brebis, élargissant sa production aux entremets et desserts.

Le Petit Basque devient célèbre et finit par séduire. En 2008, la Financière Martin rachète l’entreprise. La marque vient rejoindre Lou Gascoun, le fabricant de pâtés du Sud-Ouest, ou encore Mercadier, spécialiste des conserves préparées dans le Périgord.

« Le défi était de pérenniser la société en développant sa gamme. Ce marché est très concurrentiel. Il faut sans arrêt innover car c’est sur les nouvelles recettes que se fait la croissance » explique, en 2011, Frédéric Martin, le PDG, au Journal des Entreprises.

La R&D est donc chargée d’imaginer et de proposer sans cesse de nouveaux produits avec, comme seul fil conducteur, le lait de brebis. C’est ainsi qu’apparaissent dans le commerce un banana split, un gratin de fruits, un sabayon et bien d’autres nouvelles recettes. Le but ? Occuper les rayons des supermarchés, asseoir son leadership et surprendre encore et toujours les consommateurs.

Le réseau des brebis


Certes beaucoup moins médiatisé que celui des grandes sociétés, le monde des PME fait pourtant preuve d’un dynamisme commercial et financier incontestable. En 2014, la Financière Martin cède Le Petit Basque au groupe breton SILL Entreprises, spécialisé dans les métiers du lait, à la tête de plusieurs entités : Laiterie Malo, Primel Traiteur, SILL Dairy International… La marque est préservée, car SILL fonctionne sur le modèle d’une fédération de PME.

« Chaque société conserve une autonomie de décision, une indépendance de gestion et une direction propre. La stratégie globale est définie par SILL Entreprises mais ensuite chaque PME dispose d’une grande latitude dans sa mise en œuvre. Quand on grandit par de la croissance externe, cela permet plus de douceur dans l’intégration et l’harmonisation des différents statuts » souligne Gilles Falc’Hun, le patron de SILL, au journal La Tribune en 2018.

En quatre ans, SILL investit 9 millions d’euros en faveur de la modernisation du site. Les nouvelles lignes ouvrent la voie à une ribambelle de produits : semoule de lait, riz au lait, mousse au chocolat ou caramel, douceurs de brebis, crème fraîche…

L’or blanc de brebis – Crédit photo: Le Petit Basque

Une telle production nécessite la mise en place d’une filière de producteurs solide. En 2015, l’entreprise décide de privilégier le circuit court, en s’appuyant sur 110 éleveurs, dont près de 40 % en biologique, répartis entre Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

Parmi ces fournisseurs, la ferme de La Niade, en Aveyron, à la tête d’un cheptel de 310 brebis. Après avoir travaillé pour Roquefort, « les exploitants agricoles ont contacté la laiterie Le Petit Basque qui ne fixe pas de quotas, laissant ainsi le producteur libre de fournir la quantité qui lui convient. Les responsables de la laiterie sont venus visiter l’exploitation et ont donné leur aval pour collecter le lait » précise Centre Presse Aveyron. Depuis, la ferme de La Niade s’est convertie au bio, dans une logique de durabilité.

Ambitions industrielles et impératifs écologiques


Afin d’étoffer son réseau de producteurs, Le Petit Basque s’est tourné récemment vers de nouvelles contrées, en l’occurrence la Haute-Loire et la Lozère. Les éleveurs de brebis se réjouissent de cette nouvelle perspective. Ils permettront de soutenir les ambitions de l’entreprise girondine dans le domaine de l’ultrafrais. En effet, Le Petit Basque collecte chaque année plus de 17 millions de litres de lait pour alimenter la fabrication de ses gammes.

De tels volumes supposent une certaine responsabilité en matière éthique et environnementale. L’entreprise revendique d’ailleurs son souci de la biodiversité, son attachement au bien-être des brebis, son soutien à l’agriculture bio, loin de tout OGM, et l’utilisation d’emballages recyclables.

Cette philosophie se traduit concrètement à travers diverses initiatives. Comme le précise Actu.fr, « la laiterie a fait le choix de s’associer à une ferme légumière locale qui possède son propre méthaniseur. Son rôle : valoriser ses 800 tonnes de boues graisseuses (issues du dégraisseur de sa station d’épuration) pour la production de biogaz et du compost à destination des terres agricoles. »

Bref, tous les arguments sont réunis pour continuer d’innover, en respectant néanmoins les arguments qui ont contribué au succès de la marque : une liste d’ingrédients courte, des recettes simples et l’absence de tout additif.

L’entreprise continue de proposer de nouveaux produits. Elle a récemment investi 750 000 euros dans une nouvelle ligne spécialisée dans la production de fromages fouettés et de tartinables.

« Sur les tartinables, ces deux marques [Madame Loïk et St Morêt] représentent à elles seules près de 40 % du marché. Nous sommes les seuls à proposer une alternative 100 % brebis » indique Katia Langbour, la responsable marketing, au journal Sud-Ouest.

D’autres innovations viennent compléter ou améliorer la production. En 2021, Le petit Basque a lancé son premier beurre au lait de brebis et son yaourt Skyr. Dernièrement, il a décidé d’utiliser un ferment qui apporte une texture plus douce et légère à sa gamme de yaourts. Ces mêmes yaourts profitent aussi des nouveautés puisqu’ils sont aujourd’hui disponibles à la framboise et à l’abricot sur lit de fruits.

Biarritz

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre

La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre


Chaque année, l’association Villes & Villages où il fait bon vivre publie un palmarès très attendu des communes françaises qui se distinguent par la qualité de vie qu’elles offrent à leurs habitants.

Biarritz
C’est moi la première ! Crédit photo : Eduardo Grebe – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Biarritz indétrônable

Pour l’édition 2026, la grande enquête a analysé 34 727 communes métropolitaines selon 197 critères regroupés en onze grandes catégories : qualité de vie, sécurité, santé, transports, environnement, éducation, commerces et services, solidarité, loisirs, finances locales et attractivité immobilière.

Cette année encore, le classement révèle à quel point des villes côtières, des bastions de petite ou moyenne taille et des communes rurales bien gérées peuvent se hisser en haut de ce palmarès national.

Au niveau des villes de plus de 2 000 habitants, Biarritz conserve sa place de ville la mieux classée de France où il fait bon vivre. Sa situation exceptionnelle entre mer et montagne, ses services, son offre culturelle et sportive ainsi que sa qualité de vie globale lui permettent de rester en tête du classement.

Juste derrière, Annecy continue sa progression, confirmant son attractivité, notamment grâce à son cadre naturel, à son dynamisme économique et à sa qualité de vie.

Troisième du classement, Angers accuse une petite baisse par rapport aux années précédentes. La commune du Maine-et-Loire est talonnée par Bayonne, qui conserve sa quatrième position.

Enfin, le top 5 englobe Rodez, dont le classement ne varie pas non plus par rapport à l’année dernière.

La côte basque s’impose décidément en force puisque Anglet se hisse à la 7e place et, dans le périmètre des Pyrénées-Atlantiques, Pau se retrouve 19e.

En élargissant l’observation au Sud-Ouest, Bordeaux chute lourdement de 11 places pour se loger à la 48e position nationale. La ville reste toutefois la première pour le département de la Gironde.

Enfin, parmi les villages (moins de 2 000 habitants), c’est encore la côte basque qui brille puisque Guéthary occupe crânement la deuxième position.

Et dans le Sud-Ouest ?

Parmi les communes les mieux classées au niveau national, plusieurs proviennent de Nouvelle-Aquitaine, mais leur nombre reste modéré par rapport à d’autres régions qui dominent le classement, comme l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou même certaines régions de l’Ouest.

Des villes moyennes (comme Bordeaux) ont vu leur position baisser dans les classements récents, suggérant que les communes plus grandes doivent relever des défis comme la sécurité, la propreté ou les services pour rester compétitives dans ce type de palmarès.

Les cités touristiques ne trustent pas forcément les meilleures places, malgré leurs attraits. Ainsi, Sarlat se positionne à la 640e position, Arcachon se positionne à la 1150e, Hossegor à la 1584e, Biscarrosse à la 2722e et Saint-Emilion à la 4515e.

Néanmoins, la présence de Bayonne, Anglet, Pau et Bordeaux le Top 50 national montre une représentation significative des grandes et moyennes villes du Sud de la Nouvelle-Aquitaine dans les communes où il fait bon vivre. Ce classement illustre également l’attractivité du Sud-Ouest et de l’Atlantique pour ceux qui recherchent un bon équilibre entre cadre naturel et vie urbaine ou villageoise.

pyrenex

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex


Depuis 160 ans, l’entreprise landaise collecte des plumes d’oies et de canards du Sud-Ouest pour concevoir des doudounes et des produits de literie vendus dans le monde entier.

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Une certaine classe – Crédit photo : Pyrenex

Une histoire familiale


Les gourmands associent assez rapidement le territoire des Landes au foie gras et/ou au magret de canard. Il est vrai que le département accueille de très nombreuses fermes d’élevage depuis déjà fort longtemps. Si leur viande constitue un mets de choix, les oies et les canards disposent également d’un atout non négligeable : leurs plumes.

Cela, Abel Crabos semble l’avoir compris dès 1859. À cette époque, il écume les marchés de Saint-Sever et des Landes pour collecter sa précieuse matière première. Au fil des années, Abel développe un véritable savoir-faire du traitement et de l’embellissement de la plume, qu’il transforme en panache, aigrette, boa ou ornement. Ses créations sont vendues aux chapelières, aux couturiers ou envoyées à Bordeaux et Paris.

L’atelier gagne en réputation grâce à la qualité de ses teintures (utilisant des pigments naturels) et la finesse de ses montages, ce qui lui vaut des commandes prestigieuses, y compris pour des événements comme le carnaval de Nice ou les bals parisiens.

En 1919, il acquiert le couvent des Ursulines de Saint-Sever – qui a perdu sa destination après la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État – pour le transformer en manufacture de plumes et duvets.

Six ans plus tard, René Crabos rejoint son père au sein de la société Abel Crabos & Fils. L’homme, qui n’est pas un inconnu, est considéré comme un joueur de rugby talentueux, capitaine du Racing Club de France et sélectionné en équipe nationale à de nombreuses reprises jusqu’en 1924.

René décide de n’utiliser que des duvets issus des Pyrénées, qu’il juge de meilleure qualité. Son épouse, Marie, conçoit à partir de 1942 les premières doudounes, qu’elle distribue aux prisonniers de guerre landais en Allemagne par l’intermédiaire de la Croix-Rouge.

Le virage industriel des années 1960


André Crabos, le fils de René et de Marie, intègre l’entreprise familiale, qu’il oriente vers la literie. La nouvelle activité tire le chiffre d’affaires grâce aux excellentes ventes d’édredons, d’oreillers et de couettes.

En 1967, son frère Jean-Pierre rejoint à son tour la société. Sa rencontre avec l’alpiniste et explorateur Louis Audoubert l’incite à concevoir les premières doudounes techniques. « Destinées aux sportifs, elles devaient résister aux conditions climatiques les plus extrêmes. Depuis, on a sans cesse amélioré le processus de fabrication pour rendre nos doudounes ultra légères et isolantes » explique Éric Bacheré, l’actuel directeur général, à Audrey Levy de Paris Match.

La marque Pyrenex fait son apparition officielle en 1968. Elle évoque la chaîne de montagnes située non loin de Saint-Sever. En plus de fabriquer des produits de literie et des doudounes, l’entreprise conçoit des sacs de couchage, aussi légers et isolants que les vêtements, en plus de proposer un moelleux appréciable.

Le succès commercial est au rendez-vous. Pyrenex s’impose parmi les marques haut de gamme des doudounes et des combinaisons de ski. Au cours des années 1980, les exportations progressent, notamment au Japon et au Royaume-Uni portées par l’Authentic Jacket, le produit phare de la marque.

Pour Pyrenex, le savoir-faire permet une excellente maîtrise des processus de fabrication. « Les plumes sont dépoussiérées, stérilisées, séchées puis triées dans d’imposantes machines en bois au look suranné. Les plus grosses sont d’abord retirées et utilisées par l’industrie cosmétique, car riches en kératine, ou comme engrais. Reste ensuite les plumettes, sorte de ressorts naturels, que l’on fourre dans les oreillers et enfin le duvet, la partie la plus noble » détaille Elvire Emptaz dans le magazine Grazia.

machines Pyrenex
Crédit photo : Pyrenex

Tradition et innovation


Impossible de balayer d’un revers de main plus de 150 ans d’expérience. La longue histoire de la famille Crabos contribue à la crédibilité et au positionnement des produits Pyrenex. Ainsi, les machines anciennes sont aujourd’hui pilotées par des programmes informatiques, sans pour autant perturber les procédés de la maison. Le but ? Apporter tout son pouvoir gonflant au duvet : « Calculé en cuin – cubic inch – il s’agit de la capacité pour un certain poids de garnissage à remplir un certain volume. Plus le volume occupé est grand, plus le duvet aura des performances d’isolation et de légèreté élevées » nous apprend le site Internet de la marque.

Autre atout de Pyrenex : la fleur de duvet. Aboutissement d’une longue expérience et d’une organisation dédiée, elle révèle des performances d’isolation et de légèreté exceptionnelles. Pyrenex la réserve à ses doudounes et couettes haut de gamme, avec la promesse d’un confort « sublimé ».

Si les articles de literie continuent d’être fabriqués dans les Landes, l’entreprise a dû se résoudre à délocaliser en Turquie et en Bulgarie la confection des doudounes. « Le montage des doudounes prend plusieurs heures et le coût de la main-d’œuvre pèse beaucoup sur le prix des produits. L’autre limite, c’est qu’il n’y a pas assez d’ateliers capables de les réaliser en France » indique Éric Bacheré au journal La Croix.

Aujourd’hui, Pyrenex soutient un rythme industriel tout en conservant son esprit artisanal. Chaque année, 200 000 doudounes, 800 000 oreillers et 200 000 couettes sont commercialisés. La gamme complète englobe150 références, pour une fourchette de prix comprise entre 500 et 1000 euros.

Les produits ont reçu le label de qualité Oeko-Tex, qui garantit l’absence de produits toxiques pour le corps et pour l’environnement.

Être une marque de son temps


Dans un marché soumis à une forte concurrence, les initiatives constituent souvent de précieux relais de croissance, aussi bien en matière de création, de marketing que de pilotage de l’entreprise.

« Aller plus loin pour nous, cela a consisté, dès 2016, à adopter une stratégie résolument offensive en matière de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale » précise Edouard Crabos, le PDG, au journal Sud-Ouest. Au-delà de la recherche d’une certaine qualité, les clients se montrent aujourd’hui sensibles aux questions écologiques, de circuits courts, de traçabilité et de recyclage. Quasiment un argument de vente.

En 2020, Pyrenex reçoit le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV). Cette distinction, décernée par le ministère de l’Économie et des Finances, valorise l’excellence du savoir-faire.

Innover, c’est aussi savoir s’entourer. À partir de 2008, Pyrenex collabore avec de grands couturiers, dont Alexis Mabille et Alexandre Vauthier. La marque a quitté depuis longtemps les magasins de sport pour intégrer ceux dédiés à la mode. La signature des créateurs lui permet de s’installer dans des magasins prestigieux, à l’instar de Joyce à Tokyo ou Opening Ceremony à New York.

Pyrenex ouvre sa première boutique parisienne en 2015 puis une seconde en 2019. Sept boutiques constituent le réseau de la marque en France, en plus des 1 500 points de vente. L’exportation continue de jouer son rôle de locomotive, représentant 60 % du chiffre d’affaires.

L’entreprise a également mis en place depuis quelques années l’atelier « Made in Saint-Sever », uniquement dédié à de petites lignes de doudounes, fabriquées dans les Landes. L’objectif est de proposer des vêtements de luxe ultralégers, conçus à partir du « Duvet Legend » de Pyrenex, et reconnaissables grâce à leur couture de matelassage.

La qualité semble donc s’imposer comme un argument de pérennité. Pyrenex emploie aujourd’hui plus de 150 personnes, dont le savoir-faire apparaît fondamental. La famille Crabos a su, depuis le 19e siècle, exploiter tout le potentiel des plumes et duvets. « Notre concurrence est le produit synthétique. Mais une fois qu’une personne a essayé la fibre naturelle, il ne reviendra jamais au produit synthétique » constate d’ailleurs Edouard Crabos.