Olivier Sorondo
Quels sont les dix sites les plus visités du Sud-Ouest ?
Quels sont les dix sites les plus visités du Sud-Ouest ?
Destination touristique plébiscitée, la Nouvelle-Aquitaine profite de ses sites naturels, de son littoral et de son patrimoine pour attirer chaque année des millions de visiteurs.
Olivier Sorondo – 19 février 2026 – Dernière MAJ : le 19 février 2026

Une fréquentation en hausse
Certes, la Nouvelle-Aquitaine n’occupe plus la première place du podium des régions touristiques françaises, comme c’était le cas en 2021. Selon l’étude de l’Insee publiée en décembre dernier, c’est l’Ile-de-France qui se hisse désormais à la première position.
La région francilienne compte sur des arguments massifs pour susciter l’intérêt des touristes. Il y a bien sûr Paris, considérée comme la capitale mondiale du tourisme, et ses multiples sites aux millions de visiteurs : le Louvre, la tour Eiffel, le musée d’Orsay, Notre-Dame ou encore le Sacré-Cœur.
Au-delà de la ville lumière, d’autres destinations attirent aussi le public : le château de Versailles, Disneyland, le château de Fontainebleau…
Malgré tout, les chiffres se veulent encourageants s’agissant du Sud-Ouest, car la fréquentation touristique enregistre une hausse certaine (+4,5 % par rapport à 2024), notamment grâce aux vacanciers étrangers (Allemands, Néerlandais, Britanniques, Espagnols, Américains…). Si la clientèle française a plus faiblement augmenté (+3,3 %), elle reste très importante sitôt les beaux jours venus.
Mais quels sont les sites et/ou destinations les plus populaires auprès des visiteurs en Nouvelle-Aquitaine ? La question mérite d’être posée, même si les différentes sources d’information laissent parfois voir de grandes différences sur les chiffres de fréquentation.
Et les gagnants sont…
1. Le Futuroscope
Situé dans le département de la Vienne (un peu hors des limites du Sud-Ouest, on le reconnait), le parc continue de séduire une large clientèle grâce au renouvellement permanent de ses attractions, dont la dernière est l’Aquascope, entièrement dédiée aux plaisirs aquatiques sur plus de 6 000 m².
Fréquentation estimée en 2025 : 2 millions de visiteurs.
2. La dune du Pilat
Inutile de présenter cette montagne de sable de plus de 110 mètres, qui reste une valeur sûre grâce au plaisir enfantin de la gravir pour profiter de son exceptionnel panorama sur le bassin d’Arcachon et la forêt des Landes.
Fréquentation estimée en 2025 : 2 millions de visiteurs.
3. Aquarium de La Rochelle
L’établissement figure parmi les plus grands aquariums privés d’Europe, où il est possible de découvrir 12 000 animaux marins de 600 espèces répartis en 82 aquariums. Immersion et magie garanties.
Fréquentation estimée en 2025 : 800 000 visiteurs.
4. Bassin des Lumières
Fréquenté tout au long de l’année grâce à ses célèbres projections vidéo qui adoptent à chaque fois une thématique différente (Gustave Klimt, Venise, Mondrian, Tintin…), l’ancienne base sous-marine de Bordeaux a su retrouver une seconde vie en exploitant son immensité pour proposer des murs d’images impressionnants.
Fréquentation estimée en 2025 : 770 000 visiteurs.
5. Zoo de La Palmyre
Certes, le zoo de la Palmyre, en Charente-Maritime, n’a pas profité de l’aubaine d’accueillir des pandas, comme ce fut le cas à Beauval, pour exploser sa fréquentation. Néanmoins, sa réputation lui assure chaque année un public nombreux et fidèle.
Fréquentation estimée en 2025 : 600 000 visiteurs.
6. Citadelle de Blaye
Ah, qu’il est encore beau et imposant le complexe militaire imaginé par Vauban au 17e siècle pour contrôler la navigation sur l’estuaire de la Gironde. Inscrite au Patrimoine Mondiale de l’Unesco, la citadelle se compose de plus d’un kilomètre de remparts, de souterrains et de moult bâtiments parfaitement bien conservés.
Fréquentation estimée en 2025 : 450 000 visiteurs.
7. Lascaux IV
Le chantier de Lascaux IV, consistant à réaliser un fac-similé qui représente l’intégralité de la grotte originale, fut un énorme pari, aujourd’hui gagné. Le lieu propose depuis 2016 de se plonger dans la magie de l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique supérieur.
Fréquentation estimée en 2025 : 400 000 visiteurs.
8. Cité du Vin
Il manquait quand même quelque chose digne de nom à Bordeaux pour célébrer ses vignobles, qui ont contribué à sa réputation internationale. Heureusement, la Cité du Vin comble cette lacune depuis 2016. L’énorme bâtiment, dont l’architecture s’inspire d’un cep de vigne noueux, se consacre certes aux vins de Bordeaux, mais aussi et surtout à ceux du monde entier.
Fréquentation estimée en 2025 : 390 000 visiteurs.
9. Le train de la Rhune
Le Pays basque s’invite dans le palmarès des destinations vedettes de Nouvelle-Aquitaine. Il est vrai que la Rhune sait attirer les regards du haut de ses 900 mètres. Le train à crémaillère qui part à son assaut infatigablement depuis un siècle séduit encore et toujours les touristes.
Fréquentation estimée en 2025 : 290 000 visiteurs.
10. Aquarium de Biarritz
Abrité dans un magnifique bâtiment de style Art déco, avec une vue spectaculaire sur l’océan et le Rocher de la Vierge, l’Aquarium de Biarritz a été inauguré en 1933. Il a pu profiter d’une extension en 2011, lui permettant de doubler sa surface et de proposer encore plus de bassins et d’aquariums.
Fréquentation estimée en 2025 : 280 000 visiteurs.
Basajaun, le géant des forêts basques
Basajaun, le géant des forêts basques
À l’ombre des grands hêtres d’Iraty, là où les brumes accrochent les crêtes, certains disent que l’on peut encore entendre le pas lourd du Basajaun, le seigneur des forêts.
Olivier Sorondo
12 février 2026 – MAJ 13 février 2026
Temps de lecture : 9 mn
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Figure emblématique de la mythologie basque
Les quelques images qui le représentent amènent au même constat : un être puissant inspirant la crainte et le respect. Qui est le Basajaun (prononcer « bachadiaoun » ou « bachajaoun »), dont le nom signifie « seigneur sauvage » en basque ?
Figure tutélaire des montagnes et des forêts, il est généralement décrit comme un géant massif, au corps entièrement couvert de poils, avec une allure d’homme sauvage vivant loin des villages.
Son origine pourrait être liée à la rencontre des proto-Basques et des Néandertaliens, en voie d’extinction, il y a 40 000 ans. Le personnage a ensuite évolué, sans jamais disparaître de la tradition orale.
Pour les anthropologues et les ethnologues, le mythe du Basajaun constitue un témoignage précieux de l’ancienne cosmologie basque, antérieure à la christianisation. Il représenterait une survivance de cultes animistes ou de croyances liées à des divinités forestières préchrétiennes, à l’instar des Jentilak (géants constructeurs de dolmens), progressivement transformées et adaptées au fil des siècles.
Pour Claude Labat, professeur, mythologue et écrivain, « la mythologie n’est pas destinée à distraire les enfants. Elle est la mise en parole de la sagesse qu’un groupe humain distille pour penser l’univers, le monde et la société » explique-t-il au site d’information Enbata. « Par exemple, quand les bergers basques évoquent Basajaun, l’Homme Sauvage, ils ne cherchent pas à décrire la Nature sauvage mais à rappeler que les pulsions vitales, la sexualité, la faim et la force physique font partie de notre humanité et qu’il faut savoir les canaliser. »
Le Basajaun rejoint d’ailleurs le cercle d’autres créatures légendaires à forme humaine issues de cultures traditionnelles et montagnardes. Ce sont par exemple le Yéti au Tibet et au Népal, le Sasquatch (ou Bigfoot) aux États-Unis et au Canada et l’Almasty dans la région du Caucase.
Parfaitement adapté à son environnement
Selon les légendes basques, le Basajaun se présente comme un être de grande taille, mesurant généralement entre deux et trois mètres de hauteur. Sa pilosité abondante, à l’exception du visage et de la plante des pieds, lui permet de résister aux rigueurs climatiques des montagnes pyrénéennes.
Sa force est telle qu’il peut déplacer des rochers, abattre des arbres de ses mains, traverser les torrents d’un seul bond. Mais son regard est souvent présenté comme plus mélancolique que véritablement malveillant.
Malgré son apparence imposante, le Basajaun possède une intelligence remarquable et une connaissance approfondie des secrets de la nature. Sa démarche imite celle d’un ours, lente mais assurée, témoignant de son aisance en zone escarpée.
Le Basajaun établit sa demeure dans les cavernes profondes et les grottes isolées des Pyrénées basques, loin des chemins fréquentés par les humains. Ces refuges naturels, souvent situés dans les zones les plus reculées des forêts de hêtres et de chênes, lui servent de sanctuaire pour observer le monde sans être dérangé. Il est souvent dit que l’immense forêt d’Iraty constitue à ses yeux un habitat de choix.
Est-ce pour autant un être solitaire ? La légende lui prête une compagne, ou plutôt son pendant féminin, appelée Basandere. Elle est souvent décrite assise à l’entrée des grottes ou près des sources limpides, peignant sa longue chevelure avec un peigne d’or, un attribut qu’elle partage avec les Lamiak (autres créatures mythiques basques). La Basandere semble être la gardienne des trésors souterrains et de l’intimité de la nature. Elle représente la part plus insaisissable du monde sauvage. Sa simple présence signale un lieu de pouvoir naturel. Bien qu’elle puisse se montrer terrifiante pour ceux qui profanent son territoire, elle incarne une forme de beauté sauvage et de souveraineté sur le monde minéral et aquatique.
Le gardien protecteur des troupeaux
Contrairement à de nombreuses créatures fantastiques du folklore européen, le Basajaun n’est pas considéré comme une entité malveillante. Au contraire, les légendes basques le dépeignent comme un protecteur bienveillant des bergers et de leurs troupeaux. Lorsqu’un danger menace — qu’il s’agisse d’un orage imminent, d’une tempête de neige ou de la présence d’un loup rôdant à proximité — le Basajaun alerte les bergers par des cris caractéristiques ou des sifflements puissants qui résonnent dans les vallées.
Cette fonction protectrice s’étend également à la forêt elle-même. Le Basajaun veille à ce que les ressources naturelles soient respectées et utilisées avec parcimonie. Il surveille les coupes de bois excessives et protège les sources d’eau, garantissant ainsi la pérennité de l’écosystème forestier dont dépendent les communautés montagnardes.
Certains contes évoquent son ambivalence : il peut jouer des tours aux bergers en imitant leur irrintzina pour les attirer vers des passages dangereux, tout en restant globalement une figure bienveillante qui veille sur l’équilibre de la nature. Ce double visage – protecteur mais redoutable – rappelle que la montagne peut être nourricière tout en demeurant potentiellement mortelle.
Le Basajaun symbolise la part sauvage du Pays basque, cette alliance de forêts profondes, de reliefs imposants et de climats changeants. Il rappelle qu’ici, pendant des siècles, la vie a été rythmée par les transhumances, la garde des troupeaux et la fréquentation des estives. Dans cette perspective, il est presque un visage donné à la montagne, un esprit tutélaire auquel on attribue les caprices, mais aussi les générosités du milieu naturel.
Il reste néanmoins craint des hommes. Les bergers ne manquent pas de lui laisser des offrandes, composées de pain, de fromage et de lait, peut-être pour éviter qu’il ne vienne piller les cabanes lorsque la faim se fait trop forte.
Détenteur de savoirs ancestraux
Considérer le Basajaun comme une créature primitive des forêts, uniquement guidée par l’instinct, serait faire injure à son histoire.
Au‑delà de sa dimension sauvage, le Basajaun est présenté comme détenteur de connaissances techniques et agricoles qu’il aurait transmises aux humains (ou qu’on lui aurait volées). Dans la légende bien connue de Martín Txiki, un petit héros futé, par exemple, c’est en dérobant au Basajaun le secret de la fabrication de la scie (issu de l’observation des feuilles de châtaigniers) que les Basques auraient appris à mieux travailler le bois.
D’autres versions lui attribuent la maîtrise de l’agriculture, de la métallurgie ou de certaines techniques pastorales, faisant de lui une sorte d’enseignant caché des premiers paysans et artisans. On retrouve ainsi dans cette figure la mémoire symbolique d’un temps où les savoir-faire se transmettaient au contact direct de la nature, en observant les cycles des forêts et des montagnes.
Riche d’une culture ancestrale, le Basajaun symbolise la mémoire collective et la transmission des connaissances essentielles à la survie dans un environnement montagnard difficile. Son caractère ambivalent — sauvage mais bienveillant, puissant mais respectueux — reflète la relation complexe que les communautés basques entretenaient avec leur environnement naturel.
Dans certaines régions montagneuses, le Basajaun est associé à des lieux précis : grottes portant son nom, rochers où il aurait laissé l’empreinte de ses pas, ou sources qu’il aurait fait jaillir de la roche. Ces sites deviennent des marqueurs du paysage mythologique basque, où la géographie réelle se mêle aux récits légendaires.
Les témoignages de rencontres avec le Basajaun, bien que rares dans les récits contemporains, étaient relativement fréquents dans les traditions orales du 19e siècle. Les bergers racontaient l’avoir aperçu au crépuscule, se déplaçant silencieusement entre les arbres, ou avoir entendu ses appels résonner dans les gorges profondes.
Et aujourd’hui ?
Son importance dans la mythologie basque le protège de l’oubli. Il est célébré lors de festivals folkloriques, représenté dans l’art et la littérature contemporains, et continue d’inspirer les conteurs et les artistes. Son image apparaît sur des sculptures publiques et des fresques murales.
Il sert aussi d’argument à la communication touristique, qui l’affiche parfois comme le Yéti basque. Des hébergements, campings ou structures touristiques l’utilisent comme figure d’appel pour raconter les mythes locaux et proposer des animations autour des créatures fantastiques régionales.
Quelques films lui ont même été consacrés, dont le thriller El guardián invisible, réalisé par Fernando Gonzàlez Molina en 2017 et adapté de la trilogie La Vallée du Batzan de Dolores Redondo. Le film présente le Basajaun comme le témoin discret d’une série de meurtres commis dans les forêts.
Le personnage sert aussi de symbole aux revendications écologiques, notamment pour la préservation des forêts pyrénéennes.
Dans les randonnées en forêt d’Iraty ou autour de certaines grottes, guides et panneaux d’interprétation évoquent parfois ce seigneur sauvage pour mieux relier paysages, folklore et imaginaire collectif. Le Basajaun devient ainsi un outil de médiation culturelle et environnementale, qui permet de parler à la fois de légendes, de patrimoine naturel et d’identité basque.
Au-delà de son aspect légendaire, le Basajaun rappelle l’importance de préserver l’équilibre entre l’homme et la nature, un message particulièrement pertinent à notre époque. En tant que gardien des forêts et protecteur de l’environnement, cette créature mythique incarne des valeurs écologiques qui résonnent avec les préoccupations contemporaines. Le géant sauvage reste ainsi bien plus qu’une simple légende : il incarne une vision du monde où la nature n’est pas un simple décor, mais une entité vivante, puissante et digne de respect.
Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois
Fermeture de la plage du Petit Nice, près du Pilat, pendant trois mois
Les mauvaises conditions météorologique de ces dernières semaines ont impacté le littoral girondin, justifiant des mesures de sécurité.
Olivier Sorondo – 8 février 2026 – Dernière MAJ : le 8 février 2026 à 18:49

Une érosion spectaculaire
Le littoral a subi des assauts particulièrement violents ces dernières semaines. En l’espace de seulement dix jours, le trait de côte a reculé de 5 à 6 mètres. Ce phénomène, accentué par les tempêtes hivernales et les fortes houles, a littéralement grignoté la plage.
L’érosion dunaire laisse voir de véritables falaises de sable, avec, par endroits, des escarpements verticaux de 3 à 7 mètres de hauteur. Ces structures, extrêmement instables, entraînent des risques de chute et d’ensevelissement. Les parois peuvent s’effondrer à tout moment sur les personnes qui se trouveraient en contrebas.
Pire : une fois sur la plage, il est devenu presque impossible de remonter en sécurité vers le parking.
« Un dispositif de signalisation et de matérialisation de l’interdiction a été installé par les services de la voirie afin d’empêcher l’accès à la zone concernée. Les autorités appellent à la plus grande prudence et invitent habitants comme visiteurs à respecter strictement les consignes, rappelant que ces mesures visent avant tout à prévenir les accidents » prévient Le Figaro (05/02/2026).
Travaux de protection
Parallèlement à cette mise en sécurité, des opérations de réensablement massif sont prévues dans la zone. Le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) doit injecter des milliers de mètres cubes de sable pour tenter de stabiliser le pied des perrés (les protections en pierre) et limiter le recul du trait de côte avant la saison estivale.
La plage du Petit Nice n’est pas isolée : d’autres parties du littoral autour du Bassin d’Arcachon et du Pyla-sur-Mer font régulièrement l’objet de travaux d’entretien ou de réensablement pour compenser la perte de sable et stabiliser la côte.
La fermeture de la plage court jusqu’au 30 avril. À proximité du Petit Nice, les plages de la Salie Nord et de la Lagune restent quant à elles ouvertes au public.
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (4/4) : Le Petit Basque
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (4/4) : Le Petit Basque
Depuis sa création, Le Petit Basque a su valoriser le lait de brebis à travers une multitude de produits. La PME girondine s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable de son marché.
Olivier Sorondo
6 février 2026 – MAJ 6 février 2026
Temps de lecture : 8 mn
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Un vélo et du porte-à-porte
L’histoire est belle. Dans les années 1950, la famille Alcachebury quitte le Pays basque pour s’installer à Talence, en proche banlieue bordelaise. Si dans les Pyrénées, le lait de brebis est apprécié depuis longtemps, il reste assez méconnu en terres girondines.
Aidée de son mari, responsable de la matière première, Madame Alcachebury choisit de fabriquer des caillés de brebis et de les proposer à la vente. Plutôt que d’ouvrir une boutique, elle préfère se rendre chez les particuliers avec son vélo et son matériel (faisselles, louches…). À chaque fois, le processus est le même : réchauffage du lait, ajout de présure pour le faire cailler, moulage du caillé dans des faisselles. Les clients, ravis, peuvent ainsi voir naître le produit sous leurs yeux ébahis, ce qui contribue, à n’en pas douter, à créer un lien de confiance et de curiosité.
Selon la légende, certains particuliers proposaient d’héberger la courageuse jeune femme afin qu’elle fabrique encore plus de caillés.
Le bouche-à-oreille ne tarde pas à produire ses effets. Les commandes se multiplient, obligeant la laitière basque à préparer les yahourts chez elle pour les vendre ensuite en porte-à-porte ou sur les marchés. L’affaire prospère, le fiston rejoint l’aventure et la production se mécanise gentiment pour répondre à la demande croissante.
En 1959, il est temps de donner un nom commercial. Au regard de l’origine des Alcachebury, la marque se veut simple et évidente : ce sera Le Petit Basque.
Madame Alcachebury installe un atelier à Bordeaux, conditionne le caillé dans de petits pots coniques en carton paraffiné et étend sa zone de livraison. La machine est lancée.
L’opportunité d’un marché de niche
À cette époque, le lait de brebis reste suffisamment rare pour susciter de nouvelles envies de consommation. Il est certes apprécié pour sa saveur, plus marqué que celle du lait de vache, mais surtout pour ses apports nutritionnels en minéraux, vitamines et protéines.
Bref, le marché se veut porteur et Le Petit Basque poursuit sa croissance, jusqu’à ce que la famille Alcachebury décide de passer la main en 1982. L’heureux acquéreur est Jean-Michel Caillaud, maître artisan laitier, qui, tout en préservant la recette originale du caillé, développe de nouveaux produits, comme le dessert au chocolat, la mousse au café ou au marron, le yaourt…
En 1995, Le Petit Basque aménage dans ses nouveaux locaux de Saint-Médard d’Eyrans, au sud-est de Bordeaux, où il est toujours situé.
En quelques années, la fabrication artisanale évolue vers la production industrielle. Les effectifs augmentent, la gamme s’enrichit, la distribution en grande surface s’améliore (surtout chez Intermarché) et le chiffre d’affaires atteint les 13,4 millions d’euros en 2004. La société s’impose comme le premier acteur, en France, du secteur des produits ultra-frais à base de lait de brebis, élargissant sa production aux entremets et desserts.
Le Petit Basque devient célèbre et finit par séduire. En 2008, la Financière Martin rachète l’entreprise. La marque vient rejoindre Lou Gascoun, le fabricant de pâtés du Sud-Ouest, ou encore Mercadier, spécialiste des conserves préparées dans le Périgord.
« Le défi était de pérenniser la société en développant sa gamme. Ce marché est très concurrentiel. Il faut sans arrêt innover car c’est sur les nouvelles recettes que se fait la croissance » explique, en 2011, Frédéric Martin, le PDG, au Journal des Entreprises.
La R&D est donc chargée d’imaginer et de proposer sans cesse de nouveaux produits avec, comme seul fil conducteur, le lait de brebis. C’est ainsi qu’apparaissent dans le commerce un banana split, un gratin de fruits, un sabayon et bien d’autres nouvelles recettes. Le but ? Occuper les rayons des supermarchés, asseoir son leadership et surprendre encore et toujours les consommateurs.
Le réseau des brebis
Certes beaucoup moins médiatisé que celui des grandes sociétés, le monde des PME fait pourtant preuve d’un dynamisme commercial et financier incontestable. En 2014, la Financière Martin cède Le Petit Basque au groupe breton SILL Entreprises, spécialisé dans les métiers du lait, à la tête de plusieurs entités : Laiterie Malo, Primel Traiteur, SILL Dairy International… La marque est préservée, car SILL fonctionne sur le modèle d’une fédération de PME.
« Chaque société conserve une autonomie de décision, une indépendance de gestion et une direction propre. La stratégie globale est définie par SILL Entreprises mais ensuite chaque PME dispose d’une grande latitude dans sa mise en œuvre. Quand on grandit par de la croissance externe, cela permet plus de douceur dans l’intégration et l’harmonisation des différents statuts » souligne Gilles Falc’Hun, le patron de SILL, au journal La Tribune en 2018.
En quatre ans, SILL investit 9 millions d’euros en faveur de la modernisation du site. Les nouvelles lignes ouvrent la voie à une ribambelle de produits : semoule de lait, riz au lait, mousse au chocolat ou caramel, douceurs de brebis, crème fraîche…
Une telle production nécessite la mise en place d’une filière de producteurs solide. En 2015, l’entreprise décide de privilégier le circuit court, en s’appuyant sur 110 éleveurs, dont près de 40 % en biologique, répartis entre Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
Parmi ces fournisseurs, la ferme de La Niade, en Aveyron, à la tête d’un cheptel de 310 brebis. Après avoir travaillé pour Roquefort, « les exploitants agricoles ont contacté la laiterie Le Petit Basque qui ne fixe pas de quotas, laissant ainsi le producteur libre de fournir la quantité qui lui convient. Les responsables de la laiterie sont venus visiter l’exploitation et ont donné leur aval pour collecter le lait » précise Centre Presse Aveyron. Depuis, la ferme de La Niade s’est convertie au bio, dans une logique de durabilité.
Ambitions industrielles et impératifs écologiques
Afin d’étoffer son réseau de producteurs, Le Petit Basque s’est tourné récemment vers de nouvelles contrées, en l’occurrence la Haute-Loire et la Lozère. Les éleveurs de brebis se réjouissent de cette nouvelle perspective. Ils permettront de soutenir les ambitions de l’entreprise girondine dans le domaine de l’ultrafrais. En effet, Le Petit Basque collecte chaque année plus de 17 millions de litres de lait pour alimenter la fabrication de ses gammes.
De tels volumes supposent une certaine responsabilité en matière éthique et environnementale. L’entreprise revendique d’ailleurs son souci de la biodiversité, son attachement au bien-être des brebis, son soutien à l’agriculture bio, loin de tout OGM, et l’utilisation d’emballages recyclables.
Cette philosophie se traduit concrètement à travers diverses initiatives. Comme le précise Actu.fr, « la laiterie a fait le choix de s’associer à une ferme légumière locale qui possède son propre méthaniseur. Son rôle : valoriser ses 800 tonnes de boues graisseuses (issues du dégraisseur de sa station d’épuration) pour la production de biogaz et du compost à destination des terres agricoles. »
Bref, tous les arguments sont réunis pour continuer d’innover, en respectant néanmoins les arguments qui ont contribué au succès de la marque : une liste d’ingrédients courte, des recettes simples et l’absence de tout additif.
L’entreprise continue de proposer de nouveaux produits. Elle a récemment investi 750 000 euros dans une nouvelle ligne spécialisée dans la production de fromages fouettés et de tartinables.
« Sur les tartinables, ces deux marques [Madame Loïk et St Morêt] représentent à elles seules près de 40 % du marché. Nous sommes les seuls à proposer une alternative 100 % brebis » indique Katia Langbour, la responsable marketing, au journal Sud-Ouest.
D’autres innovations viennent compléter ou améliorer la production. En 2021, Le petit Basque a lancé son premier beurre au lait de brebis et son yaourt Skyr. Dernièrement, il a décidé d’utiliser un ferment qui apporte une texture plus douce et légère à sa gamme de yaourts. Ces mêmes yaourts profitent aussi des nouveautés puisqu’ils sont aujourd’hui disponibles à la framboise et à l’abricot sur lit de fruits.
La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre
La côte basque à l’honneur du palmarès des villes et villages où il fait bon vivre
Chaque année, l’association Villes & Villages où il fait bon vivre publie un palmarès très attendu des communes françaises qui se distinguent par la qualité de vie qu’elles offrent à leurs habitants.
Olivier Sorondo – 1er février 2026 – Dernière MAJ : le 4 février 2026 à 18:49

Biarritz indétrônable
Pour l’édition 2026, la grande enquête a analysé 34 727 communes métropolitaines selon 197 critères regroupés en onze grandes catégories : qualité de vie, sécurité, santé, transports, environnement, éducation, commerces et services, solidarité, loisirs, finances locales et attractivité immobilière.
Cette année encore, le classement révèle à quel point des villes côtières, des bastions de petite ou moyenne taille et des communes rurales bien gérées peuvent se hisser en haut de ce palmarès national.
Au niveau des villes de plus de 2 000 habitants, Biarritz conserve sa place de ville la mieux classée de France où il fait bon vivre. Sa situation exceptionnelle entre mer et montagne, ses services, son offre culturelle et sportive ainsi que sa qualité de vie globale lui permettent de rester en tête du classement.
Juste derrière, Annecy continue sa progression, confirmant son attractivité, notamment grâce à son cadre naturel, à son dynamisme économique et à sa qualité de vie.
Troisième du classement, Angers accuse une petite baisse par rapport aux années précédentes. La commune du Maine-et-Loire est talonnée par Bayonne, qui conserve sa quatrième position.
Enfin, le top 5 englobe Rodez, dont le classement ne varie pas non plus par rapport à l’année dernière.
La côte basque s’impose décidément en force puisque Anglet se hisse à la 7e place et, dans le périmètre des Pyrénées-Atlantiques, Pau se retrouve 19e.
En élargissant l’observation au Sud-Ouest, Bordeaux chute lourdement de 11 places pour se loger à la 48e position nationale. La ville reste toutefois la première pour le département de la Gironde.
Enfin, parmi les villages (moins de 2 000 habitants), c’est encore la côte basque qui brille puisque Guéthary occupe crânement la deuxième position.
Et dans le Sud-Ouest ?
Parmi les communes les mieux classées au niveau national, plusieurs proviennent de Nouvelle-Aquitaine, mais leur nombre reste modéré par rapport à d’autres régions qui dominent le classement, comme l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou même certaines régions de l’Ouest.
Des villes moyennes (comme Bordeaux) ont vu leur position baisser dans les classements récents, suggérant que les communes plus grandes doivent relever des défis comme la sécurité, la propreté ou les services pour rester compétitives dans ce type de palmarès.
Les cités touristiques ne trustent pas forcément les meilleures places, malgré leurs attraits. Ainsi, Sarlat se positionne à la 640e position, Arcachon se positionne à la 1150e, Hossegor à la 1584e, Biscarrosse à la 2722e et Saint-Emilion à la 4515e.
Néanmoins, la présence de Bayonne, Anglet, Pau et Bordeaux le Top 50 national montre une représentation significative des grandes et moyennes villes du Sud de la Nouvelle-Aquitaine dans les communes où il fait bon vivre. Ce classement illustre également l’attractivité du Sud-Ouest et de l’Atlantique pour ceux qui recherchent un bon équilibre entre cadre naturel et vie urbaine ou villageoise.
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex
Depuis 160 ans, l’entreprise landaise collecte des plumes d’oies et de canards du Sud-Ouest pour concevoir des doudounes et des produits de literie vendus dans le monde entier.
Olivier Sorondo
14 janvier 2026 – MAJ 14 janvier 2026
Temps de lecture : 7 mn
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Une histoire familiale
Les gourmands associent assez rapidement le territoire des Landes au foie gras et/ou au magret de canard. Il est vrai que le département accueille de très nombreuses fermes d’élevage depuis déjà fort longtemps. Si leur viande constitue un mets de choix, les oies et les canards disposent également d’un atout non négligeable : leurs plumes.
Cela, Abel Crabos semble l’avoir compris dès 1859. À cette époque, il écume les marchés de Saint-Sever et des Landes pour collecter sa précieuse matière première. Au fil des années, Abel développe un véritable savoir-faire du traitement et de l’embellissement de la plume, qu’il transforme en panache, aigrette, boa ou ornement. Ses créations sont vendues aux chapelières, aux couturiers ou envoyées à Bordeaux et Paris.
L’atelier gagne en réputation grâce à la qualité de ses teintures (utilisant des pigments naturels) et la finesse de ses montages, ce qui lui vaut des commandes prestigieuses, y compris pour des événements comme le carnaval de Nice ou les bals parisiens.
En 1919, il acquiert le couvent des Ursulines de Saint-Sever – qui a perdu sa destination après la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État – pour le transformer en manufacture de plumes et duvets.
Six ans plus tard, René Crabos rejoint son père au sein de la société Abel Crabos & Fils. L’homme, qui n’est pas un inconnu, est considéré comme un joueur de rugby talentueux, capitaine du Racing Club de France et sélectionné en équipe nationale à de nombreuses reprises jusqu’en 1924.
René décide de n’utiliser que des duvets issus des Pyrénées, qu’il juge de meilleure qualité. Son épouse, Marie, conçoit à partir de 1942 les premières doudounes, qu’elle distribue aux prisonniers de guerre landais en Allemagne par l’intermédiaire de la Croix-Rouge.
Le virage industriel des années 1960
André Crabos, le fils de René et de Marie, intègre l’entreprise familiale, qu’il oriente vers la literie. La nouvelle activité tire le chiffre d’affaires grâce aux excellentes ventes d’édredons, d’oreillers et de couettes.
En 1967, son frère Jean-Pierre rejoint à son tour la société. Sa rencontre avec l’alpiniste et explorateur Louis Audoubert l’incite à concevoir les premières doudounes techniques. « Destinées aux sportifs, elles devaient résister aux conditions climatiques les plus extrêmes. Depuis, on a sans cesse amélioré le processus de fabrication pour rendre nos doudounes ultra légères et isolantes » explique Éric Bacheré, l’actuel directeur général, à Audrey Levy de Paris Match.
La marque Pyrenex fait son apparition officielle en 1968. Elle évoque la chaîne de montagnes située non loin de Saint-Sever. En plus de fabriquer des produits de literie et des doudounes, l’entreprise conçoit des sacs de couchage, aussi légers et isolants que les vêtements, en plus de proposer un moelleux appréciable.
Le succès commercial est au rendez-vous. Pyrenex s’impose parmi les marques haut de gamme des doudounes et des combinaisons de ski. Au cours des années 1980, les exportations progressent, notamment au Japon et au Royaume-Uni portées par l’Authentic Jacket, le produit phare de la marque.
Pour Pyrenex, le savoir-faire permet une excellente maîtrise des processus de fabrication. « Les plumes sont dépoussiérées, stérilisées, séchées puis triées dans d’imposantes machines en bois au look suranné. Les plus grosses sont d’abord retirées et utilisées par l’industrie cosmétique, car riches en kératine, ou comme engrais. Reste ensuite les plumettes, sorte de ressorts naturels, que l’on fourre dans les oreillers et enfin le duvet, la partie la plus noble » détaille Elvire Emptaz dans le magazine Grazia.
Tradition et innovation
Impossible de balayer d’un revers de main plus de 150 ans d’expérience. La longue histoire de la famille Crabos contribue à la crédibilité et au positionnement des produits Pyrenex. Ainsi, les machines anciennes sont aujourd’hui pilotées par des programmes informatiques, sans pour autant perturber les procédés de la maison. Le but ? Apporter tout son pouvoir gonflant au duvet : « Calculé en cuin – cubic inch – il s’agit de la capacité pour un certain poids de garnissage à remplir un certain volume. Plus le volume occupé est grand, plus le duvet aura des performances d’isolation et de légèreté élevées » nous apprend le site Internet de la marque.
Autre atout de Pyrenex : la fleur de duvet. Aboutissement d’une longue expérience et d’une organisation dédiée, elle révèle des performances d’isolation et de légèreté exceptionnelles. Pyrenex la réserve à ses doudounes et couettes haut de gamme, avec la promesse d’un confort « sublimé ».
Si les articles de literie continuent d’être fabriqués dans les Landes, l’entreprise a dû se résoudre à délocaliser en Turquie et en Bulgarie la confection des doudounes. « Le montage des doudounes prend plusieurs heures et le coût de la main-d’œuvre pèse beaucoup sur le prix des produits. L’autre limite, c’est qu’il n’y a pas assez d’ateliers capables de les réaliser en France » indique Éric Bacheré au journal La Croix.
Aujourd’hui, Pyrenex soutient un rythme industriel tout en conservant son esprit artisanal. Chaque année, 200 000 doudounes, 800 000 oreillers et 200 000 couettes sont commercialisés. La gamme complète englobe150 références, pour une fourchette de prix comprise entre 500 et 1000 euros.
Les produits ont reçu le label de qualité Oeko-Tex, qui garantit l’absence de produits toxiques pour le corps et pour l’environnement.
Être une marque de son temps
Dans un marché soumis à une forte concurrence, les initiatives constituent souvent de précieux relais de croissance, aussi bien en matière de création, de marketing que de pilotage de l’entreprise.
« Aller plus loin pour nous, cela a consisté, dès 2016, à adopter une stratégie résolument offensive en matière de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale » précise Edouard Crabos, le PDG, au journal Sud-Ouest. Au-delà de la recherche d’une certaine qualité, les clients se montrent aujourd’hui sensibles aux questions écologiques, de circuits courts, de traçabilité et de recyclage. Quasiment un argument de vente.
En 2020, Pyrenex reçoit le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV). Cette distinction, décernée par le ministère de l’Économie et des Finances, valorise l’excellence du savoir-faire.
Innover, c’est aussi savoir s’entourer. À partir de 2008, Pyrenex collabore avec de grands couturiers, dont Alexis Mabille et Alexandre Vauthier. La marque a quitté depuis longtemps les magasins de sport pour intégrer ceux dédiés à la mode. La signature des créateurs lui permet de s’installer dans des magasins prestigieux, à l’instar de Joyce à Tokyo ou Opening Ceremony à New York.
Pyrenex ouvre sa première boutique parisienne en 2015 puis une seconde en 2019. Sept boutiques constituent le réseau de la marque en France, en plus des 1 500 points de vente. L’exportation continue de jouer son rôle de locomotive, représentant 60 % du chiffre d’affaires.
L’entreprise a également mis en place depuis quelques années l’atelier « Made in Saint-Sever », uniquement dédié à de petites lignes de doudounes, fabriquées dans les Landes. L’objectif est de proposer des vêtements de luxe ultralégers, conçus à partir du « Duvet Legend » de Pyrenex, et reconnaissables grâce à leur couture de matelassage.
La qualité semble donc s’imposer comme un argument de pérennité. Pyrenex emploie aujourd’hui plus de 150 personnes, dont le savoir-faire apparaît fondamental. La famille Crabos a su, depuis le 19e siècle, exploiter tout le potentiel des plumes et duvets. « Notre concurrence est le produit synthétique. Mais une fois qu’une personne a essayé la fibre naturelle, il ne reviendra jamais au produit synthétique » constate d’ailleurs Edouard Crabos.
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (2/4) : Cacolac
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (2/4) : Cacolac
Jouissant d’un fort capital de sympathie depuis des générations, la célèbre marque de lait chocolaté mise sur la diversification pour assurer sa pérennité.
Olivier Sorondo
9 janvier 2026 – MAJ 9 janvier 2026
Temps de lecture : 9 mn
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D’abord, la laiterie de la Benauge
En 1860, la rive droite de la Garonne, à Bordeaux, n’affiche pas la même vitalité urbaine que le centre de la ville. Les lieux se composent essentiellement de vignes et de prairies, dont celles situées au nord-est du quartier de la Benauge, sur lesquelles paissent les vaches de Marie Bacquey. Cette dernière, à la tête d’une petite laiterie, profite de l’enthousiasme de son gendre, Dominique Lanneluc, aux grandes ambitions. Dès 1896, l’établissement produit 300 litres de lait à l’heure, grâce aux nouvelles chaudières de cuisson au bain-marie. Au fil des années, la laiterie se dote d’une écrémeuse centrifuge, d’une machine frigorifique pasteurisatrice et d’une ligne semi-automatique d’embouteillage.
Il faut attendre l’année 1928 pour que la société Laiterie de la Benauge – Dominique Lanneluc et Fils voit officiellement le jour. À la Libération, les enfants reprennent l’affaire, développent l’activité de stérilisation et lancent la production de petits suisses, de beurre et de yaourts.
En 1947, les frères Lanneluc s’associent à la famille Lauseig, propriétaire d’une laiterie à Pompignac, non loin de Bordeaux. Ensemble, ils créent La Laiterie de la Benauge, suffisamment importante pour approvisionner la région bordelaise en produits laitiers, dont la crème fouettée « La Chantilly de Fontainebleau ».
C’est lors d’un voyage d’affaires aux Pays-Bas en 1952 que Robert Lauseig découvre le lait frais aromatisé dans les rayons d’un supermarché. Intéressé, il décide d’élaborer sa propre recette en mélangeant du lait, du cacao et du sucre, le produit final étant ensuite stérilisé. Bingo ! Deux ans plus tard, l’entreprise donne naissance à Cacolac, tiré des mots « cacao » et « lacté ».
L’émergence d’une marque nationale
Robert Lauseig et Charles Lanneluc savent également faire preuve d’ingéniosité, notamment en publicité. Afin d’assurer un lancement original et percutant de leur boisson chocolatée, les deux hommes envoient sur les routes de la région puis du pays des camionnettes publicitaires, qui suscitent l’attention du public. Buzz assuré.
Cacolac commence à être distribué dans les bars et les cafés, sous la forme de petites bouteilles en verre, idéales pour conserver la qualité du breuvage. Devenu actionnaire majoritaire, Robert Lauseig cède l’activité de dessert lacté à la société Chambourcy et, en 1970, fonde Cacolac SA, uniquement dédiée à la pépite chocolatée.
Il convient dès lors de répondre à la demande exponentielle des clients. L’entreprise s’appuie sur un pasteurisateur d’une capacité de sept mille litres par heure, deux chaînes d’embouteillage et quatre compresseurs frigorifiques. Afin de préserver le tissu local, un fournisseur du Lot-et-Garonne assure la livraison de près de 85 % de la matière première, le lait.
En 1971, Cacolac investit dans sa première campagne publicitaire nationale, se hissant parmi les marques bien identifiées par le grand public. La compagnie s’agrandit dans le quartier de la Benauge, qui voit s’ériger une tour de stérilisation au cœur de la nouvelle usine. Afin de conquérir la grande distribution en cette période de consommation frénétique, Cacolac accepte de commercialiser son produit en canette.
Et le succès est au rendez-vous. Dans les années 1980, la firme vend plus de 30 millions d’unités chaque année. Sous l’impulsion de son directeur général, François Bénard, Cacolac assoit sa réputation en se tournant vers le sponsoring, notamment celui du bateau de course d’Yves Parlier, Cacolac d’Aquitaine. Le monocoque de 60 pieds s’impose dans sa catégorie lors de la première Transat Jacques Vabre organisée en 1993 et remporte la Route du Rhum un an plus tard.
C’est aussi l’heure de la diversification. François Bénard n’hésite pas à lancer sur le marché Cacolac Café, Vanille et Menthe. Cacolac est sur un petit nuage (lacté).
Les soubresauts des années 2000
L’entreprise quitte définitivement Bordeaux en 2000 pour intégrer sa nouvelle usine de 8 000 m² à Léognan. Si la marque reste appréciée des consommateurs, le marché a évolué. « Le début des années 2000 a été plus compliqué. On a été noyé face à la concurrence. Nous avons aussi réalisé de très gros investissements industriels, au détriment des budgets marketing et communication. Et malheureusement, on est un peu passé aux oubliettes » constate Christian Maviel, l’actuel PDG, au micro de France Info.
Les ventes stagnent, le réseau des cafés et restaurants ne distribue plus la petite bouteille couleur caramel et le PDG de l’entreprise, Bernard Maviel, neveu de Robert Lauseig, doit faire face à des problèmes de santé. En 2011, la société familiale est cédée à Trixaim Investissements, une holding dédiée à la nutrition santé, qui souhaite doubler le chiffre d’affaires et enrichir la gamme des produits estampillés Cacolac.
Les nouveaux propriétaires jouent également la carte de la diversification, en développant l’activité de mise en canette d’un vin du Sud-Ouest destiné à l’exportation. La stratégie porte ses fruits puisque les ventes globales augmentent de 11 % en 2014.
Un an plus tard, un retournement de situation replace la famille Maviel sur les starting-blocks. « Trixaim voulait créer des synergies entre Cacolac et une autre entité du fonds, Balarama, un fabricant de barres diététiques, liquidée fin 2014. Mais il était en mauvaise santé, ce qui a déstabilisé Cacolac. En novembre, le fonds a fait part de sa volonté de quitter le capital en me proposant de racheter la société. J’ai dû monter l’offre de reprise en trois semaines, avec l’appui d’un cabinet spécialisé et de l’avocat de l’entreprise » raconte Christian Maviel, le fils de Bernard, à Beaboss.fr, le site des dirigeants des PME.
Retour dans le giron familial et nouvelles perspectives
Épaulé par son père, sa sœur et deux entrepreneurs locaux, Christian réunit 1,6 million d’euros en fonds propres, rachète les parts et reprend le contrôle de l’entreprise. Une aide de la Région Aquitaine contribue à l’augmentation du capital et au nouveau départ de Cacolac.
S’il n’est pas envisagé un seul instant de toucher au produit star de l’entreprise, sa pérennité passe aussi par la diversification, initiée par le fonds d’investissement. En 2024, 10 millions d’euros sont consentis en faveur de la nouvelle usine, ICT Drinks. Son objectif ? Doubler le potentiel de remplissage de canettes de vin et de bière, pour une production annuelle comprise entre 20 et 40 millions d’unités. Les canettes de vin blanc et de rosé se destinent particulièrement bien au réfrigérateur et permettent de nouvelles habitudes de consommation (dans le respect d’une certaine modération). Aujourd’hui, Cacolac vise 50 % de son chiffre d’affaires via le conditionnement pour le compte de tiers.
Il s’agit aussi de réintégrer le réseau des cafés, hôtels et restaurants en proposant « un chocolat chaud prêt à servir, alternative pratique et plus rapide au chocolat en poudre régulièrement utilisé dans les bars. Ce Cacolac pour professionnel nous ramène aux sources de la marque. Au début de l’aventure en 1954, Cacolac visait les bars et les cafés pour clientèle » précise Christian Maviel au journal Sud-Ouest.
La grande distribution reste néanmoins le fer de lance de Cacolac. Continuer de séduire les consommateurs suppose d’enrichir la gamme et de nouer des partenariats stratégiques. Pour faire suite au lancement de Cacolac Praliné-Noisette et Caramel en 2014, l’entreprise conçoit « Mon premier Cacolac » en 2020, conditionné en briquette Tetra Pak® de 20 cl et destiné aux enfants. L’année suivante, « Mon premier Cacolac » à la fraise ou aux fruits tropicaux vient enrichir la gamme.
Cacolac forever !
Les jeunes et les adultes ne sont pas pour autant oubliés. Pour fêter ses 70 ans, Cacolac a élaboré l’année dernière une nouvelle collection, intitulée Barista. « En se parant d’un look « hipster » sur ses briques, Cacolac cherche à séduire avec trois saveurs audacieuses : Noir Intense, un hommage puissant au cacao ; Chaï, un mélange osé de chocolat et d’épices chaï ; et Moka, la rencontre harmonieuse entre café et chocolat » nous apprend La Veille des Innovations Alimentaires sur son site.
Impossible pour la marque d’ignorer la mode qui entoure le fameux chocolat Dubaï, fourré à la pistache, en proposant une édition spéciale. Grâce à une recette dédiée et à une canette un brin flashy, Cacolac Dubaï Style s’invite joyeusement auprès d’une communauté peut-être pas habituée au lait chocolaté.
En termes de partenariat, Cacolac permet à la marque Panda Tea de conditionner ses thés bio en canettes et de lui ouvrir les rayons des grandes et moyennes surfaces. « Ce partenariat repose sur une vision commune : offrir des boissons plus saines, naturelles et durables » indique Delphine Marnot, la directrice générale de Cacolac, à la revue professionnelle LSA.

Mais Cacolac s’implique aussi au-delà du seul périmètre des boissons. En 2024, l’entreprise girondine conclut un accord avec la PME provençale Yetigel, dédiée aux glaces à l’eau à base d’ingrédients naturels. Le public peut désormais se régaler de fudges et de mousses glacées frappés du logo Cacolac, avec la promesse de retrouver la saveur de la boisson originale.
L’avenir semble se dessiner sereinement pour Cacolac. La poursuite de son sponsoring du club de rugby UBB jusqu’en 2026 lui assure une promotion constante, au vu des excellents résultats de l’équipe bordelaise.
Autre signe de pérennité : le soin apporté aux questions de responsabilité sociétale des entreprises. Son engagement lui a permis en 2022 de recevoir le label PME+, qui récompense ses choix durables, comme nous le détaille le magazine Faire Savoir Faire : « matières premières locales, réduction de l’empreinte environnementale, emballages 100 % recyclables, lutte contre le gaspillage, affichage Nutri-Score, défense de la parité, stratégie de formation continue, amélioration du confort au travail… »
Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes
Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes
Depuis la détection d’un foyer en novembre dernier dans la forêt de Seignosse, les autorités renforcent leur observation et procèdent à des abattages sanitaires.
Olivier Sorondo – 5 janvier 2026 – Dernière MAJ : le 6 janvier 2026 à 09:19

Un ver microscopique qui provoque le dépérissement rapide du pin
Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique, long de moins d’un millimètre, d’origine nord‑américaine, classé organisme de quarantaine prioritaire par l’UE. Le ravageur colonise les vaisseaux conducteurs de sève, bloque la circulation de l’eau et contribue au jaunissement de l’arbre, qui se dessèche et meurt rapidement, en quelques semaines ou quelques mois.
Son impact pourrait être important s’il venait à proliférer au sein de la forêt des Landes de Gascogne, considérée à haut risque en raison de son caractère très homogène (monoculture de pin maritime).
Le parasite se déplace très peu seul et dépend d’un insecte vecteur, le longicorne du pin, qui le transporte d’un arbre à l’autre lors de ses vols et de ses pontes.
Pour éviter sa propagation à d’autres massifs forestiers de résineux, le préfet de région de Nouvelle-Aquitaine a d’abord pris un arrêté qui interdit la circulation des végétaux sensibles, des bois et écorces des espèces de résineux sensibles ainsi que l’ensemble des travaux d’exploitation (coupes, éclaircies, débardages, dessouchages, taille, élagage) dans une zone de 20 kilomètres autour des foyers détectés.
Il a ensuite été décidé d’établir une zone réglementée autour du foyer : zone infestée (rayon 500 m) où tous les résineux sensibles doivent être abattus et broyés, et vaste zone tampon d’environ 20–20,5 km de rayon, couvrant plusieurs dizaines de milliers d’hectares et plus de 50 communes landaises.
Préserver la forêt landaise
Les scientifiques et les services de l’État estiment que l’éradication complète est peu probable et que les conséquences pourraient être majeures : mortalité rapide des pins, modification profonde des paysages sur environ 818 000 ha de massif forestier aquitain, et impact économique pour la filière bois et le tourisme.
La stratégie repose donc sur différents axes : la prévention (contrôle des bois, normes phytosanitaires), la détection précoce, l’abattage et la destruction des arbres contaminés, la diversification des essences pour limiter les risques à long terme.
Pour Éric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest cité par Le Parisien, le nématode du pin est « une vraie saloperie ». Son inquiétude se nourrit des situations observées en Chine ou au Japon, où le ver a tué plusieurs millions d’arbres. Un tel scénario en France serait dévastateur pour la filière sylvicole et même pour l’identité du département des Landes.
Les abattages sanitaires s’imposent donc comme la première mesure concrète. Les propriétaires forestiers devraient bénéficier d’un accompagnement financier de l’État, à hauteur de 4000 euros par arbre coupé. L’aide englobe l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés.
Près de 30 000 pins seraient concernés. Si certains professionnels approuvent ces coupes rases, d’autres espèrent des actions moins radicales : « Ce n’est pas simple, car mes pins sont au milieu des chênes, et il est hors de question d’accepter que ceux-ci soient cassés dans l’opération » confie l’un d’eux au micro France 3. À ses yeux, des éliminations ciblées garantiraient le même résultat.
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (1/4) : Kapla
Les marques emblématiques du Sud-Ouest (1/4) : Kapla
Nées de l’imagination débordante d’un entrepreneur néerlandais installé en France, les célèbres planchettes ludiques sont fabriquées à Saint-Louis-de-Montferrand, près de Bordeaux, avant d’être distribuées dans le monde entier.
Olivier Sorondo
4 janvier 2026 – MAJ 6 janvier 2026
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Aussi intemporel que Lego
Depuis sa création en 1987, Kapla a enchanté des millions d’enfants (et d’adultes) sur la base d’une idée toute simple : empiler des planchettes de bois pour donner naissance à une infinité de structures. Peut-être s’agit-il plus qu’un simple jeu de construction : c’est un outil d’éveil et de partage, qui permet de développer des compétences variées tout en s’amusant. Kapla est d’ailleurs utilisé dans les écoles, les ludothèques et les familles, qui apprécient son côté éducatif et ludique.
La paternité de Kapla revient à Tom van der Bruggen, citoyen néerlandais installé en France dans les années 1980. Étudiant en histoire de l’art, il rêvait depuis son enfance de construire son propre château. La chance lui sourit lorsqu’il découvre une vieille ferme abandonnée sur les rives du Tarn, dans l’Aveyron. Il décide de la transformer en un château de rêve, avec des tours, des fontaines et une entrée pour carrosses.
Pour visualiser son projet, il utilise d’abord des blocs de bois classiques, mais se rend vite compte qu’ils ne conviennent pas pour certains éléments architecturaux comme les linteaux, les toits ou les planchers. C’est ainsi qu’il conçoit les planchettes Kapla, dont les dimensions précises (11,7 cm x 2,34 cm x 0,78 cm, soit un ratio 15 : 3 :1) permettent de construire des structures stables et variées, sans besoin de colle ni de fixation.
L’architecte en herbe s’aperçoit non seulement que ses petites planches lui permettent de visualiser son projet, mais qu’elles attirent l’attention de ses deux enfants, qui ne cessent de lui emprunter pour jouer. Cette soudaine passion de sa progéniture le motive pour se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat. Tom vend sa propriété, réunissant un budget suffisant pour fabriquer ses 400 premières boîtes, auxquelles il donne le nom de Kapla (tiré du néerlandais KAbouter PLAnkjes, signifiant « planchettes de lutins »).
La nécessité du pin des Landes
Les premières prospections commerciales de Tom van der Bruggen se révèlent difficiles. « J’y croyais tellement ! Pour moi, il était évident que les magasins allaient me suivre » déclare-t-il à Paris-Match (08/12/2015). Mais à une époque où émergent les jeux électroniques et vidéo, les Kapla font figure de passe-temps démodé.
Il faut attendre l’intérêt d’une institutrice lors d’une démonstration dans un centre commercial pour que le jeu soit acquis par une puis plusieurs écoles maternelles. L’Éducation nationale se montre sensible au discours entourant les planchettes : « Kapla stimule la créativité, la concentration et la faculté d’adaptation de l’enfant. » La mèche est enfin allumée et les ventes frémissent, notamment grâce à l’achat de mille boîtes par la Mairie de Paris et la commande du Président François Mitterrand pour le Noël de l’Élysée, qui offre une exceptionnelle publicité.
Le défi de Tom van der Bruggen consiste alors de passer d’une fabrication artisanale à une production quasi-industrielle. Il convient de trouver un bois disponible en abondance, dense, agréable au toucher, et dont « la résine le protège en même temps qu’elle donne une stabilité étonnante à une construction ». Le pin des landes coche toutes les cases. L’entrepreneur créé et installe sa société en Gironde, à proximité des forêts du Médoc et du Parc naturel des Landes de Gascogne. Les parcelles utilisées sont renouvelables et durablement gérées.
Les planchettes restent naturelles, sans traitement chimique agressif. Pour les versions colorées, l’entreprise Kapla utilise des peintures alimentaires conformes aux normes européennes de sécurité, notamment la Directive Jouet.
Tout le processus de fabrication, assuré à Saint-Louis-de-Montferrand, implique une quinzaine de salariés. « Le bois arrive en grosse planches et est redécoupé en plus petites planchettes. La marchandise part alors vers un site à Tanger au Maroc, où 80 personnes assurent les derniers travaux de précision et de finition. Les Kapla reviennent alors à Saint-Louis avant d’être acheminés » précise le site Invisible Bordeaux.
Un succès commercial jamais démenti
L’émergence d’Internet, des smartphones, des réseaux sociaux et de l’IA ces dernières décennies n’aura finalement pas perturbé l’existence de Kapla. Accessible dès 2 ans, en solo ou à plusieurs, sans règles imposées, le jeu continue de stimuler la créativité et d’encourager l’imagination, la logique et la dextérité.
Environ 700 000 boîtes se vendent chaque année en France et à l’étranger, soit plusieurs dizaines de millions de planchettes. En 2024, Kapla a déclaré un chiffre d’affaires de 8,7 millions d’euros, confirmant une croissance régulière depuis sa création. L’entreprise continue de se développer, notamment à l’international et sur de nouveaux marchés comme celui des entreprises avec des produits comme « Kapla Défi ».
Devenu riche, Tom van der Bruggen a confirmé son amour du Sud-Ouest et du patrimoine en achetant le logis et le donjon du château d’Excideuil en 2015, au cœur de la Dordogne.
La gestion de la société revient aujourd’hui à son fils, qui peut profiter de la notoriété bien acquise des Kapla. Et comme toute publicité est toujours bonne à prendre, les nombreuses tentatives de record continuent d’enthousiasmer les fans et la presse. Ainsi, en 2016, une équipe de copains lyonnais a pu édifier une tour de 18,40 mètres en utilisant 9 800 planchettes. Le record est battu en 2023 à Londres par une impressionnante tour de 25 mètres.
De nombreux passionnés ont recréé des monuments comme la Tour Eiffel, la Tour de Pise ou encore le Palais des Tuileries en structures monumentales.
Enfin, les ateliers Kapla mettent en avant des pièces « signature » (vagues, ponts, animaux géants, tours de Babel entrelacées) qui sont devenues des références visuelles dans l’univers du jeu.