pyrenex

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (3/4) : Pyrenex


Depuis 160 ans, l’entreprise landaise collecte des plumes d’oies et de canards du Sud-Ouest pour concevoir des doudounes et des produits de literie vendus dans le monde entier.

Temps de lecture : 7 mn

Ecouter l’article

Une certaine classe – Crédit photo : Pyrenex

Une histoire familiale


Les gourmands associent assez rapidement le territoire des Landes au foie gras et/ou au magret de canard. Il est vrai que le département accueille de très nombreuses fermes d’élevage depuis déjà fort longtemps. Si leur viande constitue un mets de choix, les oies et les canards disposent également d’un atout non négligeable : leurs plumes.

Cela, Abel Crabos semble l’avoir compris dès 1859. À cette époque, il écume les marchés de Saint-Sever et des Landes pour collecter sa précieuse matière première. Au fil des années, Abel développe un véritable savoir-faire du traitement et de l’embellissement de la plume, qu’il transforme en panache, aigrette, boa ou ornement. Ses créations sont vendues aux chapelières, aux couturiers ou envoyées à Bordeaux et Paris.

L’atelier gagne en réputation grâce à la qualité de ses teintures (utilisant des pigments naturels) et la finesse de ses montages, ce qui lui vaut des commandes prestigieuses, y compris pour des événements comme le carnaval de Nice ou les bals parisiens.

En 1919, il acquiert le couvent des Ursulines de Saint-Sever – qui a perdu sa destination après la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État – pour le transformer en manufacture de plumes et duvets.

Six ans plus tard, René Crabos rejoint son père au sein de la société Abel Crabos & Fils. L’homme, qui n’est pas un inconnu, est considéré comme un joueur de rugby talentueux, capitaine du Racing Club de France et sélectionné en équipe nationale à de nombreuses reprises jusqu’en 1924.

René décide de n’utiliser que des duvets issus des Pyrénées, qu’il juge de meilleure qualité. Son épouse, Marie, conçoit à partir de 1942 les premières doudounes, qu’elle distribue aux prisonniers de guerre landais en Allemagne par l’intermédiaire de la Croix-Rouge.

Le virage industriel des années 1960


André Crabos, le fils de René et de Marie, intègre l’entreprise familiale, qu’il oriente vers la literie. La nouvelle activité tire le chiffre d’affaires grâce aux excellentes ventes d’édredons, d’oreillers et de couettes.

En 1967, son frère Jean-Pierre rejoint à son tour la société. Sa rencontre avec l’alpiniste et explorateur Louis Audoubert l’incite à concevoir les premières doudounes techniques. « Destinées aux sportifs, elles devaient résister aux conditions climatiques les plus extrêmes. Depuis, on a sans cesse amélioré le processus de fabrication pour rendre nos doudounes ultra légères et isolantes » explique Éric Bacheré, l’actuel directeur général, à Audrey Levy de Paris Match.

La marque Pyrenex fait son apparition officielle en 1968. Elle évoque la chaîne de montagnes située non loin de Saint-Sever. En plus de fabriquer des produits de literie et des doudounes, l’entreprise conçoit des sacs de couchage, aussi légers et isolants que les vêtements, en plus de proposer un moelleux appréciable.

Le succès commercial est au rendez-vous. Pyrenex s’impose parmi les marques haut de gamme des doudounes et des combinaisons de ski. Au cours des années 1980, les exportations progressent, notamment au Japon et au Royaume-Uni portées par l’Authentic Jacket, le produit phare de la marque.

Pour Pyrenex, le savoir-faire permet une excellente maîtrise des processus de fabrication. « Les plumes sont dépoussiérées, stérilisées, séchées puis triées dans d’imposantes machines en bois au look suranné. Les plus grosses sont d’abord retirées et utilisées par l’industrie cosmétique, car riches en kératine, ou comme engrais. Reste ensuite les plumettes, sorte de ressorts naturels, que l’on fourre dans les oreillers et enfin le duvet, la partie la plus noble » détaille Elvire Emptaz dans le magazine Grazia.

machines Pyrenex
Crédit photo : Pyrenex

Tradition et innovation


Impossible de balayer d’un revers de main plus de 150 ans d’expérience. La longue histoire de la famille Crabos contribue à la crédibilité et au positionnement des produits Pyrenex. Ainsi, les machines anciennes sont aujourd’hui pilotées par des programmes informatiques, sans pour autant perturber les procédés de la maison. Le but ? Apporter tout son pouvoir gonflant au duvet : « Calculé en cuin – cubic inch – il s’agit de la capacité pour un certain poids de garnissage à remplir un certain volume. Plus le volume occupé est grand, plus le duvet aura des performances d’isolation et de légèreté élevées » nous apprend le site Internet de la marque.

Autre atout de Pyrenex : la fleur de duvet. Aboutissement d’une longue expérience et d’une organisation dédiée, elle révèle des performances d’isolation et de légèreté exceptionnelles. Pyrenex la réserve à ses doudounes et couettes haut de gamme, avec la promesse d’un confort « sublimé ».

Si les articles de literie continuent d’être fabriqués dans les Landes, l’entreprise a dû se résoudre à délocaliser en Turquie et en Bulgarie la confection des doudounes. « Le montage des doudounes prend plusieurs heures et le coût de la main-d’œuvre pèse beaucoup sur le prix des produits. L’autre limite, c’est qu’il n’y a pas assez d’ateliers capables de les réaliser en France » indique Éric Bacheré au journal La Croix.

Aujourd’hui, Pyrenex soutient un rythme industriel tout en conservant son esprit artisanal. Chaque année, 200 000 doudounes, 800 000 oreillers et 200 000 couettes sont commercialisés. La gamme complète englobe150 références, pour une fourchette de prix comprise entre 500 et 1000 euros.

Les produits ont reçu le label de qualité Oeko-Tex, qui garantit l’absence de produits toxiques pour le corps et pour l’environnement.

Être une marque de son temps


Dans un marché soumis à une forte concurrence, les initiatives constituent souvent de précieux relais de croissance, aussi bien en matière de création, de marketing que de pilotage de l’entreprise.

« Aller plus loin pour nous, cela a consisté, dès 2016, à adopter une stratégie résolument offensive en matière de développement durable et de responsabilité sociale et environnementale » précise Edouard Crabos, le PDG, au journal Sud-Ouest. Au-delà de la recherche d’une certaine qualité, les clients se montrent aujourd’hui sensibles aux questions écologiques, de circuits courts, de traçabilité et de recyclage. Quasiment un argument de vente.

En 2020, Pyrenex reçoit le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV). Cette distinction, décernée par le ministère de l’Économie et des Finances, valorise l’excellence du savoir-faire.

Innover, c’est aussi savoir s’entourer. À partir de 2008, Pyrenex collabore avec de grands couturiers, dont Alexis Mabille et Alexandre Vauthier. La marque a quitté depuis longtemps les magasins de sport pour intégrer ceux dédiés à la mode. La signature des créateurs lui permet de s’installer dans des magasins prestigieux, à l’instar de Joyce à Tokyo ou Opening Ceremony à New York.

Pyrenex ouvre sa première boutique parisienne en 2015 puis une seconde en 2019. Sept boutiques constituent le réseau de la marque en France, en plus des 1 500 points de vente. L’exportation continue de jouer son rôle de locomotive, représentant 60 % du chiffre d’affaires.

L’entreprise a également mis en place depuis quelques années l’atelier « Made in Saint-Sever », uniquement dédié à de petites lignes de doudounes, fabriquées dans les Landes. L’objectif est de proposer des vêtements de luxe ultralégers, conçus à partir du « Duvet Legend » de Pyrenex, et reconnaissables grâce à leur couture de matelassage.

La qualité semble donc s’imposer comme un argument de pérennité. Pyrenex emploie aujourd’hui plus de 150 personnes, dont le savoir-faire apparaît fondamental. La famille Crabos a su, depuis le 19e siècle, exploiter tout le potentiel des plumes et duvets. « Notre concurrence est le produit synthétique. Mais une fois qu’une personne a essayé la fibre naturelle, il ne reviendra jamais au produit synthétique » constate d’ailleurs Edouard Crabos.

cacolac

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (2/4) : Cacolac

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (2/4) : Cacolac


Jouissant d’un fort capital de sympathie depuis des générations, la célèbre marque de lait chocolaté mise sur la diversification pour assurer sa pérennité.

Temps de lecture : 9 mn

Ecouter l’article

Cacolac
Difficile de résister, hein ? – Crédit photo : CACOLAC

D’abord, la laiterie de la Benauge


En 1860, la rive droite de la Garonne, à Bordeaux, n’affiche pas la même vitalité urbaine que le centre de la ville. Les lieux se composent essentiellement de vignes et de prairies, dont celles situées au nord-est du quartier de la Benauge, sur lesquelles paissent les vaches de Marie Bacquey. Cette dernière, à la tête d’une petite laiterie, profite de l’enthousiasme de son gendre, Dominique Lanneluc, aux grandes ambitions. Dès 1896, l’établissement produit 300 litres de lait à l’heure, grâce aux nouvelles chaudières de cuisson au bain-marie. Au fil des années, la laiterie se dote d’une écrémeuse centrifuge, d’une machine frigorifique pasteurisatrice et d’une ligne semi-automatique d’embouteillage.

Il faut attendre l’année 1928 pour que la société Laiterie de la Benauge – Dominique Lanneluc et Fils voit officiellement le jour. À la Libération, les enfants reprennent l’affaire, développent l’activité de stérilisation et lancent la production de petits suisses, de beurre et de yaourts.

En 1947, les frères Lanneluc s’associent à la famille Lauseig, propriétaire d’une laiterie à Pompignac, non loin de Bordeaux. Ensemble, ils créent La Laiterie de la Benauge, suffisamment importante pour approvisionner la région bordelaise en produits laitiers, dont la crème fouettée « La Chantilly de Fontainebleau ».

C’est lors d’un voyage d’affaires aux Pays-Bas en 1952 que Robert Lauseig découvre le lait frais aromatisé dans les rayons d’un supermarché. Intéressé, il décide d’élaborer sa propre recette en mélangeant du lait, du cacao et du sucre, le produit final étant ensuite stérilisé. Bingo ! Deux ans plus tard, l’entreprise donne naissance à Cacolac, tiré des mots « cacao » et « lacté ».

L’émergence d’une marque nationale


Robert Lauseig et Charles Lanneluc savent également faire preuve d’ingéniosité, notamment en publicité. Afin d’assurer un lancement original et percutant de leur boisson chocolatée, les deux hommes envoient sur les routes de la région puis du pays des camionnettes publicitaires, qui suscitent l’attention du public. Buzz assuré.

Cacolac commence à être distribué dans les bars et les cafés, sous la forme de petites bouteilles en verre, idéales pour conserver la qualité du breuvage. Devenu actionnaire majoritaire, Robert Lauseig cède l’activité de dessert lacté à la société Chambourcy et, en 1970, fonde Cacolac SA, uniquement dédiée à la pépite chocolatée.

affiche vintage cacolac
Les premières affiches publicitaires de Cacolac apparaissent.

Il convient dès lors de répondre à la demande exponentielle des clients. L’entreprise s’appuie sur un pasteurisateur d’une capacité de sept mille litres par heure, deux chaînes d’embouteillage et quatre compresseurs frigorifiques. Afin de préserver le tissu local, un fournisseur du Lot-et-Garonne assure la livraison de près de 85 % de la matière première, le lait.

En 1971, Cacolac investit dans sa première campagne publicitaire nationale, se hissant parmi les marques bien identifiées par le grand public. La compagnie s’agrandit dans le quartier de la Benauge, qui voit s’ériger une tour de stérilisation au cœur de la nouvelle usine. Afin de conquérir la grande distribution en cette période de consommation frénétique, Cacolac accepte de commercialiser son produit en canette.

Et le succès est au rendez-vous. Dans les années 1980, la firme vend plus de 30 millions d’unités chaque année. Sous l’impulsion de son directeur général, François Bénard, Cacolac assoit sa réputation en se tournant vers le sponsoring, notamment celui du bateau de course d’Yves Parlier, Cacolac d’Aquitaine. Le monocoque de 60 pieds s’impose dans sa catégorie lors de la première Transat Jacques Vabre organisée en 1993 et remporte la Route du Rhum un an plus tard.

C’est aussi l’heure de la diversification. François Bénard n’hésite pas à lancer sur le marché Cacolac Café, Vanille et Menthe. Cacolac est sur un petit nuage (lacté).

Les soubresauts des années 2000


L’entreprise quitte définitivement Bordeaux en 2000 pour intégrer sa nouvelle usine de 8 000 m² à Léognan. Si la marque reste appréciée des consommateurs, le marché a évolué. « Le début des années 2000 a été plus compliqué. On a été noyé face à la concurrence. Nous avons aussi réalisé de très gros investissements industriels, au détriment des budgets marketing et communication. Et malheureusement, on est un peu passé aux oubliettes » constate Christian Maviel, l’actuel PDG, au micro de France Info.

Les ventes stagnent, le réseau des cafés et restaurants ne distribue plus la petite bouteille couleur caramel et le PDG de l’entreprise, Bernard Maviel, neveu de Robert Lauseig, doit faire face à des problèmes de santé. En 2011, la société familiale est cédée à Trixaim Investissements, une holding dédiée à la nutrition santé, qui souhaite doubler le chiffre d’affaires et enrichir la gamme des produits estampillés Cacolac.

Les nouveaux propriétaires jouent également la carte de la diversification, en développant l’activité de mise en canette d’un vin du Sud-Ouest destiné à l’exportation. La stratégie porte ses fruits puisque les ventes globales augmentent de 11 % en 2014.

Un an plus tard, un retournement de situation replace la famille Maviel sur les starting-blocks. « Trixaim voulait créer des synergies entre Cacolac et une autre entité du fonds, Balarama, un fabricant de barres diététiques, liquidée fin 2014. Mais il était en mauvaise santé, ce qui a déstabilisé Cacolac. En novembre, le fonds a fait part de sa volonté de quitter le capital en me proposant de racheter la société. J’ai dû monter l’offre de reprise en trois semaines, avec l’appui d’un cabinet spécialisé et de l’avocat de l’entreprise » raconte Christian Maviel, le fils de Bernard, à Beaboss.fr, le site des dirigeants des PME.

Retour dans le giron familial et nouvelles perspectives


Épaulé par son père, sa sœur et deux entrepreneurs locaux, Christian réunit 1,6 million d’euros en fonds propres, rachète les parts et reprend le contrôle de l’entreprise. Une aide de la Région Aquitaine contribue à l’augmentation du capital et au nouveau départ de Cacolac.

S’il n’est pas envisagé un seul instant de toucher au produit star de l’entreprise, sa pérennité passe aussi par la diversification, initiée par le fonds d’investissement. En 2024, 10 millions d’euros sont consentis en faveur de la nouvelle usine, ICT Drinks. Son objectif ? Doubler le potentiel de remplissage de canettes de vin et de bière, pour une production annuelle comprise entre 20 et 40 millions d’unités. Les canettes de vin blanc et de rosé se destinent particulièrement bien au réfrigérateur et permettent de nouvelles habitudes de consommation (dans le respect d’une certaine modération). Aujourd’hui, Cacolac vise 50 % de son chiffre d’affaires via le conditionnement pour le compte de tiers.

Il s’agit aussi de réintégrer le réseau des cafés, hôtels et restaurants en proposant « un chocolat chaud prêt à servir, alternative pratique et plus rapide au chocolat en poudre régulièrement utilisé dans les bars. Ce Cacolac pour professionnel nous ramène aux sources de la marque. Au début de l’aventure en 1954, Cacolac visait les bars et les cafés pour clientèle » précise Christian Maviel au journal Sud-Ouest.

La grande distribution reste néanmoins le fer de lance de Cacolac. Continuer de séduire les consommateurs suppose d’enrichir la gamme et de nouer des partenariats stratégiques. Pour faire suite au lancement de Cacolac Praliné-Noisette et Caramel en 2014, l’entreprise conçoit « Mon premier Cacolac » en 2020, conditionné en briquette Tetra Pak® de 20 cl et destiné aux enfants. L’année suivante, « Mon premier Cacolac » à la fraise ou aux fruits tropicaux vient enrichir la gamme.

Cacolac forever !


Les jeunes et les adultes ne sont pas pour autant oubliés. Pour fêter ses 70 ans, Cacolac a élaboré l’année dernière une nouvelle collection, intitulée Barista. « En se parant d’un look « hipster » sur ses briques, Cacolac cherche à séduire avec trois saveurs audacieuses : Noir Intense, un hommage puissant au cacao ; Chaï, un mélange osé de chocolat et d’épices chaï ; et Moka, la rencontre harmonieuse entre café et chocolat » nous apprend La Veille des Innovations Alimentaires sur son site.

Impossible pour la marque d’ignorer la mode qui entoure le fameux chocolat Dubaï, fourré à la pistache, en proposant une édition spéciale. Grâce à une recette dédiée et à une canette un brin flashy, Cacolac Dubaï Style s’invite joyeusement auprès d’une communauté peut-être pas habituée au lait chocolaté.

En termes de partenariat, Cacolac permet à la marque Panda Tea de conditionner ses thés bio en canettes et de lui ouvrir les rayons des grandes et moyennes surfaces. « Ce partenariat repose sur une vision commune : offrir des boissons plus saines, naturelles et durables » indique Delphine Marnot, la directrice générale de Cacolac, à la revue professionnelle LSA.

Mais Cacolac s’implique aussi au-delà du seul périmètre des boissons. En 2024, l’entreprise girondine conclut un accord avec la PME provençale Yetigel, dédiée aux glaces à l’eau à base d’ingrédients naturels. Le public peut désormais se régaler de fudges et de mousses glacées frappés du logo Cacolac, avec la promesse de retrouver la saveur de la boisson originale.

L’avenir semble se dessiner sereinement pour Cacolac. La poursuite de son sponsoring du club de rugby UBB jusqu’en 2026 lui assure une promotion constante, au vu des excellents résultats de l’équipe bordelaise.

Autre signe de pérennité : le soin apporté aux questions de responsabilité sociétale des entreprises. Son engagement lui a permis en 2022 de recevoir le label PME+, qui récompense ses choix durables, comme nous le détaille le magazine Faire Savoir Faire : « matières premières locales, réduction de l’empreinte environnementale, emballages 100 % recyclables, lutte contre le gaspillage, affichage Nutri-Score, défense de la parité, stratégie de formation continue, amélioration du confort au travail… »

pin maritime

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes

Accueil Focus

Le nématode du pin inquiète les sylviculteurs des Landes


Depuis la détection d’un foyer en novembre dernier dans la forêt de Seignosse, les autorités renforcent leur observation et procèdent à des abattages sanitaires.

forêt landaise
Crédit photo : Kaitch_photo – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

Un ver microscopique qui provoque le dépérissement rapide du pin

Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique, long de moins d’un millimètre, d’origine nord‑américaine, classé organisme de quarantaine prioritaire par l’UE. Le ravageur colonise les vaisseaux conducteurs de sève, bloque la circulation de l’eau et contribue au jaunissement de l’arbre, qui se dessèche et meurt rapidement, en quelques semaines ou quelques mois.

Son impact pourrait être important s’il venait à proliférer au sein de la forêt des Landes de Gascogne, considérée à haut risque en raison de son caractère très homogène (monoculture de pin maritime).

Le parasite se déplace très peu seul et dépend d’un insecte vecteur, le longicorne du pin, qui le transporte d’un arbre à l’autre lors de ses vols et de ses pontes.

Pour éviter sa propagation à d’autres massifs forestiers de résineux, le préfet de région de Nouvelle-Aquitaine a d’abord pris un arrêté qui interdit la circulation des végétaux sensibles, des bois et écorces des espèces de résineux sensibles ainsi que l’ensemble des travaux d’exploitation (coupes, éclaircies, débardages, dessouchages, taille, élagage) dans une zone de 20 kilomètres autour des foyers détectés.

Il a ensuite été décidé d’établir une zone réglementée autour du foyer : zone infestée (rayon 500 m) où tous les résineux sensibles doivent être abattus et broyés, et vaste zone tampon d’environ 20–20,5 km de rayon, couvrant plusieurs dizaines de milliers d’hectares et plus de 50 communes landaises.

Préserver la forêt landaise

Les scientifiques et les services de l’État estiment que l’éradication complète est peu probable et que les conséquences pourraient être majeures : mortalité rapide des pins, modification profonde des paysages sur environ 818 000 ha de massif forestier aquitain, et impact économique pour la filière bois et le tourisme.

La stratégie repose donc sur différents axes : la prévention (contrôle des bois, normes phytosanitaires), la détection précoce, l’abattage et la destruction des arbres contaminés, la diversification des essences pour limiter les risques à long terme.

Pour Éric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest cité par Le Parisien, le nématode du pin est « une vraie saloperie ». Son inquiétude se nourrit des situations observées en Chine ou au Japon, où le ver a tué plusieurs millions d’arbres. Un tel scénario en France serait dévastateur pour la filière sylvicole et même pour l’identité du département des Landes.

Les abattages sanitaires s’imposent donc comme la première mesure concrète. Les propriétaires forestiers devraient bénéficier d’un accompagnement financier de l’État, à hauteur de 4000 euros par arbre coupé. L’aide englobe l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés.

Près de 30 000 pins seraient concernés. Si certains professionnels approuvent ces coupes rases, d’autres espèrent des actions moins radicales : « Ce n’est pas simple, car mes pins sont au milieu des chênes, et il est hors de question d’accepter que ceux-ci soient cassés dans l’opération » confie l’un d’eux au micro France 3. À ses yeux, des éliminations ciblées garantiraient le même résultat.

Construction en Kapla

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (1/4) : Kapla

Les marques emblématiques du Sud-Ouest (1/4) : Kapla


Nées de l’imagination débordante d’un entrepreneur néerlandais installé en France, les célèbres planchettes ludiques sont fabriquées à Saint-Louis-de-Montferrand, près de Bordeaux, avant d’être distribuées dans le monde entier.

Temps de lecture : 6 mn

Ecouter l’article

Boite de jeu Kapla
Le plaisir de construire ne disparaîtra jamais – Crédit photo : KAPLA via Facebook

Aussi intemporel que Lego


Depuis sa création en 1987, Kapla a enchanté des millions d’enfants (et d’adultes) sur la base d’une idée toute simple : empiler des planchettes de bois pour donner naissance à une infinité de structures. Peut-être s’agit-il plus qu’un simple jeu de construction : c’est un outil d’éveil et de partage, qui permet de développer des compétences variées tout en s’amusant. Kapla est d’ailleurs utilisé dans les écoles, les ludothèques et les familles, qui apprécient son côté éducatif et ludique.

La paternité de Kapla revient à Tom van der Bruggen, citoyen néerlandais installé en France dans les années 1980. Étudiant en histoire de l’art, il rêvait depuis son enfance de construire son propre château. La chance lui sourit lorsqu’il découvre une vieille ferme abandonnée sur les rives du Tarn, dans l’Aveyron. Il décide de la transformer en un château de rêve, avec des tours, des fontaines et une entrée pour carrosses.

Pour visualiser son projet, il utilise d’abord des blocs de bois classiques, mais se rend vite compte qu’ils ne conviennent pas pour certains éléments architecturaux comme les linteaux, les toits ou les planchers. C’est ainsi qu’il conçoit les planchettes Kapla, dont les dimensions précises (11,7 cm x 2,34 cm x 0,78 cm, soit un ratio 15 : 3 :1) permettent de construire des structures stables et variées, sans besoin de colle ni de fixation.

L’architecte en herbe s’aperçoit non seulement que ses petites planches lui permettent de visualiser son projet, mais qu’elles attirent l’attention de ses deux enfants, qui ne cessent de lui emprunter pour jouer. Cette soudaine passion de sa progéniture le motive pour se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat. Tom vend sa propriété, réunissant un budget suffisant pour fabriquer ses 400 premières boîtes, auxquelles il donne le nom de Kapla (tiré du néerlandais KAbouter PLAnkjes, signifiant « planchettes de lutins »).

La nécessité du pin des Landes


Les premières prospections commerciales de Tom van der Bruggen se révèlent difficiles. « J’y croyais tellement ! Pour moi, il était évident que les magasins allaient me suivre » déclare-t-il à Paris-Match (08/12/2015).  Mais à une époque où émergent les jeux électroniques et vidéo, les Kapla font figure de passe-temps démodé.

Il faut attendre l’intérêt d’une institutrice lors d’une démonstration dans un centre commercial pour que le jeu soit acquis par une puis plusieurs écoles maternelles. L’Éducation nationale se montre sensible au discours entourant les planchettes : « Kapla stimule la créativité, la concentration et la faculté d’adaptation de l’enfant. » La mèche est enfin allumée et les ventes frémissent, notamment grâce à l’achat de mille boîtes par la Mairie de Paris et la commande du Président François Mitterrand pour le Noël de l’Élysée, qui offre une exceptionnelle publicité.

Le défi de Tom van der Bruggen consiste alors de passer d’une fabrication artisanale à une production quasi-industrielle. Il convient de trouver un bois disponible en abondance, dense, agréable au toucher, et dont « la résine le protège en même temps qu’elle donne une stabilité étonnante à une construction ». Le pin des landes coche toutes les cases. L’entrepreneur créé et installe sa société en Gironde, à proximité des forêts du Médoc et du Parc naturel des Landes de Gascogne. Les parcelles utilisées sont renouvelables et durablement gérées.

Les planchettes restent naturelles, sans traitement chimique agressif. Pour les versions colorées, l’entreprise Kapla utilise des peintures alimentaires conformes aux normes européennes de sécurité, notamment la Directive Jouet.

Le siège de Kapla à Saint-Louis-de-Montferrand

Tout le processus de fabrication, assuré à Saint-Louis-de-Montferrand, implique une quinzaine de salariés. « Le bois arrive en grosse planches et est redécoupé en plus petites planchettes. La marchandise part alors vers un site à Tanger au Maroc, où 80 personnes assurent les derniers travaux de précision et de finition. Les Kapla reviennent alors à Saint-Louis avant d’être acheminés » précise le site Invisible Bordeaux.

Un succès commercial jamais démenti


L’émergence d’Internet, des smartphones, des réseaux sociaux et de l’IA ces dernières décennies n’aura finalement pas perturbé l’existence de Kapla. Accessible dès 2 ans, en solo ou à plusieurs, sans règles imposées, le jeu continue de stimuler la créativité et d’encourager l’imagination, la logique et la dextérité.

Environ 700 000 boîtes se vendent chaque année en France et à l’étranger, soit plusieurs dizaines de millions de planchettes. En 2024, Kapla a déclaré un chiffre d’affaires de 8,7 millions d’euros, confirmant une croissance régulière depuis sa création. L’entreprise continue de se développer, notamment à l’international et sur de nouveaux marchés comme celui des entreprises avec des produits comme « Kapla Défi ».

Devenu riche, Tom van der Bruggen a confirmé son amour du Sud-Ouest et du patrimoine en achetant le logis et le donjon du château d’Excideuil en 2015, au cœur de la Dordogne.

La gestion de la société revient aujourd’hui à son fils, qui peut profiter de la notoriété bien acquise des Kapla. Et comme toute publicité est toujours bonne à prendre, les nombreuses tentatives de record continuent d’enthousiasmer les fans et la presse. Ainsi, en 2016, une équipe de copains lyonnais a pu édifier une tour de 18,40 mètres en utilisant 9 800 planchettes. Le record est battu en 2023 à Londres par une impressionnante tour de 25 mètres.

Crédit photo: GwiR – CC BY-NC-SA 2.0 – Flickr

De nombreux passionnés ont recréé des monuments comme la Tour Eiffel, la Tour de Pise ou encore le Palais des Tuileries en structures monumentales.

Enfin, les ateliers Kapla mettent en avant des pièces « signature » (vagues, ponts, animaux géants, tours de Babel entrelacées) qui sont devenues des références visuelles dans l’univers du jeu.

marais Hourtin

La Réserve des Dunes et Marais d’Hourtin : joyau naturel du littoral médocain

La Réserve des Dunes et Marais d’Hourtin : joyau naturel du littoral médocain


Créée par décret en 2009, la Réserve Naturelle des Dunes et Marais d’Hourtin abrite sur plus de 2000 hectares des milieux naturels protégés, reconnus pour leur richesse écologique et leur rôle de refuge pour de nombreuses espèces.

Temps de lecture : 6 mn

Ecouter l’article

Un écosystème fragile mais protégé, non loin de la plage d’Hourtin – Crédit photo : Hervé Simon – Flickr

Préserver une mosaïque de sites très divers

Surtout réputé pour ses vins haut de gamme (Château Margaux, Château Lafite Rothschild, Château Latour…), le Médoc ne se résume pas à de vastes vignes parfaitement entretenues. En fait, le territoire se compose d’une multitude de paysages entre l’océan Atlantique et l’estuaire de la Gironde.

La zone couverte par la Réserve Naturelle des Dunes et Marais d’Hourtin en témoigne. Elle regroupe de vastes plages de sable, des dunes côtières, des forêts de pins et de chênes verts, des marais, et des lacs arrière-dunaires. On y retrouve une mosaïque de paysages typiques du littoral aquitain, offrant des panoramas naturels exceptionnels.

Plus précisément situé entre le lac d’Hourtin et la côte des Landes, le site joue un rôle majeur dans la continuité des habitats : dunes, marais et lacs tracent un corridor écologique permettant les échanges entre différentes populations animales et végétales.

Ainsi, les 3,8 km de littoral de la Réserve représentent une zone dépôt grâce aux « laisses de mer », c’est-à-dire les débris naturels (algues, bois flotté, restes d’animaux…) ramenés par l’océan. Ils facilitent par exemple l’apparition d’insectes bénéfiques pour l’écosystème.

Les mares dunaires contribuent également à la richesse écologique des lieux. Même si elles ont été creusées par l’homme, leur dispersion le long du littoral constitue un réseau indispensable à la vie des grenouilles, crapauds et libellules.

Pour sa part, la pinède peut être considérée comme le poumon vert de la Réserve. En retrait du littoral, elle doit son existence et son développement à la frange forestière, dont les pins maritimes subissent de plein fouet les vents d’ouest et leurs nuages de sable. Ils érigent en quelque sorte une barrière de protection, offrant un environnement moins tourmenté aux chênes verts de la pinède.

D’autres zones naturelles viennent enrichir la Réserve et participer à son patrimoine d’exception : milieux ouverts, dunes mobiles et dunes grises, prairies, zones lacustres, rives du lac d’Hourtin…

Comme une impression de vie sauvage…

La gestion de l’espace a été confiée à l’Office National des Forêts, dont les équipes assurent la surveillance, le suivi scientifique et l’accueil du public.

La flore mérite en effet toutes les attentions. Diversifiée et de haute valeur patrimoniale, elle compte 280 espèces recensées, dont neuf espèces protégées au niveau national (comme la Lobélie de Dortmann, une plante aquatique rare, ou le Faux cresson de Thore, qui se développe dans des endroits inondés en hiver et secs en été).

Bien protégés par la forêt dunaire, les chênes verts et pédonculés forment l’habitat dominant de la Réserve. Avec les pins maritimes, ils s’imposent parmi les essences principales, même si la diversité botanique apporte quelques nuances, à l’image des nombreux arbousiers, ajoncs et autres bruyères.

Sur la dune bordière, la plupart des espèces végétales présentent une distribution géographique très limitée et certaines sont endémiques du littoral aquitain, comme la Linaire à feuilles de thym, typique des milieux dunaires.

Dans les zones humides, les Osmondes royales, ces majestueuses fougères, ornent les sentiers et font le bonheur des passionnés de botanique. Nénuphars, roseaux et joncs agrémentent pour leur part les rives du lac d’Hourtin.

La richesse de ces habitats offre bien sûr un environnement précieux à la faune. Pas moins de 938 espèces ont été identifiées, réparties en 16 groupes, parmi lesquelles figurent les insectes, les oiseaux, les arachnides, les reptiles, les poissons ou encore les mammifères.

La loutre et le vison d’Europe (espèce menacée) apparaissent indissociables de l’écosystème de la Réserve, tout comme la chauve-souris et la belette. Chez les amphibiens, la rainette verte est particulièrement présente dans les zones humides.

Le vison d’Europe se sent plutôt heureux dans la Réserve – Crédit photo : zoofanatic CC by 2.0

Dans la famille des reptiles, plusieurs espèces emblématiques cohabitent : la cistude d’Europe (tortue aquatique protégée), la couleuvre vipérine et le lézard ocellé, ce dernier étant le plus grand lézard de France.

Le territoire est un site d’hivernage et de nidification pour de nombreux oiseaux migrateurs, notamment la sarcelle d’hiver, l’oie cendrée, le busard cendré et d’autres rapaces comme le circaète Jean-le-Blanc ou le balbuzard pêcheur.​

En bord de plage et dans les marais, on observe des gravelots à collier interrompu et le martin-pêcheur.

Enfin les rives du lac et les marais constituent des zones de frai importantes pour des poissons comme le brochet.

À la découverte d’un monde fragile

Malgré la protection dont elle fait l’objet, la Réserve Naturelle des Dunes et Marais d’Hourtin est ouverte gratuitement au public tout au long de l’année. Différents itinéraires pédestres, cyclables ou même équestres, au départ de Contaut, Piqueyrot et Hourtin Plage, permettent de la rejoindre facilement.

Les personnes à mobilité réduite peuvent pour leur part emprunter le sentier pédagogique de la Lagune de Contaut, une longue passerelle en bois qui leur garantira une observation attentive du marais et de sa faune.

Marais de Hourtin à Contaut – Crédit photo : Anthony Baratier CC BY-SA 4.0

Quelles sont les meilleures saisons pour partir à la découverte de la Réserve ? Chacune fait valoir ses arguments, mais le printemps se prête particulièrement bien à l’observation. C’est l’opportunité d’entendre les chants et parades des oiseaux nicheurs (busards, fauvettes, engoulevents) ou encore d’admirer la floraison des plantes, notamment celles des dunes et marais. Les plus curieux auront peut-être la chance d’apercevoir la cistude prenant le soleil.

En été, les petits canetons et les jeunes rapaces animent les différents habitats, alors que la floraison des espèces patrimoniales situées dans les zones humides atteint son apogée. L’activité des lézards et des reptiles se veut dense.

L’automne réserve aussi son lot d’émerveillement grâce au passage des oiseaux migrateurs, aux promenades des loutres, visible tôt le matin ou en soirée, et aux lumières magnifiques dans les dunes et les marais.

Enfin, l’hiver s’accompagne d’une ambiance très calme, presque hors du temps, que confirme l’hivernage des oiseaux d’eau, dont les hérons et les sarcelles.

 Chaque année, pas moins de 15 000 visiteurs arpentent le seul sentier de Contaut. Les agents de l’ONF font à ce titre face à un double défi : sensibiliser le public au fragile écosystème que représente la Réserve et limiter la pression touristique afin de ne pas en perturber l’équilibre.

À cette responsabilité s’ajoute celle de limiter l’érosion dunaire et d’anticiper les impacts du changement climatique, s’agissant par exemple de la gestion des niveaux d’eau.

Articles récents

PUB


Entre boudins basque et béarnais, le coup de sang ?

Entre boudins basque et béarnais, le coup de sang ?


On le sait, la rivalité basco-béarnaise s’illustre en matière de culture, de tradition et de savoir-vivre. Mais qu’en est-il de la gastronomie et, plus précisément, de la fabrication du boudin, que chacun considère comme meilleur que celui de son voisin ?

Temps de lecture : 6 mn

Ecouter l’article

On se calme ! – Crédit visuel: ChatGPT, OpenAI, 2025.

Je t’aime, moi non plus

Si le littoral donne du Pays basque une image sereine et apaisée, la fierté se fait peut-être plus pointue au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’océan pour s’approcher de la Basse-Navarre et de la Soule. Les deux provinces jouxtent en effet le Béarn, ennemi juré depuis la nuit des temps, pour des raisons tellement évidentes que plus personne ne s’en souvient vraiment.

« Du Béarnais, le Basque dit notamment qu’il constitue « une principauté isolée, dont le régime politique est fondé sur la probatocratie, le pouvoir aux moutons ». Du Basque, le Béarnais a fait un Belge, multipliant les sites de blagues à deux sous : « Il te reste six mois à vivre, où vas-tu ? Au Pays basque, car ils ont cent ans de retard. »  Les quelques lignes du journaliste Sylvain Cottin publiées dans Sud-Ouest (28/07/2012) résument fort bien la douce fraternité qui unit les deux peuples.

Certes, l’affaire du béret (lire notre article sur ce sujet délicat) n’a pas arrangé les choses au 19e siècle, mais la dureté de la vie imposée par la chaîne pyrénéenne aurait dû logiquement encourager la solidarité et l’entraide.

S’agissant de gastronomie, il convient pourtant de saluer la fructueuse collaboration des Basques et des Béarnais dans la fabrication du délicieux fromage de brebis Ossau-Iraty. En revanche, la question du saumon suscite toujours moult tensions, les Béarnais reprochant aux Basques de tendre de (trop) larges filets à l’embouchure de l’Adour. De fait, le précieux poisson ne peut plus (ou presque) remonter le cours du fleuve et de ses affluents (les gaves de Pau, d’Ossau et d’Oloron) pour s’y reproduire. « Car le salmonidé n’est pas seulement un pilier de la faune pyrénéenne : c’est aussi un enjeu économique non négligeable pour toute la région. Dans les montagnes, les villages ont fait de sa pêche sportive leur principale attraction touristique » écrit Constance Daire dans Capital (11/10/2018).

Non, ce n’est pas le même produit, non

La cuisine basque et la gastronomie béarnaise n’ont aucune raison de se jalouser. Toutes deux reflètent une recherche continuelle du bon plat, du meilleur accompagnement, de la saveur palpitante. Axoa de veau, jambon de Bayonne, chipirons, ttoros, piperade d’un côté. Garbure, confit de canard, poule au pot, trinxat, sauce béarnaise de l’autre.

Pour le gourmet, la diversité des plats participe à la réputation gastronomique des Pyrénées-Atlantiques. Mais vouloir réunir deux territoires sans prendre en compte leurs spécificités relève du jeu dangereux (à moins de courir vite). Surtout lorsque ces deux terroirs proposent, en apparence, un produit identique : le boudin.

Il existe bel et bien un boudin basque et un boudin béarnais. Chaque produit bénéficie d’un savoir-faire propre et d’ingrédients spécifiques, à l’instar du piment d’Espelette au Pays basque.

Mais la signature principale dépend du porc choisi. Idéalement, les artisans privilégient une race locale, ce que l’on retrouve surtout dans les productions fermières. Ainsi, au Pays basque, c’est la race Pie Noir qui s’impose. Rustique, au poil noir et blanc, elle a longtemps été menacée de disparition et profite aujourd’hui d’un label AOP pour le jambon et les produits charcutiers.  Sa chair, plus persillée et goûteuse, donne un boudin riche et parfumé.

La truie gasconne ne se dit pas jalouse du cochon Pie Noir – Crédit photo : Darreenvt – CC BY-SA 4.0

En terres béarnaises, les producteurs fermiers ont plutôt recours au porc gascon, une race ancienne du Sud-Ouest. La race est exploitée par de petits éleveurs pour une production organisée sous l’appellation d’origine Porc noir de Bigorre. N’en déplaise aux Basques, le porc gascon est lui aussi réputé pour la qualité et la saveur de sa viande. Ce choix permet d’obtenir un boudin généreux et savoureux.

Tout est affaire de préparation

Si la sélection de la race intervient dans la personnalité du produit final, il serait malheureux de ne pas tenir compte de tous les ingrédients inscrits dans la recette et des méthodes de préparation.

Chez les Basques, le boudin est préparé à partir de sang de porc, souvent issu de la première charcuterie produite après avoir tué le cochon, y ajoutant de la viande de tête de porc, des abats, des poireaux, des oignons, de la fleur de thym, des épices dont le sel, le poivre et impérativement du piment d’Espelette qui apporte une saveur épicée caractéristique absente des autres boudins français.

Sa composition peut varier selon les régions. En Biscaye, les artisans utilisent par exemple de l’oignon rouge, un peu de riz cuit ou encore de la poitrine coupée en dés. Plus au nord, à Biriatou, le boudin est préparé avec des restes de l’épaule, du cou et de l’estomac et même des… carottes.

Bien sûr, il n’est point question de piment d’Espelette dans la recette du boudin béarnais. Le sel, le poivre et les différentes épices suffisent à sublimer son goût. Il est assez courant que les producteurs ajoutent du pain rassis ou de la mie trempée dans du lait pour gagner en moelleux. Les oignons, comme chez les Basques, jouent un rôle essentiel dans la composition. La version béarnaise est considérée comme plus rustique, riche en abats (langue, gorge, poumons, cœur) et en légumes, mais dépourvue de céréales. Souvent, son diamètre peut atteindre deux à trois fois celui d’un boudin noir « standard ».

Le boudin made in Béarn se caractérise par une méthode artisanale ancienne, une composition simple centrée sur la viande et le sang, et une cuisson soignée qui lui confère une texture ferme mais fondante.

En guise de conclusion

Pour rappel, le boudin est le premier produit que l’on fabrique après avoir tué le cochon pour éviter que le sang ne coagule. Cette règle biologique vaut aussi bien pour les Basques que pour les Béarnais, et toutes les régions du monde où il est élaboré.

Certes, la susceptibilité entretenue par chacun des frères ennemis pyrénéens contribue à promouvoir sa gastronomie, ô combien importante dans le Sud-Ouest. Une rapide comparaison permet de relever les singularités des deux produits.

Ainsi, le boudin basque profite d’une touche chaude et parfumée grâce au piment d’Espelette. Sa texture revendique la rusticité, avec parfois des morceaux de viande ou de gras perceptibles. Son goût est généreux et gentiment relevé, sans être piquant. Enfin, il se marie fort bien avec la piperade pour quiconque souhaite se régaler d’un repas typiquement basque.

Le boudin béarnais se veut plus doux, avec une texture plus fine et homogène grâce au pain ou au lait incorporé dans certaines recettes. Il diffuse un goût rond et sobre, dans la lignée des traditions gasconnes, et s’accommode parfaitement d’un plat de haricots tarbais.

En résumé, l’on pourrait dire que le boudin basque réveille, tandis que le boudin béarnais rassure.  Sans aucun doute, chacun promet un plaisir gustatif authentique, que l’on peut accompagner d’une bonne bouteille de vin local, sans ouvrir une nouvelle polémique entre le vin basque et béarnais.

PUB


Cinq destinations originales dans les Landes

Cinq destinations originales dans les Landes


Non, l’attrait du département des Landes ne se limite pas à ses longues plages océanes, ses spots de surf ou sa gigantesque forêt de pins maritimes. Ici et là, quelques sites singuliers et méconnus participent aussi à sa réputation.

Temps de lecture : 9 mn

Ecouter l’article

Hello Appolo de Marine Julié, à Luxey – Crédit photo : La Forêt d’Art Contemporain

1. Les sources de Moncaut

Les amateurs de marche (et de légende) trouveront un solide argument pour emprunter la boucle de randonnée n°13.13, située non loin du village de Losse. En effet, le chemin de terre se faufile entre les pins jusqu’aux discrètes sources de Moncaut, que l’on dit miraculeuses.

Leur tradition remonte à l’Antiquité, perdure à travers le Moyen Âge et s’est perpétuée jusqu’aux années 1950, avant l’avènement de la médecine moderne.

On croit qu’une énergie et une ambiance particulière enveloppent ces lieux, renforçant la symbolique du soulagement des maux du corps et de l’esprit.

La première source est celle de Saint-Georges, un soldat chrétien exécuté en Palestine au 3e siècle, dont la légende raconte qu’il terrassa le dragon Silène. L’eau de la source soigne les rhumatismes.

La deuxième source est dite de Saint-Antoine, père des ermites, guérisseur du mal des Ardents, très répandu du 10e au 18e siècle en Europe. Son eau soulage les maux de ventre.

Enfin, la troisième source rend hommage à Saint-Eutrope, évêque de Saintes, martyr au 3e siècle, qui avait la faculté de guérir les estropiés et hydropiques. La source soigne les maux de tête.

Les visiteurs auront la surprise de découvrir sur place de nombreux tissus accrochés un peu partout. Ces « témoins » montrent que la méthode était très codifiée : les malades trempaient un bout de tissu auparavant porté (ou un vêtement personnel) dans l’eau. Ils frottaient ensuite la zone douloureuse avec ce tissu, puis l’accrochaient sur les branches des arbres autour des sources.

La croyance veut que le mal soit « laissé » sur place ; on conseille donc de ne jamais toucher les chiffons laissés, sous peine de récupérer le mal d’autrui, selon la légende locale.

Pratique :

L’accès aux sources est fermé en période de chasse, de septembre à mars
Point de départ : près de l’église du village de Lussole. Il se prolonge sur 6,9 km (boucle).
Tél. 05 58 03 40 31 (Landes d’Armagnac Tourisme)
Tarif :  Gratuit
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Sources de Moncaut
Crédit photo: Fontaine des Landes

2. La Réserve Naturelle Régionale géologique des carrières de Tercis-les-Bains

Large de près de 45 hectares et classée en juillet 2015, la réserve est un site remarquable à la fois pour son patrimoine géologique, archéologique et écologique. Sa réputation tient avant tout à son Point Stratégique Mondial, qui matérialise la limite entre deux périodes géologiques distinctes. A Tercis-les-Bains, il s’agit des deux étages du Crétacé supérieur : le Campanien et le Maastrichtien (il y a environ 71,6 millions d’années). Cette référence internationale a été reconnue en 2001 et fait du site un lieu majeur pour l’étude des couches géologiques et des fossiles.

Ceux qui ne sont pas forcément férus de géologie apprécieront quant même la beauté du site, qui se présente comme « un grand amphithéâtre minéral d’une grande qualité paysagère » selon le Comité départemental de tourisme des Landes.

L’ancienne carrière de calcaires argileux laisse voir des milieux naturels diversifiés : forêts humides, landes, pelouses calcaires, prairies et milieux aquatiques. Plusieurs de ces milieux ont un intérêt européen, notamment en ce qui concerne les orchidées et les forêts de ravin. N’oublions pas le célèbre Mur de Bédat datant de plus de 66 millions d’années.

On y trouve aussi une grande diversité faunistique, notamment des amphibiens, reptiles, libellules, papillons, et de nombreuses espèces d’oiseaux dont le faucon pèlerin et le tichodrome échelette.

Enfin, plus de 900 espèces fossiles y ont été inventoriées (ammonites, dents de requins, vertèbres de dinosaures, traces de mosasaures…), ce qui permet une reconstitution très précise de l’histoire de la vie et des environnements passés à l’approche de la grande extinction de la fin du Crétacé.

Pratique :

Ouverture toute l’année. Attention : l’accès du public au site est libre mais soumis à la réglementation en vigueur sur la réserve naturelle, rappelée par les panneaux mis en place aux deux points d’accès au site. La circulation ne doit se faire que sur les sentiers aménagés. Toute récolte de roches ou fossiles, de faune et de flore, est interdite.
Adresse :  Route des carrières – 40180 TERCIS-LES-BAINS
Tél. 05 59 56 16 20 (CPIE Seignanx Adour)
Tarif : Gratuit
Le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Réserve Naturelle Régionale géologique des carrières de Tercis-les-Bains
Crédit photo: Gustou Cazenave

3. La forêt d’art contemporain

L’immensité du parc naturel régional des Landes de Gascogne peut révéler d’heureuses surprises. Après les terribles tempêtes qui ont dévasté la région en 2009, une association a décidé de se réapproprier la forêt en traçant un parcours artistique jalonné d’œuvres contemporaines géantes.

Le parcours s’enrichit chaque année de nouvelles œuvres, avec l’objectif d’en implanter une centaine sur plusieurs dizaines de kilomètres dans les années à venir. Aujourd’hui, pas moins de 29 créations s’offrent à la vue du public, au milieu des pins. Chaque œuvre (sculptures, installations, photographies, œuvres numériques) est créée spécifiquement pour son lieu d’exposition par des artistes en résidence, souvent en interaction avec les habitants des villages alentour.

Le projet met en avant la protection du patrimoine forestier. Il permet l’organisation d’animations, d’ateliers et de balades pour tous les publics. De fait, le visiteur se retrouve entre nature et culture, dans un dialogue permanent avec l’art et le patrimoine local, parfois prolongé par des œuvres numériques ou des cabanes artistiques pour passer la nuit.

Plusieurs objectifs animent la démarche, dont celui de rendre l’art accessible à tous en dehors des centres urbains. Il s’agit aussi de faire tomber les barrières de l’art contemporain, encourager l’éveil artistique, et impliquer activement les habitants dans les projets artistiques. Enfin, le projet suit une vocation écotouristique en inscrivant l’art dans la nature afin de valoriser les paysages, sensibiliser à leur beauté et à leur fragilité.

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : Les œuvres sont installées à divers emplacements. Voir la carte.
Tél. 06 78 11 23 31
Tarifs 2025 : Gratuit
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

la sculpture les 3 sans nom
Crédit photo: la Forêt d’Art contemporain

4. Les Mottes Castrales de Castets

Le plateau de Castets est classé Monument Historique et comporte au moins quatre mottes castrales, des levées de terre servant de bases à des fortifications en bois et parfois des tours. Ces structures datent de l’époque médiévale (à partir du 10e siècle) et témoignent du développement de la société féodale dans la région.

Les mottes castrales étaient construites sur des points élevés pour dominer la confluence du Midou et du Ludon. Elles témoignent d’une volonté des seigneurs locaux de contrôler les axes de passage (routes, rivières), surtout aux 11e et 12e siècles, et de rivalités territoriales entre les différentes seigneuries.

Le site fut occupé dès la Préhistoire (découverte d’outils datant de –50 000 ans), avec des tumuli dès le Néolithique. Durant l’âge du Bronze et du Fer, les habitants ont aménagé l’éperon barré pour une fonction défensive, et la fréquentation s’est poursuivie jusqu’au Moyen Âge.

Longtemps ouvert et dégagé, le site est aujourd’hui recouvert de forêt, et présente un intérêt écologique grâce à la diversité des milieux (prairies, bois, zones humides) et la présence d’espèces remarquables telles que chauves-souris, loutres d’Europe et divers insectes protégés.

Depuis 2016, le site fait partie du Parc Naturel Urbain du Marsan. Aménagé pour les visiteurs, il propose des sentiers, panneaux explicatifs, points de vue et aires de pique-nique, permettant de découvrir l’histoire médiévale, les aspects naturels et les traces des anciennes carrières et habitations.

Pratique :

Parc fermé de décembre à février.
Adresse : D1 – 40900 BOUGUE (garer sa voiture sur le parking du bourg et rejoindre le site à pied (5 mn).
Tél. 05 58 71 38 39
Tarif: Gratuit
Le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Mottes Castrales de Castets
Crédit photo: Tourisme Landes

5. Estacade de Capbreton

Il serait quand même dommage de conclure ce petit tour d’horizon des destinations originales des Landes en ignorant l’océan. À Capbreton, l’estacade est une jetée en bois emblématique construite à l’initiative de Napoléon III lors de sa visite en 1858, avec l’objectif de sécuriser et d’améliorer l’accès au port de Capbreton, unique port des Landes. À sa création, elle mesurait 400 m, construite grâce à 600 pins fournis par la commune. Sa longueur a varié au fil des épreuves imposées par les tempêtes, atteignant aujourd’hui environ 190 m.

Elle constitue depuis plus de 150 ans l’un des symboles de la ville, un lieu de promenade apprécié des habitants et des visiteurs, « où le ciel, la terre et la mer se rejoignent ». Son histoire est marquée par de nombreux événements, notamment les tempêtes répétées en 1924, 1978, 2008 et les destructions partielles pendant la Seconde Guerre mondiale (dynamitée par l’occupant allemand en 1943 pour la construction du Mur de l’Atlantique).

La bonne nouvelle est qu’elle a été restaurée à chaque fois, avec même l’installation d’un phare en pierres en 1948 et d’une lanterne visible sur 14 miles deux ans plus tard.

« Se promener sur ce balcon unique, c’est remonter le temps et s’imprégner d’une histoire singulière. L’Estacade ne laisse personne indifférent, et chaque pas sur cette passerelle mythique reste gravé dans les mémoires, un véritable moment à partager ou à savourer seul face à l’immensité de l’océan » – Marie-Cécile Gardey (Terres des Landes -19/07/2025).

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : Avenue Georges Pompidou – 40130 CAPBRETON
Tél. 05 58 72 12 11
Tarifs : Gratuit
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Estacade de Capbreton
Crédit photo: Pedro – Flickr
Accueil » #Destinations

PUB


Route de la corniche en Gironde

Cinq destinations originales en Gironde

Cinq destinations originales en Gironde


Si la Gironde tire une (bonne) partie de sa notoriété des vignobles à perte de vue, de la jolie ville de Bordeaux et de la dune du Pilat, elle propose aussi des sites plus discrets qui justifient le détour.

Temps de lecture : 9 mn

Ecouter l’article

Saint-Macaire
Nombreuses sont les surprises architecturales à Saint-Macaire – Crédit photo : albTotxo – Flickr

1. La grotte Célestine

Perdu au cœur de la Gironde, le village de Rauzan compte sur son magnifique château médiéval, classé aux monuments historiques, pour attirer les visiteurs. Pourtant, la commune accueille un autre site aux attraits touristiques certains, mais encore confidentiel : la grotte Célestine.

Découverte de façon fortuite en 1845 par un puisatier, la rivière souterraine (la seule aménagée en Gironde) a d’abord servi à alimenter le village en eau, d’où son surnom de « grotte aux torrents ».  Pendant un certain temps, son intérêt est resté essentiellement local. C’est au début du 20e siècle qu’elle a pris le nom de « grotte Célestine », en référence à la chambre d’une habitante, Célestine, où était situé le puits d’accès.

Il faut quand même attendre les années 1990 pour que la municipalité décide d’exploiter le site et permette son ouverture au public en 2002. L’endroit ne manque pas d’arguments. Creusée par l’eau au fil des millénaires, la cavité naturelle s’étend sur près de 2,5 km. Elle offre un impressionnant écosystème composé de stalactites, stalagmites, colonnes, draperies, gours et autres coulées de calcite.

C’est aussi le royaume des grenouilles, chauves-souris et crevettes grises.

La visite ne s’improvise pas. Le public est invité à s’équiper entièrement (charlotte, bottes, casques dotés de lumière frontale) avant de descendre les 80 marches de l’escalier, qui le mènera 13 mètres plus bas. Sur une distance d’environ 500 mètres, il progressera dans le lit de la rivière, au cœur d’un environnement magique, où s’affichent fièrement les concrétions calcaires. Bref, comme un sentiment hors du temps, dans une température ne dépassant jamais les 14°C.

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : 48 rue Lansade – 33420 RAUZAN
Tél. 05 57 84 08 69 (Réservation minimum 24 heures à l’avance)
Tarifs 2025 :  Adulte : 8 € – Enfant : 5 €
Le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Grotte Célestine
Crédit photo: Tourisme Saint-Emilion

2. Château Toulouse-Lautrec

Le château Toulouse-Lautrec, également connu sous son nom historique de château Malromé, est un domaine viticole exceptionnel situé à Saint-André-du-Bois, dans l’Entre-deux-Mers. Il constitue un véritable lieu de mémoire et d’art de vivre, intimement lié au célèbre peintre Henri de Toulouse-Lautrec.

Il faut remonter au 16e siècle pour trouver son origine, grâce au projet d’Étienne de Rostéguy de Lancre, membre du Parlement de Bordeaux, de construire la « maison noble de Taste ». Dans les années 1780, la propriété est acquise par Catherine de Forcade, veuve du baron de Malromé, qui lui donne ce nom. En 1847, le domaine est transmis à Adolphe de Forcade Laroquette et au maréchal Armand Jacques Leroy de Saint-Arnaud, qui font restaurer le château d’après Viollet-le-Duc.

La comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec achète le domaine en 1883, durement éprouvé par la crise du phylloxéra. La comtesse fait replanter les 34 hectares de vigne en porte-greffes américains et contribue ainsi à assurer la pérennité de l’un des plus anciens vignobles de la région.

Son fils Henri de Toulouse-Lautrec, le célébrissime peintre postimpressionniste et lithographe, découvre Malromé à l’âge de 19 ans et en tombe immédiatement amoureux. Chaque été pendant 17 années consécutives, il y effectue de longs séjours jusqu’aux vendanges, trouvant dans ce domaine un refuge paisible loin du tumulte parisien de Montmartre. Le peintre y installe son atelier d’été et peint la nature environnante ainsi que les scènes de vendanges.

C’est d’ailleurs dans ce château que l’artiste termine son existence le 9 septembre 1901 à l’âge de 37 ans, avant d’être inhumé au cimetière de Verdelais, à quelques kilomètres de Malromé.

Le château s’organise autour d’une cour carrée plantée d’une pelouse hexagonale, accessible par deux poternes munies de créneaux du 19e siècle. Le corps de logis principal présente un style Renaissance avec des fenêtres à meneaux, composé d’une grande tour centrale rectangulaire et de deux tours rondes aux extrémités. Les trois ailes qui entourent la cour intérieure offrent un ensemble architectural harmonieux de plus de 2000 m².

Le site reçoit en 2016 le label « Maisons des Illustres » attribué par le ministère de la Culture, la troisième en Gironde après Malagar (Mauriac) et le château de La Brède (Montesquieu) . Ce label reconnaît l’authenticité du contenu muséographique et l’organisation régulière de manifestations culturelles de qualité.

Pratique :

Ouverture toute l’année, du mercredi au dimanche (réservation conseillée).
Adresse : Lieu-dit Malromé – 33490 SAINT-ANDRÉ-DU-BOIS
Tél. 05 56 76 25 42
Tarifs 2025 : Flânerie culturelle : 8 € – Visite guidée : 14 € – Visite culturelle et dégustation de vin : 17 € – Visite œnologique : 14 €
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Château Toulouse-Lautrec
Crédit photo: Château Toulouse-Lautrec Malromé

3. Saint-Macaire

Non loin de Langon et située sur la rive droite de la Garonne, la commune de Saint-Macaire promet à quiconque franchit son porche d’entrée un fabuleux voyage historique.

Le site a été occupé dès l’Antiquité par un établissement gallo-romain appelé Ligena. Au 5e siècle, le moine grec Macaire s’y installe, donnant plus tard son nom à la ville.

La cité connaît un essor important au Moyen-Âge grâce à la Garonne, axe majeur du commerce, et au « privilège des vins » qui favorise son développement urbain et économique. La ville est alors entourée de remparts, dont certaines portes subsistent aujourd’hui. L’activité économique évolue vers l’extraction de pierre, puis la tonnellerie, qui marque la ville jusqu’au début du 20e siècle.

Saint-Macaire conserve un remarquable patrimoine architectural, lui valant d’être classée parmi les « Plus Beaux Villages de France ». Même si la découverte de la ville se fait au hasard des ruelles que bordent de magnifiques maisons bâties entre les 13e et 16e siècles, quelques monuments méritent un coup d’œil appuyé.

C’est d’abord la magnifique place de Mercadiou, sublimée par ses maisons à arcades, reflet de la puissance des marchands au Moyen-Âge. Elle s’étend sur 1500 m², un espace remarquablement vaste pour un village médiéval.

Classée aux Monuments Historiques, l’église Saint-Sauveur a été construite au 12e siècle à la place de l’église primitive ou fut inhumé le corps de Saint-Macaire.  Le monument abrite des fresques gothiques rares, encore visibles dans la chapelle Maisons à arcades, place du Mercadiou, ainsi que de belles peintures murales et chapiteaux romans.

Preuve de son intérêt architectural, Saint-Macaire a accueilli en juillet dernier le tournage des Misérables, de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon et Camille Cottin dans les principaux rôles.

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : 33490 SAINT-MACAIRE
Tél. 05 56 63 68 00 (Office de tourisme du Sud-Gironde)
Tarifs 2025 : Visites individuelles gratuites – Visites guidées sur devis.
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Saint-Macaire
Crédit photo: Lesley – CC BY-NC 2.0.- Flickr

4. Route de la Corniche fleurie

Ceux qui recherchent les grands espaces n’hésiteront pas à se rendre à Gauriac (ou à Bourg), point de départ d’un bien belle ballade le long de l’estuaire de la Gironde jusqu’à Blaye.

Cette route pittoresque d’une dizaine de kilomètres est aussi surnommée la corniche fleurie ou la route des capitaines. Les belles maisons qui la jalonnent ont été construites par d’anciens marins au long cours. Ces derniers ont rapporté de leurs voyages des essences exotiques encore visibles dans les jardins. On peut également y observer les carrelets de pêche et l’étrange épave du Frisco, un pétrolier italien à vapeur réquisitionné par les nazis et sabordé par les Allemands en 1944 afin d’empêcher les Résistants d’accéder à l’appontement.

Le parcours se nourrit de nombreux paysages, dont les falaises calcaires, les vignobles des Côtes de Blaye et de Bourg et les forêts, avec, toujours, la Dordogne comme compagne de voyage. Chaque village traversé propose son patrimoine et sa singularité. Ainsi, Marmisson laisse voir des habitats troglodytiques surprenants, Bayon-sur-Gironde sa vieille église, dont le clocher est surmonté d’une Vierge. Pour sa part, Bourg propose une magnifique vue sur les remparts de l’ancienne citadelle.

La route de la Corniche, c’est aussi l’occasion de repérer les petites îles qui résistent aux courants de la Garonne et d’admirer le Médoc, de l’autre côté du fleuve.

Les petits ravissements architecturaux ou naturels ne manquent pas : Château de Tayac, château Eyquem, belvédères, zones protégées…

Bien sûr, le parcours s’apprécie à pied ou à vélo pour mieux s’imprégner de la magie des lieux et rencontrer les habitants, pas peu fiers de leur petit paradis.

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : Rejoindre la D669E1 au niveau de Bourg et suivre les panneaux.
Tél. 05 57 68 31 76 (Office de tourisme de Bourg-sur-Gironde) ou 05 57 42 12 09 (Office de tourisme de Blaye)
Tarifs 2025 : Gratuit

Route de la corniche fleurie
Crédit photo: PaulF1132 – TripAdvisor

5. La lagune de Contaut

Nichée au cœur de la Réserve naturelle des dunes et marais d’Hourtin, la lagune de Contaut promet à quiconque la découvre un ascenseur émotionnel. Sur une superficie de 8 hectares, cette zone humide s’impose comme le royaume protégé et protecteur d’une faune diverse et variée. Ici, rapaces, hérons, oiseaux rares, couleuvres vipérines, tortues lézards ocellés, chauves-souris, belettes ou encore cerfs évoluent en toute quiétude, dans un environnement majestueux.

La végétation sait se faire remarquer, entre osmondes royales (fougères géantes), bruyères cendrées, chênes pédonculés ou verts, phragmites, Lobélie de Dortmann (espèce protégée), houx…

La lagune de Contout correspond au phénomène qui s’est développé sur le littoral aquitain il y a quelques milliers d’années : les retenus d’eau d’arrière-dunes. Les dunes ont progressivement bouché les exutoires des cours d’eau se jetant dans l’océan, formant ainsi un écosystème unique.

S’agissant d’une lagune, le milieu se veut tourbeux, fermé et humide, ce qui contribue d’ailleurs à sa singularité et à sa beauté.

Mais point besoin de s’équiper de longues bottes ou de tout autre accessoire pour s’imprégner de la magie des lieux. Grâce aux travaux réalisés par les institutions concernées (Département Région, ONF…), la lagune est « le premier Espace naturel sensible de la Gironde aménagé pour accueillir tous les publics, notamment en situation de handicap » nous informe le journal Sud-Ouest.

Un circuit pédestre a été tracé et balisé sur un 1 km, jalonné de panneaux d’information pour mieux appréhender l’écosystème. Le public peut même enjamber le marais grâce à un longue passerelle en bois.

Des visites guidées avec un naturaliste sont régulièrement proposées… et entièrement gratuites !

Pratique :

Ouverture toute l’année.
Adresse : Lieu-dit Contaut – 33990 HOURTIN
Tél. 05 56 03 21 01 (Médoc Atlantique Tourisme)
Tarifs : Gratuit
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Lagune de Contaut
Crédit photo: Gironde Tourisme

PUB


Cinq destinations originales en Dordogne

Cinq destinations originales en Dordogne


Les vacances d’été arrivent à grands pas, et avec elles son cortège de touristes. Pourtant, en s’éloignant un peu des sentiers battus, on peut découvrir des lieux insolites et un peu plus tranquilles. Petite sélection (forcément) subjective.

Temps de lecture : 11 mn

Ecouter l’article

La nacelle s’enfonce dans l’obscurité du gouffre… – Crédit photo : Société Anonyme Gouffre de Proumeyssac

1. Jardin Les Bambous de Planbuisson

Au Sud de la Dordogne, entre Bergerac et La Roque-Gageac, le Jardin de Planbuisson abrite la plus grande collection européenne de bambous et de graminées. À peine l’entrée franchie, on découvre un autre monde où le temps semble s’être figé.   

C’est à Michel Bonfils (1932-2017) que l’on doit cette pépite botanique au cœur du Périgord noir. Après de nombreuses années passées en Afrique subsaharienne, il décide de créer une pépinière sur sa propriété familiale, fasciné par la variété des bambous et autres graminées. Ses travaux et sa passion permettent, au fil des années, de donner naissance à un impressionnant jardin de bambous, d’ailleurs labellisé « Jardin remarquable » en 2005, 2010, 2015 et 2020.

Aujourd’hui, 240 variétés de bambous et 100 variétés d’autres graminées provenant du monde entier composent les lieux. Certains bambous culminent à plus de 20 mètres.

Le jardin est aménagé en plusieurs zones thématiques, avec des sentiers sinueux qui permettent aux visiteurs de découvrir les différentes collections de plantes et des espaces originaux, comme le jardin sec, inspiré par la philosophie bouddhiste.

D’ailleurs, cette quête de zénitude habite chaque recoin du jardin : lac, cascade, ponts en bambou, sculptures végétales…

Les visiteurs les plus charmés pourront se rendre à la pépinière pour faire l’acquisition des plantes qu’ils auraient remarquées. De quoi apporter paix et harmonie chez soi.

Pratique :

Ouverture d’avril à octobre.
Adresse : 18 rue Montaigne, 24480 LE BUISSON-DE-CADOUIN
Tél. 06 36 11 30 37
Tarifs 2025 : Adulte : 7,50 € – 12-18 ans : 4 € – Tarif réduit : 6 € – Moins de 12 ans : gratuit
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Les Bambous de Panbuisson
Crédit photo: Jardin Les Bambous de Planbuisson

2. Le Gouffre de Proumeyssac

Au XVIIIe siècle, l’orifice naturel du gouffre laissait échapper des vapeurs, que les habitants prenaient pour de la fumée ou des flammes. Beaucoup pensaient alors qu’il s’agissait d’un volcan ou, plus effrayant encore, de la demeure du diable. Par crainte, le site était évité, considéré comme maudit, et certains pensaient qu’un dragon ou le diable lui-même y résidait.

Pour ne rien arranger à l’affaire, les rumeurs prétendaient que les brigands y jetaient les cadavres de leurs victimes pour les faire disparaître à jamais…

Il faut attendre 1907 pour que le gouffre soit enfin exploré. C’est un certain Gabriel Galou, puisatier, qui s’y colle. L’homme découvre alors une merveille géologique au fur et à mesure de sa descente dans un tonneau retenu par des cordes.

Surnommé la « Cathédrale de cristal », le Gouffre de Proumeyssac impressionne par son immense salle souterraine de 42 mètres de profondeur, ornée d’une profusion de concrétions calcaires spectaculaires. La salle principale est richement décorée de stalactites, stalagmites, colonnes, draperies et monolithes. Les parois semblent tapissées d’un manteau de calcite, et certaines zones sont particulièrement chargées en stalactites formées au fil des millénaires par l’infiltration d’eau riche en carbonate de calcium.

On y accède par un tunnel de 110 mètres, aménagé en 1924, qui permet une entrée progressive dans l’atmosphère fraîche et humide du gouffre, jusqu’à un balcon offrant une vue spectaculaire sur la salle principale.

Les visiteurs les plus courageux préfèreront sûrement la descente en nacelle (électrique !) et profiter ainsi d’un panorama à 360°.

Chacun pourra en tout cas profiter de la beauté des lieux, que viennent magnifier un éclairage de dernière génération et deux nouveaux sons et lumières scénarisés.

Pratique :

Fermeture annuelle en janvier et la première semaine de février.
Adresse : Route de Proumeyssac, 24260 AUDRIX
Tél. 05 53 07 27 47
Tarifs 2025 : Adulte (à partir de 18 ans) : 13,60 € – Enfant (de 4 à 11 ans) : 9,90€ – Ado (de 12 à 17 ans) : 11,40€ – PMR Enfants : 8,30 € (à partir de 4 ans et – de 18 ans) – PMR adultes : 11,40 € (18 ans et +) – Descente en nacelle : Adulte : 23,70 €.
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Gouffre de Proumeyssac
Crédit photo: Gouffre de Proumeyssac

3. Moulin de la Veyssière

Réputée pour ses noix du Périgord (AOC et AOP), la Dordogne compte encore quelques moulins séculaires qui en extraient la meilleure huile. C’est le cas du Moulin de la Veyssière, situé à Neuvic.

Fondé vers 1560, il a été acquis par la famille Elias en 1857 et le savoir-faire s’est transmis de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. Alimenté par les eaux de l’Isle, le moulin permet la fabrication artisanale des huiles de noix et de noisettes vierges, dans le respect de la tradition. La meule, la poêle et le pressoir sont d’époque, ainsi que l’ensemble des instruments utilisés au quotidien. La restauration et la préservation du bâtiment et des équipements ont permis de classer le site comme patrimoine industriel et commercial.

Les artisans du moulin reproduisent au quotidien les gestes hérités du passé, utilisant des outils et des procédés anciens pour garantir l’authenticité et la qualité des produits. La main de l’homme reste omniprésente à chaque étape de la fabrication, assurant un contrôle minutieux et une adaptation constante aux spécificités de chaque matière première.

Les efforts ont d’ailleurs été récompensés par le titre de Producteur Artisan de Qualité attribué par le Collège Culinaire de France en 2015. Le Moulin a également reçu la médaille d’or au Concours Général Agricole 2023 pour son huile de noix du Périgord AOP. La production est exclusivement issue de matières premières locales, avec une attention particulière portée à la qualité et à la durabilité, dans une démarche d’agriculture raisonnée.

Bien sûr, le Moulin de la Veyssière est largement ouvert au public et propose à ses visiteurs différents espaces : un espace muséographique, un verger pédagogique, une aire de pique-nique et une boutique gourmande. Le tout dans un paysage de conte de fée.

Pratique :

Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Le samedi de 14h à 18h. Fermé dimanche, le 1er mai et le 25 décembre – Juillet et août : Ouvert de 9h30 à 19h du lundi au vendredi. Le samedi de 9h30 à 18h.
Adresse : 819 Route de la Veyssière – 24190 NEUVIC SUR L’ISLE
Tél. 05 53 82 03 07
Tarifs 2025 : Visites individuelles gratuites – Visites guidées sur devis.
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Moulin de la Veyssière
Crédit photo: Tourisme Vallée de l’Isle en Périgord

4. Château de Losse et ses jardins suspendus

On le sait, la Dordogne est riche de centaines de châteaux, dont les plus emblématiques (Biron, Castelnaud, Beynac…) attirent chaque année un grand nombre de visiteurs.  

Peut-être moins réputé, le château de Losse a pourtant de solides arguments à faire valoir. Situé près du village de Thonac, ce joyau architectural de style Renaissance, classé monument historique en 1928, surplombe la vallée de la Vézère. D’abord forteresse médiévale, édifiée au XIe siècle, l’imposant bâtiment est progressivement transformé à partir de 1576. Son propriétaire, Jean II de Losse, serviteur de la couronne, gouverneur de Guyenne et tuteur du futur Henri IV, introduit un grand logis et une magnifique terrasse, en s’inspirant de l’influence italienne.

Après la Révolution, le château est abandonné par la famille de Losse. Il est racheté en 1930 par la princesse d’Annam, Nhu May, qui y vécut jusqu’à sa mort. Aujourd’hui, une exposition lui est dédiée dans une maison attenante au château.

En 1976, la famille Van den Schueren acquiert le château et entreprend de vastes travaux pour préserver son authenticité et sa splendeur. Les efforts de conservation permettent aujourd’hui d’admirer un ensemble architectural et paysager exceptionnel, fidèle à son histoire.

Les jardins, imaginés par Jacqueline Van den Schueren, offrent une succession de parterres de lavandes, de labyrinthes de haies, de charmilles et de points de vue sur la Vézère. Ils ont été labellisés « Jardin remarquable » en 2004 et reçu la récompense Prix de l’Art du Jardin 2022 par la Fondation Signature de l’Institut de France.

Le château se composent de salles dotées de remarquables ornements et abrite des pièces et tapisseries des XVIe et XVIIe siècles, évoquant le cadre de vie de la noblesse sous les derniers Valois et les premiers Bourbons.

Pratique :

Ouverture de fin avril à début novembre.
Adresse : Route de la Princesse d’Annam, 24290 THONAC
Tél. 05 53 50 80 08
Visites audioguidées ou commentées.
Tarifs 2025 : Adulte : 12 € – Ado (12 à 17 ans) : 8 € – Enfant (5 à 11 ans) : 6 €
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Château de Losse
Crédit photo: Château et Jardins de Losse

5. Les cabanes du Breuil

C’est un peu le mystère qui entoure ce lieu singulier, en Périgord Noir. Certains prétendent que les cabanes, propriétés des Bénédictions de Sarlat, auraient servi d’habitat aux paysans dès le XVe siècle. D’autres avancent l’hypothèse de huttes datant du néolithique. Toutefois, la plupart des bâtiments visibles aujourd’hui datent du XIXᵉ siècle, voire du début du XXᵉ siècle. Leur architecture épouse celle des cabanes à toiture conique ou campaniforme typiques du Sarladais.

Les cabanes ne servaient non pas de logement, mais d’ateliers artisanaux (forge, bourrellerie, tissage) et d’annexes agricoles. Leur unité de style suggère qu’elles relèvent d’une même époque ou d’un même constructeur, en cohérence avec la vague de construction de cabanes en pierre sèche dans le Sarladais, entre le XVIIIe et le XIXe siècle.

Leur construction, sans mortier, mérite d’être soulignée, les bâtisseurs ayant eu recours à la pierre jaune du pays.

Les toitures en lauses (dalles calcaires) posées en voûte encorbellée répondent à une technique ancestrale, garantissant solidité et isolation. Elles sont parfois reliées par un faîtage en « selle », accentuant l’effet d’ensemble.

Longtemps laissées à l’abandon, les cabanes du Breuil ont heureusement fait l’objet d’importantes rénovations à partir des années 1970. En 1995, elles ont été classées au titre des monuments historiques.

Leur singularité devrait attirer la curiosité des visiteurs. De nombreux cinéastes n’ont d’ailleurs pas hésité à les utiliser comme décor naturel, puisque les films « La Belle au Bois Dormant », « Jacquou le Croquant » ou encore « Les Misérables » ont été tournés au Breuil.

Pratique :

Ouverture de début avril à début novembre.
Adresse : 1770, Route des cabanes – 24200 SAINT-ANDRÉ-D’ALLAS
Tél. 06 80 72 38 59
Tarifs : Adulte : 6 € – Ado (13 à 17 ans) : 5,50 € – Enfant (6 à 11 ans) : 3,50 €
Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Cabanes du Breuil
Crédit photo: Cabanes du Breuil

PUB


pavillon bleu

Quelles sont les plages labellisées Pavillon Bleu dans le Sud-Ouest ?

Quelles sont les plages labellisées Pavillon Bleu dans le Sud-Ouest ?


Comme chaque année, l’association Teragir décerne son célèbre label Pavillon Bleu, qui récompense les plages et les ports de plaisance engagés dans la préservation de l’environnement. Petit état des lieux dans le Sud-Ouest.

plages de Biarritz
A Biarritz, on peut se baigner en toute quiétude – Crédit photo : NRay91

Un écolabel international

Le label Pavillon Bleu est décerné chaque année aux plages et aux ports de plaisance qui mettent en œuvre une politique de développement touristique durable et respectueuse de l’environnement. Créé en France en 1985 sous l’égide de l’association Teragir, il est aujourd’hui présent dans 52 pays, avec plus de 4 000 plages et 700 ports labellisés dans le monde.

Le Pavillon Bleu repose sur des critères exigeants et évolutifs, articulés autour de neuf grands domaines : la qualité de l’eau et l’assainissement, la biodiversité, la gestion du milieu naturel, la sécurité, la gestion des déchets, l’éducation au développement durable, l’accessibilité, l’équipement et les services, la sobriété, ainsi que l’information aux usagers.

Pour les plages, cela implique notamment une qualité de l’eau de baignade « excellente » selon la directive européenne, au moins cinq contrôles par saison, la présence de points d’eau potable, la collecte sélective d’au moins trois types de déchets, et des actions d’éducation à l’environnement.

Le label garantit aux touristes et aux plaisanciers de profiter des plages et des ports tout en limitant l’impact de leurs activités sur l’environnement.

Cette année, 492 sites littoraux et continentaux ont été labellisés en France, contre 505 l’an passé.

Les sites labellisés dans le Sud-Ouest

Cinquante plages et trois ports de plaisance ont décroché le célèbre pavillon en 2025 sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine. Et dans le Sud-Ouest plus précisément ?

Dordogne (4 plages) :
Carsac de Gurson : Plage du Lac de Gurson
La Jemaye-Ponteyraud : Plage du Grand Étang
Saint-Estèphe : Plage du Grand Étang
Tamniès : Étang de Loisirs de Tamniès

Gironde (8 plages) :
Bordeaux : Plage du lac
Grayan et l’Hôpital : Le Gurp, Plage de dépée (Euronat)
Le Verdon-sur-Mer : Plage de la Chambrette (Estuaire), Plage océanne de Saint-Nicolas
Soulac-sur-Mer L’Amélie : Plage Centrale, Plage des Naïades

Landes (2 plages) :
Bussière-Galant : Espace Hermeline
Saint Hilaire les Places : Lac de plaisance

Pyrénées-Atlantiques (21 plages) :
Anglet : Petite Chambre d’Amour, Les sables d’or, Marinella, Les Corsaires, La Madrague, L’Océan, Les cavaliers, La Barre
Biarritz : Milady, Marbella, Côte des basques, Port Vieux, Grande Plage, Miramar
Bidart Ilbarritz :  Pavillon Royal, Erretegia, Bidart centre, Parlementia
Hendaye Grande plage: Plage des deux jumeaux

En tout, 35 plages toutes belles et parfaitement respectueuses de leur environnement attendent les vacanciers.